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Hôtel dit Logis des Pages (7 rue du Rocher des violettes)

Dossier IA37005621 inclus dans Amboise : rue du Rocher des Violettes réalisé en 2006

Fiche

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  • NE PAS PUBLIER - Cheminée du 2e étage du logis des Pages
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 7 rue du Rocher des violettes

Le commanditaire du logis des Pages n'est pas connu. Si l'on en croit la tradition orale, son appellation viendrait de l'installation dans cette demeure des pages de Charles VIII (1483-1498), mais rien ne permet de le vérifier. Les caractéristiques stylistiques du bâtiment proposent de le dater de la seconde moitié du XVe siècle.

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle
Secondaire : Epoque contemporaine

Le logis des Pages a été construit à l'écart de la ville médiévale, à flanc de coteau, à 250 m en amont du château. Aucune fonction agricole du lieu n'a pu être retrouvée ce qui fait de lui un hôtel et non un manoir. De fait, son assiette à flanc de côteau est particulièrement inadaptée à l'établissement de bâtiments agricoles. Son implantation face à la Loire semble avoir dicté le choix du commanditaire qui souhaitait vivre au plus près du fleuve. La façade nord-ouest, donnant sur la Loire, est divisée en deux parties : à l'ouest, à droite, la tourelle d'escalier qui dessert l'ensemble du bâtiment et à l'est, à gauche, une pièce à vivre par niveau. La façade assez hétéroclite est tout à fait atypique, par ses multiples sculptures insérées au sein de la maçonnerie de moellon enduit. Il est difficile de déterminer si la disposition des sculptures est bien d'origine ou si elles sont issues de la fantaisie des propriétaires, architectes ou restaurateurs qui ont voulu exposer à la vue de tous des fragments sculptés. Les croisées des trois baies superposées sont en partie restaurées, mais les parties neuves beaucoup moins érodées se distinguent facilement. Les ouvertures sont couvertes d'une plate-bande composée de deux pierres dont le joint de liaison est placé à l'aplomb du meneau central. Enfin, feuillages et petits animaux sculptés dans les encadrements sont bien d'origine et d'une qualité rare. La partie supérieure de la maison en pan de bois ne présentant aucune caractéristique médiévale, il est probable que ce soit un ajout postérieur. Sur la façade sud-est, on distingue au sein de la maçonnerie, à environ 3 m au-dessus du niveau du sol, des orifices discrets abritant de petits pots de terre. Ce sont des nichoirs à passereaux. Des petits pots semblables ont été trouvés à Orléans par exemple. Ils sont généralement installés à l'ouest ou à l'est de manière à préserver les oiseaux des variations thermiques. Les dispositions des niveaux 1, 2 et 3 de la partie construite en moellon correspondent probablement aux dispositions d'origine. Nous ne ferons pas de description des ajouts en pan-de-bois. Chaque niveau accueille une première pièce éclairée par une grande baie à croisée et une pièce plus petite située derrière la cage d'escalier. La vis en bois ménagée dans la tourelle octogonale de 1,20 m de rayon dessert les étages. La base du noyau circulaire de 25 cm de diamètre a disparu. Notons cependant le soin qui est apporté à sa construction : des marches pleines reposent d'un côté sur le noyau et de l'autre dans les murs de la tourelle. Le revers des marches délardées a conservé les traces d'un débitage à la hache. Les étages sont planchéiés, chauffés par une cheminée et équipés de coussièges prenant place dans les ébrasements des baies des premier et deuxième étages. Au niveau 3, sous un épais lait de chaux des peintures murales réalisées dans les tons noir, rouge et ocre ont partiellement été mises au jour. Les surfaces ainsi découvertes s'avèrent cependant insuffisantes pour proposer une lecture iconographique. Les trois cheminées conservées en place comptent parmi les critères majeurs de datation de l'édifice. Au rez-de-chaussée, la cheminée à hotte est en tuffeau. Les piédroits engagés contre le mur, prennent appui sur des bases octogonales et sont surmontés de corbeaux qui soutiennent le manteau. Les corbeaux sont de simples chapiteaux épannelés, séparés du fût de la colonne par un liseré gravé peu profondément dans la pierre. La hotte qui semble avoir été modifiée devait, à l'origine, prendre appui sur les corbeaux. Un arc de décharge soulage le centre du manteau du poids du conduit. Aujourd'hui, seul l'arc de décharge subsiste, mais les amorces du manteau en bois - comme au second étage - sont conservées dans le mur. La cheminée du rez-de-chaussée du Prieuré (47 rue Léonard de Vinci) est très proche de celle-ci. Les pierres de la cheminée du premier étage présentent des traces d'outils relevant de restaurations importantes. L'ouverture de four visible sur le contrecoeur de la cheminée semble récente, et demeure incompatible avec la fonction originelle de la pièce. Bases et piédroits sont identiques à ceux de la cheminée du niveau inférieur. En revanche, les parties hautes soutenant la hotte sont nettement plus ornées. Les corbeaux sont sculptés de petits animaux enlacés sur lesquels repose une forte mouluration à liseré-baguette-liseré-tore-gorge surmontée d'une pierre de taille. Le manteau est pris entre deux corniches dont le profil est proche de la moulure précédente. Au-dessus du manteau commence la hotte. Au second étage, la pièce a été largement blanchie. Seul le sommet des piédroits et des corbeaux de la cheminée demeurent apparents. Le style de cette cheminée est très proche de celle du rez-de-chaussée. Les piédroits cylindriques reposant sur des bases octogonales sont surmontées de chapiteaux simplement épannelés dont ils sont séparés par un liseré. Le manteau en bois est surmonté d'une hotte également blanchie. Les peintures, qui ornaient probablement l'ensemble de la pièce, ont été mises au jour sur les corbeaux de la cheminée où de petites croix rouges et bleues ciel se détachent sur un fond noir. Enfin, une targette apparaît encore dans le retrait du second niveau. Placée sous une épaisse couche de peinture, cette petite ferrure probablement remployée présente un profil ovale avec une découpe en demi-lune que l'on rencontre également à Amboise sur certains volets de la Maison Blanche. Ces ferrures datent probablement du XVIe siècle. On peut donc envisager la distribution suivante : les cuisines au rez-de-chaussée et, au-dessus, deux chambres superposées, chacune dotée d'une garde-robe. Le style naturaliste des sculptures est à rattacher au courant bucolique du roi René (1409-1480), ce qui daterait le logis des Pages de la seconde moitié du XVe siècle.

Murs brique
moellon
pan de bois
Toit tuile
Étages rez-de-chaussée, 2 étages carrés, comble à surcroît
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis
Techniques maçonnerie
sculpture
peinture
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les Cheminées de l'Hôtel dit Logis des Pages à Amboise

    Cheminée du rez-de-chaussée :

    Cette cheminée à hotte est montée en tuffeau. Sur des bases octogonales prennent appuis les pieds droits. Ils prennent l'apparence de colonnes engagées contre le mur et sont surmontés des corbeaux qui soutiennent le manteau. Les corbeaux sont de simples chapiteaux épannelés qui sont séparés du fût de la colonne par un liseré gravé peu profondément dans la pierre. La hotte semble modifiée ; à l'origine elle devait prendre appui sur les corbeaux. Pour décharger du poids du conduit le centre du manteau, on avait mis en place un arc de décharge. Aujourd'hui seul l'arc de décharge subsiste. La cheminée du rez-de-chaussée du Prieuré (47 rue Léonard de Vinci) est très proche de celle-ci.

    Cheminée du premier étage :

    Les traces d'outils visibles sur la pierre ne trompent pas quant aux restaurations importantes qui ont été effectuées sur cette cheminée. L'ouverture de four visible sur le contrecoeur de la cheminée ne nous semble pas compatible avec la pièce d'origine. Cette cheminée présente des bases et des pieds droits identiques à ceux du niveau inférieur. En revanche, les corbeaux soutenant la hotte sont nettement plus ornés. Les corbeaux présentent de petits animaux enlacés sur lesquels repose une forte mouluration à liseré-baguette-liseré-tore-gorge qui est surmontée d'une pierre de taille. Le manteau est pris entre deux corniches dont le profil est proche de celui de la moulure des corbeaux. Elles sont légèrement plus hautes que le corbeau et présente une succession de baguettes séparées entre elles tantôt par un liseré tantôt par une gorge. Au-dessus du manteau la hotte commence.

    Cheminée du deuxième étage :

    La pièce a été largement blanchie et seul le sommet des pieds droits et des corbeaux de la cheminée ne l'ont pas été. Cette cheminée est très proche de celle du rez-de-chaussée. Les pieds droits cylindriques reposent sur des bases octogonales et sont surmontées de chapiteaux simplement épannelés dont ils sont séparés par un liseré. Le manteau en bois est surmonté d'une hotte qui a également été blanchie ; il est donc impossible de vérifier s'il y a ou non un arc de décharge comme au rez-de-chaussée. On peut toutefois émettre l'hypothèse selon laquelle, la cheminée du rez-de-chaussée avait à l'origine un manteau en bois comme celle-ci. Les peintures qui ornaient probablement l'ensemble de la pièce, ont été mises au jour sur les corbeaux de la cheminée. Elles sont très effacées et nous n'avons aucune impression d'ensemble. De petites croix rouges et blanches se détachent sur un fond noir.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 81/037/0010. Édifices de la ville d'Amboise. Rapports des restaurations de la tour de l'Horloge (1937 et 1983) ; dossier sur le manoir de La Menaudière (1947) ; dossier sur le Logis des Pages (1947) ; dossier sur la maison du Grenier à sel (1947) ; dossier sur le manoir dit « Le Sauvage » (1947) ; dossier sur les vieilles maisons en pan de bois : 11,13 et 15 rue Manuel (1959), (maison dont l'adresse est incorrecte ?) (1946), 52 et 60 rue Victor Hugo (1947) ; hôtel Joyeuse (1949).

Bibliographie
  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, ville royale : maisons et hôtels des XVe et XVIe siècles, Indre-et-Loire. photogr. Hubert Bouvet, Thierry Cantalupo, Mariusz Hermanowicz ; llus. Anne-Marie Bonnard, Myriam Guérid. Lyon : Lieux-Dits, 2010. (Parcours du patrimoine, n°355).

  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, un château dans la ville. [Publication de Thèse]. Rennes : presses universitaires de Rennes ; Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie