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Immeuble (4 rue Saint-Martin)

Dossier IA41000755 inclus dans Ensemble de 3 immeubles dit îlot N réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées garage, bureau, boutique
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : 4 rue Saint-Martin
Cadastre : 2010 DN 908

L'Hôtel Hurault de Cheverny était un grand hôtel particulier de Blois, édifié au début du XVIe siècle par la famille de Beaune, passée à la famille Hurault dans la première moitié du XVIIe, et qui avait connu aux XVIIIe et XIXe siècles d'importantes transformations. Situé contre l'église Saint-Martin-des-Choux et le mur de soutènement de l'avant-cour du château, il fut ravagé par les incendies consécutifs aux bombardements de juin 1940. L'immeuble était alors occupé par l'étude d'un notaire, maître Damon, et le logement familial de ce dernier. Étayé dans un premier temps dans une tentative de sauvetage, il fut finalement abattu en 1943. Un grand nombre d'éléments sculptés furent alors prélevés et entreposés au cloître Saint-Saturnin en Vienne. Le bâtiment dans son état de 1940 nous est connu grâce au dossier de dommages de guerre très documenté que constitua le sinistré dès 1943. Il s'agissait d'un ensemble complexe de trois corps de bâtiment comprenant tous des caves (593 m² de caves dont une partie dans le rocher) et au maximum deux étages carrés, pour au total presque 1200 m² habitables. L'immeuble qui fut reconstruit après guerre pour Me Damon constitue un des rares exemples de reconstruction sur place, la parcelle de l'immeuble reconstruit reprenant même approximativement la forme de celle d'avant-guerre. L'immeuble fut construit entre novembre 1947 et 1952 sur les plans du Blésois Henri Lafargue, architecte des monuments historiques et décorateur. Cette reconstruction intégra en partie le préexistant et l'environnement de l'immeuble : le mur de soutènement dans la cour fut consolidé, la tourelle située en bas des escalier du château fut couverte à la demande d'André Aubert, une partie des caves existantes furent intégrées au projet. L'immeuble n'a pas depuis la reconstruction subi de changements majeurs.

Période(s) Principale : milieu 20e siècle
Dates 1947, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lafargue Henri, architecte, attribution par source
Personnalité : Damon, propriétaire, attribution par source

L'immeuble fait partie d'un groupe de trois immeubles reconstruits appelés "îlot N". Il est implanté rue Saint-Martin, en bas des grands-degrés du Château. Sa forme irrégulière fut dictée par celle de sa parcelle qui reprend quasiment celle de l'immeuble sinistré. Aussi sa façade accompagne-t-elle la courbe du bas des grands degrés du château puis prend l'alignement de la rue Saint-Martin. Il en résulte une façade en deux parties qui produit l'impression visuelle trompeuse de deux immeubles. En outre, un important niveau de soubassement rattrape la différence de niveau entre la rue et les degrés du château. La façade que l'immeuble présente sur la rue se caractérise néanmoins par une grande sobriété : l'adoption d'un vocabulaire classique très simplifié avec des encadrements de baies en pierre se détachant sur un enduit légèrement plus foncé, des chaînes d'angle droites, une porte cochère en plein cintre. La variété et l'irrégularité semblent cependant recherchées, dans la disposition et la taille des baies par exemple : elles sont fenêtres ou portes-fenêtres, parfois jumelées, comportant deux ou trois vantaux, tronquées au-dessus de la porte cochère.... L'immeuble abrite aujourd'hui une boutique et des garages dans les étages de soubassement, et des bureaux et quatre appartements au rez-de-chaussée et dans les deux étages carrés. L'asymétrie et l'irrégularité de la façade sont à l'image des aménagements intérieurs qui, à la différence de ceux de nombreux immeubles reconstruits à Blois, ne semblent pas l'avoir été ex-nihilo, mais paraissent au contraire contraints par des aménagements antérieurs. On accède à l'immeuble par une large porte cochère en plein cintre et une porte de garage, tous deux situés dans le niveau de soubassement. Les espaces communs intérieurs sont d'une grande qualité. L'escalier de distribution est en béton armé, tournant, suspendu, et ses marches droites ou gironnées sont plaquées en pierre. Il est largement éclairé par une baie toute hauteur en pavés de verre. Son garde-corps en béton est également ajourés de pavés de verre.

Murs enduit
pierre de taille
maçonnerie
Toit ardoise
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • Henri Lafargue

    Fils de l'architecte blésois Arsène Lafargue, il étudia à l'école des beaux-arts, d'où il sortit diplômé par le gouvernement.

    Il s'installa ensuite à Blois, place du Château, et commença une double carrière d'architecte des monuments historiques et d'architecte décorateur. Il se spécialisa alors dans la restauration et la décoration de châteaux du Moyen-Age, de la Renaissance et de l'époque moderne à des fins de villégiature pour une clientèle fortunée. A la fin des années trente, il avait ainsi restauré et modernisé le château de Candé à Monts en Indre-et-Loire, reconstruit et transformé le Château de Guérinet dans le Puy-de-Dôme, restauré les châteaux de Trélague, en Saône-et-Loire, et de Mainsat, dans la Creuse. Il avait également collaboré avec l'architecte-paysagiste Albert Laprade pour la restauration de la maison de villégiature du Coudray-Montpensier à Seuilly, en Indre-et-Loire, à la demande de l'avionneur Pierre-Georges Latécoère (ISMH, 1999). Il avait enfin exercé ses compétences de décorateur dans les châteaux de Josselin et de Rosanbo en Bretagne. A Blois, plus spécifiquement, il avait construit un pensionnat de jeunes filles pour l'institution Sainte-Geneviève ainsi que la Caisse d'Epargne, située sur les quais.

    Il s'engagea dans la réflexion sur la reconstruction de Blois en collaborant avec Paul Robert-Houdin à l'élaboration d'un plan dès l'été 1940. Quand l'urbaniste Charles Nicod fut finalement nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, il participa aux débats que suscita sa proposition de plan. Ainsi, dès l'été 1941, s'exprima-t-il défavorablement à l'idée de ne pas reconstruire le côté sud de la place du Château.

    Après la Libération, Henri Lafargue se vit attribuer la reconstruction d'immeubles et de maisons dans les îlots D, E, F, H, N, U et Y. Leur comparaison montre qu'il sut s'adapter à leur contexte d'implantation et adopter des lignes plus ou moins traditionnelles ou modernes. Certaines de ses réalisations sont résolument historicistes ou pour le moins clairement ordonnées à la bonne intégration de l'architecture nouvelle aux quartiers anciens épargnés. C'est le cas notamment des immeubles de l'îlot N, reconstruits à l'emplacement de l'hôtel Hurault-de-Cheverny endommagé en 1940, aux pieds des grands degrés du Château. En revanche, les immeubles qu'il construisit hors de la zone archéologique, dans les îlots U et Y notamment, se caractérisent par des lignes sobres et modernes d'une grande qualité d'exécution et des plans complexes et originaux organisés par la recherche d'aération et de luminosité.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 44. Blois, Reconstruction, travaux : correspondance, photographies et plans. 1946-59.

  • AD Loir-et-Cher. Série RV : RV 2940. Dossier de sinistré : HX - 1391 Z. Immeuble sinistré de Maître Jacques Damon, rue Saint-Martin. 1943-1960.

Documents figurés
  • Photog., n. et b., 11 x 6,8 cm. Auteur inconnu. (Archives départementales de Loir-et-Cher, Blois, 1195 W 44 ; 3 Fi 6465). (cf. illustration n° IVR24_20104100967NUC2A).

Bibliographie
  • COSPEREC, Annie. Blois : la forme d'une ville. Paris : Imprimerie nationale, 1994. (Cahiers du patrimoine, 35).

  • BELLENGER, S. (dir.), GUIGNARD, B., DUSSEAUX, S. Cimetière Saint-Saturnin. Catalogue des collections lapidaires, 1995-2000

    p. 56-63.

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