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Hôtel de la Région Centre-Val de Loire

Dossier IA45003267 réalisé en 2014

Fiche

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La création des établissements publics régionaux date de 1972. La Région devient alors un nouvel échelon de l'administration française à part entière. Dès lors qu'aucune administration ne pouvait accueillir les assemblées et les services administratifs, une nouvelle construction est mise en œuvre.

1) Contexte de construction de l'hôtel de région place Sainte-Croix

Des débats eurent lieu sur la capacité juridiques de construire pour une Région qui n'était alors qu'un établissement public régional, et non pas une collectivité territoriale à part entière. Les discussions concernèrent également l'emplacement de l'administration régionale. Elle sera construite en plein cœur de la cité orléanaise. D'autres lieux d'implantation avaient été envisagés : notamment La Chapelle Saint-Mesmin. La démolition des trois hôtels particuliers qui occupaient les parcelles destinées à l'édification de l’hôtel de région fut source de polémique.

Au premier plan, anciens immeubles à l'emplacement de l'hôtel de région.Au premier plan, anciens immeubles à l'emplacement de l'hôtel de région.

Enfin, habitants et élus se demandaient si l'implantation d'une administration supplémentaire dans le quartier Sainte-Croix n'entraînerait pas un "endormissement" du quartier. Un plan de 2017 montre que le quartier s'est modifié depuis l'édification de l'hôtel de région et qu'il s'est constitué en pôle culturel et administratif.

La place Sainte-Croix d’Orléans en 2017, un pôle administratif et culturel renforcé.La place Sainte-Croix d’Orléans en 2017, un pôle administratif et culturel renforcé.

2) Choix du style classique

La spécificité du projet de construction de l'hôtel de région d'Orléans tient à l'intervention de l'État dans le projet sous la forme de l'organisation d'une "consultation d'idées". A la demande du Secrétariat d’État à la Culture, six architectes (Xavier et Luc Arsène-Henry, Christian de Portzamparc et Georgia Benamo, Jean-Pierre Buffi, Paul Chemetov, Christian Langlois, Sarfati et l’atelier AREA) proposent des projets pour compléter les bâtiments structurant la place Sainte-Croix. Ils se trouvent face à un défi architectural : construire aux abords immédiats d'une cathédrale. Des propositions très différentes sont examinées, et c’est le projet de Christian Langlois qui est retenu. Il s'associe aux frères Arsène-Henry, architectes de la commune. Christian Langlois séduit le maire et ses habitants par son vocabulaire classique et l'utilisation de matériaux traditionnels (pierre de taille, ardoise). Il prend modèle sur les travaux qu’il a précédemment menés au Sénat dont il est l'architecte attitré. Le style classique, comme le rappelle Jean-Yves Andrieux1, véhicule l'idée de pouvoir.

3) Des décors intérieurs monumentaux

Les décors intérieurs accordent une grande place au béton. La salle des Assemblées, tant dans sa conception que dans son décor, ainsi que la salle des pas perdus, font la part belle à ce matériau.

Coupe. Détail de la salle des Assemblées (Archives départementales du Loiret).Coupe. Détail de la salle des Assemblées (Archives départementales du Loiret).

La monumentalité caractérise les décors de l'hôtel de région. La salle des Assemblées est ornée d’un décor en relief conçu par le sculpteur Maurice Calka (1921-1999), premier Grand Prix de sculpture en 1950. Ce décor porte sur l’ensemble des parois de la salle, ainsi que sur la voûte centrale. Le béton est coulé dans des moules en polystyrène, préfabriqués uniques formant des panneaux sculptés. Luc Arsène-Henry décrit cette œuvre monumentale comme des «entrelacs de guirlandes de fleurs et cristaux minéraux».

Maquette du relief de Maurice Calka dans la salle des Assemblées.Maquette du relief de Maurice Calka dans la salle des Assemblées.

La salle des pas perdus témoigne du soin apporté au décor autant que d’une recherche technique et esthétique élaborée. Douze poteaux et le plafond en pointe de diamant sont traités en béton blanc. Une tenture murale textile de 88 m², imaginée par l’artiste Jean-René Sautour-Gaillard (né en 1946) à la suite d'un concours d’artistes peintres-cartonniers, et tissée par Camille Legoueix, a été créée pour la salle et déposée ensuite.

4) Réception de l'hôtel de région

Les réalisations de Christian Langlois sont accueillies de façon contrastée : on peut dire qu’aux critiques de ses pairs s’oppose l’adhésion du public et des commanditaires. Pour comprendre les différents accueils de l'hôtel de région, il est utile de remonter à l'origine du style de l’architecte, à la création de l'immeuble de bureaux rue de Vaugirard, extension du Sénat qui présente de grandes similitudes avec le bâtiment de l'hôtel de région. La qualité de l’intégration de cet ensemble de bâtiments face au palais du Luxembourg dans le respect des volumes, tout comme la modernité des aménagements ont été mises en avant dans les articles de presse de l’époque. Cependant, l’avis de la Commission supérieure des monuments historiques (alors présidée par Alain Bacquet) en date du 22 février 1972, se montre très critique sur le choix d’une architecture classique qui n’est pas une écriture contemporaine, et qui pourrait être qualifiée de pastiche.

Christian Langlois récuse l'accusation de pastiche ; il précise sa conception de l’architecture : "contrairement à l’architecture dite "d’accompagnement" qui cherche à se faire oublier, et à l’architecture de "rupture" qui cherche à se faire remarquer à tout prix, mon architecture a pour fin de se faire aimer et admirer".

1ANDRIEUX, Jean-Yves. L’architecture de la République. Les lieux de pouvoir dans l'espace public en France, 1792-1981. Paris : éditions du CNDP, 2009
Appellations hôtel de la Région Centre-Val de Loire
Dénominations hôtel de région
Aire d'étude et canton Commune d'Orléans
Adresse Commune : Orléans
Adresse : 9 rue Saint-Pierre-Lentin
Cadastre : 2014 BO 163, 164

Les "établissements publics régionaux" sont créés par la loi du 5 juillet 1972. La question de l'installation matérielle de la nouvelle assemblée se pose à Orléans, aucune administration ne pouvant accueillir l'assemblée des élus. Ainsi, en juin 1974, deux possibilités sont soumises aux assemblées régionales : acheter ou faire construire un bâtiment. Cette solution est privilégiée et le site de la rue Saint-Pierre-Lentin, en vis-à-vis de la cathédrale Sainte-Croix est choisi. René Thinat, le maire d'Orléans venait de faire appel aux architectes Xavier Arsène-Henri (1919-2009), grand Prix de Rome en 1950, et à son frère Luc Arsène-Henri (1923-1998) pour créer des espaces supplémentaires pour la mairie et pour édifier un nouveau musée. Ces deux architectes déposent un premier projet de construction du « siège des assemblées régionales" dont la maîtrise d'ouvrage a été confiée par les élus au Département. La recherche de cohérence entre les projets conduits par deux maîtres d’ouvrage distincts (la commune et le département) sur l'une des places majeures de la ville, incite le Secrétariat d’État à la Culture à organiser une "consultation d’idées" auprès de six équipes d'architectes (Xavier et Luc Arsène-Henry, Christian de Portzamparc et Georgia Benamo, Jean-Pierre Buffi, Paul Chemetov, Christian Langlois, Sarfati et l’atelier AREA) en juin 1976. Il s’agit également de compléter l’aménagement de la place Sainte-Croix, réalisée à l'ouest dans le deuxième quart du 19e siècle par l’architecte municipal François-Narcisse Pagot (1780-1845).

Le cadre de cette consultation prend un double parti, celui du resserrement de la place, d’une part, et celui d’un « aménagement fortement composé et ordonnancé », d’autre part. La Commission supérieure des monuments historiques, réunie en septembre 1976, procède à un vote sur les études des six équipes candidates à la consultation d’idées : Christian de Portzamparc, Paul Chemetov et Jean-Pierre Buffi reçoivent ainsi une mention particulière sans que soit imposé l’architecte à retenir. Le choix de la ville se porte sur un autre candidat, Christian Langlois (1924-2007), architecte en chef du Sénat, qui accepte de s’associer aux frères Arsène-Henry, architectes en place. Françoise Giroud, Secrétaire d’État à la Culture, formule son accord sur le projet de l’équipe « Langlois-Arsène-Henry » en janvier 1977. L’avant-projet sommaire est déposé en avril 1977, et l’avant-projet détaillé en octobre. Des fouilles archéologiques importantes ont lieu entre 1977 et 1978 dans le cadre de la construction d’un parc de stationnement souterrain rue Saint-Pierre-Lentin et du projet de construction d’hôtel de région. Au cœur de la cité, elles vont dévoiler de riches vestiges, dont ceux de l'église Saint-Pierre-Lentin, qui influeront sur le périmètre du projet. Les travaux débutent en décembre 1978 par la réalisation des terrassements et par la sauvegarde des vestiges de l'église encore visibles aujourd'hui (non étudiés). Les travaux sont terminés en juillet 1981. Le transfert de propriété de l’hôtel de région entre le Département et la Région a été approuvé dans une délibération du 2 décembre 1983. A cette date, le Secrétariat général aux affaires régionales était toujours locataire du deuxième étage de l’hôtel de région, mais son transfert à la préfecture était déjà prévu. Sur la place Sainte-Croix, les projets municipaux se poursuivent et le centre administratif est inauguré en décembre de la même année.

Période(s) Principale : 4e quart 20e siècle
Dates 1981, daté par source
Auteur(s) Auteur : Langlois Christian,
Christian Langlois (1924 - 2007)

Elu membre de l’Académie des Beaux-Arts le 29 juin 1977. Il est Président de l’Académie des Beaux-Arts en 1998.


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architecte, attribution par source
Auteur : Arsène-Henry Luc, architecte, attribution par source
Auteur : Arsène-Henry Xavier,
Xavier Arsène-Henry (1919 - 2009)

Deuxième Second Grand prix de Rome en 1950.

http://archiwebture.citechaillot.fr/fonds/FRAPN02_ARSEN


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Auteur : Blareau Pierre,
Pierre Blareau

Fils de Georges Blareau.


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L'hôtel de région est édifié aux abords immédiats de la cathédrale Sainte-Croix, sur un terrain de 2 410 m2 délimité à l'ouest par la rue Parisie, au nord par la rue Saint-Pierre-Lentin qui longe la cathédrale, au sud par la rue Étienne Dolet, et à l'est par la place du Cardinal Touchet et l'annexe de la préfecture. Il est relié à cette annexe par une galerie souterraine ainsi que par un portique. L'accès au bâtiment de l'hôtel de région se fait de plain-pied avec la rue Saint-Pierre-Lentin, seule une grille côté sud l'en sépare, en délimitant un jardin de taille modeste. L'entrée principale ouvre place Sainte-Croix : elle était initialement prévue pour les agents de l'établissement public régional et la Mission régionale. Un second accès est prévu par la rue Parisie, et un autre à l'est pour les agents du Département qui partagent le bâtiment avec l'hôtel de région. Deux boutiques avaient été prévues au rez-de-chaussée dans les angles nord-est et nord-ouest du bâtiment mais n'ont jamais été aménagées. Composé de plusieurs corps de bâtiment de tailles diverses, l'édifice est de plan rectangulaire. Il est entouré par une ceinture d'arcades formant galerie, sauf au niveau de la façade postérieure sur jardin. La structure et la charpente de l'édifice sont en béton armé. Il présente une couverture en ardoise et des façades en pierre de taille. Les façades de l'hôtel de région sont constituées de travées ordonnancées, rythmées par des ouvertures de taille et décor adapté à chaque niveau. Des bandeaux relient les balustres du premier étage. Le décor extérieur reste minimal, avec notamment des mascarons pour décorer les baies. Le pavillon d'entrée forme un avant-corps saillant à trois travées, qui abrite au premier étage le bureau du président du conseil régional. Le bâtiment abrite bureaux et salles de réunion. Le rez-de-chaussée s'ouvre sur un hall d'entrée prolongé par la salle des pas perdus, destiné à l'accueil ponctuel du public. A partir de la salle des pas perdus, on accède à la grande salle des commissions qui donne sur le jardin. Elle a été agrandie au détriment de la partie ouest de la cour anglaise. L'entresol abrite l'entrée de la salle des Assemblées, que le programme architectural du mois d'octobre 1978 définit comme "la salle maîtresse de toute la composition intérieure". Il s'agit d'une salle monumentale, presque carrée, d'environ 20 m de côté. Le décor de la salle d'Assemblée a été préservé, tandis que les autres décors intérieurs ont été remaniés.

Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 4 étages carrés, sous-sol, étage de comble
Couvrements voûte de type complexe
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre
Autres organes de circulations ascenseur
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations mascaron
Statut de la propriété propriété de la région, Région Centre-Val de Loire

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives de la région Centre-Val de Loire. W9. Construction de l'hôtel de région. 1978-1981. Correspondance, notes, études préalables, rapport archéologique, rapport du directeur régional de l'équipement.

  • Archives départementales du Loiret. 1061W108829. Construction de l’Établissement public régional.

Documents figurés
  • Projet des Frères Arsène-Henry pour la construction du siège des Assemblées régionales. Région Centre, département du Loiret, ville d'Orléans. Plan-masse des abords de la cathédrale. Esquisse préliminaire. Paris, 20 février 1976, papier imprimé. (Archives municipales d'Orléans, 1216).

  • Projet des Frères Arsène-Henry pour la construction du siège des Assemblées régionales. Région Centre, département du Loiret, ville d'Orléans. Esquisse du rez-de-chaussée. Paris, 20 février 1976. (Archives municipales d'Orléans, 1216).

  • Projet des Frères Arsène-Henry pour la construction du siège des Assemblées régionales. Région Centre, département du Loiret, ville d'Orléans. Élévations des façades ouest et est. Esquisse préliminaire. Paris, 26 janvier 1976, papier imprimé. (Archives municipales d'Orléans).

  • Projet des Frères Arsène-Henry pour la construction du siège des Assemblées régionales. Région Centre, département du Loiret, ville d'Orléans. Façade nord, place Sainte-Croix. Esquisse préliminaire. Paris, 26 janvier 1976. (Archives municipales d'Orléans,1216).

Bibliographie
  • ANDRIEUX, Jean-Yves. L’architecture de la République. Les lieux de pouvoir dans l'espace public en France, 1792-1981. Paris : éditions du CNDP, 2009, 301 p.

  • BROCHARD, Antoine. Les hôtels de Région. Architectures républicaines à l'aune de la décentralisation. in MONNIER, Gérard, COHEN Evelyne (dir.). La République et ses symboles : un territoire de signes. Paris : Publications de la Sorbonne, 2014.

Périodiques
  • Les Régions dans leurs murs. Le Moniteur. 18 juillet 1986, p. 44-53.

  • LANGLOIS, Christian. De l’architecture d'accompagnement au pastiche. Revue des monuments historiques, octobre 1979.

  • CHRIST, Yvan. Aménagement des abords de la cathédrale Sainte-Croix. Architecture, juin 1977, n°403.

  • CHASLIN, François. La nouvelle place d'Orléans, le coup classique. Le Monde, 31 décembre 1982.

  • DECOUX, Jérôme, TOUSCH, Aurore. Les hôtels de région à Orléans et à Limoges : les « palais en pierre » d’un nouveau pouvoir. In Situ n°34, Lieux de pouvoirs. Architectures administratives dans la France contemporaine, 1945-2013. Avant/Après la décentralisation, 2018.

    https://journals.openedition.org/insitu/15926

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