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Immeuble (10 rue des Orfèvres)

Dossier IA41000749 inclus dans Îlot E réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées boutique
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : 10 rue des Orfèvres
Cadastre : 2010 DN 314

L'immeuble du 10 rue des Orfèvres est inscrit dans l'îlot E qui fut conçu sous la direction de l'architecte chef de groupe Marc Paget et dont la construction commença en 1953. La conception de l'immeuble fut déléguée à l'architecte Henri Lafargue. L'architecte dessina un plan quasiment symétrique en forme d'ailes de papillon. Le rez-de-chaussée devait abriter deux vastes locaux de boutique de 55 et 66 m² avec des vitrines donnant sur la rue des Orfèvres et des arrière-boutiques sur la cour, côté rue Emile-Laurens. L'immeuble qui s'élevait ensuite sur trois étages devait contenir huit logements accessibles par une cage d'escalier circulaire et en cœur d'immeuble. Trois types d'appartements de tailles et de conforts variés y étaient représentés : deux appartements de trois pièces dans chacun des deux étages carrés, et deux appartements et deux studios à l'étage attique. Un des deux locaux de boutique a été depuis divisé en deux boutiques.

Période(s) Principale : milieu 20e siècle
Dates 1953, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lafargue Henri, architecte, attribution par source
Personnalité : Breton, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Gobin, propriétaire, attribution par source

L'immeuble est implanté sur la plus grande des parcelles de l'îlot E, entre la rue des Orfèvres et la rue Emile-Laurens. Sur la partie saillante que l'îlot forme sur la placette du croisement des rues du Commerce et des Orfèvres, son volume s'impose par sa largeur et sa hauteur toutes deux plus importantes que celles des autres immeubles de l'îlot. Sa façade sur la rue des Orfèvres, en outre, est remarquable par ses qualités de composition. L'angle, qui forme son axe de symétrie, est mis en valeur par la porte d'entrée et son large encadrement en béton moulé, surmontés par une niche aujourd'hui vide. Elle est également structurée par le surlignement de lignes horizontales : le balcon filant sur lequel donnent toutes les baies du second étage, le traitement en bandeau des baies du troisième étage, la corniche en béton moulé. Ces quelques éléments animent une façade par ailleurs d'une grande sobriété : la structure de béton de l'immeuble et ses murs de maçonnerie disparaissent sous un simple enduit ciment ; l'encadrement des baies y est simple, fin, peint en blanc. L'immeuble est également exemplaire par la qualité de ses espaces de distribution. On accède aux logements par un couloir au sol de granito largement éclairé par la porte d'entrée en bois et verre qui mène à un escalier en béton très sculptural, en vis suspendu, contenu dans une originale cage d'escalier circulaire située au cœur de l'immeuble. Cet espace a la spécificité de ne disposer que d'un très faible éclairage naturel fourni par une baie zénithale. L'ensemble des appartements bénéficie en revanche d'une large ouverture sur l'extérieur. Ceux des premier et second étages sont traversants et ouverts de part et d'autre par des porte-fenêtres. Ceux de l'étage attique qui donnent côté rue des Orfèvres y sont largement ouverts et disposent d'un petit espace extérieur couvert. L'immeuble est encore aujourd'hui à fonction mixte avec trois magasins de commerce en rez-de-chaussée et des logements dans les trois étages supérieurs.

Murs enduit
béton armé
maçonnerie
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage-attique
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis avec jour, en maçonnerie, suspendu
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • Henri Lafargue

    Fils de l'architecte blésois Arsène Lafargue, il étudia à l'école des beaux-arts, d'où il sortit diplômé par le gouvernement.

    Il s'installa ensuite à Blois, place du Château, et commença une double carrière d'architecte des monuments historiques et d'architecte décorateur. Il se spécialisa alors dans la restauration et la décoration de châteaux du Moyen-Age, de la Renaissance et de l'époque moderne à des fins de villégiature pour une clientèle fortunée. A la fin des années trente, il avait ainsi restauré et modernisé le château de Candé à Monts en Indre-et-Loire, reconstruit et transformé le Château de Guérinet dans le Puy-de-Dôme, restauré les châteaux de Trélague, en Saône-et-Loire, et de Mainsat, dans la Creuse. Il avait également collaboré avec l'architecte-paysagiste Albert Laprade pour la restauration de la maison de villégiature du Coudray-Montpensier à Seuilly, en Indre-et-Loire, à la demande de l'avionneur Pierre-Georges Latécoère (ISMH, 1999). Il avait enfin exercé ses compétences de décorateur dans les châteaux de Josselin et de Rosanbo en Bretagne. A Blois, plus spécifiquement, il avait construit un pensionnat de jeunes filles pour l'institution Sainte-Geneviève ainsi que la Caisse d'Epargne, située sur les quais.

    Il s'engagea dans la réflexion sur la reconstruction de Blois en collaborant avec Paul Robert-Houdin à l'élaboration d'un plan dès l'été 1940. Quand l'urbaniste Charles Nicod fut finalement nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, il participa aux débats que suscita sa proposition de plan. Ainsi, dès l'été 1941, s'exprima-t-il défavorablement à l'idée de ne pas reconstruire le côté sud de la place du Château.

    Après la Libération, Henri Lafargue se vit attribuer la reconstruction d'immeubles et de maisons dans les îlots D, E, F, H, N, U et Y. Leur comparaison montre qu'il sut s'adapter à leur contexte d'implantation et adopter des lignes plus ou moins traditionnelles ou modernes. Certaines de ses réalisations sont résolument historicistes ou pour le moins clairement ordonnées à la bonne intégration de l'architecture nouvelle aux quartiers anciens épargnés. C'est le cas notamment des immeubles de l'îlot N, reconstruits à l'emplacement de l'hôtel Hurault-de-Cheverny endommagé en 1940, aux pieds des grands degrés du Château. En revanche, les immeubles qu'il construisit hors de la zone archéologique, dans les îlots U et Y notamment, se caractérisent par des lignes sobres et modernes d'une grande qualité d'exécution et des plans complexes et originaux organisés par la recherche d'aération et de luminosité.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 43. Blois, reconstruction (ville et Vienne), dossier technique, plans. 1949-54.

Documents figurés
  • plan du premier et du deuxième étage,sur papier, 1953. Par Lafargue, Henri (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195 W 43). (cf. illustration n° IVR24_20104101064NUC2A).

  • plan du rez-de-chaussée, sur papier, 1953. Par Lafargue, Henri (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195 W 43). (cf. illustration n° IVR24_20104101063NUC2A).

  • coupe, sur papier, 1953. Par Lafargue, Henri (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195 W 43). (cf. illustration n° IVR24_20104101068NUC2A).

  • coupe, sur papier, 1953. Par Lafargue, Henri (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195 W 43). (cf. illustration n° IVR24_20104101067NUC2A).

  • plan d'implantation et de fondation, sur papier, 1953. Par Lafargue, Henri (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195 W 43). (cf. illustration n° IVR24_20104101066NUC2A).

  • plan du troisième étage, sur papier, 1953. Par Lafargue, Henri (architecte). (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195 W 43). (cf. illustration n° IVR24_20104101065NUC2A).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie