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Immeuble de norme HLM en R+4 (ensemble de 8)

Dossier IA37004647 inclus dans Immeubles des troisième et quatrième tranches du Sanitas (ensemble de 12) réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Quelques repères historiques

Le report sine die du déplacement de la gare de Tours est décidé par Jean Royer à l'automne 1959, quelques mois seulement après son élection à la tête de la mairie. Cette décision entraîna la réévaluation de l'utilisation des espaces interstitiels, localisés entre les voies ferrées et les tranches de logements déjà en cours de réalisation dans le secteur urbain concerté du Sanitas. La nouvelle politique de la municipalité était, à défaut de pouvoir déplacer la gare, de regrouper les voies ferrées afin de rendre ces espaces utilisables par l'Office HLM pour la construction de nouveaux immeubles d'habitation.

Plan de situation.Plan de situation.

Le déplacement de la ligne de Tours à Nantes autorisait la récupération d'un terrain triangulaire de près de deux hectares, à l'est des bâtiments M et N, permettant ainsi de compléter ce dernier. Le terrain restant, qui était dans le plan-masse d'origine destiné à un vaste jardin, fut remis à l'étude afin d'accueillir cinq petits bâtiments, numérotés 21 à 25, totalisant 150 logements. La réalisation, à l'ouest du quartier, des bâtiments 19 et 20 étant alors bloquée en l'attente du déménagement des établissements Billard, l'Office décida de leur substituer, au titre de la troisième tranche de réalisation du Sanitas, les immeubles 21 à 25 et la troisième section du bâtiment N. L'ensemble vit son permis de construire accordé le 17 décembre 1964, le chantier s'achevant en 1966. Aucune évolution sensible n'est depuis intervenue.

Le déplacement de la ligne de Tours à Nantes venait clore la récupération des terrains de la SNCF par l'Office HLM. Deux emprises restaient encore immédiatement utilisables pour la construction, une fois la troisième tranche lancée. Une quatrième tranche fut ainsi mise à l'étude courant 1965 : outre les bâtiments 19 et 20 déjà cités, elle comprenait deux nouveaux immeubles, numérotés 11 et 26, et conçus sur le même modèle que les bâtiments 21 à 25. Leur permis de construire fut accordé par arrêté préfectoral du 2 septembre 1965, les bâtiments 11 et 26 étant achevés en 1968, sans connaître de modification notable depuis lors.

Une esthétique nouvelle

Le lancement des études de la troisième tranche du Sanitas, établie de part et d'autre de l'avenue du Général-de-Gaulle, marque l'avènement d'une nouvelle esthétique pour les bâtiments d'habitation, permettant ainsi une différenciation aisée avec les immeubles construits sous la municipalité de Marcel Tribut. Reprenant, parfois à l'identique, les principes élaborés dans le même temps à Sarcelles, Jacques Henri-Labourdette renonce à l'emploi de la pierre de taille, trop coûteuse, au profit d'une utilisation plus importante du grès cérame. Ce matériau décoratif constitue, dans les bâtiments en R+4 (quatre niveaux au-dessus du rez-de-chaussée) de la troisième et de la quatrième tranche, le parement des murs pignons et des allèges des baies.

Vue des bâtiments 24 et 25.Vue des bâtiments 24 et 25.

L'ossature porteuse est formée par des dalles en béton reposant sur des murs de refend de quinze centimètres d'épaisseur. Les façades sont non porteuses, excepté au droit des cages d'escalier. Chaque bâtiment est formé par la répétition, de deux (bâtiment 24) à cinq (bâtiment 26) reprises, d'un module constitué d'une cage d'escalier desservant deux logements par palier. Les façades du rez-de-chaussée, encadrant le hall d'entrée, sont constituées de baies filantes, pourvues de persiennes, reposant sur des allèges décorées de carreaux de grès cérame. Leur teinte permet de distinguer les tranches : dominante vert pour la troisième, brun pour la quatrième. Aux quatre niveaux d'étages, le hall d'entrée est surmonté de deux trumeaux porteurs parés de grès cérame, encadrant un balcon, dont c'est au Sanitas la première apparition. Ce balcon est remplacé, au premier étage, par une porte fenêtre permettant d'éviter les intrusions. Les mêmes baies qu'en rez-de-chaussée se retrouvent de part et d'autre des trumeaux, les allèges en grès cérame étant symétriquement interrompues par une petite porte-fenêtre.

Les façades arrières reprennent la même typologie en la simplifiant encore : un trumeau unique au droit de la cage d'escalier dissimule les séchoirs. De part et d'autre, les fenêtres filantes et les allèges forment une surface plane seulement interrompues par les joints de dilatation séparant les différentes cages d'escalier. Les pignons sont en grande majorité aveugles, excepté sur les bâtiments 22 et 24 où ils sont intégralement ouverts par des balcons filants présents sur les quatre niveaux d'élévation. Ces deux bâtiments comprennent en outre, entre le premier et le troisième étage, des extensions en porte-à-faux rejoignant les bâtiments adjacents, créant des porches au-dessus de l'espace public et ajoutant une chambre supplémentaires aux logements en pignon. Les corniches, enfin, forment une saillie de près d'un mètre par rapport à la façade, dissimulant les cheminées de la vue depuis le sol. Elles font écho aux auvents des halls d'entrées, en porte-à-faux, qui contribuent à briser avec les décrochements des balcons la remarquable planéité des façades.

Le plan intérieur, qui sera perpétué jusqu'à l'opération Pasteur, privilégie les logements de grandes dimensions. Cuisines et séchoirs sont systématiquement en façade arrière, et les séjours en façade avant. La cage d'escalier, en cœur de construction, est contiguë à la chambre supplémentaire du plus grand des deux logements, qui s'ouvre sur l'extérieur par un balcon à partir du deuxième étage. La dimension minimale des chambres s'améliore par rapport aux deux premières tranches du Sanitas, aucune n'offrant une surface inférieure à 9m². 24 cages d'escalier seront construites dans 7 bâtiments respectant ce modèle, soit 240 logements, le bâtiment 17, faisant l'objet d'une notice par ailleurs et intégrant un centre commercial, n'étant pas compté mais se basant sur le même principe constructif.

Appellations immeuble de norme HLM en R+4
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction - Tours-Sud
Adresse Commune : Tours
Lieu-dit : Quartier du Sanitas
Adresse : rue Louis-Mirault , rue Marcel-Thomas-Lavollée , place Meffre , rue Nioche

A l'automne 1959, suite à l'abandon du projet de déplacement de la gare de Tours, la municipalité décida d'une nouvelle politique qui visait à regrouper les voies ferrées afin de disposer de nouveaux terrains à bâtir. Suite au déplacement de la ligne Tours-Nantes, un espace triangulaire de deux hectares fut dégagé à l'est du quartier et permit de construire cinq immeubles (numérotés 21 à 25), soit 150 logements. Des sections supplémentaires furent également ajoutées au sud de l'immeuble N, donnant sur la place Anne-de-Bretagne. Les travaux furent achevés en 1966. Deux immeubles de norme HLM en R+4 (quatre niveaux au-dessus du rez-de-chaussée) furent également édifiés dans le cadre de la quatrième tranche du Sanitas au sud de l'avenue du Général-de-Gaulle et livrés en 1968 : les bâtiments 11 et 26. Enfin, l'immeuble 17 (1966) appartient à cette catégorie d'édifices. Il a toutefois la spécificité d'accueillir des commerces en rez-de-chaussée.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1965, daté par source
1967, daté par source
1966, daté par source
Auteur(s) Auteur : Henri-Labourdette Jacques, architecte, attribution par source
Personnalité : Ville de Tours, OPMHLM, commanditaire, attribution par source
Auteur : Labadie Pierre, architecte, attribution par source

Les immeubles en R+4 des troisième et quatrième tranches du Sanitas sont constitués d'une ossature porteuse formée de dalles de béton reposant sur des murs de refend. Les bâtiments sont constitués de deux ou cinq modules comprenant une cage d'escalier desservant deux logements par palier. Ils sont décorés de grès cérame utilisé au niveau des murs pignons et des allèges de baies. Des balcons viennent également rythmer les façades, tandis que les corniches en porte-à-faux entrent en résonance avec les auvents des halls d'entrée.

Murs béton
Toit béton en couverture
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 4 étages carrés
Couvertures terrasse
Escaliers escalier intérieur : escalier droit
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Tours. Série W : cote 999 W 97. Permis de construire de la troisième tranche (bâtiments N bis, 17 à 20 et U).

  • Archives communales de Tours. Série W : cote 999 W 98. Permis de construire de la troisième tranche (bâtiments N ter et 21 à 25).

  • Archives communales de Tours. Série W : cote 999 W 101. Troisième tranche : avant-projets, plans, correspondances.

  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 117. Permis de construire de la quatrième tranche (bâtiments 1 ter, 11, 19, 20 et 26).

Documents figurés
  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 98). (cf. illustration n° IVR24_20113701177NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 98). (cf. illustration n° IVR24_20113701176NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 98). (cf. illustration n° IVR24_20113701175NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 98). (cf. illustration n° IVR24_20113701008NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 98). (cf. illustration n° IVR24_20113701010NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 98). (cf. illustration n° IVR24_20113701007NUC2A).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Massire Hugo