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Hôtel de Bailli dit Maison du Bailli, actuellement collège Arsène Meunier (47 rue Saint-Laurent)

Dossier IA28000314 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

HISTORIQUE

Bâtiments 1, 3 et 6, face nord, vue du nord-est.Bâtiments 1, 3 et 6, face nord, vue du nord-est.La date de construction de l’édifice nous est connue grâce à un cartouche situé au-dessus de son portail d’entrée. Celui-ci porte l’inscription suivante : "DE PIERRE BLANCHE DURANT FEVRIER JE FU FAICTE 1542". Au-delà de la date portée, la phrase indique les noms du commanditaire "Pierre Durant", et celui de sa femme "Blanche Février", dans ce qui ressemble à une antonomase. La figure de style consiste ici à utiliser des noms propres comme des noms communs créant ainsi deux niveaux de lecture.

Pierre Durant est à la fois connu pour son titre de bailli1 de la seigneurie de Saint-Denis2, d’auteur3 et surtout comme l’un des principaux acteurs de la rédaction des coutumes du Perche4, épisode durant lequel plusieurs des commissaires royaux sont accueillis dans sa demeure.

En 15915, Mathé Durand, fille de Pierre Durand, vend la "Grande Maison" à Jacqueline du Bellay, dame de la reine et de la Chesneliere6. Celle-ci était alors occupée pour le Roi par Jean Le Sueur7. L’édifice est composé de "chambres et appartenances, jardin, fournil et estables"8. Il est situé dans la rue Saint-Laurent9, son jardin est accolé à ceux de Saint-Denis.

La "Grande Maison est de nouveau vendue en 159610 par la fille de la dame du Bellay, Catherine de Dampierre, à Gilles Fromentin, secrétaire de la chambre du roi et contrôleur ordinaire. La maison était alors occupée par Pierre de Vieupont, mari de Catherine de Dampierre, capitaine, conseiller et maitre d’hôtel du seigneur de Soissons11. La maison comporte alors des chambres basses et hautes avec grenier dessus et caves dessous, ainsi qu’une cour, une étable, un bucher et un jardin derrière jouxtant à la fois ceux de Saint-Denis, ainsi que la ruelle des Poupardières.

En 181112, l’édifice est implanté entre la rue Saint-Laurent et un vaste jardin longeant l’enclos du prieuré de Saint-Denis jusqu’à la rue des Poupardières. Il est composé de plusieurs bâtiments formant deux U et organisés autour de deux cours.

Plan du rez-de-chaussée, 1922 (AD 28, 2 O 2522).Plan du rez-de-chaussée, 1922 (AD 28, 2 O 2522).Un plan de 192213 représente l’édifice dans des dispositions similaires. Les bâtiments situés à l’est sont alors dédiés aux communs, tandis le logis est implanté dans les bâtiments situés à l’ouest. La façade nord est figurée sur une aquarelle du début du 20e siècle14. A l’exception des crossettes sculptées garnissant les toits et les deux salamandres disposées au-dessus du portail d’entrée, aujourd’hui détruites, la façade est identique à celle que l’on peut observer actuellement.

La maison du Bailli est achetée par la mairie entre 1922 et 1926 pour agrandir le collège de Nogent-le-Rotrou. Ses façades sont classées en 192615. Plusieurs campagnes de travaux sont alors engagées entre 1928 et 1932 afin de restaurer les toits et les lucarnes bordant la rue Saint-Laurent16. La maison du bailli accueille encore aujourd’hui le collège Arsène Meunier.

DESCRIPTION

Situation

Plans de situation.Plans de situation.L'édifice est assis sur une parcelle large (34 m sur rue) et peu profonde (20 m), elle occupe une surface au sol de 736 m². Côté nord, elle est bordée par la rue Saint-Laurent reliant le Bourg-le-Comte au Pont-de-bois traversant l'Huisne. Côté sud, l'abbatiale Saint-Denis est implantée à une cinquantaine de mètres. Une seconde grande parcelle sépare l’édifice de l’ancienne abbatiale, elle est située à cheval sur l'ancienne limite du prieuré. Elle est actuellement ouverte sur la cour du collège Arsène Meunier.

Structure et distributions

Les neuf bâtiments17 qui composent l'édifice sont organisés autour de deux cours arrière (n°1 à l’est et n°9 à l’ouest) formant deux U accolés implantés entre la rue Saint-Laurent et la cour du collège.

Un passage carrossable permet d’accéder depuis la rue Saint-Laurent à la cour n°1. Celle-ci dessert le rez-de-chaussée des bâtiments 1, 2, 3, 4 et 5, qui ne sont pas directement accessibles depuis la rue. La distribution verticale et les communications entre les bâtiments 5, 6, et 8 sont assurées par un escalier et un couloir qui lui est associé, tous deux situés dans le bâtiment 7.

Plan du rez-de-chaussée.Plan du rez-de-chaussée.Le bâtiment 1 est visible depuis la rue et situé le plus à l’est. Il est composé d'un plan rectangulaire ayant son petit côté sur rue. Son rez-de-chaussée est divisé en quatre pièces par des cloisons. Celles-ci communiquent à la fois avec la cour n°1 et les bâtiments 2 et 3 auxquels le bâtiment est accolé. L'étage est distribué par un escalier situé dans la salle communiquant avec la cour. Seules les pièces sur cour et sur rue sont dotées de fenêtres. L'étage et le comble n'ont pas pu être visités, en conséquence, ils n’ont pas été étudiés.

Le bâtiment 2 n’est pas visible depuis la rue. Il est implanté en arrière du premier bâtiment et est doté d’un plan rectangulaire ayant son grand côté sur la cour n°1. Comme les étages du bâtiment 1, il n’a pu être visité et par conséquence n’a pas été étudié.

Le bâtiment 3 a son grand côté sur rue et prend place juste à droite du bâtiment 1. Il est doté d’un plan rectangulaire. Au rez-de-chaussée, l’espace est partagé en trois pièces par des cloisons. Un passage d’entrée est ménagé au centre, il permet d'accéder à la cour n°1 depuis la rue en passant sous un couple d’arcades. La pièce située à l’extrême est de ce bâtiment 3 est uniquement accessible depuis le bâtiment 1. Elle est éclairée par trois fenêtres, la première est ménagée sur le passage central, la seconde est percée dans une cloison elle-même ménagée sous un arc et donnant sur la cour n°1, et la troisième donne sur la rue Saint-Laurent. La pièce ouest est uniquement éclairée par une fenêtre percée dans une cloison donnant sur le passage central. Elle est accessible depuis le bâtiment 4, lequel est situé en arrière du bâtiment 3. Son mur ouest comporte une niche et un retrait qui invitent à s'interroger sur la présence antérieure d’une porte en direction du bâtiment 6. L’étage du bâtiment n’a pu être visité.

Le comble est composé d’un volume unique accessible depuis le bâtiment 6 par une porte chanfreinée. Il s’ouvre sur deux espaces circulaires correspondant aux échauguettes visibles depuis la rue. Celles-ci sont éclairées par des petites fenêtres et dotées de canonnières. L’échauguette ouest repose à cheval sur le mur pignon marquant la séparation entre les bâtiments 3 et 6. Une seconde porte bouchée permettait d’accéder depuis le bâtiment 3 aux combles du bâtiment 1 situé à l’est. Le volume est éclairé par une lucarne donnant sur la rue Saint-Laurent. La charpente de ce bâtiment 3 est composée de trois fermes à pannes avec poinçons de fermettes, entraits retroussés, blochets et jambes de forces. Trois entraits en pin ont été ajoutés aux fermes avec des vis en métal.

Le bâtiment 4 n’est pas visible depuis la rue. Il consiste en une pièce unique implantée en arrière du bâtiment 3, entre ce dernier et le bâtiment 5. Il s'ouvre sur la cour n°1 par une arcade à l’est et sur le bâtiment 3 par une porte à l’ouest. Son étage n’a pu être visité.

Le bâtiment 5, non visible depuis la rue, est doté d’un plan rectangulaire ayant son grand côté donnant sur la cour n°1. Au rez-de-chaussée, il est composé de trois pièces en enfilade séparées par deux murs de refend. Son mur ouest et ses murs de refends sont deux fois plus épais que son mur est. La pièce située le plus au nord est ouverte sur la cour n°1. Elle permet également d’accéder au bâtiment 7 (escalier) et à la pièce centrale du bâtiment 5. Cette dernière est éclairée par deux fenêtres à l’est, elle comporte une souche de cheminée au sud, et s’ouvre à l’ouest sur un petit édicule rectangulaire. Une porte bouchée permettait autrefois la communication avec la pièce sud de ce même bâtiment 5. Cette dernière n’est plus accessible que depuis la cour n°2, elle prend jour par une fenêtre donnant sur la cour n°1. Le second niveau du bâtiment n’a pas été visité.

Au niveau du comble, l’espace est partagé en deux par le mur de refend sud. Ce dernier comporte une souche de cheminée sur sa face nord et communique par une porte avec la pièce sud. Son mur ouest est plaqué contre le mur pignon du bâtiment 7. Le comble est couvert par une charpente en appentis, appuyée au nord contre celle du bâtiment 6. Le pignon sud est couvert.

Le bâtiment 6 possède un plan rectangulaire ayant son grand côté sur rue. Au rez-de-chaussée, l’espace est partagé en deux par un mur de refend, puis en sept pièces par des cloisons. Il est éclairé depuis la rue par quatre fenêtres disposées par paire de chaque côté du mur de refend. Le bâtiment est accessible depuis les bâtiments 7 et 8 (tous deux situés au sud), tandis que les portes ménagées dans le mur de refend et les cloisons permettent de circuler d’une pièce à l’autre. Deux cheminées sont disposées sur les murs pignons ouest et est. Celle située à l’ouest dispose d’une hotte droite et d’un manteau en marbre doté d’un arc chantourné. L’étage n’a pas été visité.

Le comble est accessible depuis l’escalier situé dans le bâtiment 7. Il est éclairé par deux lucarnes situées de chaque côté du mur de refend et visibles depuis la rue. Il possède également une porte chanfreinée percée dans le mur de refend et permettant de circuler d’un volume à l’autre. Le comble s’ouvre également sur le bâtiment 3 par une porte (mur pignon est), et sur le bâtiment 5 par un passage ménagé dans sa charpente (à l’angle sud-est de ce niveau). Les murs pignons est, ouest et de refend (face ouest) sont dotés de souches de cheminées. Le toit du bâtiment 6 est constitué par quatre fermes marquées de 1 à 4 et situées de part et d’autre du mur de refend. La base des arbalétriers situés au contact du mur nord du bâtiment 7 est noyée dans ses maçonneries. La charpente est à fermes et pannes avec poinçons, contrefiches, faux-entraits et jambettes. Le contreventement est assuré par des croix de Saint-André et les assemblages sont à tenons et mortaises chevillés.

Le bâtiment 7 n’est pas visible depuis la rue. Il est situé au sud du bâtiment 6, dans l’angle formé par ce dernier et le bâtiment 5. Il adopte un plan proche du carré ayant son petit côté perpendiculaire au sens de la rue. Au rez-de-chaussée, l’espace est occupé par un couloir parallèle à la rue et permettant de desservir les bâtiments 5, 6 et 8 (du rez-de-chaussée jusqu’au comble), et par un escalier tournant en pierre de taille articulé autour d’un noyau rectangulaire. Ce dernier est accessible depuis le bâtiment 5 par une arcade en plein-cintre. Le noyau est cantonné de colonnes engagées portant des chapiteaux corinthiens à un seul rang de feuilles surmonté par un entablement. Il est également percé de plusieurs placards muraux dont les vantaux en bois sont sculptés de plis de serviettes. Les marches, ainsi que les voûtes plates situées dans les angles du bâtiment, reposent sur des nervures au profil surbaissé dotées de retombées. Certaines d’entre elles sont sculptées d’un décor de fleurs dont les deux rangs de pétales se recroquevillent sur un bouton en fort relief. Son quatrième niveau est occupé par une pièce occupant la moitié de la largeur du bâtiment. La charpente du comble est à fermes et pannes avec poinçons et contrefiches. Celle-ci a été agrandie du côté est afin de ménager un toit en appentis pour le bâtiment 5.

Le bâtiment 8 n’est pas visible depuis la rue. Il est doté d’un plan rectangulaire ayant son petit côté perpendiculaire au sens de la rue et collé au sud du bâtiment 6. Un mur de refend partage le bâtiment en deux espaces : une large pièce à l’est et un petit volume étroit à l’ouest. La première est accessible depuis les bâtiments 7 et 6, ainsi que par la cour n°2. Elle prend jour sur cette dernière grâce à une fenêtre. Elle est chauffée par une cheminée ménagée dans son mur de refend (côté ouest de la grande pièce). Le second espace est doté d’un escalier doublé d’un couloir permettant d’accéder aux deux premiers niveaux du bâtiment 9, soit un espace voutée situé au même niveau que la cour, et un étage à mi-niveau appelé fruitier sur le plan de 192218. Il est lui-même accessible par une porte dont l’embrasure est déposée de biais dans le mur de refend. Le second niveau d’élévation n’a pas été visité.

A la différence des autres bâtiments, le bâtiment 8 comprend deux étages de comble. Le plafond du troisième niveau de celui-ci prend donc place sous les faux-entraits de sa charpente. Cet espace est partagé en trois pièces par une cloison à l’est et un mur de refend à l’ouest. La pièce est est accessible depuis l’escalier situé dans le bâtiment 7. Elle est éclairée par une petite fenêtre située sur cour. La pièce centrale est dotée d’une cheminée, elle est éclairée par une fenêtre sur cour. La petite pièce ouest s’articule autour de la cheminée de la pièce centrale. Elle donne accès au comble du bâtiment n°9 situé un demi-niveau plus bas.

Le second étage de comble du bâtiment 8 est accessible depuis le bâtiment 6. La toiture repose sur une charpente à fermes et pannes altérées avec poinçons, contrefiches, faux-entraits et jambettes. Plusieurs poteaux sont ménagés sous ses faux entraits de manière à isoler le premier niveau du comble mentionné précédemment.

Le bâtiment 9 est accolé au mur pignon du bâtiment 8. Il dispose d’un plan rectangulaire ayant son petit côté perpendiculaire au sens de la rue. Son premier niveau est couvert par une voûte en berceau plein-cintre. Il est accessible depuis la cour, ainsi que par le bâtiment 8. Ce dernier communique avec le bâtiment 9 par une porte en plein-cintre à quatre claveaux sculptés d’un chanfrein. Les niveaux 2 et 3 du bâtiment n’ont pu être visités.

Le comble est accessible depuis un escalier ménagé dans le premier étage de comble du bâtiment 8. Il est éclairé par une fenêtre ménagée dans son mur pignon sud. L’unique pièce est isolée de la charpente par une voûte lambrissée en forme de cloche. A l’ouest le mur gouttereau comporte une souche de cheminée tandis qu’à l’est, son mur gouttereau vient buter contre les maçonneries du bâtiment 8.

Élévations et couvertures

Élévations des façades sur rue

La façade nord est commune aux bâtiments 1, 3 et 6. Elle comporte deux niveaux d’élévation prenant place sous des toits à deux versants de hauteur différente. Le parement est composé de pierres calcaire19 de moyen appareil à assise régulière. Il comporte un coup de sabre et une besace au niveau du contrefort du bâtiment 3. Les assises situées de part et d’autre du contrefort sont dotées de niveaux différents (M1601 et M3101, voir l'image ci-contre).Relevé en élévation, face nord (bâtiments 1, 3 et 6).Relevé en élévation, face nord (bâtiments 1, 3 et 6).

Le rez-de-chaussée du bâtiment 1 est éclairé par un oculus ovale (O-1111). Il est surmonté par une corniche moulurée en réglet et doucine commune au bâtiment 3. Aucune rupture d’assise n’est observée entre les deux bâtiments.

Le bâtiment 3 est doté d’un petit jour ménagé entre deux blocs20 (O-3111), et une porte en plein-cintre (O-3112) dont l’extrados forme un escalier irrégulier. Celle-ci est dotée d’un bossage en table, ses impostes sont saillantes et sa clef pendante. La porte est couronnée par une corniche moulurée d’un réglet et d’une doucine, elle est ornée de deux boules sur piédestal. L’encadrement de la porte marque une rupture avec les assises du mur (O-3111). Deux coups de sabre sont ainsi visibles de part et d’autre de celui-ci. La corniche (C-1111) semble ne pas être coupée par l’encadrement de la porte21.

Le mur du bâtiment 6 est percé par quatre fenêtres (O-6111/6112 et O-6114/6115) et deux ouvertures bouchées (O-6113 et O-6116). Plusieurs coups de sabre sont visibles au contact des piédroits des fenêtres O-6111 et O-6112. Leurs plates-bandes coupent la corniche C-6111 tandis que leurs appuis créent une rupture d’assise avec le parement M-3201. Le coup de sabre observé à droite de l’ouverture (O-6112) est lié à une ouverture bouchée (O-6113). Les encadrements des fenêtres O-6114 et O-6115 sont dotés de chambranles à fasces, leurs plates-bandes s’intègrent avec la corniche C-6111. Plusieurs coups de sabres sont néanmoins visibles à proximité de leurs piédroits, y compris au contact avec l’ouverture bouchée O-6116 dont l’encadrement est pourtant similaire aux fenêtres précédemment décrites22.

Lithographie, face nord (bâtiment 1, 3 et 6), vue du nord-est, 1873 (Musée-Château Saint-Jean).Lithographie, face nord (bâtiment 1, 3 et 6), vue du nord-est, 1873 (Musée-Château Saint-Jean).Le second niveau du bâtiment 1 est percé par la fenêtre O-1111, elle est encadrée par deux pilastres à chapiteaux ioniques reposant sur des bases et socles eux-mêmes portés par des culots. Ceux-ci sont sculptés de compositions végétales mêlant palmettes et fleurs dont les pétales sont recroquevillés sur un bouton saillant. L’ouverture est percée sous une plate-bande dotée d’une corniche portant sur les pilastres. Sa clef est sculptée d’une console en S avec un décor de palmettes. Deux encoches bouchées sont visibles de part et d’autre des piédroits de l’ouverture. L’ensemble est surmonté par un large tore faisant le lien avec la corniche C-1121. Celle-ci marque une saillie à l’aplomb des piédroits de la fenêtre. Le parement M1101 comporte des irrégularités (besaces et coups de sabres) au contact des bases et socles portant les pilastres de l’ouverture.

La jonction entre les bâtiments 1 et 3 est marquée par un coup de sabre situé à l’aplomb du rampant du bâtiment 1. L’ouverture bouchée O-3121 située dans le bâtiment 3 semble s’appuyer contre ce dernier. Deux autres ouvertures bouchées (O-3122) sont visibles au second niveau du bâtiment 3. Leurs appuis sont en partie recoupés par le couronnement de la porte (O-3112) du niveau 1. Celle-ci est surmontée d’un cartouche, d’une niche dont le renfoncement est sculpté d’une coquille Saint-Jacques et d’une petite corniche. Le cartouche porte l’inscription « DE PIERRE BLANCHE DURANT FEVRIER JE FU FAICTE 1542 ». L’ensemble est marqué par deux coups de sabre au contact avec le parement M1101. L’élévation est couronnée par une corniche (C-3121) moulurée en réglet, quart-de-rond et doucine. Elle est interrompue par deux échauguettes à toit conique reposant sur des culs de lampes moulurés et sculptés d’un décor de feuilles recourbées, ainsi que de consoles en S formant des volutes. Chaque échauguette est percée d’une petite fenêtre dont l’encadrement est composé de chambranles à fasces. Des canonnières en mauvais état sont visibles de part et d’autre de ces dernières. Plusieurs coups de sabres et besaces sont visibles au contact avec le parement M3101. Un alignement de trous de boulins est visible à mi-hauteur du second niveau.

Le second niveau du bâtiment 6 comporte une assise de moins que celle du bâtiment 3. En conséquence les trois dernières assises des deux bâtiments ne sont pas synchrones. Le parement M6101 est percé par quatre fenêtres à plates-bandes moulurées de chanfreins (O-6121-O-6124). Mis à part ce qui concerne les appuis, aucune rupture n’est visible sur le mur M6101. Des encoches sont visibles de part et d’autre de l’ensemble des ouvertures. La présence de trous de boulins immédiatement au-dessus de la corniche (C-3111) est également à noter.

Couvertures des bâtiments sur rue

Le bâtiment 1 est couvert par un toit à deux versants et fortes pentes. Il est doté de rampants à crossettes en pierre de taille. Le comble est éclairé par une lucarne (L-1131) encadrée de pilastres portant un entablement lui-même surmonté par un fronton semi-circulaire. Celui-ci est accosté par des vases d’amortissement. La plate-bande de la fenêtre est portée par un meneau unique.

Le toit à deux versants du bâtiment 3 est moins haut et moins pentu que celui du bâtiment 1. Il est percé par une lucarne surmontée d’un fronton à rampants festonnés dont le tympan porte un disque. Ce dernier est surmonté d’une coquille sculptée, il est accolé par deux pierres laissées nues. La fenêtre de la lucarne est ménagée sous un double linteau et un simple meneau.

Le bâtiment 6 est doté d’un toit à forte pente à deux versants. Ses rampants sont montés en pierre de taille et comportent des crossettes. Le comble est éclairé par deux lucarnes. Elles sont encadrées par des pilastres portant une corniche également supportée par des consoles sculptées de triglyphes et de gouttes. Elles sont surmontées par des frontons festonnés dont les tympans sont sculptés de disques. Ils sont accostés par des sirènes dont les ailes forment des volutes. A gauche, la lucarne est surmontée par un pilastre ionique cannelé, à droite elle est couronnée par un aigle. La plate-bande de chaque fenêtre est portée par un meneau unique.

Élévations des façades sur cour

Cour n°1, face sud, vue du sud.Cour n°1, face sud, vue du sud.

Bâtiments 1 et 2, face ouest, vue du sud-ouest.Bâtiments 1 et 2, face ouest, vue du sud-ouest.Bâtiments 4 et 5, face est, vue du sud-est.Bâtiments 4 et 5, face est, vue du sud-est.

L’ensemble des façades sur cour est monté en moellons de calcaire. La pierre de taille est réservée aux éléments porteurs.

Le mur pignon du bâtiment 1 et le mur gouttereau du bâtiment 2 sont réunis à l’ouest au sein d’une façade commune construite en moellons de calcaire. La façade est composée de deux niveaux d’élévation prenant à la fois place sous le pignon du bâtiment 1 dont on aperçoit une crossette sculptée, ainsi que sous le toit à deux pans, faible pente et croupe du bâtiment 2. Un bandeau continu et commun aux deux bâtiments sépare les deux niveaux d’élévation de ceux-ci.

La plus grande partie du mur pignon est masquée par le bâtiment 3, celui-ci venant se plaquer à cet endroit contre le bâtiment 1. Le premier niveau est percé par une porte à linteau. Il est éclairé par un oculus ovale désaxé par rapport à la porte. Le second niveau est occupé par une fenêtre à plate-bande dont le chambranle à fasces est doté de crossettes. Celles-ci sont associées à des volutes sculptées. La clef de la plate-bande est sculptée d’une console en S. Des encoches sont visibles sur les piédroits de la fenêtre. La jonction entre les deux bâtiments est visible grâce aux irrégularités de maçonnerie observées à droite de la fenêtre.

Le premier niveau du bâtiment 2 est percé par quatre fenêtres, deux oculi et une porte. La première fenêtre (à gauche) est à plate-bande, ses piédroits se prolongent jusqu’au niveau du sol. Elle est située à l’aplomb de la jonction entre les bâtiments 1 et 3 ce qui explique la différence de couleurs des enduits situés au-dessus d’elle. Deux oculi ovales sont ensuite visibles de part et d’autre d’un linteau en bois sous lequel deux fenêtres prennent place. Des coups de sabres sont visibles de chaque côté du linteau. L’unique porte visible est dotée d’une plate-bande. Son chambranle forme un bandeau. La dernière fenêtre a été bouchée en partie haute. Elle est dotée d’un linteau. Deux coups de sabre sont visibles sous ses piédroits.

Le second niveau est éclairé par trois fenêtres et un oculus. La première en partant de la gauche est similaire à celle observée au même niveau sur le bâtiment 1. Elle est suivie par une seconde fenêtre à plate-bande partiellement buchée. Un coup de sabre et une rupture dans le bandeau séparant les deux niveaux d’élévation sont visibles à droite de la fenêtre. Les deux ouvertures restantes sont composées d’un oculus ovale et d’une fenêtre à plate-bande, dont le chambranle forme un bandeau. L’ensemble de la façade prend place sous une corniche moulurée en quart-de-rond, réglet et doucine.

Le mur pignon sud du bâtiment 2 est uniquement visible au second niveau. Il est percé par une fenêtre dotée d’un arc brisé à deux claveaux dont le chambranle forme un bandeau.

Le mur gouttereau sud du bâtiment 3 est composé de deux niveaux d’élévation et de deux travées. En partie basse le parement est monté en pierre de taille laissant ensuite la place à un appareil de moellons de gabarits différents.

Le premier niveau est composé de deux arcades en pierre de taille. A droite, l’arcade est bouchée par un mur dans lequel une porte et un bandeau de fenêtre est ménagé.

Le second niveau d’élévation est percé par deux plates-bandes entre lesquelles un oculus ovale bouché est visible. Une petite fenêtre carrée prend place à droite de la façade. Son encadrement est en ciment. La séparation entre les deux niveaux est marquée par un bandeau. L’ensemble est surmonté par une corniche en quart-de-rond et réglet.

Les murs gouttereaux des bâtiments 4 et 5 forment une façade commune à l’ouest de la cour n°1.

Le premier niveau du bâtiment 5 est composé de 3 fenêtres et une porte séparée par une chaine d’angle et une jambe. La première fenêtre en partant de la gauche est ménagée sous un linteau. Le mur dans lequel elle est percée vient buter contre un coup de sabre faisant penser à une chaine d’angle. Deux autres fenêtres prennent place plus à droite. Elles sont percées sous des doubles linteaux tandis que leur encadrement est mouluré en quart-de-rond. Les piédroits de la fenêtre la plus à droite se poursuivent jusqu’au sol. Celle-ci est accostée sur sa droite par une jambe. La porte prend place de l’autre côté de cette dernière. Elle prend la forme d’un arc en plein-cintre encadré par des pilastres à chapiteaux ioniques portant un entablement. Son piédroit gauche marque un léger coup de sabre au contact du parement. Il n’existe pas de rupture entre les façades des bâtiments 4 et 5. La première est exclusivement composée d’une porte en plein-cintre. L’angle formé par les bâtiments 3 et 4 comporte un chainage commun.

Le second niveau du bâtiment 5 est éclairé par 3 fenêtres situées à droite de la chaine d’angle identifiée au rez-de-chaussée. Les deux premières sont percées sous des plates-bandes à l’aplomb de celles du premier niveau. La troisième, située de l’autre côté de la jambe, est en partie bûchée. Elle prend place sous un double linteau accosté par des consoles sculptées de triglyphes. Les maçonneries situées entre les bâtiments 4 et 5 sont perturbées. L’unique fenêtre située au second niveau du bâtiment 4 est percée sous une plate-bande. Trois corniches différentes couronnent les élévations des bâtiments 4 et 5. La première (quart-de-rond et réglet) court de l’extrémité gauche de la façade jusqu’à la chaine d’angle précédemment mentionnée. La seconde (doucine) s’arrête au contact de la troisième fenêtre. La dernière (quart-de-rond et réglet) part de la fenêtre précédemment nommée pour buter contre la façade sud du bâtiment 3.

Le mur pignon sud du bâtiment 5 est percé par deux jours bouchés au rez-de-chaussée et une fenêtre sous un linteau en bois à l’étage. Ses maçonneries semblent avoir été reprises au niveau de la croupe du toit.

A la différence de celui observé sur la cour n°1, le mur gouttereau ouest du bâtiment 5 (donnant sur la cour n°2) est aveugle.

Le mur pignon sud du bâtiment 7 est composé de trois niveaux d’élévation sous comble et de deux travées. Le pignon est doté de rampants en pierre de taille, il est couronné par un amortissement. Chaque niveau suit la rampe d’escalier située de l’autre côté du mur.

Le premier niveau est masqué par un édicule en brique. Les niveaux suivants comportent des fenêtres sous linteau avec chambranle à fasces à gauche, et de simples plates-bandes à droites. Le pignon est percé par une petite baie dont l’appui en quart-de-rond fait saillie sur le mur.

Le mur pignon sud du bâtiment 8 comporte 4 niveaux dont deux sont des étages de comble. Une partie de la façade est masquée par le bâtiment 9, ce dernier étant plaqué au sud du bâtiment 8. Le premier niveau est percé par une fenêtre à plate-bande23 et une porte dotée d’un linteau en ciment. Le second niveau est également doté d’une fenêtre à plate-bande disposée à l’aplomb de celle du rez-de-chaussée. Elle est surmontée par un arc de décharge surbaissé. Le premier niveau de comble est percé par une fenêtre sous linteau dont les montants sont moulurés d’un chanfrein au centre, et d’un oculus ovale à droite. Le second niveau de comble est doté d’une petite fenêtre carrée dont l’appui fait saillie sur le nu du mur à l’aide de deux consoles moulurées en doucine. Le pignon est couronné par des rampants en pierre de taille et une crossette sculptée. Celle-ci porte une créature aux pattes griffues à l’arrière, et ravisseuses à l’avant. Son visage est manquant. La crossette repose sur une corniche moulurée en quart-de-rond, réglet et doucine plaquée contre la façade du bâtiment 8. Le toit a été rehaussé côté droit.

Le bâtiment 9 comporte quatre niveaux d’élévation sur son mur pignon (sud), contre deux sur son mur gouttereau (est). Au sud, le rez-de-chaussée possède une porte menant à la cave24. Elle est surmontée d’une petite fenêtre à linteau, grille et chanfrein. Le troisième niveau est percé par une fenêtre à linteau en bois dont l’appui a été modifié. Le comble est éclairé par une fenêtre sous linteau. Sur le mur est, le second niveau est éclairé par une fenêtre à grille semblable à celle observée sur la face sud. Le troisième niveau possède une fenêtre dotée d’un linteau dont l’appui semble également avoir été rehaussé.

PRÉSENTATION DU PARTI GÉNÉRAL OU DES PARTIS GÉNÉRAUX SUCCESSIFS

L’absence de communication directe entre la rue et les bâtiments qui la bordent, la présence d’un passage carrossable, la fonction de distribution assurée par la cour n°1 et la présence d’un vaste jardin postérieur permettent d’attribuer à l’édifice la fonction d’hôtel particulier. L’hypothèse se vérifie à la lecture des plans de 1922 qui attestent d’une partition fonctionnelle entre un logis placé à l’ouest de la cour n°1 et les communs placés à l’est de cette même cour.

SYNTHÈSE DES OBSERVATIONS CONCERNANT L’HOMOGÉNÉITÉ DE L'ŒUVRE ET ESSAI DE DATATION DES PARTIES

Bâtiment 6

L’absence de ruptures sur les murs extérieurs du bâtiment 6 et leur cohérence avec les quatre fermes de charpente ainsi qu’avec leurs couvertures, invitent à penser qu’ils appartiennent à la même phase de construction. En façade, le parement nord est synchrone avec les quatre fenêtres observées à l’étage. L’association de deux paires de fenêtres prenant place de part et d’autre du mur de refend, laissant une partie de celui-ci sans ouverture, indique qu’ils sont cohérents. Les éléments stylistiques (croisées O-6121 à 6124 et les rampants) comme le type de charpentes utilisées25 permettent de dater cette première phase entre la seconde moitié du 15e siècle. Compte tenu du peu d’indices conservés, cette datation doit cependant être considérée avec beaucoup de prudence.

Orthophotographie et relevé en élévation, face nord (bâtiments 1, 3 et 6).Orthophotographie et relevé en élévation, face nord (bâtiments 1, 3 et 6).

Les ouvertures percées au rez-de-chaussée sont postérieures au parement M-6101. Les fenêtres O-6114 et O-6115 sont liées à l’implantation de la corniche C6111, elles sont issues d’une seconde phase de construction tandis que les fenêtres O-6111 et O-6112, construites dans une troisième phase, sont postérieures à la corniche C-6111. Dans son premier état, le rez-de-chaussée était donc soit aveugle, soit doté d’ouvertures ayant été remplacées. En seconde phase, le parement est percé par les fenêtres (O-6114, O-6115 et O-6116) et accueille la corniche C-61111. La troisième phase consiste en l’ajout des fenêtres O-6111 et O-6112 qui viennent couper la corniche C-6111. Il n’a pas été possible de préciser si les lucarnes du comble sont liées à la première, à la deuxième ou à la seconde phase de construction.

La seconde phase peut être datée entre 1540 et la seconde moitié du 16e siècle sur la base des fenêtres à faces employées au rez-de-chaussée. Les lucarnes visibles au niveau du comble peuvent également être associées à cette phase de construction. Elles adoptent en effet une forme héritée de la fin du moyen-âge (fronton pignon accosté de pinacles), mais sont parées de sculptures puisées dans un répertoire antique (sirène, volutes, disques).

Les fenêtres à plates-bandes O-6111 et O-6112 du rez-de-chaussée peuvent être datées entre le 17e et le 18e siècle.

Bâtiments 5, 7 et 8

Relevés des charpentes des bâtiment 5, 7 et 8.Relevés des charpentes des bâtiment 5, 7 et 8.

Les maçonneries du bâtiment 7 sont plaquées sur celles du bâtiment 6, tandis qu’au niveau du comble les fermes de la charpente du bâtiment 6 sont noyées dans le mur nord du bâtiment 7. Ce dernier est donc soit contemporain26, soit postérieur au bâtiment 6. La différence d’épaisseur de mur entre les bâtiments 7 et 8 indique que le premier est venu se plaquer sur le second. Malgré l’existence d’ouvertures permettant une communication entre les bâtiments 7 et 5, l’examen des maçonneries situées au niveau du comble27 atteste la postériorité du premier sur le second.

Bâtiment 7, vue intérieure, rez-de-chaussée, escalier.Bâtiment 7, vue intérieure, rez-de-chaussée, escalier.Bâtiment 7, vue intérieure, escalier, détail d'un chapiteau.Bâtiment 7, vue intérieure, escalier, détail d'un chapiteau.

Bâtiment 7, vue intérieure, escalier, clef de voûte.Bâtiment 7, vue intérieure, escalier, clef de voûte.Bâtiment 7, vue intérieure, escalier, porte du placard du noyau central, menuiserie en plis de serviette..Bâtiment 7, vue intérieure, escalier, porte du placard du noyau central, menuiserie en plis de serviette..

Le bâtiment 7 a été daté entre 1540 et la seconde moitié du 16e siècle sur la base des éléments stylistiques suivants :

    • l’escalier tournant à noyau carré28,
    • les chapiteaux corinthiens29,
    • les fenêtres à fasces,
    • les rampants à crossettes en pierre de taille30,
    • la voûte plate et ses nervures à retombée31,
    • les portes sculptées en plis de serviettes32.

Les fenêtres à plates-bandes observées sur le mur pignon sud pourraient appartenir à une phase de construction plus tardive remontant au 17e ou au 18e siècle. Il est possible de rapprocher le besoin de lumière à cet endroit avec la construction du bâtiment 5, ce dernier ayant certainement obstrué les jours de l’escalier se trouvant sur sa face est.

Le bâtiment 8 a été daté de la seconde moitié du 15e siècle sur la base des éléments stylistiques suivants :

    • les rampants à crossettes sculptées,
    • la charpente à fermes et pannes avec poinçons, contrefiches et faux-entraits33,
    • la porte en plein-cintre de la cave à quatre claveaux dotés d’un chanfrein,
    • la fenêtre à linteau et chanfrein du pignon sud.

Le toit du bâtiment 8 a fait l’objet d’un rehaussement de sa toiture (phase 2). Ce dernier est peut être lié à l’aménagement de deux étages de comble. Plusieurs pièces sont alors ménagées sous les faux-entraits de la charpente du bâtiment 8. Le rehaussement du toit offre ainsi une hauteur sous plafond suffisante pour ménager la pièce ouest.

L’oculus et les plates-bandes observés sur le mur pignon sud permettent de dater l’exhaussement du toit ainsi que la reprise de ce même mur entre les 17e et 18e siècles.

Le bâtiment 5 résulte de plusieurs campagnes de construction successives. Les deux salles les plus au nord ont été datées entre la seconde partie du 16e siècle (vestibule ?), le 17e siècle et le 18e siècle sur la base des plates-bandes et d’arcs en pleins-cintres sans moulures. La salle la plus au sud, clairement postérieure pourrait remonter au 18e ou au 19e siècle.

Bâtiment 9

Une partie des murs gouttereaux du bâtiment 9 est plaquée contre le mur gouttereau ouest du bâtiment 8. En l’absence d’une visite plus approfondie, il n’a pas été possible d’appréhender la chronologie de l’édifice.

Les petites ouvertures carrées moulurées de chanfreins et la cave voûtée en plein-cintre n’interdisent pas de penser qu’il pourrait dater du 16e siècle. En revanche, les ouvertures et la voûte observées aux troisième et quatrième niveaux d’élévation sont datables entre le 17e et le 18e siècle.

Bâtiment 3

Relevé en élévation, face nord (bâtiments 1, 3 et 6).Relevé en élévation, face nord (bâtiments 1, 3 et 6).Le fait que le parement des bâtiments 3 et 6 (M-6101) soit synchrone atteste de leurs contemporanéités. La première phase du bâtiment 3 pourrait donc remonter à la seconde moitié du 15e siècle. L’étage du bâtiment 3 est éclairé par des petites fenêtres (O-3122 et O-3123). La besace formée par la rencontre entre les murs M1101 (communs au bâtiment 1) et M-6101 (commun aux bâtiments 3 et 6) indique que le premier est venu s’insérer dans le second. Le bâtiment 1 serait donc issu d’une campagne de construction postérieure. La parenté entre l’ouverture O-3121 et les fenêtres O-3122 et O-3123 invite néanmoins à poser l’hypothèse d’une volonté d’uniformité entre la façade du bâtiment 1 et celle du bâtiment 3.

Les arcades du mur postérieur du bâtiment 3, sa lucarnes (L-3131)34, et la charpente à fermes et pannes avec des arbalétriers de jouée, poinçons de fermette, sans contrefiches de son combles35 et les échauguettes de son second niveau attestent d’une seconde phase de construction datée du 16e siècle.

La porte O-3112 et son couronnement sont postérieures au parement M-6101. Ses impostes saillantes et à clef pendante amènent à dater cette troisième phase du 17e siècle. Les deux fenêtres à plates-bandes et l’oculus de la façade postérieure sont associés à la même phase de construction.

Bâtiments 1 et 2

Le bâtiment 1 est daté entre le second quart et la deuxième moitié du 16e siècle sur la base des éléments stylistiques suivants :

    • la fenêtre (O-1111) dont l’encadrement porte des pilastres à chapiteaux ioniques36,
    • la lucarne l-113137,
    • les rampants à crossettes sculptées.

Le bâtiment 2 est postérieur au bâtiment 1. Il est possible de rapprocher le percement des ouvertures du bâtiment 1 situées sur cour à la construction du bâtiment 2. L’emplacement de ces ouvertures est conditionné par l’impossibilité de prendre jour depuis le mur sud désormais accolé au bâtiment 2.

La similitude entre les fenêtres à crossettes38 observée au second niveau sur cour des bâtiments 1 et 2, ainsi que l’utilisation d’oculi ovales permettent de situer cette phase entre la seconde partie du 16e siècle (fenêtre de l’étage) et le 17e siècle (oculus).

Essai de restitution

L’édifice d’origine (phase 1) daterait de la seconde moitié du 15e siècle. Il était composé des bâtiments 3, 6 et 8. Les deux derniers devaient alors être distribués par une tour d’escalier en vis. Entre 1540 et la seconde moitié du 16e siècle (phase 2), le site fait l’objet d’une vaste campagne de reconstruction :

    • le rez-de-chaussée du bâtiment 6 est percé de nouvelles ouvertures sous corniche (O-6113 à 6116) tandis que son comble accueille les lucarnes L-6131 et L6332.
    • Une nouvelle tour d’escalier (bâtiment 7) est construite entre les bâtiments 6 et 8.
    • Le bâtiment 3, peut-être plus large à l’origine, est doté d’échauguette et d’une lucarne (L3131) sur sa façade antérieure et d’arcades sur sa façade postérieure. Celles-ci sont certainement contemporaines de celles observées sur le bâtiment 4.
    • Le parement M 1101 du bâtiment 1, nouvellement construit, est associé à celui du bâtiment 3, permettant un allongement de quelques mètres.

Durant cette seconde phase, l’édifice est donc composé des bâtiments 1, 3, 6, 7, 8 et peut-être 9. Sa distribution devait, comme c’est le cas aujourd’hui, être articulée autour de la cour n°1. Le peu d’ouvertures conservées sur rue invite à penser que les bâtiments 1, 3 et 6 n’étaient pas accessibles depuis cette dernière. La circulation entre cour et rue devait être assurée par un portail, aujourd’hui disparu, ouvert dans le bâtiment 3.

L’implantation entre rue et jardin des bâtiments 6, 7 et 8, l’ampleur de leur volume habitable et la richesse de leurs décors attestent une fonction résidentielle. Ce dernier abritait en 159639 des chambres basses et hautes, un grenier et une cave (bâtiment 9). L’édifice devait accueillir un appartement composé d’une salle, d’une chambre et d’une garde-robe par étage.

La situation de la salle du rez-de-chaussée du bâtiment 8 invite à y situer la cuisine. Celle-ci communique en effet avec la cave (cellier) du bâtiment 9, la cour, les salles situées sur rue et l’escalier ce qui permet la desserte des étages. A l’étage, l’espace de retrait situé derrière la cheminée, permet d’y restituer une chambre.

La situation du bâtiment 3, entre les bâtiments 1 et 6, les arcades observées au rez-de-chaussée (côté cour) et l’éclairage abondant de son étage associé à son développement en longueur sont caractéristiques d’une galerie sur portique. Le décor présent sur la fenêtre de l’étage du bâtiment 1 et sa connexion avec la galerie indiquent qu’il devait également faire partie du logis.

L’étable et le bucher mentionnés en 159640 devaient être situés à l’emplacement du bâtiment 2. Ainsi placés ils auraient à la fois bénéficié d’une connexion avec la cour n°1, indispensable à leur fonctionnement, et d’une séparation des espaces d’habitation.

Compte tenu de l’ampleur de la construction et des éléments stylistiques qui y sont associés, cette seconde phase de construction est attribuée à Pierre Durant, sa date d’édification est donc fixée à 1542. On remarquera la référence à l’architecture castrale visible sur le bâtiment 3 : les échauguettes et les fenêtres O-3121 à 3123 prenant la forme d’un chemin de ronde et de ses tours de flanquement. Celle-ci peut être rapprochée de l’affirmation d’un pouvoir seigneurial qu’il soit judiciaire ou plus simplement un droit de fortification.

L’hôtel est agrandi au cours du 17e siècle, les bâtiments 2 et 5 sont construits sur la cour n°1 et les façades sur rue des bâtiments 3 et 6 sont en partie refaites. Des ouvertures sont ainsi percées au rez-de-chaussée du bâtiment 6, tandis que le bâtiment 3 est doté d’un nouveau portail ainsi que de nouvelles fenêtres à l'étage sur cour, ce qui a pour effet de condamner la galerie.

PLACE DE L’ŒUVRE DANS L’ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE L'ARCHITECTURE

L’hôtel du bailli fait partie des rares édifices nogentais à utiliser un répertoire ornemental emprunté à l’Antiquité. Ainsi malgré un décor limité aux portes, fenêtres, crossettes et lucarnes, celui-ci se pare de volutes, de médaillons et de chapiteaux ioniques et corinthiens. L’édifice utilise des solutions innovantes tels son escalier tournant à noyau rectangulaire, des voûtes plates à nervures (utilisées dans ce même escalier) et une galerie sur portique. L'introduction de ces nouveautés est liée à son commanditaire, Pierre Durant, dont la carrière a certainement permis l’ouverture sur des formes et des solutions nouvelles qui échappaient à la bourgeoisie et à la noblesse locale. L’édifice se fait ainsi le symbole du rang du commanditaire, ce dernier cherchant certainement à imiter les riches nobles et bourgeois résidants dans les capitales des comtés environnants. Sans égaler les grands hôtels blésois, caennais ou tourangeaux, l’hôtel du Bailli représente le meilleur exemple d’assimilation des formes de la Renaissance à Nogent-le-Rotrou.

1"Au seigneur Baron appartient toute justice haute, moyenne et basse. Pour l'exercice de laquelle il peut avoir prevost jugeant en première instance, et bailly ou senechal, jugeat par appel et renfort". "Coustumes du Grand Perche". 1558. (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou. Fol 1 r°). 2Puis conjointement de Nogent-le-Rotrou. BRY DE LA CLERGERIE, Gillles. "Histoire des pays et comté du Perche et duché d’Alençon". Paris : de l'imprimerie de Pierre Le-Mur, 1620. p. 375.3Vers 1552, il publie une mise en prose du roman chevaleresque de Guillaume de Palerme qui rencontra un franc succès. D’après GARRUS Anne-France. "Pierre Durand, Bailli célèbre, écrivain oublié". "Bulletin de l'Association Guillaume Budé", 2004, n°1, p. 251-263.4"Coustumes du Grand Perche", 1558. (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou. Fol 1 r°). "Ad caufidicos Perticeos". 5AM Nogent-Le-Rotrou. Série N : 1N11, pièce n°4. "Acte de vente (1591)". Cf. annexes. 6Près de Nogent-le-Rotrou. Elle est la femme de Nicolas Bounier, conseiller du roi, il préside au siège du présidial d’Alençon.7Il est écuyer du Tertre, élu du Perche, secrétaire de la maison du roi et participe à la fondation du couvent des capucins de Nogent-le-Rotrou. DES BOULAIS, Bart. "Recueil des Antiquités du Perche, comtes et seigneurs de la dite province". Publié et annoté par H. Tournouër. Mortagne, Meaux : Pichard-Hayes et Daupeley-L., 1894 (fac-similé de l'édition de Mortagne, 1613). p. 7.8Il s’agit ici plutôt d’écuries.9"grande rue tendant du bour le comte dud[it] Nogent au pont de boys". 10AM Nogent-le-Rotrou. Série N : 1N11. "Acte de vente (1596)". Cf. annexes. 11SUREAU, Séverine. La maison du Bailli et le Grand-Perrin à Nogent. Cahiers Percherons, 2003, n° 157.12"Plan cadastral". 1811. (AM Nogent-Le-Rotrou : A3).13"Plans de l'immeuble Lelasseux". 1922. Plans. (AD 28. Série O : 2 O 2522). 14"Faces sud et est (cour n°1)", aquarelle, vue du sud vers 1950 (Musée-Château Saint-Jean, fonds Massiot). 15Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 1999/034/7 dossier n°43. "Maison dite du Bailli, Collège (1925-1932). Proposition de classement (1925)". Cf. annexes. 16Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 0081/028/64. "Maison dite du Bailli, Collège" (1928-1929). 17La numérotation a été établie en fonction des couvertures et des murs de chaque bâtiment. 18"Plan du rez-de-chaussée", 1922 (AD 28, 2 O 2522). Cf. Illustration IVR24_20162801408NUCA.19Certains blocs comportent des noyaux siliceux. 20Sa hauteur est égale à une assise. 21Si le fait n’a pu être vérifié côté ouest, cela est manifeste à l’est où la corniche forme un coude sans buter contre l’encadrement de la porte. 22L’appui de l’ouverture O.6116 est situé deux assises plus haut que les fenêtres O.6114 et O.6115. 23Pratiquement invisible sur les photos. 24Invisible sur les photos. 25La charpente à fermes et pannes avec entrait, poinçons, contrefiches, faux-entraits, et croix de Saint-André. Ce type de charpente est daté entre 1500 et 1700. HOFFSUMMER, Patrick. "Typologie et évolution en France du Nord et en Belgique". Turnhout : Brepols, 2002. p. 229.26Immédiatement postérieur.27Le volume du bâtiment 5 a entrainé le bûchage du rampant du bâtiment 7. La charpente en appentis du bâtiment 5 est plaquée contre celle du bâtiment 7.28Sans être tout à fait similaire, l’escalier est proche de celui que l’on peut observer à Blois au n°7 rue de la Porte-Chartraine (1515-1525).29L’introduction des ordres antiques est datée autour de 1540 à Nogent-le-Rotrou. Les chapiteaux observés ici diffèrent du modèle classique. Ils ne portent en effet qu’un rang de feuilles.30L’usage de ce type de rampants est circonscrit entre le 15e et le 16e siècle à Nogent-le-Rotrou.31Ce mode de couverture peut être perçu comme une étape entre la voûte à nervures et la voûte à caisson.32TIERCELIN, Arnaud. Les châssis de fenêtres, du XVe au XVIIIe siècle, la France occidentale, volume 2, XVIe siècle. Version janvier 2017. www.chassis-fenêtres.info.33Ce type de charpente est daté entre 1500 et 1700. HOFFSUMMER, Patrick. "Typologie et évolution en France du Nord et en Belgique". Turnhout : Brepols, 2002. p. 229.34Dont le fronton est proche d’une composition sculptée de l’Hôtel d’Alluyes (1500-1508) à Blois. Un des balconnets est sculpté d’une coquille Saint-Jacques portée par deux dauphins affrontés.35HOFFSUMMER, Patrick, Les charpentes du XIe au XIXe siècle : grand ouest de la France typologie et évolution, analyse de la documentation de la médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Turnhout, 2011. p.163.36L’introduction des ordres antiques est datée autour de 1540 à Nogent-le-Rotrou. La fenêtre est proche de celle observée à l’écu de Bretagne (IA28000341).37Elle adopte une forme héritée du Moyen Age (fronton pignon accosté de pinacle) mais est parée de motifs puisés dans un répertoire antique (fronton semi-circulaire, pilastres, volutes).38L’unique fenêtre à crossettes observée à Nogent le Rotrou est datée du milieu du 17ème siècle (IA28000311 Mausolée dit de Sully)39AM Nogent-le-Rotrou. Série N : 1N11. "Acte de vente" (1596). Cf. annexes.40AM Nogent-le-Rotrou. Série N : 1N11. "Acte de vente" (1596). Cf. annexes.
Genre de bailli
Appellations Maison du Bailli, Collège Arsène Meunier
Dénominations hôtel, collège
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 47 rue Saint-Laurent

La date de construction de l’édifice, ainsi que ses commanditaires Pierre Durant et son épouse Blanche Février, nous sont connus grâce à un cartouche situé au-dessus de son portail d’entrée. Celui-ci porte l'inscription suivante : "DE PIERRE BLANCHE DURANT FEVRIER JE FU FAICTE 1542". Pierre Durant était bailli de la seigneurie de Saint-Denis, écrivain et l'un des principaux rédacteurs des coutumes du Perche. Des documents d'archives nous permettent de savoir qu'en 1591, l'édifice est vendu par Mathé Durand (fille de Pierre Durand) à Jacqueline du Bellay, dame de la Reine et de la Chesneliere. Il est alors décrit comme étant composé de "chambres et appartenances, jardin, fournil et estables". En 1596, la "Grande Maison" change à nouveau de main après avoir été vendue par la fille de la dame du Bellay, Catherine de Dampierre, à Gilles Fromentin, secrétaire de la chambre du roi et contrôleur ordinaire. La maison du Bailli est achetée par la mairie de Nogent-le-Rotrou entre 1922 et 1926 pour agrandir le collège de la ville. Ses façades sont classées au titre des Monuments historiques en 1926. Dans les années suivantes, entre 1928 et 1932, des campagnes de restauration sont menées sur la façade sur rue. En 2017, l'édifice accueille les services administratifs du collège Arsène Meunier.

Période(s) Principale : 2e quart 16e siècle
Principale : 17e siècle
Dates 1542, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Durand Pierre, commanditaire, attribution par source
Personnalité : du Bellay Jacqueline, propriétaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Fromentin Gilles, propriétaire, attribution par travaux historiques

La Maison du Bailli est située à l'alignement le long de la rue Saint-Laurent et au nord de l'emprise supposée de l'enclos de l'abbaye de Saint-Denis. Elle est composée d'un ensemble de neuf bâtiments disposés en deux U irréguliers et accolés. Sa façade antérieure est composée d'un moyen appareil de pierre de taille, tandis que les façades postérieures sont constituées de moellons et d'un enduit à pierre vue. Comportant un étage carré et un étage de comble, elle n'est pas accessible directement depuis la rue, mais depuis une cour située au sud des bâtiments. Un passage carrossable dessert cette dernière depuis la rue. Les étages sont distribués par un escalier tournant à retours, disposé autour d'un noyau rectangulaire cantonné de colonnes engagées portant des chapiteaux corinthiens et percés de plusieurs placards muraux, dont les vantaux portent un décor en pli de serviette. Les couvertures des différents bâtiments sont réalisées en tuiles plates. Certains pignons découverts portent des décors sculptés, notamment des crossettes.

Murs calcaire moyen appareil
calcaire moellon enduit
Toit tuile plate
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements charpente en bois apparente
Couvertures toit à longs pans
croupe
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant
Statut de la propriété propriété du département
Protections classé MH, 1926/07/10

Annexes

  • AM Nogent-Le-Rotrou. 1N11, pièce n°4. Acte de vente (1591).

    AM Nogent-Le-Rotrou. 1N11, pièce n°4. Acte de vente (1591).

    Fol 1 recto

    le 14 janiver 1591. Vente faicte par Maryse Durand a Jacqueline Du Belay de la Grande Maison et Perrin moyennant mil trente escus.DI lundi quatorze […] jour de janvier mil cinq cent quatre vingts et onze zn la maison du [lieu] après midi.fut présent honnorable homme Pierre Durant marchant demeurant en la paroisse Notre-dame duquel au nom et comme procureur de Damo[iselle] Martre Durant femme épouse du noble homme M[aistre] Nicollas Bounier con[seiller] du Roy [monsieur] sire président au siège présidial dAllenson de luy […] et suffizamment autorisa fonda de […] la procuration par sa devant Pierre Barbier et Samuel Guillot Tabellions [...] [...]cognud et confessa avoir vendu cedde quitte delaisse et transporte et par ces presentes vend cedde quitte et delaisse du jourdhuy heritallement et pour haulte et puissante dame de la Rayne et dame de la Chesneliere donne en la paroisse de Saint-Laurent dudit Nogent [...] Cest assavoir une maison composé de plusieurs chambres fournilz estables -

    Fol 1 verso

    jardin et appartenances situez audit Nogent en lacs paro[isse] de Saint-Laurent dudit Nogent. En laquelle est le présent demeurent noble homme maitre Jehan le Sueur es la pour le Roy joignant dun coste a une maison jardin appartenance qui a apatenu a deffunct m[onsieur] Rene le Moine dautre coste a une maison jardin et appartenance est deppendances apartenant a [non lu] Courtin de Bouthommiller par le devant ala grande rue tendant du bour le comte dud[it] Nogent au pont de boys et du bout aval [non lu] aux terre et jardins de labbaye Sainct Denis dud[it] nogent [et autre coste] a une [noe] aztenant aux héritier Mathieu Pichery et a une autre ruelle appellée la Poupardière. Auccy a une autre maison composes de plusieurs chambres, selliers, jardin, court devant appartenances et dépendances appellé le grand perrin et size en la paroisse de Saint-Laurent et tout de l'autre coste de ladite maison ci-dessus de la rue et a y dicelle la rue entre deux joignant d'un côté a Mathurin Piau menuysier dautre costé a une ruelle po[ur] aller aung pui commun en partye et partye

    Fol 2 recto

    à la maison et appartenance ayant appartenu a deffunct Jehan Loyson Boucher par le devant a la grande rue tendant dud[it]bourg le comte dud[it] nogent au pont de boys et a[lautte] aval partie aune noe [autre] appartenant a [Bastien] Hubert [Berthrand de le Seouble] […][…] le tout appartient a ladicte Vendaresse a cause de la succession a elle venue sucedde et echue a la mort et tres pas de deffunct honorable homme m[aitre] Pierre Durant luy devant Bailly dudit Nogent son pére. Et par partage faict entre elle et ses héritiers qu’aultrement et sans riens exepter ny retenir ladicte Maison et appartenances assise en la justice et seigneurie de Saint-Denis dudict Nogent […]

    Fol 2 verso

    […] ceste vendition faicte po[ur] moyenant la somme de mil trente escuz d’or sol, revenant àa la somme de trois mil quatre vingtz dix livres[…] pour 1030 escuz soit 500 + 530 escuz par commul des propriètés

  • AM Nogent-le-Rotrou, 1N11, pièce n° ?, Acte de vente, le 11 novembre 1596.

    AM Nogent-le-Rotrou, 1N11, pièce n° ?, Acte de vente, le 11 novembre 1596.

    Fol 1 recto

    Vente de la grande maison et du Perrin par Catherine de Dampierre a M. Gilles Fromentin moyannant mil escus sols [...]

    Fol 4 verso.

    Cest assavoir, une maison manable sisze audit Nogent le Rotrou paroisse de Saint-Laurent sur la grande rue dudit Saint-Laurent, ce consistant dune chambre basse haute grenier dessus caves dessoubz, court, estables, buchier, jardin derrierre ainsi que le tout se poursuit et comporte et qu'il est clos a [son tour] joignant le tout par le devant a la dite grande rue Saint-Laurent tendant du bourg le comte dudit Nogent au pont de bois, d'autre par le derriere à la ruelle des poupardières est au terre et jardin de Saint-

    Fol 5 recto

    Denis dudit Nogent en partie et partie a une [autre] appartenant aux héritier Mathieu Pischon. d'un coté à la maison et jardin et héritier et defun maitre rene le [moyne] dautre coté à la main et appartenance de Jehan Sourtin et sa femme. Item une autre maison composé de plusieurs chambre [non lu] jardin, cour devant et derriere appeller le perrin [non lu] de la maison cy dessus déclaré la rue entre deux avec un clos

    Fol 5 verso

    de terre [non lu] derriere le dit perrin et le tout joignant d'un coté a Mathurin piau d'autre a une ruelle pour allé a un pui commun audit perrin et à la maison de duffun Jehan Loison dit de Nogent, laquelle et pui [non lu] sont de compris dans la presente vendition et parti à la maison et appartenance dudit defun Jehan Loison boucher, par le devant à la dite grande rue tandant dudit bourg le comte au pont de bois, et de tout autre part a une [non lu] appartenance a Bastian Hubiot comme garde de ses enfants et guillaume

  • Proposition de classement (1925).

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 1999/034/7 dossier n°43. Maison dite du Bailli, Collège (1925-1932). Proposition de classement (1925).

    Le 17 septembre 1925.

    L'architecte en chef des Monuments historiques

    à Monsieur le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

    La ville de Nogent-le-Rotrou à la limite du Perche à conservé de l'époque de la Renaissance, principalement du milieu du XVIe siècle un certain nombre de maisons en pierre d'un caractère local ; ces constructions très soignées, sobres de lignes, sont couvertes par des grands combles sur lesquels toute la décoration a été reportée. Presque toujours léguant de la toiture comme sur la rue qui a permis de placer au-dessus de riches lucarnes, les pignons sont caractéristiques par leurs mensurations avec ou sans crochets s’arrêtant à la base et au sommet contre de petits pinacles ou des motifs sculptés.

    C'est à cette catégorie qu'appartient le maison du Bailli sise Rue St. Laurent, qui par son importance et sa conservation en est le plus bel exemple.

    Construite par Pierre Durant Bailli de St. Denis ainsi qu'en fait foi un cartouche situé au-dessus de la porte, dans lequel on lit : Pierre Blanche Durand Febvrier ju fut faite 1542.

    Elle a été achetée récemment par la ville pour agrandir le collège, son classement a été demandé par la municipalité.

    La maison du bailly se compose d'un grand corps de logis contenant diverses pièces sans grand intérêt et un escalier en pierre avec noyau central formant massif plein cantonné aux quatre angles de colonnettes rondes terminées par des chapiteaux Renaissance, l'escalier monte autour de ce noyau par une série de marches séparées par des paliers d'angles formés de dalles formant sur de petites croisées d’ogives. Une salle au rez-de-chaussée contient une ancienne cheminée. Accolée à ce corps de logis principal, une aile le prolongeant en partie et se retournant ensuite sur la cour contient les communs.

    La façade sur rue est la seule partie en dehors de l'escalier qui présente un intérêt.

    Cette façade assez sobre, très bien construite en pierre est en bon état de conservation. Au rez-de-chaussée s'ouvre une porte cochère en plein cintre avec arc orné d'inscription dont il a été fait mention précédemment et au-dessus de laquelle est une petite niche privée de statue.

    La porte en bois ancienne est à petits panneaux carrés en saillie.

    Les baies du rez-de-chaussée situées à droite ont été remaniées, à gauche un simple oculus s'ouvre dans le mur. Le premier étage à conservé dans la partie de droite une fenêtre privée aujourd'hui de meneau mais qui a conservé son encadrement ancien formé de deux pilastres ioniques.

    A droite et à gauche de l'autre deux petites tourelles reposant sur des encorbellements décorés de moulures et de modillons qui viennent couper la corniche et faire saillie sur la façade.

    Enfin toute la richesse a été concentrée sur les parties hautes et les toitures. Les pignons présentent des rampants moulurés arrêtés par des pinacles de la Renaissance bien conservés, les lucarnes à fronton couvert de sculptures et de cartouches sont de beaux exemples de la deuxième période de la Renaissance.

    Nous pensons que la façade sur la rue, les couvertures et pignons, y compris ceux des parties mitoyennes, ainsi que le grand escalier peuvent être proposés pour être classés parmi les monuments historiques en raison de l'ensemble et de l'intérêt artistiques qu’ils présentent.

    Quelques réparations sont seulement à envisager aux lucarnes dont les joints sont dégarnis par la pluie.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 0081/028/64. Maison dite du Bailli, Collège. 1928-1929.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 1999/034/7 dossier n°43. Maison dite du Bailli, Collège. 1928-1932.

  • AC Nogent-le-Rotrou. Série N : 1N11, pièce n° ?. Acte de vente. 1596.

  • AC Nogent-Le-Rotrou. Série N : 1N11, pièce n°4. Acte de vente. 1591.

  • Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou. Coustumes du Grand Perche, Ad caufidicos Perticeos. 1558.

Documents figurés
  • Cadastre ancien. 1811. Plan cadastral. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou).

  • Département d'Eure-et-Loir, Nogent-le-Rotrou et ses environs / Goubert (architecte). 1906. Relevés. (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. Cartes et plans : 082.28.2023).

  • Plans de l'immeuble Lelasseux. 1922. Plans. (AD Eure-et-Loir. Série O : 2 O 2522).

  • 47 rue Saint-Laurent / A. J[ubault]. 1872. Lithographie. (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou).

  • Maison du Bailli, planche XIII / Elodie Hurvoy. 1903. Crayon et aquarelle. (Archives privées).

  • Monuments Nogentais / G. Massiot, vers 1950. Aquarelles. (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou, fonds Massiot).

Bibliographie
  • BRY DE LA CLERGERIE, Gillles. Histoire des pays et comté du Perche et duché d’Alençon. Paris : de l'imprimerie de Pierre Le-Mur, 1620.

    p. 375.
  • BART DES BOULAIS, Léonard. Recueil des Antiquités du Perche, comtes et seigneurs de la dite province. Publié et annoté par H. Tournouër. Mortagne, Meaux : Pichard-Hayes et Daupeley-L., 1894. (fac-similé de l'édition de Mortagne, 1613).

    p. 7.
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle : typologie et évolution en France du Nord et en Belgique. Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2002.

    p. 229
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle, Grand Ouest de la France. Turnhout : Brépols. 2011.

    p. 163
Périodiques
  • CARRÉ, Gaël, PAYRAUD, Nicolas. L’abbaye de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, Histoire et archéologie. Cahiers Percherons, 2011, n°188.

    pp. 2-14.
  • GARRUS, Anne-France. Pierre Durand, Bailli célèbre, écrivain oublié. Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 2004, n°1.

    p. 251-263.
  • SUREAU, Séverine. La maison du Bailli et le Grand-Perrin à Nogent. Cahiers Percherons, 2003, n° 157.

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