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Immeuble (3 rue Emile-Laurens)

Dossier IA41000732 inclus dans Îlot H réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Destinations bureau
Parties constituantes non étudiées boutique, bureau, garage
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : 3 rue Emile-Laurens
Cadastre : 2010 DN 326

L'édification de cet immeuble fut entreprise par l'Association Syndicale de Reconstruction (ASR) de Blois à partir de 1951. En octobre 1953, il fut attribué à madame Petit-Fariau en paiement de la créance qu'elle possédait contre l'ASR : elle lui avait en effet transféré, après les démolitions de 1940, ses deux terrains situés au 7 de la rue des Orfèvres et 15 de la rue du Vieux-Pont. La nouvelle propriétaire dut en outre compléter sa créance par un versement de cinquante et un mille anciens francs. La construction de l'immeuble ne fut achevée qu'au cours de l'année 1955. Son avancement est représentatif des problèmes de délais fréquemment rencontrés au cours de la reconstruction de la ville. Des sanctions furent appliquées en 1954 aux entreprises de menuiserie, plâtrerie et plomberie, dont les retards affectaient la finition des travaux. L'immeuble vendu en 2010 est devenu une copropriété. De nombreux travaux de réhabilitation de ses appartements étaient en cours au moment de l'enquête. En particulier, les deux appartements du premier étage ont été rassemblés et forment un local professionnel.

Période(s) Principale : 20e siècle
Dates 1951, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lafargue Henri, architecte, attribution par source
Personnalité : Petit-Fariau, propriétaire, attribution par source

L'immeuble est implanté dans l'îlot H, aligné sur la rue Emile-Laurens, et a la particularité de se développer au-dessus du passage d'entrée au cœur de l'îlot. La composition de la façade sur rue souligne d'ailleurs cette particularité. La partie de la façade se développant au-dessus du passage est marquée par un double encorbellement qui constitue sans doute une référence discrète aux façades à pans de bois nombreuses dans ce secteur de la ville avant-guerre et disparues en 1940. Le système constructif de l'immeuble est économique comme la plupart des immeubles reconstruits, mais plus modeste que les constructions voisines, donnant sur le rond-point de la Résistance, et dont les façades sont construites en pierre de taille. Son ossature est en béton armé, et le remplissage, masqué sous un enduit, est probablement en moellon. Une légère hiérarchie distingue les façades sur rue et sur cœur d'îlot : l'encadrement des baies y est respectivement en béton moulé imitant la pierre, et en brique. Enfin, l'édifice est couvert par une charpente en bois en un toit à longs pans couvert en ardoise, qui comporte une partie plus haute au-dessus du passage d'entrée. On accède à l'immeuble par une simple porte en bois, reportée sur le côté, sous le passage d'entrée. L'entrée, carrelée, donne accès aux étages par un escalier en bois logé dans une tourelle demi-hors-oeuvre percée de fenêtres. L'immeuble compte deux étages carrés et un étage de comble. En sous-sol ont été ménagées des caves pour chacun des appartements. L'immeuble abrite trois fonctions : des boutiques en rez-de-chaussée, des bureaux au premier étage et quatre appartements dans les deux derniers niveaux. Les appartements sont des deux pièces. Distribués par un couloir central, les pièces d'eau donnent sur la cour, la chambre et le salon sur la rue. Ces pièces de vie sont largement ouvertes sur l'extérieur soit par des portes-fenêtres, soit par de larges baies à quatre vantaux. Parquetées, elles sont équipées de cheminées aux manteaux de brique qui constituent un élément de confort et de standing, les logements étant par ailleurs chauffés au gaz. Les appartements plus petits bénéficiaient d'un dispositif original permettant de moduler l'espace : des portes escamotables, disparaissant dans l'épaisseur du mur, permettaient de séparer ou de rassembler instantanément la chambre et le salon, en fonction des moments de la journée.

Murs brique
enduit
béton armé
moellon
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • Henri Lafargue

    Fils de l'architecte blésois Arsène Lafargue, il étudia à l'école des beaux-arts, d'où il sortit diplômé par le gouvernement.

    Il s'installa ensuite à Blois, place du Château, et commença une double carrière d'architecte des monuments historiques et d'architecte décorateur. Il se spécialisa alors dans la restauration et la décoration de châteaux du Moyen-Age, de la Renaissance et de l'époque moderne à des fins de villégiature pour une clientèle fortunée. A la fin des années trente, il avait ainsi restauré et modernisé le château de Candé à Monts en Indre-et-Loire, reconstruit et transformé le Château de Guérinet dans le Puy-de-Dôme, restauré les châteaux de Trélague, en Saône-et-Loire, et de Mainsat, dans la Creuse. Il avait également collaboré avec l'architecte-paysagiste Albert Laprade pour la restauration de la maison de villégiature du Coudray-Montpensier à Seuilly, en Indre-et-Loire, à la demande de l'avionneur Pierre-Georges Latécoère (ISMH, 1999). Il avait enfin exercé ses compétences de décorateur dans les châteaux de Josselin et de Rosanbo en Bretagne. A Blois, plus spécifiquement, il avait construit un pensionnat de jeunes filles pour l'institution Sainte-Geneviève ainsi que la Caisse d'Epargne, située sur les quais.

    Il s'engagea dans la réflexion sur la reconstruction de Blois en collaborant avec Paul Robert-Houdin à l'élaboration d'un plan dès l'été 1940. Quand l'urbaniste Charles Nicod fut finalement nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, il participa aux débats que suscita sa proposition de plan. Ainsi, dès l'été 1941, s'exprima-t-il défavorablement à l'idée de ne pas reconstruire le côté sud de la place du Château.

    Après la Libération, Henri Lafargue se vit attribuer la reconstruction d'immeubles et de maisons dans les îlots D, E, F, H, N, U et Y. Leur comparaison montre qu'il sut s'adapter à leur contexte d'implantation et adopter des lignes plus ou moins traditionnelles ou modernes. Certaines de ses réalisations sont résolument historicistes ou pour le moins clairement ordonnées à la bonne intégration de l'architecture nouvelle aux quartiers anciens épargnés. C'est le cas notamment des immeubles de l'îlot N, reconstruits à l'emplacement de l'hôtel Hurault-de-Cheverny endommagé en 1940, aux pieds des grands degrés du Château. En revanche, les immeubles qu'il construisit hors de la zone archéologique, dans les îlots U et Y notamment, se caractérisent par des lignes sobres et modernes d'une grande qualité d'exécution et des plans complexes et originaux organisés par la recherche d'aération et de luminosité.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/28. Reconstruction. Retards dans Reconstruction.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie