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L'habitat à Amboise aux 15e et 16e siècles

Dossier IA37004300 réalisé en 2006

Fiche

Les maisons en pan de bois

Façade du 54 place Michel Debré.Façade du 54 place Michel Debré.

La topographie variable de la ville a obligé les constructeurs à adapter chaque maison à son environnement ; ainsi les maisons ne présentent pas de plan type. Leurs façades montrent une synthèse de ces demeures affichant tout à la fois leur fonction, les moyens du commanditaire et parfois leur époque de construction. Le patrimoine architectural d'Amboise étant en partie amputé comme le prouve des cartes postales et dessins anciens, il ne demeure souvent que des fragments plus ou moins importants de la façade. Toutefois, leurs points morphologiques communs sont les suivants :

  • élévation sur 3 niveaux (rez-de-chaussée, premier étage et combles habitables),
  • encorbellement d'une vingtaine de centimètres constitué de deux sablières superposées,
  • pan-de-bois construit en grille et/ou en croix de Saint-André,
  • assemblages à tenons et mortaises,
  • couverture de tuiles plates,
  • hourdis constitué de briques ou de moellons de tuffeau,
  • dans les zones insubmersibles, les maisons sont construites sur des caves voûtées, dont certaines datent peut-être d'une époque antérieure aux XVe-XVIe siècles.

Façade du 14 rue Mirabeau, avec encorbellement sur solives débordantes.Façade du 14 rue Mirabeau, avec encorbellement sur solives débordantes.L'encorbellement restreint à une vingtaine de centimètres est caractéristique des constructions de la fin du Moyen Âge qui doivent se plier aux interdictions mises en place par les conseils de ville face aux risques d'incendie. À Amboise, en 1462, l'emploi du chaume est d'ailleurs interdit comme matériau de couverture.

Les deux sablières superposées, avec ou sans entretoise intercalée, qui forment le léger surplomb, reposent sur des poteaux corniers élargis. Dans un tel système, deux possibilités se rencontrent : ou les solives de plancher reposent sur la sablière de plancher (la plus basse), se trouvant alors perpendiculaires à la façade ; ou les solives sont parallèles à la façade, posées sur des sablières longeant les murs gouttereaux. La sablière du dessus, appelée sablière de chambrée, reçoit quant à elle toujours les colombes du pan-de-bois. La longueur moyenne des bois horizontaux employés à Amboise est de 5,6 m. Mais les écarts entre les extrêmes sont importants, la majorité des bois se situant entre 3,5 m et 4 m. La longueur des solives se situe dans cette fourchette.

Relevé de la façade du 54, place Miche Debré.Relevé de la façade du 54, place Miche Debré.Pour les façades les plus larges (à rive sur rue), la maison est recoupée en deux par une poutre perpendiculaire à la rue qui reçoit de chaque côté, les solives disposées parallèlement à la rue. La raison qui dicta le choix de l'une ou de l'autre des méthodes est économique. Le bois disponible en abondance et à moindre coût était donc issu d'arbres dont on pouvait extraire des grumes de 3,5 à 4 m de long.

Les ouvertures des maisons ont été très modifiées, surtout au rez-de-chaussée en raison de nouvelles affectations des lieux au fil des siècles. On peut observer encore à certaines adresses des dispositions traditionnelles qui devaient être celles de la majorité des boutiques. Les échoppes des marchands prenaient place dans de larges ouvertures donnant sur les pièces de plain-pied avec la rue. Ces commerçants étaient installés dans les voies les plus passantes, telle la maison du 54 place Michel Debré.

A l'étage, des baies à croisée en bois perçaient souvent symétriquement la façade. On retrouve les encoches des meneaux et traverses dans les encadrements des fenêtres, comme au 2 rue joyeuse.

La charpente du 46 place Michel Debré.La charpente du 46 place Michel Debré.Les combles sont toujours éclairés. Lorsque la maison a pignon sur rue, c'est une petite baie qui est source de lumière, le poinçon de la ferme du pignon servant de montant à la fenêtre comme au 46 place Michel Debré. Lorsque la maison est installée rive sur rue, une lucarne perce le toit. La façade du 54 place Michel Debré porte des pinacles au niveau de son comble à surcroît qui peuvent laisser imaginer, à l'instar de ce que l'on trouve dans d'autres villes construites en pan-de-bois comme Orléans, que ces pinacles encadraient une lucarne monumentale de 3 m de large simulant un pignon, alors que la lucarne actuelle ne mesure qu'un peu plus de 1 m. On comprend par cet exemple que si le confort était privilégié par le choix de faire construire une large façade, qui de fait devait être rive sur rue, le prestige d'avoir pignon sur rue était encore fort présent dans les mentalités.

Enfin, la charpente, qui n'est pas toujours visible en façade, fait partie intégrante de la structure en pan-de-bois. Le type de charpente adopté est homogène : combles à surcroît pouvant servir d'habitation et/ou de stockage, couverts de charpentes à fermes et à pannes avec poutres faîtière et sous faîtière. Le contreventement longitudinal est assuré par de simples liens.

Le pan-de-bois est une technique de construction traditionnelle et vernaculaire utilisée depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle. Sa datation est délicate en raison des savoirs-faire qui ont perduré sans réelle évolution du XVe au XIXe siècles. A l'exception de quelques rares cas, seule l'analyse stylistique peut orienter notre jugement. Le décor constitue donc notre indice premier de datation.

L'ornementation de ces façades, lorsqu'il existe, est sobre, se limitant à quelques moulures de style gothique sur les sablières. On distingue deux grands types de moulures de sablières :

  • en sifflet, comme au 66 rue de la Concorde,
  • ou constituées d'une succession de tores et de gorges d'épaisseur et de profondeur décroissante comme aux 46 et 54 place Michel Debré ou au 42 rue de la Concorde.

Les premières n'ont été rencontrées que deux fois. Les secondes, rencontrées sur deux façades conservées en l'état, sont associées à des pinacles de section carrée sculptés sur les colombes verticales du pan-de-bois. Ces mêmes pinacles devaient être assez courants ; on les retrouve en partie ou complètement bûchés sur 3 façades remaniées.

La porte à accolade du 2 rue Joyeuse.La porte à accolade du 2 rue Joyeuse.

En raison de leur utilisation intensive et de leur situation au niveau du sol de la rue, peu de portes nous sont parvenues ; l'iconographie ancienne correspond à celles qui existent encore. On rencontre des portes encadrées de simples poteaux moulurés, comme au 54 place Michel Debré, ou surmontées d'une accolade comme au 2 rue Joyeuse.

Les noyau d'escalier tore en bois des maison en pan de bois

La plupart des escaliers à vis en bois des maisons amboisiennes présentent seulement leur noyau d'escalier d'origine, les marches ayant été refaites pour des raisons d'usure. Cependant leur emplacement est originel et permet de restituer en partie la distribution de la demeure. L'intérêt que nous portons à ces noyaux vient des deux mains courantes qui y sont incrustées recouvrant à la fois un aspect pratique et un aspect décoratif. Ces onze noyaux tores se situent dans des demeures construites entièrement ou en partie en pan de bois. L'homogénéité des noyaux (14 cm de diamètre) se lit dans le choix des grumes de bois de chêne qui était coupées à cet usage. Chacune des rampes, présentent un profil pseudo-rectangulaire de 5 cm sur la face antérieure et de 3 cm de chaque côté. Les bords de chaque rampe sont recreusés de chaque côté d'une profonde et large gorge qui la font ressortir. Nous ne pouvons pas dater ces noyaux. Cependant on les rencontre couramment en Val de Loire durant les XVe et XVIe siècles. A Amboise, on les trouve en effet dans des édifices présentant les caractéristiques typologiques de cette période. Et lorsque l'édifice est trop dénaturé pour pouvoir proposer une datation, nous avons fait de choix de considérer ces noyaux comme des éléments de datation.

Les constructions en pierre de taille et/ou en brique : hôtels, manoirs

Façade sur jardin de l'Hôtel Joyeuse, 6 rue Joyeuse.Façade sur jardin de l'Hôtel Joyeuse, 6 rue Joyeuse.Le phénomène de construction des hôtels particuliers urbains a été bien étudié à Blois, ville royale succédant à Amboise dans les années 1500. Au cours du XVe siècle, émerge une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie qui s'est enrichie de son commerce. Elle désire construire, à l'image de la noblesse, de grandes demeures faisant état de sa richesse. Mais l'acquisition d'un domaine n'est pas aisée et soumise à l'appréciation royale ; il est plus facile d'acheter une, voire plusieurs, parcelles dans une ville pour implanter son hôtel. À Amboise le phénomène n'est pas flagrant et assez tardif. Cependant, une quinzaine d'édifices constituent le corpus des hôtels encore existants. L'ignorance du nom des commanditaires de ces édifices manque cruellement à leur compréhension.

Les manoirs situés à proximité du bourg relèvent également d'un mouvement bien connu des historiens de l'architecture, qui se développa entre 1470 et 1550 environ. Durant cette période, on observe surtout au sein de la noblesse la plus élevée, un regain d'intérêt pour la vie à la campagne. Encore une fois, l'ignorance du nom du commanditaire ou du propriétaire des lieux limite notre analyse.

Enfin, les édifices religieux et les édifices publics de la ville s'apparentent aux hôtels et manoirs par leurs qualités constructives.

Tous ces édifices sont de dimensions et de superficie variables, allant de 100 m² à 200 m² au sol. En revanche ils sont tous placés en périphérie de l'enceinte, à l'intérieur et à l'extérieur de celle-ci. Les hôtels se sont certainement implantés dans les zones où le bâti était le moins dense. Ce qui tendrait à dire, toutes réserves gardées, que les plus éloignés du centre ville ont été édifiés plus tardivement. La tendance se vérifie en effet pour la plupart d'entre eux ; en revanche les manoirs - identifiables à leurs fonctions agricoles -, les édifices publics ou les églises n'y sont pas soumis.

Lucarne du corps de logis du manoir de la Maison Blanche (18 rue de l'Épinetterie).Lucarne du corps de logis du manoir de la Maison Blanche (18 rue de l'Épinetterie).Peu de caractères morphologiques récurrents peuvent être avancés pour les hôtels et manoirs, comme nous l'avons fait pour les maisons ; chaque façade (souvent dénaturée) est unique. Cela s'explique par la fonction même de l'hôtel. Tandis que les maisons sont construites en premier lieu dans un but utilitaire par une communauté homogène, l'édification des hôtels par la noblesse ou la bourgeoisie enrichie, relève au contraire d'une volonté de paraître et de personnaliser sa demeure. Toutefois par le style adopté on peut souvent suggérer la filiation de l'édifice au bâtiment le plus important d'Amboise : le château.

Les hôtels sont construits en pierre de taille et/ou en brique, matériaux nobles qui font écho à ceux employés au château et qui tranchent avec le bois des maisons. Ils sont couverts d'ardoise, matériau également réservé aux édifices de prestige. Dans la majorité des cas, les élévations sont plus hautes d'un niveau que celles des maisons, détachant les hôtels du paysage urbain. Plusieurs hôtels possèdent une cour ou un jardin devant (Hôtel, 6 rue de la Concorde) ou derrière la demeure (Hôtel Joyeuse, 6 rue Joyeuse, Hôtel Morin, 10-11 quai Charles Guinot). Les escaliers lorsqu'ils sont encore conservés peuvent se trouver dans-oeuvre (10-11 quai Charles Guinot, 9-11 rue Victor Hugo) ou hors-oeuvre installés dans une tourelle (6 rue de la Concorde). Quand elles n'ont pas disparu (placette Saint-Florentin), des croisées à meneaux et traverses ouvrent sur la rue, mais plutôt au premier étage afin de garantir au rez-de-chaussée une relative tranquillité (10-11 quai Charles Guinot).

Relevés des charpentes de l'Hôtel situé 9-11 rue Victor Hugo.Relevés des charpentes de l'Hôtel situé 9-11 rue Victor Hugo.

L'ensemble des constructions ayant conservé leur charpente d'origine (Hôtel 6 rue de la Concorde, Hôtel Morin 10-11 quai Charles Guinot, 9-11 rue Victor Hugo, hôtel Saint-Thomas, 1 mail Saint-Thomas) adopte le type à chevrons-formant-fermes. Les combles sont de fait plus volumineux que ceux des maisons, ce qui participe à la distinction des hôtels dans le bâti urbain.

Aires d'études Amboise
Dénominations maison, hôtel, manoir, demeure, immeuble

Annexes

  • L'architecture privée

    L'architecture privée est constituée de deux grands types d'édifices : les hôtels et les maisons ; cette étude vise à établir leurs caractéristiques et à apprécier - dans la mesure du possible - leur évolution architecturale. Toutefois, nous avons dû nous subordonner à un certain nombre de paramètres et mettre en place une méthodologie aussi précise que possible pour pallier l'absence d'archives, la dénaturation des édifices et, parfois, les problèmes d'accès aux demeures privées.

    La méthodologie

    Le cadre géographique de l'étude se circonscrit aux frontières de la commune, avec une forte concentration des vestiges dans les secteurs de l'ancienne enceinte de ville, du faubourg Saint-Denis, de l'ancien grand marché, des marais asséchés vers 1489-1490 et de l'île. Le cadre temporel se limite, théoriquement, à la période 1421-1525. Notre analyse s'inscrit entre des dates butoirs correspondant à des faits historiques, mais la genèse architecturale ne fut pas aussi rigide. Tout le problème est donc d'identifier les édifices construits au cours de cette période. Le recours à l'analyse stylistique des décors aide dans une certaine mesure, mais nombre d'édifices en sont dépourvus. On distingue à Amboise, trois grands types d'architectures : l'architecture castrale, l'architecture urbaine de pierre et l'architecture urbaine à pan-de-bois. Pour le château, le passage du style gothique au style renaissant eut lieu autour de 1500, en témoigne le décor sommital de la tour Heurtault pour laquelle est conservée une quittance de livraison de pierres de mâchicoulis datée de 1503. Cette date répond à l'installation de Louise de Savoie et ses enfants au château et à la fin des grands chantiers édilitaires de la ville, sous Louis XII (1498-1515). Mais qu'en fut-il de l'architecture privée ?

    Pour mieux caractériser notre période, nous nous sommes attachés à définir l'état architectural de la ville lorsqu'elle devint ville royale puis l'évolution qu'elle suivit sous l'influence de la présence de la cour de France. Ponctuellement nous avons répertorié, parmi les édifices aisément datables, certains bâtiments antérieurs au XVe siècle ou d'autres justes postérieurs. Notre enquête a permis de constater que l'architecture antérieure à la fin du Moyen Âge était particulièrement rare à Amboise ; nous n'avons découvert que quelques témoignages des XIIIe ou XIVe siècles. Il y a donc bien eu un renouveau important du bâti aux XVe et XVIe siècles. De même, l'architecture immédiatement postérieure au milieu du XVIe siècle, bien qu'elle n'intègre pas notre sujet d'étude, n'a quasiment pas été rencontrée, ce qui nous fait dire que la Conjuration d'Amboise (mars 1560) signa la fin de la période de faste de la ville.

    Les constructions à pan-de-bois relèvent d'une architecture traditionnelle et vernaculaire qui présente une mise en oeuvre rencontrée du XVe au XVIIIe siècle. Le décor y est simplifié, voire inexistant, et la fourchette de datation stylistique pourrait s'étendre sur plusieurs siècles. Certains édifices construits en pierres sont mieux documentés ou présentent des éléments stylistiques typiques d'une période précise mais pour les demeures les plus modestes ou les plus dénaturées, le décor est inexistant. La définition typo-stylistique de l'architecture de pierre a permis d'intégrer au corpus des édifices faiblement ornés. Pour fixer formellement quelques repères, nous avons eu recours, dans quatre hôtels et manoirs ainsi que dans quatre maisons, à la datation par dendrochronologie. Cela représente toutefois peu de charpentes à l'échelle de la ville et nous sommes fort conscients des limites de cette méthode, la diffusion des formes ne connaissant pas nécessairement une évolution continue. Cependant, nous ne prétendons pas avoir établi un dénombrement exhaustif des bâtiments de la fin du Moyen Âge à Amboise, car : premièrement, les divers thèmes de notre sujet devant être étudiés en cinq ans, nous n'avons pas pu accorder plus d'une année au travail d'inventaire sur le terrain et nous avons fait le choix de clore cette tâche à partir du jour où les données se sont recoupées, estimant que notre échantillonnage de 120 édifices était représentatif ; deuxièmement, dans quelle mesure un dénombrement peut-il aspirer à être exhaustif dans une ville où nombre de maisons sont enduites, ce qui masque les structures constructives et, où nombre d'autres ont subi un alignement de leur façade au XIXe siècle ?

    Dans le souci de retrouver le visage médiéval d'Amboise, nous avons été conduits à intégrer dans notre corpus des bâtiments dénaturés qui avaient conservé quelques éléments datants ou d'autres, situés dans un secteur urbanisé dans notre période, mais ne présentant pas plus d'éléments favorables à une datation médiévale que d'éléments défavorables. Afin d'affiner notre jugement sur les bâtiments difficiles à dater, nous avons eu recours à plusieurs techniques : la dendrochronologie, réalisée sur des bâtiments présentant soit, une technique constructive unique, mais extrêmement intéressante, soit, au contraire, retrouvée fréquemment à Amboise, ce qui permet par extension de dater d'autres bâtiments ; la photogrammétrie des façades, grâce à laquelle nous avons pu étudier la longueur des bois, leur largeur et leur espacement ; l'étude des bois, dans la mesure du possible, pour lesquelles nous avons relevé : leur essence, leur mode de débitage, leur qualité, leur rectitude et leurs dimensions ; et, pour onze d'entre eux, le relevé de charpentes. La sélection des édifices a donc recouvert cinq possibilités : première possibilité, l'édifice présente des caractéristiques architecturales évidentes de la fin du Moyen Âge ; deuxième possibilité, l'édifice actuel a recouvert un bâtiment de la fin du Moyen Âge mais ses dispositions prouvent sa filiation avec l'édifice antérieur ; troisième possibilité, l'édifice ou une partie de celui-ci est antérieur à la période étudiée et indique une occupation de la place précédant le renouveau de la ville à la fin du Moyen Âge ; quatrième possibilité, les caractéristiques architecturales ne sont ni favorables ni défavorables à une datation de la fin du Moyen Âge. Pour cette catégorie d'édifice, qui est malheureusement bien représentée, nous avons fait un choix restreint au minimum ; enfin, cinquième possibilité, l'édifice n'a pas pu être visité mais sa période de construction est connue et sa seule localisation constitue déjà un élément important pour l'étude générale de l'architecture amboisienne de la fin du Moyen Âge.

    Fort de ces paramètres, ce ne sont pas nécessairement les structures les plus remarquables qui ont fait l'objet de relevés architecturaux. Nous avons dû ménager la susceptibilité des propriétaires et nous plier à leur disponibilité. Si tous les édifices catalogués présentent des caractéristiques constructives susceptibles d'être employées à la fin du Moyen Âge, ces techniques ne constituent néanmoins, ni un élément de datation absolue ni même un élément de datation relative, en raison de leur période d'utilisation particulièrement longue. La dendrochronologie nous a permis d'affiner certaines datations mais, pour proposer une évolution des techniques constructives en pan-de-bois ou en charpenterie à Amboise, il aurait fallu, d'une part, en réaliser beaucoup plus et, d'autre part, pousser l'étude sur une période plus longue.

    Les techniques et les critères recherchés pour les bâtiments à pan de bois sont : la situation topographique de l'édifice ; l'encorbellement sur double sablière et sur poteaux élargis, l'encorbellement sur solives débordantes, les poteaux corniers enfourchés par les sablières, le pan de bois à grille, le pan-de-bois à croix de Saint-André, la charpente à fermes et à pannes avec comble à surcroît ainsi que poutres faîtières et sous-faîtières, la charpente à ferme et à pannes sans comble à surcroît mais toujours avec poutres faîtières et sous-faîtières, la ferme débordante ; et enfin, le décor, qui se présente paradoxalement comme un élément délicat à interpréter car il est souvent restauré, voire amputé.

    L'identification des édifices de pierre est plus aisée et les éléments qui orientent notre inventaire sont : leur situation topographique, les techniques de mise en oeuvre des maçonneries en pierre ou en brique, les charpentes à chevrons-formant-fermes ainsi que les moulures et les sculptures qui sont plus fréquentes que dans le pans-de-bois mais tout aussi dénaturées. Les archives notariales ayant disparu pour cette période, il ne nous est quasiment jamais possible d'identifier les commanditaires des résidences des XVe et XVIe siècles.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie