Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Îlot A

Dossier IA41000713 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

L'îlot A est implanté en contrebas des fortifications de la place du Château, sur le côté ouest de la place Louis-XII. Il fut construit à l'emplacement d'édifices remarquables disparus soit dans les bombardements de 1940 soit au moment de la reconstruction : l'hôtel Gaillard et le théâtre, deux bâtiments construits sur des caves remarquables. Ce contexte marqua l'histoire de sa construction.

Dès 1942, Charles Nicod avait prévu le dessin général de l'implantation de l'îlot A, un îlot de forme allongée le long et en contrebas des remparts du Château, donnant sur la place Louis-XII sur un petit côté, et ouvert sur son autre petit côté orienté à l'ouest. En plus d'être situé dans la zone archéologique, une zone affectée de contraintes architecturales particulières, cet îlot devait sur ses côtés donnant sur la place et sur les fortifications faire l'objet d'une discipline spéciale d'architecture.

Le projet se précisa avec l'étude spéciale d'architecture de la place Louis-XII confiée à l'architecte André Aubert et rendue publique en 1943. Elle prévoyait un îlot d'une grande régularité : par le choix d'une hauteur constante d'un étage carré sur rez-de-chaussée surmonté d'un étage de comble, par le rythme de percement des lucarnes dans une couverture haute. Les immeubles donnant sur la place devaient être ouverts en arcades au rez-de-chaussée. Les angles droits de cette façade devaient être soulignés par la pose de balcons filants. L'emploi de lucarnes à fronton, d'encadrement de baies en pierre, de chaînes d'angle harpées devait permettre d'intégrer ces édifices nouvellement créés au contexte architectural, ce qui était d'autant plus important que l'îlot A était limitrophe de la zone non détruite.

Projet de façade de l'îlot A sur la place Louis-XII dans l'étude spéciale d'architecture d'André Aubert, 1943. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).Projet de façade de l'îlot A sur la place Louis-XII dans l'étude spéciale d'architecture d'André Aubert, 1943. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).

Comme le reste de la reconstruction blésoise, la construction de l'îlot A ne commença pas avant la Libération. L'îlot A fit partie des premiers îlots blésois auxquels furent appliqués les nouvelles règles définies par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme en matière de choix des architectes. Ces dernières instituèrent que la reconstruction des immeubles groupés dans un même îlot serait désormais confiée à quatre ou cinq architectes d'opération suivant leur importance, les propriétaires n'ayant plus à choisir un architecte sur la liste des hommes de l'art agréés. Lors de conférences tenues par le conseil de l'Ordre départemental avec les services techniques de la Reconstruction, les architectes agréés se mirent d'accord sur la répartition des immeubles à reconstruire dans l'îlot A, dont la reconstruction figurait au programme de 1949. Les plans des immeubles qui le composent furent ainsi conçus par les architectes Joubert, Dufresne, Imbert-Fabe et Charbonnier. Les adjudications commencèrent à la fin de l'année 1949 et les travaux en 1950.

La construction de l'îlot A subit d'importants retards. Comme ailleurs dans la ville, la reconstruction fut en partie retardée du fait du manque de liquidités des propriétaires et de la hausse des prix par rapport aux devis initiaux. Ainsi, la construction de l'immeuble donnant sur la place Louis-XII fut interrompue en 1954 faute de moyens. Plus spécifiquement, la reconstruction de l'îlot A fut retardée du fait de la présence des éléments remarquables mentionnés plus haut. Dès le début de l'année 1950, la reconstruction d'une partie importante de l'îlot fut bloquée en raison de la présence de la cave de l'hôtel Gaillard, cave voûtée émergeant à 1,8 mètres du sol. La cave s’avéra finalement ne pas être protégée au titre des monuments historiques et sa démolition fut décidée. Quelques années plus tard, ce fut la démolition du théâtre qui conditionna la terminaison des travaux de l'îlot et de la voirie qui le dessert. Cette démolition en instance dès 1953 avait été plusieurs fois repoussée. Aucun accord n'était trouvé au sujet de la récupération des matériaux, et le projet de nouveau théâtre n'avait pas avancé. La mise en place de logements d'urgence en 1954 donna finalement une claire priorité au problème du logement et la destruction du théâtre de Blois fut programmée et menée au début de l'année 1955.

Les plans des architectes d'opération ne respectèrent pas à la lettre le projet d'André Aubert. Dans les volumes tout d'abord, les immeubles donnant sur la rue Saint-Lubin et sur la place Louis-XII furent finalement conçus avec deux étages carrés. Dans le traitement également, le vocabulaire fut simplifié et plus économe : on ne fit pas usage de lucarnes à frontons, mais de lucarnes à croupes ; l'encadrement des baies plus sommaire, ne comporte pas de clé. Dans la répartition des fonctions enfin, l'îlot ne pouvant du fait de son étroitesse accueillir de parking ou de garage en son centre, quelques garages furent construits à la place d'immeubles initialement prévus le long de la rue Anne-de-Bretagne.

Façades sur la place Louis-XII et sur la rue Saint-Lubin vues depuis les remparts, 1954. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 14).Façades sur la place Louis-XII et sur la rue Saint-Lubin vues depuis les remparts, 1954. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 14).Angle de la place Louis-XII et de la rue Saint-Lubin, vu depuis la place du Château.Angle de la place Louis-XII et de la rue Saint-Lubin, vu depuis la place du Château.

Aujourd'hui, l'îlot a subi des modifications : les arcades en plein cintre ouvertes sur la place Louis-XII ont été fermées, le cœur d'îlot a été divisé en parcelles rattachées respectivement à chaque immeuble.

Appellations îlot A
Parties constituantes non étudiées immeuble, boutique, restaurant, boulangerie, café, garage, bureau
Dénominations îlot
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : rue Saint-Lubin , place Louis-XII , rue des Jacobins , rue Anne-de-Bretagne
Cadastre : 2010 DN 694 ; 1980 DN 384 à 402

Dès son plan de 1942, l'urbaniste Charles Nicod définit le dessin général de l'implantation de l'îlot A : un îlot de forme allongée le long et en contrebas des remparts du Château, donnant sur la place Louis-XII sur un petit côté, ouvert à l'ouest et limitrophe de la zone non détruite, notamment la pittoresque rue Saint-Lubin. L'îlot devait être construit à l'emplacement d'édifices notables : l'hôtel Gaillard, dont les caves remarquables seules subsistaient après les démolitions de 1940, et le théâtre qui devait donc être détruit. L'îlot dans son ensemble était soumis aux contraintes de la zone archéologique. De plus, sur ses côtés donnant sur la place et sur les fortifications, il devait se conformer à l'étude spéciale d'architecture qu'André Aubert effectua entre 1942 et 1943 pour l'aménagement de la place Louis-XII. Comme le reste de la reconstruction blésoise, la construction de l'îlot A ne commença pas avant la Libération. Les plans des immeubles qui le composent furent conçus par les architectes Joubert, Dufresne, Imbert-Fabe et Charbonnier. Les adjudications commencèrent à la fin de l'année 1949 et les travaux en 1950. Elle subit ensuite d'importants retards dus notamment à la présence des éléments remarquables mentionnés plus haut. La démolition de la cave de l'hôtel Gaillard posa question et celle du théâtre tarda jusqu'en 1955. Les plans des architectes d'opération ne respectèrent pas à la lettre le projet d'André Aubert. Dans les volumes tout d'abord, les immeubles donnant sur la rue Saint-Lubin et sur la place Louis-XII furent finalement conçus avec deux étages carrés. Dans le traitement également, le vocabulaire fut simplifié et plus économe : on ne fit pas usage de lucarnes à frontons, mais de lucarnes à croupes ; l'encadrement des baies plus sommaire, ne comporte pas de clé. Dans la répartition des fonctions enfin, l'îlot ne pouvant du fait de son étroitesse accueillir de parking ou de garage en son centre, quelques garages furent construits à la place d'immeubles initialement prévus le long de la rue Anne-de-Bretagne. Aujourd'hui, l'îlot a subi des modifications : les arcades en plein cintre ouvertes sur la place Louis-XII ont été fermées, le cœur de l'îlot a été divisé en parcelles rattachées respectivement à chaque immeuble.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1950, daté par source
Auteur(s) Auteur : Imbert-Fabe Jean, architecte, attribution par source
Auteur : Dufresne, architecte, attribution par source
Auteur : Joubert Lucien, architecte, attribution par source
Auteur : Charbonnier, architecte, attribution par source
Personnalité : Leroux, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Girard, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Charbonnier, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Cherriere, propriétaire, attribution par source

L'îlot A est situé en bordure de zone sinistrée : limitrophe de la ville ancienne, il donne sur son côté nord-ouest sur les fortifications du Château. Son terrain en pente est délimité sur ses quatre côtés par la place Louis-XII, et les rues Saint-Lubin, Anne-de-Bretagne et des Jacobins. Cet îlot, composé de treize immeubles, ne se caractérise pas par l'adoption d'une ordonnance ni même d'un gabarit. Diverses séquences d'immeubles aux traitements hétérogènes bien que toujours très sobres s'y succèdent. Situé à l'extrémité ouest de la place Louis-XII, l'îlot y présente une façade avec arcades en rez-de-chaussée - aujourd'hui fermées -, comme d'autres immeubles sur cette place. Dans ses autres parties, le traitement diffère. Le long de la rue Saint-Lubin, les immeubles ont un rez-de-chaussée surmonté de deux étages carrés et d'un étage de comble. Les balcons sont à peine saillants et leur garde-corps sont d'un dessin géométrique très simple. Une façade pignon ainsi que l'encadrement saillant des baies en pierre ou en béton qui souligne parfois un étage ou une travée animent un ensemble assez monotone de façades enduites. Sur la rue Anne-de-Bretagne, la majorité des immeubles n'ont qu'un étage carré surmonté d'un comble. Différents types de lucarnes sont alternativement utilisés : lucarne à croupe et à devant en brique ou en pierre, lucarnes-pignon. L'ensemble des immeubles est couvert par des toits à deux longs pans en ardoise, hérissés de souches de cheminées en brique. Le cœur de l'îlot n'est pas accessible. Divisé en petites parcelles il offre un jardin ou une cour pour les immeubles qui y ont accès. La fonction de parking a donc été rejetée en périphérie de l'îlot : une partie des garages sont ouverts le long de la rue Anne-de-Bretagne, tandis qu'un immeuble dispose d'un garage en rez-de-chaussée (10 rue Saint-Lubin).

Murs enduit
béton armé
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Typologies îlot entièrement reconstruit, îlot ouvert
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 45. Blois, remembrement, dossier technique et administratif. 1941-56.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/13. Reconstruction de Blois. Affaires diverses. 1949-55.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/53. Reconstruction de Blois. Adjudications. 1948-51.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/28. Reconstruction. Retards dans Reconstruction.

Documents figurés
  • photog. noir et blanc. Auteur inconnu. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 14). (cf. illustration n° IVR24_20114100137NUC2A).

  • photog. noir et blanc. Auteur inconnu. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 14). (cf. illustration n° IVR24_20114100136NUC2A).

  • photog. noir et blanc. Auteur inconnu. (Fonds A. Aubert. SIAF/ Cité de l'architecture et du Patrimoine / Archives XXe siècle, 072 IFA : 14). (cf. illustration n° IVR24_20114100135NUC2A).

  • étude spéciale d'architecture, 1943. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100337NUC2A).

  • plan sur calque. Par Aubert, André (architecte). (Archives municipales de Blois, 13 Z 10). (cf. illustration n° IVR24_20114100305NUC2A).

  • Plan de reconstruction et d'aménagement, sur papier, détail, 1942. Par Nicod, Charles (architecte). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100574NUC2A).

Bibliographie
  • BELLENGER, S. (dir.), GUIGNARD, B., DUSSEAUX, S. Cimetière Saint-Saturnin. Catalogue des collections lapidaires, 1995-2000

    p. 50-53.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie