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Hôtel (6 rue de la Concorde ; 31 quai Charles-Guinot)

Dossier IA37005706 inclus dans Amboise : quai Charles Guinot (1 à 33 quai Charles-Guinot) réalisé en 2006

Fiche

Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 6 rue de la Concorde , 31 quai Charles-Guinot

Selon un plan en « L », l'hôtel du 6 rue de la Concorde se compose de deux corps de logis desservis par une vis placée dans une tourelle. Précédé d'une cour vers la rue de la Concorde, l'hôtel donne sur le quai de Loire de l'autre côté. Le bâtiment donnant sur la rue de la Concorde est une création récente. Les deux charpentes de comble, couvrant le grand corps de logis sur Loire et le petit en retour d'équerre dans la cour, sont conservées dans un excellent état et constituent notre objet d'étude principal. Leurs bois ont été prélevés et datés par dendrochronologie des années 1460 et 1462. Le grand corps de logis, dont la rive nord est parallèle à la Loire, a été édifié antérieurement au petit corps de logis présentant son pignon sud face à la rue de la Concorde.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Dates 1460, datation par dendrochronologie
1462, datation par dendrochronologie

L'hôtel accueille actuellement une étude notariale dont l'entrée est établie au 31 quai Charles Guinot. Il est construit en moellon enduit et brique. Les façades sont trop dénaturées pour être analysées, croisées et portes d'origine ont disparu. À l'intérieur, l'édifice est aménagé pour accueillir une étude notariale ; la distribution d'origine n'est plus lisible. La tourelle hexagonale a perdu sa fonction distributive mais ses façades demeurent lisibles : construite en brique, à l'exception des encadrements des baies en pierre de taille de tuffeau, deux petites baies murées ont été remplacées par deux autres baies percées juste au-dessus des premières pour correspondre aux niveaux de plancher et non plus aux niveaux des révolutions de la vis. Il est possible que la porte qui ouvre au rez-de-chaussée sur la cour soit bien originelle. Cette tourelle de 3,40 m de diamètre est couverte d'un toit hexagonal. Dans sa charpente inaccessible, on distingue seulement une enrayure soutenant chacun des arêtiers. Dans ses dispositions premières, la tourelle desservait l'hôtel jusqu'aux combles. Une corniche en tuffeau moulurée souligne le bord de la toiture et apparaît dans le comble où son profil a pu être relevé. La mouluration est constituée d'une arête surmontée d'un talon suivi d'un chanfrein faisant le lien avec un bandeau. Par ailleurs, on constate que la corniche a été installée sur tout le périmètre de la tourelle, y compris sous les toits. Elle a donc été construite avant la mise en place des charpentes. Certains chevrons de la charpente du grand corps de logis reposent d'ailleurs sur des corbeaux insérés au sein de la maçonnerie de la tourelle. Tout le problème est de déterminer si le plan de l'hôtel fut conçu en « L » dès le début ou si, au contraire, l'extension du petit corps de logis n'était pas prévue dans le premier projet. Le niveau condamné de la cage, auquel on accède aujourd'hui depuis le comble, montre du reste le linteau d'une ouverture donnant dans le petit corps de logis. Le grand corps de logis, orienté est-ouest Le comble de 14,10 m de long pour 9,40 m de large est couvert d'une charpente à chevrons-formant-fermes. La datation par dendrochronologie a révélé une date d'abattage des bois autour de 1460. Côté Loire, le comble est éclairé de deux lucarnes assez remaniées. À l'intérieur, on constate qu'elles ont été réduites en largeur. Côté cour, le comble possédait également une lucarne équipée d'un coussiège sur son côté droit. Sur cette rive, certains chevrons reposent contre la tourelle d'escalier, soutenus par de petits corbeaux. La vis est parfaitement contemporaine des premiers aménagements du comble et un chevêtre authentique reçoit les deux arbalétriers gardés plus courts pour permettre le passage. À l'exception des reprises récentes en résineux, l'essence employée est le chêne ; les bois sont de très bonne qualité avec peu de flaches et peu de noeuds. La plupart des bois sont des bois de brin, à l'exception de quelques rares pièces issues de bois de quartier. Les pièces sont assemblées par des tenons-mortaises. Le toit présente une pente de 58 degrés. Les bois, particulièrement longs (8,90 m pour les chevrons), présentent les traces d'un débitage soigné à la doloire. La majorité des assemblages sont à tenon-mortaise, et les chevilles sont doublées par endroit, notamment sur les jambettes. L'entraxe moyen des chevrons est de 60 cm. La charpente se compose de 21 fermes dont 5 fermes maîtresses. Enfin, sont encore visibles entre les chevrons et les faux-entraits, des traces d'éclisses portant le torchis qui isolait le comble. Ce comble était donc habitable, contrairement à celui du petit bâtiment qui ne présente aucune trace de ce type. Un conduit de cheminée prend place sur chaque pignon : si pour le conduit Ouest, le décalage de la dernière ferme maîtresse semble authentique, pour le conduit Est, la section d'un des chevrons indique un repentir postérieur. Cependant, la charpente a dû être montée avant les pignons, ce qui est courant, et cette modification résulterait d'un simple oubli. Le petit corps de logis orienté nord-sud La datation par dendrochronologie a révélé une date d'abattage des bois autour de 1462. Le bâtiment mesure 6,4 m de long par 4,2 m de large mais le faîtage de la charpente, pénétrant sous la charpente du grand corps de logis, mesure 8,5 m de long. Le bâtiment est couvert d'une charpente à chevrons-formant-fermes présentant une pente de 58 degrés, composée de 12 fermes numérotées de I à XII par des chiffres romains tracés à la rainette - le I se trouvant au nord, du côté de la Loire. Le côté oriental est contremarqué tandis que le côté occidental est simplement marqué. Les bois de la charpente sont similaires à ceux de la grande charpente et l'entraxe moyen des chevrons s'élève à 62 cm. Aujourd'hui l'accès aux combles se fait par un escalier droit qui débouche à la liaison des deux charpentes. Bien que cet escalier présente un aspect ancien, il est nécessairement postérieur aux charpentes datant du XVe siècle puisque les entraits des fermes X à XII du petit comble ainsi qu'un chevron de la grande charpente ont dû être sectionnés pour ménager un passage. Cet escalier ne présente aucun caractère datant.

Murs brique
crépi
moellon
pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan régulier en L
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à deux pans
toit polygonal
noue
croupe
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Amboise, précisions sur les charpentes de l'Hôtel 6 rue de la Concorde

    Précisions sur la grande charpente orientée est-ouest

    La grande charpente se compose de vingt et une fermes dont cinq fermes maîtresses. La coupe transversale des fermes maîtresses se décrit comme suit : les chevrons reposent sur des blochets dont l'about est maintenue en place par des jambettes. Les blochets prennent eux-mêmes appui sur deux sablières, l'une à l'extérieur du mur gouttereau, l'autre à l'intérieur. Les arbalétriers s'assemblent au sommet de part et d'autre d'un poinçon élargi aux abouts. L'élargissement sommital reçoit par enfourchement le faîtage, tandis que l'élargissement inférieur enfourche à son tour le faux-entrait. Épaissi tant dans la hauteur que dans la largeur au niveau de son assemblage avec le poinçon ; le faux-entrait présente un assemblage à parements enserrant les chevrons-arbalétriers. Pour permettre cet assemblage, les faux-entraits des fermes maîtresses sont en effet plus larges que ceux des fermes secondaires et leur face inférieure est creusée de deux rainures permettant d'axer au centre du faux-entrait les aisseliers dont la section est similaire à celle des chevrons. Composé de quatre segments, le sous-faîtage est assemblé aux poinçons sur sa partie élargie et s'encastre par une double queue d'aronde sur la face supérieure des faux-entraits. Les fermes secondaires ne disposent pas de poinçon et les faux-entraits s'assemblent aux chevrons-arbalétriers par un simple tenon-mortaise.

    La coupe longitudinale montre quatre croix de Saint-André liant le faîte au sous-faîte.

    Précisions sur la petite charpente orientée nord-sud

    La petite charpente se compose de 12 fermes dont 1 ferme maîtresse. La coupe transversale de la ferme maîtresse numérotée VI se décrit ainsi : les chevrons (4,20 m) reposent en bas sur un entrait et en haut de part et d'autre d'un poinçon épaissi qui se trouve enfourché par la poutre faîtière. Le sous-faîtage, divisé en deux sections, prend également appui sur le poinçon, juste au-dessus du niveau du faux-entrait. Des jambettes renforcent arbalétriers et entrait. Les fermes secondaires sont identiques à celle-ci mais ne disposent pas de poinçon.

    La coupe longitudinale de la charpente présente un faîtage monoxyle qui avance dans la charpente du grand corps de logis, ce qui prouve bien sa postériorité. Son extrémité repose sur les chevrons d'une noue qui viennent prendre appui, à gauche, contre le mur de la tourelle d'escalier et, à droite, contre un des arbalétriers de la grande charpente. La sous-faîtière a également été coupée du côté du grand corps de logis. Les assemblages à doubles queues d'aronde qui la liaient aux faux-entraits sur lesquels elle reposait à l'origine, ont quelques peu bougé ce qui explique qu'ils soient visibles à présent. Dans la moitié Sud de la charpente (tournée vers la rue de la Concorde), la cohérence des faîtes est assurée par une croix de Saint-André, tandis que dans la moitié nord elle est étayée par un simple lien. Du côté de la rue de la Concorde, la charpente s'achève par une petite croupe ajoutée postérieurement.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie