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Îlot D

Dossier IA41000727 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Une forme ouverte héritée d'une conception fluctuante.

La conception de l'îlot D connut de nombreux rebondissements, du fait son implantation, entre la place Louis-XII et la place Valin-de-la-Vaissière. Charles Nicod proposa en 1941 de reconstruire à l'emplacement de la halle métallique d'alors, à l'ouest de l'îlot D, un grand marché réunissant la halle et la poissonnerie, vaste bâtiment perpendiculaire au fleuve. Pour répondre aux attentes de la ville, il dut modifier le plan avant sa validation en novembre 1942. Pour qu'un maximum de commerces donne sur cette place, un nouvel îlot d'immeubles à boutique en rez-de-chaussée fut ainsi proposé sur l'emplacement prévu pour le marché-couvert, en bordure sud de la place Louis-XII. De plus, afin que la perte du théâtre soit immédiatement compensée, une salle des fêtes devait être construite, entre cet îlot et la route nationale des quais. Le nouveau marché était par conséquent déplacé à l'ouest, le long de la rue des Jacobins, derrière le théâtre et l'école Louis-XII. C'est sur cette dernière hypothèse, validée dans le plan en novembre 1942, qu'André Aubert travailla à une étude spéciale d'architecture pour la place Louis-XII. Le programme évolua de nouveau en cours de reconstruction. L'îlot d'immeubles ajouté en 1942 entre l'îlot D et la rue du Bourg-Moyen n'étant finalement pas construit, l'îlot D s'étendit aux zones ainsi laissées vacantes et s'ouvrit sur la place Valin-de-la-Vaissière. Cela explique sa forme singulière par rapport aux autres îlots de la reconstruction de Blois. Cela explique aussi que cet îlot ne put être reconstruit selon le projet d'André Aubert.

Ville de Blois, association syndicale de remembrement. Projet de remembrement, rive droite.  (Ville de Blois, service du cadastre, Blois).Ville de Blois, association syndicale de remembrement. Projet de remembrement, rive droite. (Ville de Blois, service du cadastre, Blois).

Un aspect qui traduit une construction lente plusieurs fois interrompue.

En dépit de son inscription au programme des îlots prioritaires en novembre 1950, la construction de l'îlot D fut très longue ce qui explique en partie son aspect hétérogène. Un premier coup d'arrêt fut porté à sa construction en 1954. L'îlot était implanté sur les vestiges de la crypte de l'abbatiale de Bourgmoyen découverts au cours des fouilles du docteur Lesueur à partir de 1941. Ces ruines avaient été inscrites à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 11 juillet 1945 sans que l'Association Syndicale de Reconstruction, propriétaire du terrain, n'en soit jamais avisée : les plans de reconstruction du quartier avaient donc été conçus sans en tenir compte. Les travaux de terrassements menés pour la seconde partie de la construction de l'îlot D entamèrent une partie des maçonneries enterrées. C'est pourquoi en décembre 1954, Paul Robert-Houdin fit interrompre les travaux pendant un mois, et les architectes concernés durent prendre les dispositions nécessaires pour qu'il n'y ait pas de nouvelle démolition des murs anciens de la crypte. Par ailleurs, étant implanté sur l'emplacement de la halle métallique, il ne put être achevé qu'après l'inauguration du nouveau marché et la démolition de l'ancien, qui n'eurent lieu qu'en 1961.

Implantation de l'îlot D par rapport à l'emprise de l'ancienne abbatiale de Bourgmoyen.Implantation de l'îlot D par rapport à l'emprise de l'ancienne abbatiale de Bourgmoyen.

Les étapes d'une lente construction, 1951-1965.

Les plans des immeubles furent conçus par les architectes blésois Paget, Guénet, Lafargue, Jannin et Amiot. Les adjudications se tinrent entre décembre 1950 et décembre 1952 puis, dans une seconde étape, entre juillet 1954 et novembre 1955. Les constructions commencèrent sur la rue du Commerce, puis sur les quais. La partie donnant sur la place Louis-XII fut commencée courant 1954, avec le retard que l'on a expliqué. Enfin, après la démolition du marché fin 1961, furent construits les cinq derniers immeubles de l'îlot entre 1962 et 1965. Ces cinq derniers immeubles donnèrent lieu à une révision du plan dans le cadre d'une négocation entre le directeur départemental de la Construction, l'architecte conseil Favraud et André Aubert, alors ancien architecte en chef de la reconstruction de Blois. En effet, on ne construisit plus un îlot à la place du marché détruit mais on prolongea l'îlot D dans un segment séparant la place Louis-XII de la place Valin-de-la-Vaissière. Ces immeubles furent implantés de manière à laisser la possibilité de planter des lignes et des massifs d'arbres pour masquer les dépendances des immeubles jugés disgracieux, l'îlot étant de fait ouvert sur la place. De plus on décida alors de construire les rez-de-chaussée de ces cinq immeubles en arcades, renouant ainsi avec les premiers projets d'André Aubert.

Par rapport au parcellaire ancien, l'îlot D suit à l'est l'alignement de l'ancienne rue du Vieux-Pont, et contourne à l'ouest l'implantation de l'ancien collège Augustin-Thierry. En revanche, il est en partie construit sur l'emprise de l'abbatiale de Bourgmoyen.

Appellations Îlot D
Parties constituantes non étudiées immeuble, boutique, banque, garage
Dénominations îlot
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : place Valin-de-la-Vaissière , place Louis-XII , rue du Commerce , rue Emile-Laurens , quai de la Saussaye
Cadastre : 2010 DN 339 à 341 ; 2010 DN 343 à 354 ; 2010 DN 917 à 919

La conception de l'îlot D connut de nombreux rebondissements, du fait son implantation, entre la place Louis-XII et la place Valin-de-la-Vaissière. Il passa, entre le projet de Charles Nicod de 1941 et sa construction effective, d'un îlot fermé à l'angle de la place Louis-XII et au sud de l'axe nouveau de la rue Emile-Laurens, à un îlot largement ouvert sur la place Valin-de-la-Vaissière occupant toute la partie sud de la place Louis-XII. Son aspect traduit sa construction qui fut plusieurs fois interrompue et très longue. Par rapport au parcellaire ancien, l'îlot D, qui suit à l'est l'alignement de l'ancienne rue du Vieux-Pont, et contourne à l'ouest l'implantation de l'ancien collège Augustin-Thierry, fut en revanche, en partie construit sur l'emprise de l'abbatiale de Bourgmoyen et sur celle de la halle métallique du marché. Les ruines de l'abbatiale découvertes lors de fouilles en 1941, et inscrites à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 11 juillet 1945, justifièrent un premier arrêt des travaux en 1954. Enfin, l'îlot ne put être achevé qu'après l'inauguration du nouveau marché et la démolition de l'ancien, qui n'eurent lieu qu'en 1961. La construction de ses immeubles, conçus par les architectes blésois Marc Paget et Guénet, Henri Lafargue, Henri Jannin et Amiot, s'étala donc de 1951 à 1965, leur conception architecturale évoluant au cours de cette longue décennie. L'îlot est toujours occupé par des boutiques, des bureaux et des logements. La devanture du 8 rue du Commerce est encore proche de la devanture d'origine.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1951, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lafargue Henri, architecte, attribution par source
Auteur : Amiot cabinet, architecte, attribution par source
Auteur : Robert-Houdin Paul, architecte, attribution par source
Auteur : Jannin Henri, architecte, attribution par source
Auteur : Paget Marc, architecte, attribution par source
Auteur : Guénet, architecte, attribution par source

L'îlot D est un îlot de la ville basse ouvert sur la place Valin-de-la-Vaissière et délimité sur ses autres côtés par les quais, la rue du Commerce et la rue Emile-Laurens. Il est constitué de douze immeubles mitoyens, disposés en U, auxquels s'ajoutent quatre immeubles séparés des autres par le passage reliant la place Valin-de-la-Vaissière et la place Louis-XII. Il s'agit donc d'un vaste îlot de seize immeubles, qui donne sur deux importants espaces publics de la ville basse : la place Louis-XII et la place Valin-de-la-Vaissière et qui bénéficie de la grande visibilité des bords de quais. L'ensemble est hétérogène du fait de la variété des gabarits des immeubles, de l'organisation des façades ou encore des types de lucarnes. A ce titre, la façade donnant sur les quais, courte et hétérogène, contraste fortement avec celle de l'îlot I voisin. En dépit de ces éléments de variété, des constantes sont communes à l'ensemble : l'enduit gris, l'encadrement plus clair des baies (en pierre ou en béton), la couverture en ardoise hérissée de souches de cheminées en brique. Des séquences d'immeubles au traitement homogène, comme les 4, 6 et 8 rue du Commerce, ou les immeubles donnant sur la place Louis-XII, témoignent en outre de l'organisation du chantier et de la répartition des travaux entre les architectes. Enfin, un traitement particulier relie certaines parties de l'îlot à la conception générale du quartier. Ainsi, les deux angles d'îlot donnant sur la rue du Commerce sont sobrement soulignés par des balcons filants et les immeubles donnant sur la place Louis-XII sont à arcades en rez-de-chaussée. L'îlot étant ouvert sur la place Valin-de-la-Vaissière, les façades de cœur d'îlot ont la spécificité d'être particulièrement visibles. Elles ont néanmoins fait l'objet d'un traitement distinct de celui des façades principales, comme dans les îlots environnants aux cœurs d'îlots moins exposés aux regards. Elles sont bordées en rez-de-chaussée par une série de garages et de places de parking. Elles sont traversées par les longues baies verticales éclairant les escaliers. La pierre, ou son évocation en béton, en sont totalement absentes, remplacées par la brique pour les encadrements de baies.

Murs béton
pierre
moellon
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
Typologies îlot entièrement reconstruit, îlot ouvert
Sites de protection secteur sauvegardé

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 45. Blois, remembrement, dossier technique et administratif. 1941-56.

  • AD Loir-et-Cher. Série Fi : 105 Fi 1367. Fonds Lunais-Bruère.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 2/26. Reconstruction, programme prioritaire départemental. 1947-50.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/53. Reconstruction de Blois. Adjudications. 1948-51.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/28. Reconstruction. Retards dans Reconstruction.

Documents figurés
  • Photog. n. et b. Auteur inconnu. (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, 20351). (cf. illustration n° IVR24_20104100051NUC1).

  • plan du projet de remembrement, sur papier. Par Larramendy (géomètre). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100558NUC2A).

  • Plan de reconstruction et d'aménagement, sur papier, détail, 1942. Par Nicod, Charles (architecte). (Ville de Blois, service du cadastre, Blois). (cf. illustration n° IVR24_20104100574NUC2A).

Bibliographie
  • BELLENGER, S. (dir.), GUIGNARD, B., DUSSEAUX, S. Cimetière Saint-Saturnin. Catalogue des collections lapidaires, 1995-2000

    p. 15-17.

Liens web

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