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Hôtel Saint-Thomas (1 mail Saint-Thomas)

Dossier IA37005645 inclus dans Amboise : place dite Mail Saint-Thomas réalisé en 2006

Fiche

Précision dénomination dit Manoir Saint-Thomas
Appellations Saint-Thomas
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 1 mail Saint-Thomas

Aujourd'hui, cet ancien hôtel particulier transformé en hôtellerie répond au nom de manoir Saint-Thomas. Il reprend en réalité la dénomination de l'ancien prieuré Saint-Thomas fondé au début du XIIe siècle par Hugues Ier d'Amboise, à proximité de l'hôtel et dont la chapelle apparaissait encore sur le plan cadastral Napoléonien (parcelle 1009 de la section A 1). D'après les recherches des propriétaires, au XVIIe siècle l'hôtel aurait appartenu à Jean Rouer qui se serait marié avec Catherine Pommiers dont il aurait eu au moins une fille, Marie-Antoinette. Le contrat de mariage du 29 mai 1726, révèlerait qu'elle lui apporta en dot : « L'immeuble situé au Grand Marché de cette ville, sur le prieuré Saint-Thomas ». Au sein de cet ensemble, nous n'avons étudié que le corps de logis du début du XVIe siècle qui a pignon sur rue. Ses dispositions ont été modifiées, mais il demeure encore quelques beaux vestiges. La charpente a fait l'objet de prélèvements pour une analyse dendrochronologique qui a révélé une date d'abattage des bois comprise entre 1512 et 1522. Probablement au XIXe siècle, contre le mur gouttereau, a été construite une grande bâtisse à rive sur rue qui longe actuellement le mail Saint-Thomas.

Période(s) Principale : 1er quart 16e siècle
Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle
Secondaire : Epoque contemporaine
Dates 1512, datation par dendrochronologie
1522, datation par dendrochronologie

L'hôtel présentant son pignon sud sur la rue, s'élève sur quatre niveaux, plus un niveau de cave entièrement bétonné. Les deux derniers niveaux prennent place sous la charpente aménagée, dès l'origine, pour l'habitat. La volonté du commanditaire de mettre en valeur sa demeure en la parant des atours les plus significatifs se traduit par l'emploi de la pierre de taille de tuffeau pour le pignon donnant sur la place, alors que le reste de l'édifice est construit en moellon avec chaînes d'angle et encadrements de baie en pierre de taille. Une cape à la française terminée par des chimères borde les rampants du toit couvert d'ardoises et une large moulure sous-tend le bas des versants du toit. Les baies ont été largement restaurées et nous ne sommes pas en mesure d'avancer avec certitude ni le nombre de baies d'origine ni leurs dimensions. Le pignon est aujourd'hui percé de deux grandes croisées au rez-de-chaussée, de deux autres qui leurs sont superposées au premier niveau, d'une croisée au troisième niveau et d'un quart de croisée au quatrième niveau. Ce quart de croisée situé au sommet du pignon est bien authentique ; il présente des encadrements aux angles supérieurs arrondis, à baguettes circulaires et un appui saillant dont le modèle a sans doute été repris dans les parties restaurées - parties visibles tant à la blancheur des pierres qu'à la vivacité des arêtes. Les décharges des ouvertures diffèrent les unes des autres : le petit quart de croisée au sommet du pignon est couvert d'un simple linteau ; la croisée du niveau 3 a été restaurée mais les maçonneries encadrant la baie valident le choix de restauration puisqu'on retrouve les vestiges de la simple clef appuyée de ses contre-clefs au-dessus ; enfin, au rez-de-chaussée et au premier étage, de longues plates-bandes déchargent les ouvertures, mais elles sont sans doute issues d'une restauration abusive. On note par ailleurs que les bases prismatiques d'où naissent les baguettes sont comparables à celles existant encore sur les baies coupées à mi-hauteur dans le rempart du château côté Loire. Côté jardin, la porte est placée, dans la partie gauche de la façade, sur un perron très restauré et une accolade à choux rappelant celle de l'église Saint-Florentin, la surmonte. Toujours au rez-de-chaussée, au centre de la façade, s'ouvre une demi-croisée et la partie droite de la façade est laissée aveugle. Au premier étage, s'ouvre une large baie sans croisée qui est une création récente puisqu'elle se trouve sur le passage du conduit de cheminée. En revanche, à l'aplomb de la porte d'entrée, l'enduit présente une tâche plus claire qui pourrait correspondre à l'emplacement d'une ancienne croisée. Le pignon arrière est complètement transformé ; le rez-de-chaussée est masqué par une pseudo-véranda construite dans un style néo-gothique tandis que les fenêtres des étages supérieurs se répartissent en une demi-croisée jouxtée d'une croisée aux niveaux 2 et 3 et un quart de croisée au niveau 4. Les moulures des encadrements sont neuves mais identiques à celles des quarts de croisées ménagés dans le haut des pignons. Une tourelle d'escalier placée en encorbellement assure la distribution de l'édifice. Son aspect est très neuf, mais elle pourrait avoir été reconstruite à l'identique ou très fortement ravalée car à l'intérieur du logis, nulle trace de l'escalier d'origine n'est décelable. En outre, la mise en oeuvre de demi-croisées - et non de croisées complètes - aux deuxième et troisième étages étaye l'hypothèse d'une telle distribution. La distribution intérieure a disparu. Néanmoins, les plafonds semblent anciens. Ils sont constitués de deux travées de solives perpendiculaires aux pignons qui reposent sur de fortes poutres posées sur les murs gouttereaux de l'édifice. Ces plafonds sont aujourd'hui peints. Enfin, des vitraux et des targettes de baies ont également été conservés mais il demeure impossible de savoir s'ils se trouvent en place ou s'ils ont été rapportés (les vis qui maintiennent en place la targette ainsi que le système de fermeture de la fenêtre qui dispose d'un petit levier et non pas d'un pêne coulissant auraient même tendance à prouver le contraire). Les vitraux en grisailles datent sans doute du XVIe siècle. Les targettes mesurent 7 cm de haut pour 4 cm de large. Le velours rouge qui se trouvait sous les targettes pour rehausser leur découpe a été intégralement peint avec la fenêtre. Ce type de targette est habituellement daté du XVIe siècle. L'analyse dendrochronologique de la charpente propose une fourchette de datation comprise entre 1512 et 1522. C'est une charpente à chevrons-formant-fermes dont les bois de brin sont issus de chênes de bonne qualité. Ils présentent peu de flaches et très peu de noeuds. Les traces encore visibles sur le bois indiquent un équarrissage à la hache. L'ensemble des assemblages se fait à tenon-mortaise. La largeur moyenne des bois est de 13 cm mais les poteaux présentent une section allant jusqu'à 18 cm aux emplacements des assemblages. Les seize fermes dont quatre fermes maîtresses présentent un entraxe de 55 cm à 60 cm. La charpente s'élève sur deux niveaux, correspondant aux niveaux 3 et 4 de l'édifice. Il n'a pas été possible d'observer si la charpente repose sur des entraits - qui pourraient constituer le plafond du niveau 2 -, sur des blochets ou bien sur les deux, à savoir des blochets pour les fermes secondaires et des entraits pour les fermes principales. La coupe transversale de la charpente se décrit ainsi : les fermes maîtresses disposent d'un poinçon reliant le faîtage au sous-faîtage et d'un faux-entrait qui prend place de part et d'autre de ce dernier. Un entrait retroussé, marquant le niveau de sol du niveau 4, tient en moise le poinçon et les arbalétriers. Des jambettes déchargent au niveau 3 comme au niveau 4 l'angle formé par l'intersection des arbalétriers et des pièces horizontales. Les fermes secondaires sont identiques aux précédentes à l'exception des poinçons qui en sont absents. La coupe transversale révèle les dispositions suivantes : le faîtage monoxyle est enfourché par les poinçons. Le sous-faîtage, composé de quatre éléments, est quant à lui assemblé par tenon-mortaise aux poinçons. De simples décharges lient les faîtes entre eux, tandis que de petits aisseliers partent des poinçons pour étayer le sous-faîte.

Murs moellon
pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan massé
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, 2 étages de comble
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis
Jardins parterre de gazon
Techniques maçonnerie
sculpture
Représentations chimère accolade
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Description de l'hôtel Saint-Thomas à Amboise dans les archives notariées

    Dans les différents actes notariés du XVIIIe siècle et jusqu'en 1858, l'édifice apparaîtrait sous la description suivante : « Une maison située au Grand marché de cette ville, sur le prieuré Saint-Thomas, consistant en deux corps de logis. Le premier précédé d'une cour dans laquelle on entre par une grande porte cochère, composé d'un vestibule, d'une salle, d'un salon, d'un corridor, de deux chambres hautes à cheminée, de deux caves voûtées dont l'entrée est précédée d'une remise. Le second abritant la cuisine et des dépendances débouchant directement sur la rue par un couloir. Le tout refermé de murs et touchant au Nord à la rivière de la Masse ».

Références documentaires

Bibliographie
  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, ville royale : maisons et hôtels des XVe et XVIe siècles, Indre-et-Loire. photogr. Hubert Bouvet, Thierry Cantalupo, Mariusz Hermanowicz ; llus. Anne-Marie Bonnard, Myriam Guérid. Lyon : Lieux-Dits, 2010. (Parcours du patrimoine, n°355).

  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, un château dans la ville. [Publication de Thèse]. Rennes : presses universitaires de Rennes ; Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie