Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Illiers-Combray : jardin d’agrément du Pré Catelan

Dossier IA28000554 réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations Jardin du Pré Catelan
Parties constituantes non étudiées fabrique de jardin, bassin, rivière artificielle, grotte artificielle
Dénominations jardin d'agrément, jardin public
Aire d'étude et canton Région Centre-Val de Loire - Illiers-Combray
Hydrographies Serpentine (La)
Adresse Commune : Illiers-Combray
Adresse : route de Tansonville
Cadastre : 2016 AD 451 ; 617 ; 618

Jules Amiot, riche négociant d’Illiers, acquiert le terrain en 1863. Il crée un jardin d’agrément vers 1870 qu’il nomme le Pré Catelan. En référence à ses nombreux séjours en Algérie, il conçoit des fabriques disposées dans le jardin dont le décor extérieur et intérieur est oriental : le pavillon des Archers, deux pigeonniers (dont un a disparu) et la koubba, sorte de pseudo-minaret. Des vestiges de l’ancienne église romane Saint-Hilaire d’Illiers, une grotte, des vases orientaux et des statues complètent l’ensemble. Ouvert au public, un cabinet d’aisance est ajouté dans les années 1880. Marcel Proust, neveu de Jules Amiot, célèbre le jardin dans différentes œuvres littéraires : A la Recherche du Temps Perdu (1913-1927) ou Jean Santeuil (1895-inachevé). A partir de 1947 et après de nombreux propriétaires, la Société des Amis de Marcel Proust sauve le jardin et tente une restauration sous la direction de Mrs. Larcher et Thisse. La commune devient propriétaire en 1964 et en 1991, le conseil municipal décide de louer le jardin au Conseil général. Trois paysagistes sont chargés de sa restauration : Anne-Sophie Bruel, Christophe Delmar et Florence Dollfus.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Amiot Jules,
Jules Amiot

Oncle de Marcel Proust.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
auteur commanditaire, attribution par tradition orale
Auteur : Dollfus Florence, paysagiste, attribution par source
Auteur : Bruel Anne-sophie, paysagiste, attribution par source
Auteur : Delmar Christophe, paysagiste, attribution par source
Personnalité : Proust Marcel, personnage célèbre, attribution par source

Le jardin de 1,5 ha se divise en trois parties : la vallée, partie basse à l’est ; la pente, partie intermédiaire au centre ; le plateau, partie haute à l’ouest. Une végétation dense se développe dans la vallée où coule la rivière la Serpentine. Elle est alimentée par une source provenant du bois Pilou au nord du jardin. Quatre ponts enjambent le ruisseau et, sur ses rives, deux fabriques se font face : le pigeonnier et la koubba. Le pigeonnier présente un soubassement en briques supportant un treillage de bois et une couverture en ardoise. La koubba est une fabrique dodécagonale en briques enduites de mortier comportant trois niveaux et couronnée par un dôme. Face à elle à l’ouest, la Serpentine s’élargit pour faire jaillir un jet d’eau d’un bassin de rocaille. Une petite grotte permet au ruisseau de rejoindre le Loir par une canalisation souterraine. Au nord de la partie intermédiaire du jardin, quelques marches permettent d’accéder au pavillon des Archers. Cette fabrique construite en briques dans une charpente de pans de bois est couverte d’une toiture en poivrière à pans en ardoise et se compose de deux niveaux sur le côté oriental et d’un seul sur le côté occidental. Les commodités se trouvent au nord, dans une fabrique de plan hexagonal couverte d’une toiture à pans en plaques de zinc formant un motif d’écailles. Le plateau, autrefois potager et verger du jardin, se trouve en face de cette dernière fabrique. Un bassin circulaire bordé de pommiers palissés en cordon agrémente cet espace. L’allée d’aubépines évoquée par Marcel Proust est visible au sud.

Plans jardin irrégulier
Élévations extérieures jardin en pente
Jardins arbre isolé, groupe d'arbres, pelouse, rocaille de jardin, salle de verdure

Le jardin du Pré Catelan possède le label "Jardin remarquable" depuis 2004. Ce label est décerné par le ministère de la Culture.

Statut de la propriété propriété du département, Le Pré Catelan est la propriété de la commune d’Illiers-Combray. Le gestionnaire est le conseil départemental d'Eure-et-Loir.
Sites de protection site classé
Protections classé MH, 1999
Précisions sur la protection

Le jardin avec ses fabriques, ponts, rocailles et divers éléments bâtis sont classés au titre des Monuments historiques par arrêté du 9 mars 1999. Il est également classé au titre des sites depuis le 12 décembre 1946.

Annexes

  • Données historiques détaillées

    En 1829, le propriétaire du terrain est M. Poisson, notaire à Courville-sur-Eure. Le registre cadastral définit ainsi les trois parcelles : terre, verger et pré.

    En 1863, il vend ce terrain à Jules Amiot, riche négociant d’Illiers. Cet amateur éclairé d’horticulture et oncle de Marcel Proust y crée vers 1870 un jardin d’agrément. Il le nomme le Pré Catelan en référence à celui du bois de Boulogne : Catelan était un célèbre troubadour du XIIIe siècle qui y mourut assassiné et pour lequel une croix fut érigée, la « Croix Catelan » qui donna son nom au jardin. Le Pré Catelan d’Illiers est conçu par Jules Amiot dans un décor oriental ; il séjournait régulièrement en Algérie où vivait son frère. Des fabriques sont disposées dans le jardin : le pavillon des Archers alors meublé dans le goût oriental, deux pigeonniers (dont un a disparu) et la koubba, sorte de pseudo-minaret. Des vestiges de Saint-Hilaire, l’ancienne église romane d’Illiers, une grotte, des vases orientaux et des statues l’agrémentent. Ouvrant son jardin au public, Jules Amiot y ajoute un cabinet d’aisance dans les années 1880.

    Marcel Proust célébra le jardin dans son œuvre où il devient le parc de Swann (A la Recherche du Temps Perdu) ou le jardin des Oublis (Jean Santeuil) : « Un jardin d’agrément appelé « le Pré Catelan » situé sur la route de Tansonville, entouré de haies vives dont une partie est un jardin anglais, le surplus en verger, potager et petit parc, le tout d’une contenance de soixante-six ares cinquante centiares… Dans ce jardin il existe une fontaine, une rivière, un bassin, un manège, une grotte avec pavillon dessus, comprenant deux pièces au rez-de-chaussée et une pièce dessus, pelouse, jardins fruitiers et d’agrément. » « Le père de M. Santeuil avait de l’autre côté de la ville un immense jardin qui, s’étendant d’abord en terre-plein devant le cours du Loir, s’élevait peu à peu, ici par de lentes montées, là par des escaliers de pierres conduisant à une grotte artificielle jusqu’au niveau des plaines élevées qui commencent la Beauce et sur lesquelles il s’ouvrait par une porte à claire-voie. Ce sommet du jardin était assez large, occupé par un magnifique plant d’asperges, un petit bassin où une salamandre dormait suspendue à la pierre, immobile et couverte de mousse comme l’effigie d’un dieu marin, mais réveillée quelquefois par une pierre que jetait Jean contre elle et aussitôt évanouie dans les profondeurs de l’eau, donnant alors l’idée d’une existence surnaturelle, moitié ornement et moitié déesse, et par un manège où un des chevaux du père de M. Santeuil en tournant, faisait monter l’eau du canal d’en bas, où Jean choisissait l’ombre d’un arbre pour ne pas être vu du poisson, pêchait de grosses carpes vite jetées sur l’herbe, dans les boutons d’or, aux parties où les cygnes empêchés par le grillage descendant du petit pont rustique ne pouvaient accéder. »

    En 1914, Fernand Amiot hérite du jardin. Durant cette période, les parcelles sont toujours notées dans le registre cadastral en terre, verger et pré. En 1924, il vend le Pré Catelan à Fernand Perru Maillard, hôtelier à Paris. C’est à cette date que le registre cadastral indique un bois d’agrément (parcs) et un jardin à la place de ce qui était autrefois un verger.

    En 1940, les terrains sont vendus à Raymond Cailleaux, bûcheron. A partir de 1947, la Société des Amis de Marcel Proust sauve le jardin d’une transformation en potagers et tente alors de le restaurer sous la direction de M. Larcher. Il est aidé à partir de 1955 par M. Thisse.

    En 1964, la commune d’Illiers devient propriétaire du jardin du Pré Catelan (ce n’est qu’en 1971 que la commune prendra le nom d’Illiers-Combray en référence à l’œuvre de Marcel Proust). La ville confie l’entretien du jardin à M. Thisse mais en 1972, à la mort de M. Larcher, le jardin est à nouveau menacé d’abandon.

    Le 12 juillet 1991, le Conseil départemental décide de louer le jardin par bail emphytéotique de 65 ans au Conseil général qui en assure alors l’entretien et la restauration. La menace d’un lotissement aux abords du jardin amorce une polémique qui aboutit à un projet de réhabilitation mené par la Délégation Régionale de l’Architecture et de l’Environnement pour le végétal et à un projet de restauration des fabriques mené par le département. La restauration du jardin est alors lancée. Trois paysagistes, Florence Dollfus, Anne-Sophie Bruel et C. Delmar, sont chargés de l’étude. Deux objectifs sont définis au préalable : rendre au jardin sa vérité historique de jardin du XIXe siècle, apprécié des amateurs de l’époque et mettre en valeur les aspects et les paysages que Proust a particulièrement aimés et décrits. Un premier nettoyage est réalisé dans l’ensemble du jardin puis différentes phases (une pour chacune des trois parties du jardin) de travaux se succèdent comprenant : réfection des clôtures ; pose des réseaux électriques ; nettoyage du ruisseau ; création d’un jet d’eau ; abattage de certains arbres ; arrachage d’arbustes ; élagages et coupes ; nettoyage ; réfection des allées et des chambres vertes ; restauration des parties maçonnées ; mise en place de l’arrosage automatique ; plantations d’arbres (les Taxodium distichum remplacent les séquoias plantés par Jules Amiot qui n’ont pas résisté aux inondations), arbustes (dont les aubépines dont parle Marcel Proust), plantes de berges, vivaces et annuelles ; engazonnement ; mise en place de mobilier de jardin (bancs, statues et poubelles). Les fabriques sont restaurées par M. Trouilloud, architecte. Le jardin n’est pas replanté à l’identique mais reste fidèle à l’esprit de la création initiale et conserve les éléments clefs du passé.

    Illiers-Combray et le Pré Catelan restent aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour les fidèles proustiens qui se déplacent pour contempler les aubépines en fleurs évoquées par Marcel Proust.

Références documentaires

Documents d'archives
  • DRAC Centre-Val de Loire. Le Pré Catelan, synthèse historique et architecturale. Octobre 1990.

Bibliographie
  • BRUEL, Anne-Sylvie, DELMAR, Christophe, DOLLFUS, Florence. Pré-inventaire des parcs et jardins d’intérêt historique, botanique et paysager du Centre. Le jardin du Pré Catelan à Illiers-Combray, Réflexion et proposition. Étude préalable à la réhabilitation et à la gestion du site classé du Pré-Catelan à Illiers. Délégation régionale à l’Architecture et à l’Environnement pour la région Centre. 1990. [dossier]

  • ABDULAC, S., BLAISE, M.A., FOULON, Anne. Premier inventaire des parcs et jardins en Région Centre : Illiers-Combray, Jardin du Pré Catelan. Union Régionale des CAUE d’Eure-et-Loir. APJRC. Novembre 1994. [dossier APJRC]

  • DESTERNES, Xavière. Inventaire des parcs et jardins en Région Centre : Illiers-Combray, Jardin du Pré Catelan. Octobre 2007. [dossier APJRC].

Périodiques
  • LARCHER, P.L. Le Pré Catelan d’Illiers, Parc de Swann. Bulletin de la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray, n°10, 1960, p. 242-248.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Association parcs et jardins région Centre-Val de Loire - Potillion Charlène
Charlène Potillion

Chargée d'études (Association parcs et jardins de la Région Centre-Val de Loire)


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Quentin Michèle
Michèle Quentin

Déléguée de l'association Parcs et Jardins en Région Centre-Val de Loire


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.