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Immeuble (45 rue des Carmes)

Dossier IA45001399 inclus dans Rue des Carmes réalisé en 2006

Fiche

  • Vue générale.
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  • Parties constituantes

    • immeuble à logements
    • boutique
Parties constituantes non étudiées immeuble à logements, boutique
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Commune d'Orléans - Orléans-Carmes
Adresse Commune : Orléans
Adresse : 45 rue des Carmes

Il s'agit du dernier immeuble de la série de six lotis par l'architecte et promoteur Benoît Lebrun en 1794 à l'emplacement de l'ancien couvent des Carmes, dont les terrains et les bâtiments furent vendus en 1791. Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont détruit les quatre premiers lots et celui correspondant au numéro 43 fut tellement sinistré qu'une destruction totale s'imposa. La façade du 45 a subi quelques modifications superficielles au 19e siècle. Il s'agit du dernier édifice intégralement conservé de Lebrun. Du théâtre de la place de l'Étape, son œuvre capitale, il ne reste plus aujourd'hui que la façade fortement remaniée. La façade du 45 est une des rares de la rue à n'avoir pas été touchée par l'opération d'alignement planifiée en 1813.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Dates 1794, daté par source
Auteur(s) Auteur : Benoît Lebrun, architecte, attribution par source

Voici la description succincte que fait Louis Guillaume du lotissement auquel appartient le numéro 45 : "Ces façades, très élevées pour l'époque, brillaient surtout par leur simplicité ; à par les balustres de pierre des appuis de fenêtres, qui jetaient dans l'ensemble une note un peu gaie, les pieds droits et lancis des ouvertures, en pierre unie, en formaient toute l'ornementation." (Louis Guillaume, "Benoist Lebrun, architecte à Orléans, 1754 - 1829", Orléans, Imprimerie Auguste GOUT et Compagnie, 1907, p. 8)

L'élévation générale proposait une symétrie axiale rigoureuse pour un bâtiment composé de deux travées et de trois étages carrés dont les trois baies rectangulaires sont de hauteur décroissante en fonction des niveaux. Le niveau du rez-de-chaussé, traité en soubassement est en pierre de taille (calcaire de Beauce), particulièrement visible dans l'escalier qui descend à la cave ; le premier niveau présentait un appareillage de pierre pour l'angle et en brique et pierre pour les trumeaux ; les deuxième et troisième niveaux présentaient un aspect lissé. Chaque niveau était séparé par une série de trois bandeaux décroissants. L'élévation était couronnée par un entablement classique avec architrave, frise vierge et corniche, puis par un comble sous un toit à longs pans recouvert d'ardoise. Au premier niveau les ouvertures étaient encadrées d'un chaînage de pierre harpée, elles recevaient un balconnet de pierre avec balustres ; aux deuxième et troisième niveaux, un seuil en pierre décoré à son extrémité de consoles en forme de dé à bossage en pointe-de-diamant.

L'élévation propose aujourd'hui un visage simplifié. L'entrée rectangulaire de gauche a été dissociée en deux portes séparées par un pilier central, l'une donnant accès à une boutique avec enseigne et devanture - une agence immobilière, l'autre (celle de gauche) aux parties privatives, par une porte piétonne en bois avec imposte. L'ornementation a presque disparu : l'intégralité de la paroi présente un aspect cimenté lissé jusqu'à la corniche, en plâtre, elle aussi retouchée et simplifiée. Le chaînage de pierre a été conservé mais édulcoré (disparition des claveaux, redéfinition du chaînage) et recouvert d'enduit plâtreux au premier niveau ; il apparaît en revanche aux étages suivants, calqué sur celui du premier étage. Absent dans le bâtiment initial, il n'a aucune fonction architectonique : sa visée est décorative. Les fenêtres du deuxième étage carré se sont vues doter d'un balconnet en fer au 19e siècle. Les consoles en forme de dés ont quant à elles disparu. L'appareillage du soubassement a seul conservé son intégrité, avec une taille de pierre en bouchardage et ciselure relevée.

À l'intérieur, l'escalier en bois rampe sur rampe avec balustres tournées reprend un type couramment utilisé au siècle précédent (le XVIIe). L'aspect rustique et solide de la menuiserie est adouci par un fin travail de ciselure de la main courante ainsi que par un jeu de courbe et contre courbe de la rampe d'un palier à l'autre, alternativement concave et convexe. Le badigeon gâte malheureusement la lecture et l'appréciation de l'ensemble, dont on peut avoir un aperçu restitué au dernier étage, dans un appartement privatif : au sol, parquet, au plafond, poutre et solives qui conservent la marque de l'architecte "LB", volets intérieurs. La charpente à chevrons portant fermes n'est plus lisible aujourd'hui. Le sol du comble était carrelé en tommette carrée. Si les matériaux ont subsisté, la disposition originale du pavage n'est plus visible aujourd'hui.

Chaque immeuble loti possédait une cave. L'exemple préservé du 45 montre un accès par un escalier droit en pierre de taille, menant à un espace composé de deux salles voûtées en berceau plein cintre avec des murs en brique et moellons recouverts d'un enduit cimenté, qui occupe la largeur de la parcelle.

Murs brique
enduit
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 3 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Typologies Immeuble à logements avec commerce.
Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH, 2013/03/18
Précisions sur la protection

L'immeuble en totalité (cad. AZ 145) : inscription par arrêté du 18 mars 2013.

Références documentaires

Bibliographie
  • GUILLAUME, Louis. Benoist Lebrun, architecte à Orléans, 1754-1819. Orléans : imprimerie Auguste Gout et cie, 1907.

Liens web

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