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Halles (détruites, 42 rue Charronnerie)

Dossier IA28000304 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

Dénominations halle
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 42 rue Charronnerie
Cadastre : 1990 CE 100

Les halles de Nogent-le-Rotrou sont mentionnées pour la première fois dans la littérature percheronne en 1838, leur construction remonterait à l’année 1533. Croulantes de vétusté, elles sont remplacées au 19e siècle par l’actuelle mairie, sans avoir été préalablement étudiées et /ou documentées.

Les halles de Nogent sont déjà construites et dotées d’étals en 1488. Leur bon fonctionnement nécessite des réparations constantes, comme en témoignent les différents marchés, adjudications et états de réparation conservés entre 1537 et 1748. Si l’on retient l’hypothèse d’une construction en 1533, il apparaît curieux que l’édifice ait besoin de réparations seulement trois ans après sa construction.

La proximité de l’édifice avec le marché à bétail, le fait qu’il accueille des étals de bouchers ainsi que de cordonniers et que les profits de la visite des bestiaux soient affectés aux réparations des halles, invitent à restituer une spécialisation en lien avec l’élevage et son commerce.

La halle s’écroule en 1803, l’expertise menée l’année suivante décrit l’édifice comme doté : d’un rez-de-chaussée où se tiennent les bouchers et autres marchands, d’un premier étage où siégeait autrefois le tribunal civil, et d’une salle grenier au-dessus. Cette dernière était chargée de son au moment de l’effondrement de la halle. Le rez-de-chaussée est entièrement construit en pan de bois, il est composé de quatre rangées de poteaux. Ses côtés sont flanqués de bâtiments couverts en appentis ne dépassant pas le sol du premier étage. Celui-ci compte deux rangées de poteaux montant de fond et se prolongeant sous les fermes de la charpente du grand comble dont le toit comporte deux croupes.

Le devis de récupération des matériaux des halles, effectué préalablement à sa destruction,est déposé en 1842. Parmi les matériaux figurent dix vieilles croisées en chêne et deux escaliers. Le projet de remplacement de l’édifice par une halle aux grains, une mairie, une bibliothèque et un tribunal ainsi que son devis sont déposés plus tard en 1857 et 1858. Les travaux sont effectués dans la foulée.

Vestiges conservés : Les halles ont été complétement détruites. En 1902, le terre-plein sous l’actuelle mairie est doté de 15 échoppes du côté de la place du Marché.

Le terminus ante quem des halles est fixé à 1488, ce qui n’exclut pas une datation plus ancienne, plusieurs halles étant attestées à Nogent dès le 14e siècle (présence d’une halle aux drapiers qu’il n’a pas été possible de localiser). Celle-ci est peut-être reconstruite en 1533.

Durant la première moitié du 17e siècle, les halles accueillent, en plus de leurs fonctions commerciales alors liées à l’élevage et à son commerce, le tribunal de la baronnie de Nogent. Celui-ci est composé d’une salle d’audience (auditoire) et d’une chambre (délibération ?). Les halles sont surmontées d’une horloge ajoutant ainsi la maîtrise du temps à ses prérogatives. L’édifice est alors un centre économique et judiciaire placé sous l’autorité seigneuriale dont il symbolise le pouvoir.

Le bâtiment est doté de deux niveaux d’élévation ménagés sous un grand comble. Le rez-de-chaussée accueille des boutiques et des échoppes, celles-ci sont certainement réparties entre les poteaux qui délimitent les différents vaisseaux du rez-de-chaussée. L’espace est peut-être déjà alors composé de deux vaisseaux et deux bas-côtés. L’auditoire et la chambre du tribunal sont situés à l’étage, ils sont éclairés par des croisées en bois, ce qui laisse à penser que l’étage était également construit dans le même matériau. Il n’a pas été possible de préciser si la charpente était apparente ou si elle servait déjà de grenier à grains comme c’est le cas au 19e siècle.

Symbole de la justice seigneuriale, les halles ne survivent pas à l’instauration de la République. Faute d’entretien, elles s’écroulent en 1803 avant d’être détruites et remplacées par l’actuelle mairie en 1858.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle
Principale : 2e quart 16e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle , (détruit)

Les halles sont décrites en 1624, elles sont alors dotées d’un auditoire éclairé par des croisées et surmonté par une charpente. L’aveu de 1648 pousse plus avant la description situant la halle sur la place du marché, où elle occupe 104 pieds de long pour 62 de larges. Elle est associée à un auditoire et une chambre pour exercer la justice et juridiction de la baronnie de Nogent-le-Rotrou. Les sentences rendues par le tribunal sont affichées sur l’un des poteaux des halles.

La vue de Villebon représente le premier étage des halles vu de l’ouest après 1624. Celui-ci possède quatre travées surmontées par un toit à deux pans percé de six lucarnes et doté d’un campanile. Un second document montre la façade ouest. Celle-ci comporte deux niveaux d’élévation sous comble. Le rez-de-chaussée est accoté par un bâtiment ouvert par trois portes sur la place et couvert par un toit en appentis percé de cinq lucarnes. L’étage est éclairé par cinq fenêtres disposées à l’aplomb des lucarnes du bâtiment en appentis. La halle est couverte par un toit à deux pans doté de deux croupes. Il est surmonté par un campanile abritant une horloge surmontée d’un toit en dôme.

Un plan géométrique du rez-de-chaussée des halles a été dressé en 1843. L’édifice est divisé en quatre vaisseaux et huit travées par des poteaux. L’espace est occupé par environ 90 échoppes et boutiques. La largeur des vaisseaux situés aux extrémités ouest et est est plus faible, il est probable qu’il s’agisse ici de bas-côtés. Le rez-de-chaussée est accessible par trois portes depuis la place, deux depuis la rue Charronnerie, et une en direction du sud. L’étage est distribué par un escalier droit, accolé au pignon sud.

Vestiges conservés : Les halles ont été complétement détruites. En 1902, le terre-plein sous l’actuelle mairie est doté de 15 échoppes du côté de la place du Marché.

Annexes

  • Lettre d'expertise, 1804 et Devis estimatif des matériaux issus de la destruction des Halles, 1842

    AD 28. 2 O, 2533 Halle. Lettre d’expertise (1804).

    Le 4 Mars 1833, Architecte [Morin] À Monsieur le Préfet.

    J'ai reconnu que cet établissement publique d'une construction très ancienne avait environ 45 m de longueur sur 20 m de largeur qu'elle se composait au rez-de-chaussée ou se tiennent les bouchers et autres marchands, d'un premier étage où se tenait autrefois le tribunal civil, et d'une salle grenier au-dessus. La construction est entièrement en charpente au rez-de-chaussée se sont de très fort poteaux sur 4 rangées, des deux extérieur longeant d'un côté la place et de l'autre la grande rue supportant deux petit combles en apprentie qui ne s'élève qu'à la hauteur du rez-de-chaussée. Les deux autres rangs de poteaux placés intérieurement après avoir traversé la hauteur du rez-de-chaussée, se prolongent dans celle du premier étage et ont abouti sous les fermes du grand comble dont la toiture forme deux égouts, ces deux extrémités se terminent par une croupe et de l'autre coté qui est ce qui touche la maison dudit Meyniel par un pignon. [...] il existe une tendance dans toute la longueur du bâtiment à se porter sur le côté longeant la place, grande route de Paris à Nantes. Dans les combles, la [grasseure] des poinçons n'étant point en rapport avec leur longueur est la cause évidente de la courbure[...] ledit propriétaire (Meyniel), ayant fait reconstruire ledit mur, au lieu de l'élever d’aplomb du côté de la halle, les ouvriers l'ont construit en encorbellement, de sorte qu'au lieu d’être le pignon de la halle qui soit allé joindre la maison du plaignant, c'est son mur qui est venu joindre par effet de la construction dudit pignon. [...] les [tasseniers] qui existaient à la maison dont il s'agit pouvaient provenir du mauvais état ou se trouvait d'ailleurs cette halle, [...] après visite faite je suis resté pleinement convaincu que les dégradations qu'on y remarque sont étrangères à celle de la halle [enqueles] lezardes et tassenie qui existent sur les trois faces extérieures proviennent que des défaut de bonne construction [...] maladresse et ignorance avec laquelle on a opéré quand on a voulu établir après coup, [a rez-de-chaussée décharger]ouverture de boutique dont l'exécution d'une d'elle a manqué défaire écrouler la maison.[...] [la plainte du propriétaire Meyniel] est rejetée […] "la halle, je pense en mon avis que bien qu'en mauvais état par son défaut d'aplomb en plusieurs sens, elle ne présente point de dégradations qui puissent faire craindre spontanément sa chute, les bases de la charpente sont saines et vigoureuses dans le rez-de-chaussée." propose soit de détruire et reconstruire soit de déposer le premier pour reconstruire l'étage […]

    AD 28. 2 O, 2533 Halle. Devis estimatif des matériaux à provenir de la destruction de la démolition de la halle (1842).

    Vu et signé par la Maire de la ville le 27 aout 1842

    - 75 000 de tuile de toute quantité à prendre sur le comble à 11.50 s compris restante et cassé

    - 1469 Linéaire de chevrons de toit l’échantillon à prendre sur le comble à 0.22 f compris descente.

    - 1070 Linéaire de chantelattes à prendre idem

    - 2 m 30 cube de bois de toute escente à prendre dans le pan de bois coté de M. Meyniel

    - 24 m 09 cube de bois à provenir de la démolition du comble compris démolition de perte et déchets.

    - 11.971 Cube de bois à provenir de la démolition des planchers de la grande halle compris démolition à [non lu]

    - 14 837 cubes de bois à provenir de la démolition des planchers du 1er étage [non lu]

    - 17.619 Cube de bois de toute essence à provenir des pans de bois de la halle la [non lu]

    - compris démolition descente et déchets.

    - 10 400 carreaux de terre cuite de tous échantillons à provenir du décarrelages de la grande halle la mise sur garantie de la quantité et de la qualité.- 10 vielles croisées en chênes vitrée en partie ferrée de verrous à (coutissons ?).

    - 1.2.0 Cube de bois à provenir de la démolition de deux escaliers compris démolition.

    - 2 vielles portes

    - 24 840 cube de bois provenir de la démolition des poteaux du rez-de-chaussée de la halle [non lu]

    - compris démolition.

    - 14 052 cube de bois à provenir de la démolition de poutre et entrait du plancher inférieur de [non lu]

    - 26 356 cube de bois à provenir de la démolition des planchers inférieur de [non lu]

    - compris démolition [non lu]

    - 6 199 cubes de bois à provenir du comble et des poteaux de bois de la grande halle compris démolition.

    - 340 de chevrons de toute grosseur et qualité à [non lu] compris démolitions

    - 228 000 supplément de bardeau à provenir de la couverture du dit bas-côté, une grande partie avant les maitre serger compris démolition et sans garantie de quantité et de qualité.

    - 6.199 Cube de bois à provenir du bas-côté droit de la halle.

    - 1306 : Linéaire de chevrons a 0.22 f compris démolition

    - 190 ? supplément support de bardeau à provenir du bas-côté de mètre compris des constructions en maison de l’ovarie [non lu]

    - 6 Barrière en bois de chêne ferré de pertiau morillons et [non lu]

    - 0.447 Cube de bois à provenir de la démolition de corps de garde de plis grande partie en sapin dix mètre 26 000

    - 240 00 supplément de plancher à provenir des 5 travées du plancher inférieur à 1.20

    - 20 00 suppléments carrelage au corps de garde carreaux à provenir

    - 0.058 cube de bois à provenir d’une poutrelle estimation

    - 1 porte 1 croisée et son volet

    - 210 du fer à provenir des armatures

    Observation qu’il est bien entendu que l’adjudicataire [non lu] Audit répétition à faire soit sur la qualité soit sur la quantité des matériaux. Du prix en a été déduit en raison de la perte et du temps nécessaire pour la démolition.

    Total 87 27.28 francs.

    Le présent détail estimatif se montant à la somme de 87 27 dressé par l’architecte soussigné

    Nogent le Rotrou le 8 mai 1942

    Vu et signé par la Maire de la ville le 27 aout 1842

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : B 2465. Marché. (1537-1538).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : B 2555. Adjudication des réparations. (1608-1609).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : B 2659. Nominations d’experts. (1613).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B, B 2259 : Prise de possession et état des lieux des châteaux de Nogent-le--Rotrou, Montigny, Vitray et Villebon, au nom de Maximilien de Béthune, duc de Sully. (1627).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B, B2161. État des travaux. (1682).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B, B2323. Adjudication des réparations. (1748).

  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

    Folio 9 verso
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série O : 2 O 2533. Procès-Verbal. (1803) ; 2 O 2533. Expertise. (1804).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série O : 2 O 2533. Devis estimatif des matériaux à provenir de la destruction de la démolition de la halle. (1842).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série O : 2 O 2521. Projet (1857) et devis (1858).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série O : 2 O 2521. Plan. (1902).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B, B 2259 : Prise de possession et état des lieux des châteaux de Nogent-le--Rotrou, Montigny, Vitray et Villebon, au nom de Maximilien de Béthune, duc de Sully. (1627).

Documents figurés
  • Plan géométrique du rez-de-chaussée de la halle de Nogent-le-Rotrou / auteur inconnu (signature illisible).1843. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 2 0 2533).

Bibliographie
  • FRET, Louis-Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001. (fac-similé de l'édition de 1838).

    p.235
  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, série B. Chartres : Impr. Garnier, 1890.

Périodiques
  • LEPAREUR, Florence. Nogent-le-Rotrou de la seconde moitié du XIVe siècle à la fin du XVe siècle. Cahiers Percherons, n°147, 2001.

    p.36
  • FOREAU, Christian. Sully et Rachel de Cochefilet en leurs seigneuries, fragments historiques. Cahiers Percherons, 2015, n°202.

    p.29
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Rozier Hadrien