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Hôtel (9 rue Victor-Hugo ; 11 rue Victor-Hugo)

Dossier IA37005681 inclus dans Amboise : rue Victor Hugo (1 à 13 et 2 à 52) réalisé en 2006

Fiche

Dénominations maison, hôtel
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 9 rue Victor-Hugo , 11 rue Victor-Hugo

Au XIXe siècle, cette construction élancée a perdu sa façade de rive donnant sur la rue Victor Hugo lors d'un alignement. Aujourd'hui elle est scindée en deux adresses mais à l'origine il s'agissait bien d'un seul hôtel. Il fut construit en bordure d'enceinte, dans les murs, à quelques mètres de la porte Heurtault. Jean-Pierre Babelon désigne cet édifice comme la demeure du régisseur du château au XVIe siècle. La dendrochronologie réalisée sur la charpente propose 1517 comme date d'abattage des bois. Nous n'avons pas pu visiter le comble du 11 rue Victor Hugo occupé par un appartement.

Période(s) Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : Epoque contemporaine
Dates 1517, datation par dendrochronologie

L'hôtel s'élève sur cinq niveaux dont un niveau de cave et un niveau de comble. Les matériaux employés à la construction sont les moellons pour les murs et le pan-de-bois pour les cloisons internes et la galerie installée au revers de l'édifice. L'étude de l'ordonnance des façades du XVIe siècle et de leurs ouvertures demeure aujourd'hui impossible tant les modifications du bâtiment ont été importantes. Il n'est toutefois pas impossible que la façade donnant sur la rue Victor Hugo ait été construite en pierre de taille, comme celle du 1 mail Saint-Thomas par exemple. Aujourd'hui l'édifice, dont le pignon donne sur la place Michel Debré, présente un plan de 7,70 m de large sur 16,20 m de long, mais l'alignement de la façade a réduit d'environ 20 cm à 50 cm la largeur du bâtiment. La cave est à présent divisée en deux, comme la maison, et les espaces ont été réaménagés. Au n° 11, elle est scindée en petits espaces dont les structures très grossières ne peuvent être interprétées. On trouve néanmoins des soupiraux donnant sur la rue Victor Hugo. Au n° 9, la cave a conservé son sol en terre battue. On y accède par une vis en pierre ancienne à l'aplomb de la vis de l'hôtel, aménagement sans doute médiéval. La cave est divisée en deux espaces : le premier, au fond, du côté du promontoire du château est très étroit et couvert d'une voûte en berceau murée et prolongée par un berceau surbaissé pénétré par un autre berceau surbaissé. La stéréotomie des pierres est typique d'un travail de la fin du XVIIIe siècle. Notons toutefois que les soubassements soutenant le voûtement, édifiés en moellon, ont un aspect médiéval, sans doute contemporain de la vis en pierre. La distribution primitive de l'hôtel peut être en partie restituée. En face de la porte d'entrée du 9 rue Victor Hugo, un couloir conduit à la vis en bois qui dessert les étages. Son noyau tors, à mains courantes sculptées dans deux grumes, constitue l'un des éléments de datation de cet hôtel. La vis montait à l'origine à main droite. Les niveaux des linteaux et des seuils de portes visibles dans la cage étaient ainsi compatibles avec les niveaux des paliers donnant sur la galerie. En raison de la hauteur du bâtiment (quatre niveaux sans compter la cave), le noyau est taillé dans deux arbres. Les marches ne sont certainement plus celles d'origine. Il est probable que la toiture de la cage d'escalier de l'hôtel ait dépassé le niveau de la couverture du reste de l'hôtel, de manière à matérialiser un tourelle d'escalier.

L'hôtel était divisé en une partie privative et une partie publique, le clivage actuel reprenant donc cette partition. Le rez-de-chaussée abritait certainement les cuisines. Ensuite, à chaque niveau, prenaient place deux pièces en enfilade : l'une accessible par l'escalier du côté du n° 9 et l'autre par la galerie du côté du n° 11. Trois galeries superposées, en pan-de-bois et de la largeur de la cage de la vis, distribuaient les niveaux. Au deuxième et troisième étages, qui peuvent correspondre aux étages de Monsieur et de Madame, la distribution devait être la suivante : salle accessible par la galerie, puis chambre à coucher accessible directement par la vis - comme en témoignent les linteaux de portes visibles dans la cage. Il est permis de penser que le côté desservi par la galerie ait également abrité une garde-robe, positionnée soit entre la chambre et la salle soit à l'extrémité de la galerie. La toiture de l'édifice contribue à le magnifier en lui donnant une silhouette élancée. La charpente à chevrons-formant-fermes a conservé sa pente de 59 degrés. Du côté du n° 9, elle est composée de trente fermes, dont cinq fermes maîtresses, numérotées de chaque côté en chiffres romains et présentant un entraxe moyen de 55 cm. La rive du côté de la rue est marquée tandis que celle du côté du promontoire du château est contremarquée. D'une manière générale l'essence des bois employés est le chêne, de qualité satisfaisante. Les bois débités à la doloire et à la scie pour les bois de quartier sont bien rectilignes ; ils présentent peu de flaches et peu de noeuds et les marques d'outils sont encore visibles. Les assemblages sont à tenon-mortaise. Les bois mesurent 13 cm à 14 cm de large, à l'exception de certaines pièces un peu plus larges, notamment les poinçons. La coupe transversale d'une ferme principale se décrit comme suit : les chevrons-arbalétriers reposent sur des entraits formant le plancher de l'édifice. Il n'y a donc pas de solives. Les chevrons montent de part et d'autre d'un poinçon élargi aux extrémités pour permettre au faîtage de s'y assembler par enfourchement et au sous-faîtage d'y être assemblé par un tenon-mortaise. Le poinçon repose sur le faux-entrait monoxyle, lui-même relié aux arbalétriers. De petits aisseliers déchargent l'angle du faux-entrait et des arbalétriers. Ces derniers sont épaulés de jambettes prenant appui sur l'entrait qui repose lui-même sur deux sablières : l'une posée à l'extérieur du mur et l'autre à l'intérieur. Les fermes secondaires présentent une structure similaire, à l'exception des poinçons qui n'existent pas ; les chevrons s'assemblent alors en tête, juste au-dessus du faîte. Enfin, la coupe longitudinale propose une poutre faîtière monoxyle qui enfourche chacun des poinçons des fermes principales. La sous-faîtière est quant à elle divisée en quatre sections. Quatre croix de Saint-André assurent la cohésion des faîtes. Dès l'origine, des linçoirs particulièrement élaborés ont permis de sectionner les arbalétriers pour ménager la cage d'escalier et la lucarne. Notons que la charpente est modifiée au-dessus de la cage d'escalier. Il est fort possible que la vis ait été à l'origine couronnée d'un toit conique ou à pans qui aurait encore davantage détaché l'édifice du paysage urbain.

Murs moellon
pan de bois
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 2 vaisseaux, sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Couvrements voûte en berceau
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, ville royale : maisons et hôtels des XVe et XVIe siècles, Indre-et-Loire. photogr. Hubert Bouvet, Thierry Cantalupo, Mariusz Hermanowicz ; llus. Anne-Marie Bonnard, Myriam Guérid. Lyon : Lieux-Dits, 2010. (Parcours du patrimoine, n°355).

  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, un château dans la ville. [Publication de Thèse]. Rennes : presses universitaires de Rennes ; Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie