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Halbutterie : manoir

Dossier IA37005287 réalisé en 2011

Fiche

Parties constituantes non étudiées pigeonnier, grange, maison
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Canton de Bléré
Adresse Commune : Athée-sur-Cher
Lieu-dit : La Halbutterie
Cadastre : 1826 A2 3053 à 3063 ; 2011 A 752,753,754

Situé au sommet d'un coteau en rive gauche du Cher, à 1 km à l'est du bourg d'Azay-sur-Cher, le manoir de la Halbutterie porte un nom dont l'origine n'est pas connue. Il apparaît pour la première fois en 1694 dans le contrat de mariage d'Henry Petiot de Laluisant, d'Azay-sur-Cher, avec Marie Roujou de Chaumont. La carte de Cassini (feuille Blois) levée entre 1753 et 1755 ne mentionne pas le lieu qui pourtant existait bien à cette époque. On connaît très peu de choses sur l'histoire de cette propriété dont le bâtiment le plus ancien, daté du 15e siècle, pourrait être le logis seigneurial du fief de Baigneux. Ce fief, qui dépendait de la seigneurie d'Azay, fut cédé en 1477 au chapitre de Saint-Martin de Tours. Dans l'acte de mariage de 1694, Henri Petiot de Laluisant est mentionné comme propriétaire d'un domaine "appelé la Halbutterie avec 200 arpents de terres labourables". On suppose qu'Henri tenait la propriété de son père, Christophe Petiot, sieur de Laluisant, archer du roi, qui aurait acquis le logis daté du 15e siècle et fait construire le corps de logis du 17e siècle. En 1724, Henri est également seigneur de la Michelinière à Azay-sur-Cher.

En 1813, la propriété appartenait à Henri Emeric Petiot de Laluisant, décédé le 16 mars de la même année. Morcelée au cours du 19e siècle, la Halbutterie était partiellement ruinée en 1899. Restaurée à partir de 1975 par ses actuels propriétaires, la demeure, le pigeonnier et la maison basse située dans l'alignement de ce dernier sont aujourd'hui sauvés. Le premier plan masse connu à ce jour, sur lequel figurent les divers bâtiments qui constituent la propriété, est le plan cadastral de 1826. Un portail en pierre de taille dont subsiste le piédroit gauche marque, à l'est, l'entrée de la propriété. Le logis principal, orienté est-ouest, porte la date 1656 gravée sur l'appui de la petite baie surmontant la porte située au centre de la façade antérieure, orientée plein sud. Le bâtiment le plus ancien, accolé à l'est de ce logis, possède un linteau en accolade (retaillé) et sa construction remonte vraisemblablement à la seconde moitié du 15e siècle. Il a été remanié au 17e siècle afin de communiquer avec le nouveau logis. Prolongeant à l'est le logis médiéval, une grange a été accolée ultérieurement, à une date indéterminée, probablement au cours de la seconde moitié du 18e siècle ou au début du 19e siècle. On constate qu'un bâtiment est déjà représenté à cet emplacement sur le plan cadastral de 1826. Au sud-ouest du logis principal, une maison orientée nord-sud comportait autrefois un four à pain adossé à son pignon nord ; il a disparu de nos jours. La construction de cette maison - qui était en ruines en 1974 et dont seuls subsistaient les murs gouttereaux, l'escalier extérieur, à l'est, et le pignon sud - remonte vraisemblablement au 17e siècle, de même que le pigeonnier de plan carré situé à proximité.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 3e quart 17e siècle
Secondaire : limite 18e siècle 19e siècle
Dates 1656, porte la date

Le logis médiéval, qui comprend un rez-de-chaussée surmonté d'un comble, est construit en moellon enduit à l'exception de la moitié supérieure du mur de la façade antérieure qui est en pierre de taille de moyen appareil. Il communique avec le logis du 17e siècle au moyen d'un étroit passage dont le massif est bien visible sur la façade sud. De l'extérieur, on accède à une cave voûtée en moellon par un escalier droit couvert d'une courte voûte en berceau en pierre de taille, vraisemblablement mise en place au cours du 17e siècle. Ce logis est éclairé au sud par une demi-croisée et par une petite fenêtre rectangulaire située au-dessus de la porte à linteau en accolade, et au nord par une demi-croisée. Il comprend une vaste et unique pièce à feu avec cheminée en pierre de taille à piédroits obliques dont le chevêtre ne correspond pas à la taille de la hotte, indiquant ainsi une reprise de maçonnerie, au moment où les deux logis ont été réunis. Le comble, qui communique avec celui du logis principal, est éclairé par une petite lucarne à fronton courbe rajoutée ; il possède une charpente à chevrons formant fermes avec des poinçons épaissis aux extrémités. Les mortaises d'une ancienne cloison en pan de bois sont visibles. Le toit à longs pans est couvert en tuile plate.

Le logis du 17e siècle est remarquable par ses proportions très harmonieuses. De plan rectangulaire, élevé simplement d'un rez-de-chaussée et d'un comble souligné d'une corniche en pierre de taille, il présente trois travées ordonnancées. La façade sud est percée d'une porte centrale, à linteau mouluré, très légèrement décalée vers l'est et surmontée d'une petite baie verticale, et de deux larges croisées de part et d'autre de la porte. Les baies sont munies de volets intérieurs en bois. Trois lucarnes se superposent rigoureusement aux ouvertures du rez-de-chaussée. Les mêmes dispositions s'observent sur la façade nord, à la seule différence d'une demi-croisée placée au centre et non d'une porte. Les lucarnes centrales sont plus étroites que celles des extrémités ; entièrement en pierre de taille, elles sont surmontées d'un fronton triangulaire mouluré. Elles ont fait l'objet d'une restauration soignée, la pierre de taille provenant de Saint-Cyr-en-Bourg dans le Maine-et-Loire. Le toit à longs pans et croupes, entièrement couvert en ardoise cloutée à la pointe de cuivre, possède des égouts retroussés qui ont permis d'éviter la pose de gouttières. L'accès au comble s'effectue de l'intérieur par un escalier tournant, en charpente, moderne, mais dont le mur d'échiffre est en pan de bois. Compte tenu de l'emplacement de la porte, il est possible qu'à l'origine un escalier rampe-sur-rampe en charpente ait été installé à la place de celui que nous voyons aujourd'hui, la première volée prenant place entre la baie nord et la volée supérieure. Le comble est cloisonné en pan de bois ; la charpente, à chevrons-formant-fermes, possède des demi-entraits assemblés au sous-faîtage ; cette disposition, qui témoigne d'une volonté d'économiser le bois, a été observée dans un autre édifice de la commune, daté également du 17e siècle (l'Alouettière). Au rez-de-chaussée, des poutres de rives soutenues par des corbeaux en bois supportent les solives apparentes du plafond. La grande cheminée du salon, en pierre de taille à hotte droite surmontée d'une corniche moulurée saillante, est adossée au pignon ouest.

Le pigeonnier de plan carré est construit en moellon calcaire ; les encadrements et les chaînages d'angles sont en pierre de taille. A mi-hauteur, règne un cordon en saillie tandis qu'une corniche en pierre de taille couronne le bâtiment qui porte un toit en pavillon couvert en tuile plate. Avant sa restauration, la partie supérieure de la façade nord était ruinée et le toit avait disparu.

Murs enduit
moellon
pierre de taille
Toit ardoise, tuile plate
Étages étage de comble
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
croupe
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant, en charpente
États conservations restauré

Charpente à chevrons formant fermes 17e siècle. Cloisons en pan de bois conservées. Demande d'inscription MH en 1974.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • Extrait du plan cadastral ancien, section A2, 1826. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, Tours).

Bibliographie
  • MONTOUX, André. Vieux logis de Touraine. Quatrième série, 1979, Chambray-les-Tours : C.L.D. éditeur, 1979.

    p.10-12.
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


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