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Immeuble (6 rue des Orfèvres)

Dossier IA41000729 inclus dans Îlot H réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées boutique
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : 6 rue des Orfèvres
Cadastre : 1980 DN 320

L'immeuble du 6 rue des Orfèvres fut reconstruit à partir de 1952 pour les établissements Rousset sur les plans du cabinet René Erre et Lucien Joubert. Les établissements Rousset, fabricants de chaussures, étaient après-guerre sinistrés sur leurs trois sites. Leurs deux usines avaient été diversement touchées en juin 1940 : celle de la rue de la Chaîne avait été détruite puis pillée, tandis que celle de l'avenue Victor-Hugo n'avait été que partiellement sinistrée. Leur site de vente, situé rue du Commerce (10 et 12) et rue des Orfèvres (2 et 4), avait totalement disparu au cours des bombardements de l'été 1940. Après la guerre, les établissements choisirent de consacrer leurs dommages de guerre au rétablissement de l'activité sur le site Victor-Hugo et à la reconstruction de l'immeuble et du magasin de vente, le site de la rue de la Chaîne étant abandonné et exproprié. René Erre qui avait été dans l'entre-deux-guerres, l'architecte des usines de chaussures Rousset et de leur magasin, fut naturellement sollicité pour la reconstruction de l'immeuble Rousset. L'architecte Lucien Joubert prit sa suite après son décès au début des années cinquante. Les travaux commencés en 1952 étaient en cours de finition à l'été 1954 : l'escalier était en voie de terminaison. L'aménagement intérieur était retardé par les exigences changeantes des locataires. Le propriétaire n'ayant pas encore déterminé le nombre et l'aménagement des boutiques du rez-de-chaussée, cet aménagement était alors interrompu. Aujourd'hui, la maison Rousset a fermé. Le rez-de-chaussée est cependant encore occupé par une boutique de chaussures tandis que les étages sont dévolus au logement et à des cabinets médicaux.

Période(s) Principale : milieu 20e siècle
Dates 1952, daté par source
Auteur(s) Auteur : Erre René, architecte, attribution par source
Auteur : Joubert Lucien, architecte, attribution par source
Personnalité : Rousset, propriétaire, attribution par source

L'immeuble du 6 rue des Orfèvres, dit immeuble Rousset, est situé en angle d'îlot, au croisement de la rue des Orfèvres et de la rue du Commerce. Il s'agit d'un immeuble de taille importante relativement aux autres immeubles de la reconstruction blésoise. Outre sa parcelle relativement grande, il comprend quatre niveaux habitables au-dessus du rez-de-chaussée : deux étages carrés, un étage attique et un étage de comble. L'ajout d'un étage attique, moins haut que les étages carrés et en retrait, est sans doute ce qui a permis à ses concepteurs de déroger aux servitudes du secteur qui imposait un maximum de deux étages carrés et un étage de comble. Sa haute et large façade se déploie avec monumentalité sur la placette qui a été dégagée au croisement des rues des Orfèvres et du Commerce. Il fait partie des rares immeubles dont la façade fut intégralement construite en pierre de taille - à l'exception de ceux inscrits dans des ordonnances. Cette façade est de plus dynamisée par de longues horizontales, constituées par l'alignement des fenêtres à guillotine (les seules de la reconstruction blésoise) et leur encadrement en béton moulé formant des bandeaux, ou encore à l'étage attique, par le garde-corps en béton de la terrasse. L'architecte a apporté un soin tout particulier au traitement de l'angle en articulant un double ressaut mettant en exergue les quatre travées de l'angle arrondi. Ces quatre travées sont par ailleurs soulignées par de grandes baies et un balcon filant. La forme arrondie des lucarnes attiques achève la composition originale de cette façade. Par son matériau de construction, son gabarit, ses lignes de fuite et sa singularité, cet immeuble s'impose donc avec force sur la placette. Il se démarque aussi par l'intelligence de ses dispositions et la qualité de ses finitions, de son second-œuvre. On accède au hall d'entrée à partir d'un porche dans-œuvre, qui permet astucieusement d'ouvrir une vitrine sur un troisième côté du magasin. La poignée de la porte d'entrée prend la forme d'un R stylisé, faisant référence à l'initiale du commanditaire de l'immeuble. On retrouve ce motif au pied de la rampe de l'escalier. Celui-ci demi-hors-œuvre, en béton avec placage de pierre, est éclairé par un mur concave en pavés de verre. Les distributions sont donc organisées dans des espaces lumineux et leur mobilier en dépit de leur grande simplicité est élégamment dessiné. L'immeuble est encore occupé au rez-de-chaussée par un magasin de chaussures. Les étages abritent le cabinet d'un médecin et des logements.

Murs enduit
béton armé
pierre de taille
maçonnerie
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage-attique, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • Lucien Joubert (1909-1977)

    Architecte DPLG, il reprit le cabinet de René Erre à son décès au début des années cinquante, poursuivant les chantiers de reconstruction engagés par l'agence dans Blois.

    Dans ce contexte, il devint un des architectes marquants de la reconstruction blésoise. On lui doit un très grand nombre d'immeubles reconstruits. Il en conçut des séquences entières dans les îlots C, G, K, J, H, Q et S. Il fut également à l'origine des plans d'équipements comme la piscine du quai Saint-Jean à laquelle il travailla avec André Aubert, et le Cinéma Palace, implanté au coeur de l'îlot K.

    Il continua par la suite de travailler à la construction de logements notamment en tant qu'architecte de la coopérative HLM.

    Il fut également très actif dans les réalisations de la municipalité des années soixante en tant qu'adjoint au maire de Blois, chargé des travaux de 1959 à 1971.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/28. Reconstruction. Retards dans Reconstruction.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/13. Reconstruction de Blois. Affaires diverses. 1949-55.

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