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Hôtel dit tour de Montgaudry ou maison de la Rose (détruit, 9-11 rue des Bouchers)

Dossier IA28000387 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 9-11 rue des Bouchers
Cadastre : 1990 BM 47, 48, 102

L’édifice aurait été détruit durant la seconde moitié du 19e siècle à l’occasion de la construction de la route de Souancé. Elle aurait appartenu aux seigneurs de Montgaudry avant d’occuper la fonction du bureau d’octroi.Sources textuelles et sources iconographiques.

L’étude du cadastre ancien combinée à celle de l’album du vieux Nogent permet de localiser approximativement l’édifice. Celui-ci serait situé entre le 9 et le 11 rue des Bouchers, au pied du plateau Saint-Jean.

Vestiges conservés

Au vu des élévations sur rue du 9 et du 11 rue des Bouchers, aucun vestige antérieur au 19e siècle n’a pu être observé. Cependant, ces propriétés n’ont pas été visitées. Il est donc possible qu’elles conservent des éléments anciens côté cour.

Compte tenu du peu d’éléments permettant d’étudier l’édifice, il n’a pas été possible de dépasser ici le stade de l’hypothèse. Les marqueurs stylistiques sont à la fois composés d’éléments empruntés à la fin du Moyen Age (arc surbaissé et larmier sur consoles, rampants sculptés de chou frisé et dotés de crossettes ornées d’animaux, croisée, voûtes d’ogives) et d’éléments antiques (oves, feuilles d’acanthes). Il est donc probable que l’édifice date de la première moitié, voire du second quart du 16e siècle.

L’absence d’un accès carrossable, ainsi que la présence d’une porte piétonne sur rue, invitent à restituer une maison plutôt qu’un hôtel. La richesse et la qualité de son décor n’en fait pas moins un des bâtiments patriciens les plus emblématiques de Nogent-le-Rotrou, fait qui n’est certainement pas étranger à l’utilisation de l’édifice comme barrière d’octroi.

Le nom de « Montgaudry » fait référence à une commune située à 40 km à l’ouest de Nogent dans l’actuel département de l’Orne. La seigneurie de Montgaudry aurait été possédée par la famille Le Boulleur anoblie en 1471. Pierre le Boulleur aurait été baron de Montgaudry en 1502, suivi par Jacques Le Boulleur en 1558, puis par Christophe Le Boulleur en 1570. Ce dernier appartenait à l’ordre des chevaliers de Malte.

Période(s) Principale : 1ère moitié 16e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle , (détruit)

Les vues d’Hurvoy et de Jubault autorisent à décrire sommairement l’édifice. Celui-ci est composé de deux bâtiments sur rue.

Le premier bâtiment est composé de deux niveaux d’élévation prenant place sous un toit à deux pans et fortes pentes. Sa façade sur rue est composée de deux travées. Le premier niveau est accessible par un escalier droit et une large porte. Celle-ci est ménagée sous un arc surbaissé dont les moulures forment un larmier et reposent sur des consoles. Le second niveau est éclairé par une croisée. La façade est couronnée par une corniche qui aurait porté un décor mêlant oves, visages humains, salamandre et autres animaux fantastiques. Elle est interrompue par une lucarne pendante. Les rampants du toit sont construits en pierre de taille. Ils sont ornés de crossettes sculptées d’animaux et d’un chou frisé en guise d’épi de faîtage. Le toit porte deux souches de cheminée, dont l’une se détache largement au-dessus du faîtage du bâtiment. La façade sur cour est accotée par une tour polygonale couverte par une toiture également polygonale. La façade semble avoir été reculée afin d’ajouter un bâtiment en appentis à l’édifice.

Les disposions internes nous sont connues grâce aux descriptions d’Hector Guillier de Souancé et du journal « Le Nogentais ». Le bâtiment est distribué depuis la rue par une porte latérale menant à un couloir desservant un escalier en vis, abrité dans la tour polygonale. Ce dernier est couvert par une voûte d’ogive dont les nervures retombent sur des consoles sculptées de feuilles d’acanthes. Le dernier étage de la tour est occupé par une salle octogonale chauffée par une cheminée et surmontée d’une voûte plate à retombées pendantes.Le second bâtiment ne comporte qu’un seul niveau d’élévation. Il est distribué depuis la rue par une porte en plein cintre et un escalier droit.

Annexes

  • BM de Nogent-le-Rotrou. Le Nogentais, n°33 dimanche 13 aout 1843.

    BM de Nogent-le-Rotrou. Le Nogentais, n°33 dimanche 13 aout 1843.

    « La tour de Montgaudry est une des constructions les plus remarquables de Nogent, assez pauvre d'ailleurs en maison de ce genre. Sa face, sur la rue des Bouchers, a peu d'apparence. Sa corniche seule se recommande par la grandeur de ses oves et surtout par les sculptures bizarres qui les recouvrent, au milieu desquelles on voit une salamandre et des animaux fantastiques. Cette corniche a malheureusement été coupée pour ouvrir une affreuse lucarne. On voit encore aux extrémités de cet entablement, deux petits personnages dont l'un est l'expression de la licence ordinaire aux sculpteurs du XVIe siècle. Après la corniche il ne reste à visiter que l'escalier, car la sculpture est distribuée avec une grande sobriété, ou plutôt cette façade a été honteusement déshonorée par les ouvertures qu'on y a pratiquées après coup. La cage de l'escalier est formée par une tourelle octogone, et il faut l'escalader pour y trouver quelque morceau digne d'examen; elle est recouverte par une petite voûte ogivale dont les arcs retombent en cul-de-lampe sur le chapiteau à feuilles d'acanthes, ces ogives, en opposition avec les oves grecs de la corniche feraient un instant hésiter l'archéologue, si on ne comprenait que la voûte en tiers-point, avec sa poussée affaiblie, est la seule qui convienne aux murs fragiles qui l'entourent. La tourelle est terminée par un petit cabinet auquel on monte par un escalier en pierres, enfermé dans le grenier. C'était une délicieuse petite pièce octogone, avec une voûte en pierres presque plate et un joli pendentif au centre. Toute cette partie de la construction est tombée à cause du peu de résistance que présentent les murs latéraux. On n’y voit plus que les traces de ces voûtes, et une petite cheminée à moitié démolie. Si on compare cette maison à quelques autres de la même ville, et dont la date est certaine, on peut sans crainte affirmer qu'elle a été bâtie sous François 1er, dont la Salamandre orne encore la corniche. »

Références documentaires

Documents figurés
  • Cadastre ancien. 1811. Plan cadastral. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou).

Bibliographie
  • DE LACHESNAYE DES BOIS, François-Alexandre Aubert. Dictionnaire de la noblesse. Paris : 1771.

    p. 748
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou : [s.n.], 1916.

    p.210
  • JUBAULT, A. Album Percheron. Nogent-le-Rotrou : G. Fauquet, 1926.

    pl.17
  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, archives ecclésiastiques, Série H. Chartres : Impr. Garnier, 1897 (réédition de 1978).

  • METAIS, Abbé Charles et DU GONDRE, Karl. Le vieux Nogent : premier album. Inconnu, 1903. (Grand format 35 X 48 cm, illustrations de Melle HURVOY. 4 pages de descriptif et de légendes et 14 planches de dessins).

    Pl XI.
Périodiques
  • Le Nogentais, n°33, dimanche 13 août 1844. (Bibliothèque municipale de Nogent-le-Rotrou).

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