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Immeubles des première et deuxième tranches du Sanitas (ensemble de 33)

Dossier IA37004641 inclus dans Secteur urbain concerté du Sanitas réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Lourdement touchées par les bombardements alliés de 1943-1944, les infrastructures ferroviaires de Tours firent l'objet, à la Libération, d'un vaste plan. Celui-ci visait à la réalisation d'un quartier neuf à leur emplacement, centré autour d'une nouvelle gare située un kilomètre plus au sud que l'existante. Baptisé Plan Dorian, du nom de l'urbaniste en charge de son étude, ce projet fut reporté sine die à partir de 1947.

Vue du site de construction du secteur industrialisé - 1954. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série Fi, cote 102Fi22).Vue du site de construction du secteur industrialisé - 1954. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série Fi, cote 102Fi22).

Lancement du secteur industrialisé de Tours

Néanmoins, ce report ne signifia pas pour autant le maintien en l'état des emprises ferroviaires. La SNCF engagea la première le transfert complet de ses ateliers de maintenance du matériel à Saint-Pierre-des-Corps, où se trouvaient déjà l'ensemble de son activité de triage des wagons de marchandises. Seules étaient conservées à Tours les installations (voies, gare, transformateurs, postes d'aiguillages, etc.) indispensables au transport des voyageurs. Huit hectares et demi seront libérés par la SNCF, constituant la première des trois zones devant être progressivement cédées à la Ville et au ministère de la Reconstruction. Les trois parties ne s'accordèrent que difficilement quant au prix des terrains, le protocole réglant la cession n'étant signée que le 1er mars 1954, après plusieurs années de tractations. La Ville, dans l'expectative, n'avait fait réaliser aucun projet d'urbanisme de la zone depuis 1949, faute de lisibilité sur la question du déplacement de la gare de Tours, qui devait dicter les caractéristiques générales du plan. La question foncière étant réglée, le ministre Maurice Lemaire affirma vouloir réaliser à Tours un programme de 600 logements, financé dans le cadre du programme national des secteurs industrialisés.

Ce programme à vocation expérimentale visait à réaliser sur l'ensemble du territoire français des opérations de logements collectifs suivant différents procédés, permettant d'amorcer la résorption de la crise du logement une fois terminées les opérations de reconstruction. La raison d'être des secteurs industrialisés, initiés en 1951, consistait en plusieurs objectifs induits par l'augmentation de la taille des opérations, depuis les 800 logements du concours de la cité Rotterdam, à Strasbourg, en 1951. Les économies d'échelles créées par le facteur quantitatif devaient permettre un abaissement du coût de la construction, accru par la production industrielle d'éléments de second œuvre dont l'emploi sera commun aux différentes opérations. Le ministère souhaitait en outre, en différenciant les procédés constructifs, tester comparativement leur capacité à répondre aux impératifs économiques et temporels, selon notamment le degré de préfabrication des éléments de gros œuvre. Les secteurs industrialisés constituaient donc des opérations pilotes, devant distinguer les procédés constructifs les plus performants pouvant être utilisés sur le long terme. Le ministère désirait enfin tester la capacité des bureaux d'études techniques (BET) à compléter les agences d'architectes dans la réalisation des études de détail ; ce fut, à Tours, le cas du BECIB (Bureau d'Études de Coordination et d'Industrialisation du Bâtiment).

Plan-masse général du secteur industrialisé - 11 janvier 1955. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1).Plan-masse général du secteur industrialisé - 11 janvier 1955. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1).L'attribution par le ministère de crédits pour 600 logements - somme à l'époque considérable - et le règlement des frais d'études afférents s'accompagnait toutefois d'une contrepartie, la Ville étant invitée à suivre le nom proposé pour l'architecte en chef. Jacques Henri-Labourdette, jeune architecte parisien de 39 ans, fut retenu en juillet 1954. Sa principale réalisation était alors la reconstruction de l'entrée sud de Beauvais. Cette décision ministérielle causa une vive réaction de la part de certains élus tourangeaux, mécontents de ne pas voir des architectes locaux diriger l'opération. Les polémiques de la Reconstruction, où les décisions parisiennes s'imposèrent face aux désirs municipaux, furent ici ravivées. Un compromis put finalement être trouvé, les tourangeaux Pierre Boille et Pierre Labadie étant désignés architectes d'opération par l'Office HLM, maître d'ouvrage de l'opération.

L'étude de plan-masse fut menée par Henri-Labourdette à l'automne 1954, l'office HLM n'étant pas informé de son avancement. La surprise fut donc totale, le 24 janvier 1955, lors de la présentation du projet aux membres du Conseil d'administration de la Ville. La municipalité attendait une étude restreinte au périmètre de la zone I devant accueillir les 600 logements, or Henri-Labourdette présenta une étude visant à l'occupation de l'ensemble des emprises ferroviaires devant à terme être dégagées par le déplacement de la gare de Tours, soit 5180 logements. La Ville s'estima d'autant plus lésée que le modèle urbanistique retenu par Henri-Labourdette, employant des tours et des barres, laissa aux élus une fausse impression de faible densité et d'espaces libres jugés perdus. Rassurés par Henri-Labourdette, les conseillers municipaux cédèrent rapidement, convaincus que la première nécessité était la construction rapide de logements sociaux, quelle qu'en fut la forme ou l'auteur.

La mise en chantier retardée de la première tranche de 811 logements

Plan-masse de la première tranche - 15 juillet 1955. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1).Plan-masse de la première tranche - 15 juillet 1955. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1).Le planning prévu fut toutefois largement dépassé, les plans des immeubles étant toujours en cours d'étude en juillet 1955, date devant, au lancement de l'opération, marquer le début du chantier. Les études se poursuivirent encore plusieurs mois, le permis de construire n'étant finalement délivré qu'au mois d'avril 1956, avec près d'un an de retard. Le projet définitif se démarquait des réalisations contemporaines par plusieurs singularités. L'emploi de la pierre de taille porteuse, matériau coûteux, permettait de pallier aux pénuries de béton, de parpaings et d'acier utilisés dans les autres secteurs industrialisés. La distribution des appartements aux normes HLM par des couloirs ajourés (dénommés "coursives"), rejetés sur l'un des côtés du bâtiment, constituait également un caractère peu courant parmi les constructions de l'époque. Jacques Henri-Labourdette reprenait à Tours une solution déjà développée par son maître Eugène Beaudouin à la cité Rotterdam à Strasbourg, cinq ans auparavant. Cette opération alsacienne de 800 logements, comparable à la première tranche du secteur industrialisé du Sanitas, marqua le point de départ de la politique étatique des grands ensembles.

Malgré la bonne nouvelle apportée par l'achèvement des études, l'hiver 1955 avait été marqué par une controverse relative aux attributions des architectes. Pierre Boille et Pierre Labadie, bien que désignés par l'Office HLM comme architectes d'opération, furent amenés à passer un contrat avec Jacques Henri-Labourdette, dont ils devinrent les employés et non plus les collègues. Ils ne furent dès lors plus impliqués dans les études du secteur industrialisé, leurs attributions se limitant au contrôle du chantier, entraînant une diminution de leurs honoraires. Refusant cet état de fait, Pierre Boille démissionna le 2 février 1956, laissant Pierre Labadie seul adjoint de Henri-Labourdette. L'affaire marqua durablement les élus tourangeaux, estimant que les intérêts locaux avaient été une nouvelle fois bafoués. Élu en mars 1959, le maire Jean Royer écarta ainsi d'emblée Jacques Henri-Labourdette de l'opération d'aménagement de la vallée du Cher, qu'il confia aux tourangeaux Pierre Boille et Joël Hardion.

Les difficultés se poursuivirent à l'été 1956, les tractations avec les entrepreneurs, dans le cadre du concours pour la construction de la première tranche - portée à 811 logements - ne permettant pas de rester en-deçà des prix-plafonds imposés par le ministère. La construction ne pouvant être lancée en cas de dépassement des prix, le jury déclara finalement le concours infructueux le 22 octobre 1956. Henri-Labourdette, vivement mis en cause par la municipalité, réétudia son projet afin de diminuer son coût. Un nouvel appel d'offres put ainsi être lancé au printemps 1957, les marchés des différents lots étant signés à l'automne. Les travaux de voiries et réseaux divers (VRD), exécutés par la ville de Tours sur les emprises ferroviaires libérées, étaient alors déjà achevés.

La construction des 811 logements débuta en février 1958, la première pierre n'étant toutefois officiellement posée que le 29 juin par Michel Debré, alors Garde des Sceaux. Les deux premiers bâtiments, dénommés M et N, furent livrés en janvier 1959 avec une avance de deux mois sur le planning. Les derniers, les bâtiments B et C, furent achevés seulement un an plus tard.

Plan-masse général du secteur industrialisé - 6 octobre 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1).Plan-masse général du secteur industrialisé - 6 octobre 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1).

Le programme des 811 logements fut tardivement complété par la réalisation d'un centre commercial. Non prévu dans les premiers plans du secteur industrialisé, ce centre ne fut intégré par Jacques Henri-Labourdette que courant 1958, à la demande de Marcel Tribut. Le maire de Tours, refusant de laisser sans commerces un quartier neuf devant compter, à court terme, plus de 2 000 logements, acta sa réalisation face au Palais des Sports, au cœur de la première tranche. Cette situation stratégique, au croisement de l'axe nord-sud et de la voie devant relier l'avenue de Grammont au quartier Velpeau, lui offrait un rayonnement dépassant le seul secteur industrialisé. Les études confiées, sous la direction de Henri-Labourdette, à Pierre Labadie et Maurice Poussard, aboutirent à un projet pour 16 commerces, tous de plain-pied, groupés autour d'une allée centrale arborée et protégée par des auvents. Le modèle employé constituait alors une reprise directe des centres alors réalisés à Sarcelles. Un supermarché complétait enfin l'ensemble sur son côté est. Le centre commercial n°1 ouvrit ses portes en 1961.

Plan au sol du centre commercial - 3 mars 1960. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 129).Plan au sol du centre commercial - 3 mars 1960. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 129).

Lancement d'une seconde tranche de 1279 logements

Le ministère de la Construction avait entretemps promis, à l'été 1958, l'attribution de primes pour 800 logements, permettant de poursuivre sans discontinuité l'effort de construction. Afin d'éviter la passation coûteuse en temps et en argent d'un nouvel appel d'offre, les marchés de la première tranche furent reconduits, les bâtiments à réaliser étant identiques sur le plan constructif, à l'exception des tours en R+15 qui étaient elles de conception nouvelle.

Le nombre de logements pouvant être construits dans le cadre de la seconde tranche fut fixé, au printemps 1959, à 1279 logements, réalisables sur les crédits de financement étatiques des années 1959, 1960 et 1961. Les bâtiments à réaliser étaient répartis en trois zones : une au nord de l'avenue du Général-de-Gaulle, une au sud-ouest, de part et d'autre de l'avenue Saint-Lazare, et une au sud-ouest, près de la ligne SNCF de Bordeaux. Les cinq tours en R+15 devaient enfin scander le boulevard de Lattre-de-Tassigny sur l'intégralité de son parcours.

Plan d'implantation et de répartition de la 2e tranche - Zone nord - RdC - 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65).Plan d'implantation et de répartition de la 2e tranche - Zone nord - RdC - 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65).Plan d'implantation et de répartition de la 2e tranche - Zone ouest  - RdC - 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65).Plan d'implantation et de répartition de la 2e tranche - Zone ouest - RdC - 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65).Plan d'implantation et de répartition de la 2e tranche - Zone est  - RdC - 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65).Plan d'implantation et de répartition de la 2e tranche - Zone est - RdC - 1959. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65).

Les études, menées en quelques mois, furent achevées au printemps 1959 avec la délivrance du permis de construire le 22 avril 1959, un mois après l'élection de Jean Royer, nouveau maire de Tours. Il est à noter que la majorité des bâtiments ne possèdent pas de plans propres établis pour le permis de construire : le principe de reproductibilité des cellules et des procédés constructifs autorisa en effet une économie de temps et de moyens telle que l'établissement de quelques plans-types était suffisant pour assurer la bonne compréhension de l'ensemble des bâtiments devant être réalisés. Jean Royer, appréciant peu la dénomination de secteur industrialisé pour le nouveau quartier, décida dans le même temps de le renommer Sanitas, du nom de la seule rue passant alors au cœur des anciens ateliers ferroviaires.

Le chantier, mené par les équipes expérimentées ayant déjà œuvré sur le chantier des 811 premiers logements, fut très rapide, plusieurs bâtiments étant à nouveau achevés avant la date prévue. Le dernier bâtiment mis en service fut la tour T, au printemps 1962. 110 logements supplémentaires furent ensuite construits en 1963, grâce à un nouvel avenant au marché initial, dans les bâtiments 1bis et 12, réalisables grâce à la libération des emprises ferroviaires. Le bâtiment N, dont seule la partie nord avait été achevée en 1959, fut enfin complété en 1966, après déplacement de la ligne de Nantes, par trois cages d'escalier supplémentaires comptant 65 logements. Cette réalisation constitue une exception au sein de la troisième tranche, dont tous les autres immeubles offrent un nouveau style architectural.

Vue générale en direction du sud-est - 1962. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 531 W 31).Vue générale en direction du sud-est - 1962. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 531 W 31).

Les immeubles des deuxième et troisième tranches

Plan de situation.Plan de situation.La première et la deuxième tranche du Sanitas forment un ensemble urbain comptant 33 immeubles d'habitation, soit près de 2 200 logements, ainsi qu'une crèche, quatre écoles, dont deux maternelles (Marie-Curie et Suzanne-Kleiber) et deux primaires (Blaise-Pascal-Denis-Diderot et Claude-Bernard), ainsi qu'une centrale thermique. Les immeubles de logement se divisent en trois gabarits, R+4, R+10 et R+15, et deux normes, HLM et ECONOR, cette dernière n'existant que pour des immeubles en R+4. Les tours en R+15 (A, E, O, S et T), symboles du quartier, sont alignées suivant un axe nord-sud parallèle au boulevard de Lattre-de-Tassigny, et sont régulièrement espacées d'environ deux cents mètres. Deux barres en R+10 (D et R), respectivement au nord et au sud du triangle sus-cité, sont elles situées en cœur d'îlot. La troisième barre en R+10 (bâtiment 2) est isolée dans l'ensemble au sud-ouest du Sanitas, suivant une implantation d'axe nord-sud. Les immeubles en R+4, enfin, sont implantés à l'alignement des voies principales, ou bien en cœur d'îlot, définissant alors de petites places. Ceux répondant aux normes ECONOR sont regroupés au nord de l'ensemble principal.

La desserte des îlots s'effectue par des voies de circulation de faible largeur, amenant aux espaces de stationnement situés aux pieds des immeubles. Parmi ces derniers, certains sont percés au rez-de-chaussée de passages permettant aux piétons et aux deux-roues d'éviter d'avoir à contourner plusieurs immeubles pour rejoindre l'extérieur de l'îlot. En dépit des différences importantes de hauteur et de longueur, l'ensemble des bâtiments suit un procédé constructif similaire, marqué par l'emploi de blocs de pierre de taille porteuse pour les façades. Les parois extérieures des rez-de-chaussée font l'objet d'un traitement spécifique, étant constitué sur les bâtiments en R+4 et les R+10 de schiste ardoisier, et sur les bâtiments en R+15 de béton recevant un parement de carreaux de grès cérame. Les planchers et murs de refend sont en béton, des nez-de-dalle et des bandeaux verticaux venant souligner en façade l'ossature du bâtiment. Des loggias, présentes sur chacun des types d'immeubles, créent des rythmes de creux et de pleins sur les façades. Un jeu similaire peut être trouvé sur les immeubles HLM, où la distribution des appartements, tous traversants, s'effectue par des ''coursives'', consistant en des couloirs ajourés sur un de leurs côtés, formant ainsi des creux dans la planéité des façades. Les immeubles ECONOR, aux appartements non traversants, sont eux desservis par des escaliers intérieurs.

Évolutions depuis l'achèvement des bâtiments

A peine mis en service, les immeubles de la première tranche furent rapidement modifiés par l'adjonction de persiennes réclamées par Jean Royer, qui les généralisa à partir de la seconde tranche. Les allèges en verre armé des fenêtres, destinées à augmenter la luminosité, furent elles opacifiées dans le but de préserver l'intimité des habitants. La première rénovation lourde fut engagée en 1983 sur le bâtiment C, dans le but d'améliorer l'isolation thermique et phonique des appartements. Servant de prototype, elle fut étendue jusqu'au début des années 1990 à l'ensemble des bâtiments des première et seconde tranches.

Jean Royer, souhaitant offrir aux immeubles un caractère plus tourangeau, demanda la réalisation de surélévations à couverture en ardoise, permettant d'accueillir des logements étudiants. Six furent réalisés sur des bâtiments en R+4 bordant l'avenue du Général-de-Gaulle et le boulevard de Lattre-de-Tassigny, entre 1994 et 1997. Des halls d'entrée à accès sécurisés furent créés. Deux essais de dissimulation des cheminées et des machineries d'ascenseurs, toujours par des couronnements en ardoise, furent enfin menés à la même date sur les bâtiments R et S. La nouvelle municipalité de Jean Germain, élu en 1995, interrompit l'initiative.

Une seconde vague importante de rénovations fut menée à partir du début des années 2000, portant sur le ravalement extérieur, la modification de la distribution des logements, la mise aux normes énergétique, la création d'ascenseurs dans les immeubles en R+4 ... L'opération la plus marquante fut la démolition, en 2005, des 126 logements de la ''barre Theuriet'' (bâtiment K), et son remplacement par un jardin paysagé. La tour O, en 2010, et la barre R, en 2011, firent enfin l'objet d'une opération dite de ''résidentialisation'', marquée par la privatisation des halls d'entrée et la restructuration des abords.

Appellations immeubles des première et deuxième tranches du Sanitas
Dénominations immeuble
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction - Tours-Est ; Tours-Sud
Adresse Commune : Tours
Lieu-dit : Quartier du Sanitas

Suite aux destructions des infrastructures ferroviaires situées au sud-ouest de la gare de Tours, plusieurs hectares de terrain furent libérés par la SNCF permettant l'installation d'un nouveau quartier. Son plan fut confié à l'urbaniste Jean Dorian dans les années d'après-guerre. Le projet fut ensuite laissé en suspens jusqu'à l'été 1954 au cours duquel ce fut finalement l'architecte Jacques Henri-Labourdette qui fut chargé du plan. La maîtrise d'ouvrage était assurée par l'office HLM de la ville de Tours. Ce chantier fut inscrit dans la politique nationale des secteurs industrialisés. La première tranche (811 logements) de ce premier grand ensemble tourangeau fut lancée à l'été 1958, suivie très rapidement d'une deuxième tranche de 1 279 logements. La livraison des immeubles s'échelonna entre 1960 et 1963 pour la tranche 2 bis. Dans les années 1990, la rénovation des bâtiments des deux premières tranches du Sanitas fut entreprise.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1958, daté par source
1963, daté par source
Auteur(s) Auteur : Henri-Labourdette Jacques, architecte, attribution par source
Personnalité : Ville de Tours, OPMHLM, maître d'ouvrage, attribution par source
Auteur : Labadie Pierre, architecte, attribution par source

La première et la deuxième tranche du Sanitas sont composées de 33 immeubles, soit près de 2 200 logements. Des équipements publics (crèche, écoles maternelles et primaires) et techniques (centrale thermique) complètent l'ensemble. Ces constructions s'inscrivent, dans leur grande majorité, dans un triangle délimité par les voies ferrées à l'est et les deux voies structurantes du quartier, le boulevard de Lattre-de-Tassigny (nord-sud) et l'avenue du Général-de-Gaulle (est-ouest). Les immeubles se divisent en trois grandes catégories : ceux comprenant 4 étages au-dessus du rez-de-chaussée (R+4), ceux comprenant 10 étages au-dessus du rez-de-chaussée (R+10) et ceux comprenant 15 étages au-dessus du rez-de-chaussée (R+15). Une partie des R+4 est construite en accord avec la norme ECONOR. Tous les autres immeubles le sont en accord avec la norme HLM. Les façades de ces constructions sont constituées de pierre de taille dans les étages, tandis que les rez-de-chaussées reçoivent un traitement particulier (schiste ardoisier pour les R+4 et les R+10, béton avec parement de carreaux de grès cérame pour les R+15). Enfin, planchers et murs de refend sont en béton.

Murs ardoise
pierre de taille
béton armé
Toit béton en couverture
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 4 étages carrés, 10 étages carrés, 15 étages carrés
Couvertures terrasse
Escaliers escalier intérieur : escalier droit
Autres organes de circulations ascenseur
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal
propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Tours. Série W : 531 W 31. Vues aériennes de la construction du Sanitas.

  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 40. Première tranche des 811 logements : plans, correspondances, adjudications.

  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 43. Première tranche des 811 logements : plans, correspondances, adjudications.

  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 50. Étude du centre commercial n°1.

  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 65. Permis de construire de la deuxième tranche de 1 279 logements.

  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 66. Deuxième tranche de 1 279 logements : avant-projets, plans, correspondances.

  • Archives communales de Tours. Série W : 999 W 94. Permis de construire de la tranche II bis de 110 logements.

  • Archives communales de Tours. Série W : 1257 W 1. Négociations entre la Ville et le ministère sur la première tranche du SI, avant-projets de Labourdette, VRD, groupes scolaires, correspondances.

  • Archives communales de Tours. Série W : 1257 W 2. Études de la deuxième tranche du SI, VRD, correspondances.

  • Archives communales de Tours. Série W : 1257 W 4. Études de plan-masse du SI, VRD, correspondances.

  • Archives communales de Tours. Série W : 1257 W 7. Études de la deuxième tranche du SI.

  • Archives communales de Tours. Série AV : AV 9. Construction de 811 logements au Sanitas (film 16mm réalisé par Pierre Labadie).

  • Archives communales de Tours. Permis de construire n°55-727.

Documents figurés
  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1). (cf. illustration n° IVR24_20113701044NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 129). (cf. illustration n° IVR24_20113701028NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113700979NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113700980NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113700981NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113700982NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113700983NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1). (cf. illustration n° IVR24_20113701043NUC2A).

  • photog. n. et b. Par Arsicaud Robert (photographe). (Archives départementales d'Indre-et-Loire, section contemporaine, Chambray-lès-Tours, Série Fi, cote 5Fi-P35, 20587-21). (cf. illustration n° IVR24_20103701532NUC1A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1). (cf. illustration n° IVR24_20113701045NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1). (cf. illustration n° IVR24_20113701039NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1). (cf. illustration n° IVR24_20113701041NUC2A).

  • Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 1. (cf. illustration n° IVR24_20113701042NUC2A)

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 4). (cf. illustration n° IVR24_20113701050NUC2A).

  • Auteur inconnu. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série Fi, cote 102Fi22). (cf. illustration n° IVR24_20103701537NUC1A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 94). (cf. illustration n° IVR24_20113700990NUC2A).

  • Auteur inconnu. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série Fi, cote 102Fi22). (cf. illustration n° IVR24_20103701538NUC1A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 1257 W 4). (cf. illustration n° IVR24_20113701051NUC2A).

  • Auteur inconnu. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série Fi, cote 102Fi22). (cf. illustration n° IVR24_20103701536NUC1A).

  • Auteur inconnu. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série Fi, cote 102Fi22). (cf. illustration n° IVR24_20103701535NUC1A).

  • photog. n. et b. Par Arsicaud Robert (photographe). (Archives départementales d'Indre-et-Loire, section contemporaine, Chambray-lès-Tours, Série Fi, cote 5Fi-P35, 17956-2). (cf. illustration n° IVR24_20103701527NUC1A).

  • Auteur inconnu. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 531 W 31). (cf. illustration n° IVR24_20103701526NUC1A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113701164NUC2A).

  • Auteur inconnu. (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 531 W 31). (cf. illustration n° IVR24_20103701525NUC1A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113701168NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113701167NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113701165NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 129). (cf. illustration n° IVR24_20113701027NUC2A).

  • (Archives communales de Tours, section contemporaine, Série W, cote 999 W 65). (cf. illustration n° IVR24_20113700978NUC2A).

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