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Immeuble (25, 27 avenue du Maréchal-Leclerc)

Dossier IA41000761 inclus dans Quartier de la Providence ou quartier de la Ferme Départementale, dit îlot Y réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiées jardin, cour
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : 25, 27 avenue du Maréchal-Leclerc
Cadastre : 2011 CT 176

L'immeuble fut construit en terrain de compensation pour Robert Lemaignen en dédommagement de l'immeuble situé en ville basse, au 16 rue des Rouillis, détruit dans un bombardement le 16 juin 1940, et dont il hérita de sa mère, décédée en 1943. Ses plans furent établis par l'architecte blésois Henri Lafargue. La réception provisoire des travaux eut lieu en août 1953 et dès cette année Robert Lemaignen le revendit par appartements. Les nouveaux copropriétaires s'y installèrent entre octobre 1953 et décembre 1954. L'immeuble n'a pas depuis subi de gros changements. Quelques adaptations cependant ont été menées : le chauffage central au charbon a été remplacé par une chaudière au fioul, la majeure partie des huisseries métalliques peintes en noir ont été remplacées par des huisseries claires en aluminium. Enfin les dalles de verre des escaliers ont été changées en 2007.

Période(s) Principale : milieu 20e siècle
Dates 1953, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lafargue Henri, architecte, attribution par source
Personnalité : Lemaignen, propriétaire, attribution par source

Construit sur une parcelle d'une superficie d'environ 1000 m² au nord-est de l'avenue du Maréchal-Leclerc, l'immeuble est constitué de deux blocs, reliés par un escalier commun. Chacun des blocs est couvert en terrasse et comprend un étage de soubassement, qui rattrape les reliefs du terrain, un rez-de-chaussée et deux étages-carrés. L'escalier commun, tournant à retours rampe sur rampe, dessert à chaque palier un appartement dans l'un ou l'autre des blocs, les niveaux respectifs de ces derniers étant décalés d'un demi-étage en hauteur. L'immeuble est construit en béton armé selon le principe des poteaux et plateaux horizontaux, mais les façades sont construites en pierre de Sireuil, une pierre très claire. L'escalier intérieur produit la même impression de grande clarté : construit en béton et orné d'un revêtement en granito beige, il est éclairé par deux grandes baies verticales, orientées à l'est et à l'ouest et fermées par des pavés de verre. Les garde-corps d'un dessin très sobre sont en métal peint en noir. Le soubassement abrite d'une part quatre garages dans le bloc B, d'autre part, six caves, la chaufferie et la soute à charbon dans le bloc A. Au-dessus, le rez-de-chaussée et les deux étages carrés comprennent chacun deux appartements. Les quatre appartements du rez-de-chaussée et du premier étage sont de surfaces identiques d'environ 100 m², leur seule différence étant que les appartements du rez-de-chaussée bénéficient d'un accès privatif à une parcelle de jardin. Ils adoptent des plans marqués par une grande irrégularité et la quasi-absence d'angles droits. Ceux-ci rassemblent néanmoins, de manière assez logique, d'une part les pièces de vie communes et d'autre part, les espaces plus intimes. Les premières occupent à peu près la moitié de la surface de l'appartement : on accède à partir d'un vaste living-room à un petit "coin feu" auprès d'une cheminée, au balcon et à la cuisine. La partie privée est composée de deux chambres, d'un studio, d'une salle d'eau, de WC et d'une salle de bains, toutes ces pièces étant disposées autour d'un court couloir. Les deux appartements du dernier étage sont d'une surface légèrement moindre, une terrasse ayant été ménagée sur une partie de la surface du living-room. Les parties communes de l'immeuble comme les logements témoignent d'une grande qualité de finition. Tous les appartements sont parquetés sur dalle de béton, à l'exception des pièces d'eau. Les salles de bain ont un sol de béton ciré teinté dans la masse en bleu ou rose-orangé assortis aux carreaux des murs. L'immeuble entier bénéficie d'une installation de chauffage central. De plus chaque appartement est équipé de deux cheminées. L'ensemble a été pensé pour assurer luminosité et intimité. Dans tous les appartements, une chambre et le living-room sont ouverts par de larges portes-fenêtres orientées au sud. Pour obtenir cette orientation optimale, l'architecte a implanté l'immeuble en léger biais et non parallèlement à l'axe de la rue comme tous les autres. En mettant en œuvre ce plan complexe de deux quadrilatères décalés, l'architecte conçoit des appartements ouverts sur leurs quatre façades : toutes les pièces bénéficient donc d'une large ouverture sur l'extérieur. L'intimité est néanmoins préservée par l'utilisation de pavés de verre et de carreaux de verre dépoli pour les baies des façades mitoyennes. L'architecte limite au maximum les vis-à-vis de ce petit collectif tout en favorisant la circulation de la lumière. Avec les maisons jumelles voisines, conçues par le même architecte, l'immeuble se distingue dans la rue par la modernité de ses formes : l'irrégularité de son plan et ses angles aigües, son toit terrasse, la forme courbe de ses plateformes de balcons, ses larges baies horizontales.

Murs béton
pierre
béton armé
Toit béton en couverture, bitume
Plans plan symétrique
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Couvertures terrasse
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours, en maçonnerie

Annexes

  • Henri Lafargue

    Fils de l'architecte blésois Arsène Lafargue, il étudia à l'école des beaux-arts, d'où il sortit diplômé par le gouvernement.

    Il s'installa ensuite à Blois, place du Château, et commença une double carrière d'architecte des monuments historiques et d'architecte décorateur. Il se spécialisa alors dans la restauration et la décoration de châteaux du Moyen-Age, de la Renaissance et de l'époque moderne à des fins de villégiature pour une clientèle fortunée. A la fin des années trente, il avait ainsi restauré et modernisé le château de Candé à Monts en Indre-et-Loire, reconstruit et transformé le Château de Guérinet dans le Puy-de-Dôme, restauré les châteaux de Trélague, en Saône-et-Loire, et de Mainsat, dans la Creuse. Il avait également collaboré avec l'architecte-paysagiste Albert Laprade pour la restauration de la maison de villégiature du Coudray-Montpensier à Seuilly, en Indre-et-Loire, à la demande de l'avionneur Pierre-Georges Latécoère (ISMH, 1999). Il avait enfin exercé ses compétences de décorateur dans les châteaux de Josselin et de Rosanbo en Bretagne. A Blois, plus spécifiquement, il avait construit un pensionnat de jeunes filles pour l'institution Sainte-Geneviève ainsi que la Caisse d'Epargne, située sur les quais.

    Il s'engagea dans la réflexion sur la reconstruction de Blois en collaborant avec Paul Robert-Houdin à l'élaboration d'un plan dès l'été 1940. Quand l'urbaniste Charles Nicod fut finalement nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, il participa aux débats que suscita sa proposition de plan. Ainsi, dès l'été 1941, s'exprima-t-il défavorablement à l'idée de ne pas reconstruire le côté sud de la place du Château.

    Après la Libération, Henri Lafargue se vit attribuer la reconstruction d'immeubles et de maisons dans les îlots D, E, F, H, N, U et Y. Leur comparaison montre qu'il sut s'adapter à leur contexte d'implantation et adopter des lignes plus ou moins traditionnelles ou modernes. Certaines de ses réalisations sont résolument historicistes ou pour le moins clairement ordonnées à la bonne intégration de l'architecture nouvelle aux quartiers anciens épargnés. C'est le cas notamment des immeubles de l'îlot N, reconstruits à l'emplacement de l'hôtel Hurault-de-Cheverny endommagé en 1940, aux pieds des grands degrés du Château. En revanche, les immeubles qu'il construisit hors de la zone archéologique, dans les îlots U et Y notamment, se caractérisent par des lignes sobres et modernes d'une grande qualité d'exécution et des plans complexes et originaux organisés par la recherche d'aération et de luminosité.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie