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Grand Prainville : manoir

Dossier IA28000619 réalisé en 2018

Fiche

Destinations demeure
Parties constituantes non étudiées écurie, sellerie, logement, grange
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Saint-Jean-Pierre-Fixte
Lieu-dit : Le Grand Prainville
Cadastre : 1811 B 136, 138 ; 2018 OB 102

La seigneurie du Grand Prainville dépendait de la châtellenie de Montdoucet. D’après Philippe Siguret, le manoir a été construit vers 1485 pour Patrice de Boisguyon, écuyer, fils cadet de Philippe de Boisguyon, seigneur de Montdoucet. De cette époque remontent le logis seigneurial (à étage), ainsi que la tour d’escalier hors-œuvre. Les Boisguyon restent seigneurs de Prainville jusqu’en 1751, date du rachat de la seigneurie par Louis François de Savary, ancien capitaine des carabiniers, chevalier non profès de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En 1811 – date du premier plan cadastral –, Le Grand Prainville compte quatre bâtiments : le logis manorial et la ferme (un bâtiment principal avec logis du fermier et deux bâtiments secondaires, des dépendances). L’ensemble appartient à des propriétaires successifs qui baillent à ferme à des locataires successifs, jusqu’à ce que Louis Pelletier, propriétaire cultivateur, l’acquière en 1862, exploite et habite la ferme. En 1907, le baron Henri Jean Guillier de Souancé se porte acquéreur du Grand Prainville. Il fait construire ex-nihilo la Ferme de Prainville, à 500 m au nord du Grand Prainville en 1911. Jusqu’à la veille de la première Guerre Mondiale, il fait détruire l’ancien bâtiment principal de la ferme et reconstruire in situ les deux dépendances qu’il transforme en grange pour le bâtiment sud et maison du jardinier, écurie et sellerie. Il fait également construire une aile en retour d’équerre au sud-ouest du logis manorial. Il fait aussi restaurer la façade principale du manoir : restitution des baies à meneau et à traverse, création de trois lucarnes complétant les trois travées d’ouvertures. L’ensemble reçoit un décor inspiré du registre néo-gothique : sculptures d’animaux fantastiques ornant les crossettes des rampants, et fleurons couronnant les pignons découverts.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1485, daté par source
1913, daté par source

Le manoir du Grand Prainville se situe à l’extrémité sud du territoire communal. L’ensemble comprend 3 bâtiments :

- Le logis manorial, placé à l’est de l’ensemble, possède deux ailes. L’aile principale s’élève sur deux niveaux habitables : rez-de-chaussée surélevé (sur cave) et étage carré (surmonté d’un comble). Orientée à l’est, sa façade principale est flanquée d’une tour d’escalier hors-œuvre contenant un escalier à vis en pierre de taille calcaire, desservant les quatre niveaux d’élévation. L’accès se fait via cette tour, par la porte en anse de panier de style gothique flamboyant (surmontée d’une accolade couronnée d’un fleuron et encadrée de pinacles). Le rez-de-chaussée surélevé contient probablement une salle de réception et la cuisine, l’étage des chambres (intérieur non vu). Les pièces sont éclairées par des fenêtres à meneau et à traverse formant trois travées d’ouvertures complétées en partie supérieure par des lucarnes à pignon découvert, rampants et crossettes sculptées d’animaux fantastiques et fleuron (même traitement pour la tour d’escalier percée de trois ouvertures : deux demi-croisées et une lucarne en demi-croisée). En retour d’équerre au sud-ouest, se trouve un premier corps de bâtiment à étage. A l’angle des deux ailes est placée une tour carrée demi-hors-œuvre, contenant un escalier (non vu). Dans le prolongement du premier corps de bâtiment se trouve un second corps en rez-de-chaussée (fonction indéterminée).

- Au nord-ouest de l’ensemble, se trouve un bâtiment en rez-de-chaussée abritant sous un même toit le logement du jardinier, les écuries et la sellerie. Si les chaînages d’angle et les rampants sculptés sont en pierre de taille calcaire, les encadrements d’ouvertures sont en brique avec linteau en bois.

- En alignement au sud de ce dernier, se situe la grange.

Les murs sont probablement en moellon de calcaire et de silex couvert d’un enduit plein. Les encadrements d’ouvertures sont en pierre de taille calcaire, à l’exception du bâtiment nord-ouest (ouvertures en brique, même matériaux utilisé pour la construction des souches de cheminées). Les toits à longs pans, en flèche polygonale (tour hors-œuvre octogonale), en pavillon (tour demi-hors-œuvre carrée) sont couverts en tuile plate.

Murs calcaire moellon enduit
silex moellon enduit
Toit tuile plate
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
flèche polygonale
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis
escalier demi-hors-oeuvre

Le baron Henri Jean Guillier de Souancé marque de son empreinte le Grand Prainville au cours du premier quart du 20e siècle. Du « typique » manoir percheron (logis manorial et trois bâtiments d’exploitation agricole), il fait une vaste demeure en transférant la ferme 500 mètres au nord (construction de la Ferme de Prainville en 1911), en transformant les anciennes dépendances agricoles en communs, en construisant une aile sud-ouest au logis manorial et surtout, en redonnant une allure gothique à l’ensemble : profusions de pignons découverts à rampant sculpté, de lucarnes, de sculptures d’animaux fantastiques en crossette, de fleurons.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 6 Mi 96. Listes nominatives du recensement de population. 1836 - 1901.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 2515 - 2520. Matrices cadastrales.

Documents figurés
  • Plan du cadastre. 1811. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 5294 - 5297).

Bibliographie
  • PELLETIER, Pierre. Saint-Jean-Pierre-Fixte – Carrefour d’histoire. Alençon : monographie communale, 1991. 46 p.

Périodiques
  • SIGURET, Philippe. Introduction Historique. Les coutumes du Perche. Nogent-le-Rotrou et le Perche nogentais. Cahiers percherons, septembre 1958, n°7.

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