Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

L'habitat civil de Nogent-le-Rotrou (12e au 16e siècle)

Dossier IA28000397 réalisé en 2010

Fiche

Voir

Ce dossier consiste en une synthèse typologique regroupant les œuvres architecturales repérées, sélectionnées et monographiées de même fonction. « L’intérêt d’une telle étude pour l’architecture est de faire apparaître la récurrence des caractères historiques ou morphologiques des membres d’une même famille ». Il décline plusieurs types et sous-types morphologiques et fonctionnels, de l’hôtel particulier à la maison à deux travées et accès latéral. Cette méthode permet d’aborder la question de la transformation des manières d’habiter à Nogent-le-Rotrou du 11e au 16e siècle, ainsi que la corrélation entre le parti architectural utilisé et la fonction effective du bâtiment.

Les objets architecturaux sont ici replacés dans l’espace urbain, ce qui permet d’interroger leurs interactions avec le milieu dans lequel ils prennent place, tant du point de vue des pôles attracteurs de population que des matériaux mis en œuvre. L'étude a été organisée chronologiquement ( I - du 12e au 14e siècle, II - de la seconde moitié du 15e, III - seconde moitié du 16e) : chaque période étudiée dispose ainsi d'une analyse propre, intitulée "Conclusion pour la période...".

Le nombre total des édifices repérés dans le cadre de cette étude sur la ville de Nogent (tous types confondus, y compris les édifices détruits et l'habitat religieux) est de 490 édifices, parmi lesquels 250 ont pu être visités. Au sein de ces derniers, on trouve :

- pour les Maisons : 412 repérées, 40 édifices étudiés (36 maisons et 4 demeures).

- pour les Hôtels particuliers : 22 édifices repérés, 22 édifices étudiés.

I - L’habitat civil Nogentais du 12e au 14e siècle

Une dizaine d’édifices relevant de la typologie de l’habitat civil en pierre et bâtis entre le 12e et le 14e siècle a été identifiée à Nogent-le-Rotrou. Deux d’entre eux ont été détruits, les édifices restants sont inégalement préservés. Aucun bâtiment en pan-de-bois n’a été observé.

A partir du milieu du 12e siècle, Nogent accueille la résidence des comtes du Perche. La ville est alors la plus peuplée de son comté : vers 1250 elle compte 1171 paroissiens répartis sur quatre paroisses628. Il a été possible de dégager deux types différents : la maison à pignon en retrait de la rue (12e–14e siècle) ; et la maison à gouttereau sur rue (12e–14e siècle).

1) Maison à pignon en retrait de la rue (du 12e au 14e siècle)

Caractéristiques : Implantation en retrait par rapport à la rue ; mur pignon donne sur une cour antérieure ; implantation sur des parcelles peu profondes avec une largeur de 8,6 m et 12,5 m ; plans rectangulaires, formant des blocs compacts de petites dimensions, 6 m de large pour 7 m de long environ ; façades sur rue comportant deux niveaux d’élévation, possibilité de restituer deux travées dans la majeure partie des cas ; généralement accès d’origine n’est non conservé.

L’état de conservation des édifices étudiés n’a pas permis d’attester l’existence d’aménagements de confort, tels que cheminées, éviers, latrines ou autres placards pouvant être présents dans les demeures urbaines à partir du 13e siècle.

Le gros œuvre est composé de moellons de silex liés au mortier. Les éléments porteurs sont réalisés en pierre de taille calcaire, de couleur blanche à gris clair, comportant pour certaines d’entre elles des noyaux siliceux.

Datation : La fourchette chronologique admise pour ces édifices varie entre le 12e siècle pour le grenier à sel, le 13e siècle, et le début du 14e siècle.

La largeur des bâtiments sur rue ainsi que la distance marquée avec cette dernière, témoignent de l’aisance financière de leurs propriétaires.

L’utilisation de la pierre dans la construction des murs et plus encore de parements en pierre de taille, est un autre signe indicateur d’opulence. Ce matériau, très onéreux, est souvent limité à un mur, voire à une partie de mur.

Le décor tient une place importante dans les exemples étudiés, que ce soient les éléments sculptés observés ou des enduits peints identifiés.

Plusieurs données permettent de classer ces édifices dans la catégorie des maisons patriciennes.

Fonction : Au regard de l’absence de grandes baies sur rue et de la distance entre cette dernière et les édifices, il est peu probable que ceux-ci aient été destinés à accueillir de simples boutiques au rez-de-chaussée et une habitation à l’étage, à l’image de ce qui peut être observé dans les maisons polyvalentes. Un second type, la maison à dominante résidentielle accueille un cellier ou des espaces non habitables au premier niveau, et le logis composé de la salle et de la chambre aux étages. Cette définition semble correspondre aux maisons n°13 rue Villette-Gâté et n°3 rue des Tanneurs mais en l’absence d’éléments sur leur rez-de-chaussée, il est difficile d’estimer la qualité des propriétaires de ces deux maisons qui peuvent appartenir à la noblesse, au clergé ou à la haute bourgeoisie.

Parmi ces édifices, on observe un cas particulier ne relevant pas des typologies évoquées ici : le grenier à sel (12e siècle) : voir ce dossier.

Maison à pignon en retrait de la rue, 3 rue du Paty.Maison à pignon en retrait de la rue, 3 rue du Paty. Le n°3 du Paty et le n°11 rue du Paty : maisons de négociants ou maisons de chevaliers

Au n°3 rue du Paty, et du n°11 rue du Paty, les salles basses peuvent accueillir un lieu de stockage grâce d’une part à leurs caves à cellules à faible variation thermique et à la ventilation adaptées au stockage du vin et d’autre part, à leurs salles aux programmes décoratifs notables propices à la réception. La dissociation entre rez-de-chaussée et étage permet ici de rejeter l’escalier sur la cour, et ainsi de conserver un maximum de place à l’intérieur.

Plusieurs réserves demeurent néanmoins. Premièrement, les salles basses citées plus haut en comparaison sont à la fois excavées et implantées sur rue, ce qui n’est pas le cas à Nogent et témoigne peut-être d’une autre fonction pour ces rez-de-chaussée. Deuxièmement, malgré la mention d’un carrefour dès le 13e siècle à proximité des édifices étudiés, la fonction commerciale de ce dernier n’est connue qu’à partir de la fin du 15e siècle. La situation des édifices, à proximité des fossés et au pied du château, amènent à désigner les chevaliers comme les propriétaires les plus probables de ces maisons.

Cependant, l’hypothèse de propriétaires ecclésiastiques n’est pas exclue, l’église paroissiale Notre-Dame-des-Marais étant située à environ 170 m.

Le repérage effectué à Nogent-le-Rotrou a permis de mettre en évidence plusieurs constructions dont la typologie est proche des maisons patriciennes : mur pignon tourné vers la rue, implantées en retrait de celle-ci et précédées d’une cour avec jardins à l’arrière ; largeur sur rue comprise entre 5 et 8 m ; façade à deux travées pour deux niveaux d’élévation ; avec des maçonneries composées de moellons de silex, tandis que les portes et les fenêtres sont construites en pierre de taille de calcaire gris.Maison à pignon en retrait de la rue, caves, 11 rue du Paty.Maison à pignon en retrait de la rue, caves, 11 rue du Paty.

Faute de visite, ces maisons n’ont pu être précisément datées. Leurs caractéristiques permettent de penser qu’elles sont certainement antérieures au 15e siècle.

Au vu des dimensions moins importantes que les maisons patriciennes préalablement évoquées, il est possible que celles-ci aient été uniquement résidentielles, leur situation par rapport à la rue ne permet pas de les ranger dans la catégorie des maisons polyvalentes.

2) La maison à gouttereau tourné vers la rue (seconde moitié du 13e siècle – première moitié du 14e siècle)

Maison à gouttereau tourné vers la rue, 17 rue de Rhône.Maison à gouttereau tourné vers la rue, 17 rue de Rhône. Caractéristiques : Ces maisons (Trois édifices étudiés : 3 rue des Poupardières, 17 rue de Rhône, et 19 rue du Rhône détruit) n’ont pas leur mur pignon tourné vers la rue, mais leur mur gouttereau ; elles disposent de plans rectangulaires occupant une surface au sol comprise entre 132 m² et 170 m², et disposent généralement de deux niveaux.

Les trois exemples étudiés marquent une distance avec la rue qui peut être caractérisée par un retrait physique vis à vis de la voirie ou par une distribution indirecte du logis depuis la rue, la cour jouant un rôle de pivot dans la distribution. Les modifications apportées ne permettent pas de restituer précisément les volumes internes des édifices étudiés, cependant aucun aménagement de confort n’a ainsi pu être identifié.

Les ouvertures et les chaînes d’angles sont réalisées dans une pierre calcaire blanche à gris clair comportant des moellons de silex. A l’instar des observations effectuées sur le type précédent, il s’agit de matériaux locaux.

Les ouvertures sont les seuls éléments à bénéficier de décors sculptés, comme les des portes à linteaux sur coussinets ou des fenêtres (géminées à l’étage) moulurées de larges chanfreins.

Les enduits peints visibles permettent de penser que la peinture était peut-être plus présente au sein des constructions étudiées. Ce qui explique peut-être le peu d’éléments sculptés identifiés, les murs étant destinés à être peints. Le décor visible au n°3 rue des Poupardières est ainsi composé d’un faux-appareil et de bandeaux portant des motifs géométriques qui mettent en valeur l’architecture sur laquelle ils reposent, ici les fenêtres du mur pignon et une voûte lambrissée, aujourd’hui disparue.

Datation : Ces trois exemples ont été datés sur la base d’éléments stylistiques. Si le choix d’un mur gouttereau tourné vers la rue est sans doute motivé par des aspects pratiques concernant l'éclairage et la distribution, il est aussi un indicateur de richesse. De plus, l’utilisation de couvertures voûtées en pierre ou en bois, comme le recours à des décors sculptés ou peints, témoignent également de la fortune des propriétaires de ces maisons.

Le mode d’implantation, la structure et les programmes décoratifs développés par les trois constructions étudiées permettent donc de les classer dans la catégorie des maisons patriciennes.

Fonction : La distance des édifices étudiés avec la rue, ne permet pas d’attribuer une fonction commerciale. Ils devaient donc être exclusivement dédiés à accueillir un logis. L’usage pour ce type de maison est en effet d’accueillir des espaces de service au rez-de-chaussée, et le logis à l’étage.

Dans l’édifice situé au 3 rue des Poupardières, le premier niveau, entièrement voûté, devait accueillir des espaces de services : cuisine et cellier. Le second niveau, qui concentre à lui seul l’ensemble du décor recevait le bel étage, avec un beau volume composé d’une salle d’apparat et peut-être d’une chambre situées directement sous une charpente lambrissée.

Les édifices étudiés ne comportent pas d’éléments discriminants qui pourraient permettre d’identifier la profession ou la qualité de leurs propriétaires, au-delà du fait qu’ils soient patriciens et devaient être haut placés, au sein du patriciat nogentais.

Conclusion pour la période du 12e au 14e siècle

Un habitat civil urbain est attesté dès le 12e siècle dans la rue Saint-Laurent, dès le 13e siècle dans la rue Villette-Gâté et sur la place Saint-Pol, et dès la seconde moitié du 13e siècle ou la première moitié du 14e siècle pour les rues des Tanneurs et de Rhône. Les édifices sont implantés dans les trois bourgs qui composent la ville de Nogent-le-Rotrou et majoritairement concentrés au pied du château Saint-Jean, ce qui atteste l’attractivité du pôle seigneurial sur les maisons dites patriciennes qui forment la quasi-totalité du corpus étudié.

L’absence d’escalier ou d’équipement domestique ne signifie donc pas qu’ils n’aient jamais existé, elle témoigne simplement de l’hétérogénéité de la conservation des éléments composant les exemples du corpus.

Maison à gouttereau tourné vers la rue, salle basse, 3 rue du Paty.Maison à gouttereau tourné vers la rue, salle basse, 3 rue du Paty.La recherche esthétique est présente dans tous les exemples étudiés, que le décor soit sculpté ou peint. Les éléments sculptés sont limités aux emplacements où l’on trouve de la pierre de taille, donc sur les ouvertures, les corniches et les voûtes. On retiendra l’exemple de la salle basse du n°3 rue du Paty dont les voûtes reposent sur un chapiteau à crochets et sur des culots aux têtes sculptées.

Maison à gouttereau tourné vers la rue, enduits peints, 11 rue du Paty.Maison à gouttereau tourné vers la rue, enduits peints, 11 rue du Paty.

La découverte d’enduits peints au n°11 rue du Paty, ainsi qu’au n°3 rue des Poupardières et au n°17 rue de Rhône montre que les décors peints pouvaient être présents tant au rez-de-chaussée qu’à l’étage. Ce constat peut laisser à penser que les murs et les voûtes des maisons patriciennes étudiées en étaient recouverts. Les peintures utilisent des compositions végétales et s’inspirent d’éléments architectoniques afin de souligner les murs ou les voûtes sur lesquels elles prennent place.

Le mode d’implantation, les dimensions, la structure et les programmes décoratifs développés par les édifices étudiés permettent de les classer dans la catégorie des maisons patriciennes, bien qu’aucun élément ne permet néanmoins d’identifier la profession ou la qualité de leurs propriétaires. Ceux-ci peuvent être bourgeois, nobles ou ecclésiastiques.

L’accroissement du nombre de maisons patriciennes correspond à un phénomène bien connu au 13e siècle. Il est à la fois le résultat d’une augmentation de la population et d’un contexte économique favorable, éléments qui influent positivement sur le développement urbain entre 1150 et 1300. Le contexte politique est pourtant défavorable à Nogent à la même période.

Si l’on rapproche le nombre de maisons patriciennes de l’augmentation de la population urbaine et du contexte économique favorable, il est fort probable que ces éléments ont eu un impact sur les maisons polyvalentes et résidentielles de taille plus modeste. La sur-représentativité des maisons patriciennes est donc le résultat d’une meilleure conservation de ce type de maisons.

II - L’habitat civil nogentais de la seconde moitié du 15e siècle au milieu du 16e siècle

L’étude d’inventaire associé au recensement des sources iconographiques a permis d’identifier quarante-huit édifices civils datés entre 1450 et 1540 à Nogent-Le-Rotrou. Malgré l’existence de quelques baux et documents fiscaux modernes, la majorité du corpus n’est pas documentée par les sources manuscrites. Ces édifices ont donc été datés sur la base d’éléments stylistiques, techniques, et de leur système de distribution.

L’étude des parcelles, des plans et des systèmes de distribution a permis de distinguer deux types d’édifices : l’hôtel particulier et la maison.

La définition de l’hôtel –permise notamment par les études menées à Blois, Orléans, et Tours sur des hôtels dès le 15e siècle- est ici basée sur quatre caractéristiques de l’hôtel :

  • l’isolement du bâtiment principal par rapport à la rue ;
  • l’organisation des bâtiments autour d’une cour ;
  • la séparation entre les communs et le logis ;
  • l’accès par un portail ou un passage d’entrée cocher de la rue vers la cour ;

1) L’hôtel avec portail sur rue (type 1a)

Parmi les quarante-huit édifices étudiés, trois relèvent d’une première catégorie que l’on peut intituler « hôtels avec portail sur rue ». Un quatrième édifice (17 rue Dr. Desplantes), bien que ne disposant que d'une seule aile se trouvant directement sur la rue, peut prétendre au statut d'Hôtel également, puisqu'il est accessible par un portail et organisé autour d'une cour.

Caractéristiques : Les trois édifices étudiés sont situés au pied du château Saint-Jean et à proximité de l’église Notre-Dame (détruite), le long des rues Bourg-le-Comte, des Poupardières et de Rhône avec une la largeur de parcelles est comprise entre 17 et 21,50 m.

Ils sont composés de deux à trois bâtiments, articulés autour d’une cour selon un plan en L ; une tour polygonale hors-d’œuvre occupe l’angle formé par ces derniers. Dans les trois cas, les murs gouttereaux des bâtiments sont parallèles à la rue pour une longueur est comprise entre 14, 30 m et 18, 60 m.

L’entrée dans l’édifice s’effectue par l’intermédiaire d’un portail cocher ouvrant sur une cour.

Les bâtiments qui composent ces édifices possèdent deux niveaux sous comble. Les tours hors-d’œuvre accueillent des escaliers en vis, ceux-ci distribuent chaque niveau depuis la cave jusqu’au comble.

Trois cheminées ont été observées, deux d’entre elles sont situées au rez-de- chaussée des ailes en retour sur cour (2 rue Bourg-le-Comte, et 3 rue des Poupardières).

Dans les trois édifices étudiés, un placard mural a été observé sur un mur construit sous les premières marches de leur escalier en vis. De forme carrée, ces espaces portent les traces des feuillures qui permettaient leur fermeture.

L’hôtel avec portail sur rue (type 1a), tourelle d'escalier, 2 rue Bourg-le-Comte.L’hôtel avec portail sur rue (type 1a), tourelle d'escalier, 2 rue Bourg-le-Comte. Au 2 rue Bourg-le-comte, la tour d’escalier est accolée à une tourelle circulaire. Au premier étage cette dernière possède une petite pièce circulaire qui pourrait évoquer des latrines. Le décor sculpté est limité aux ouvertures et aux éléments de couronnement mettant en valeur la progression imposée par le système de distribution, du portail sur rue, à la tour hors-d’œuvre et son escalier.

Au 9 rue de Rhône, les fenêtres à croisée des façades sont surmontées de larmiers à culots sculptés d’animaux et d’angelots. Les élévations sont couronnées par des corniches et des rampants en pierre de taille. Ces derniers sont ornés de choux frisés, ainsi que de crossettes portant des animaux menaçants.

Datation : En l’absence de source écrite, la datation de ces édifices est fondée sur le décor utilisé principalement localisé sur les ouvertures, le système de distribution et le couronnement. Les toits sont parés de rampants en pierre de taille portant des crossettes zoomorphes. Il est possible de dater ces éléments entre la seconde moitié du 15e siècle et le premier quart du 16e siècle, à l’image de ce qu’on peut observer à Tours, Beaugency et Saumur.

Les éléments d’inspiration antique invitent à dater l’hôtel du 3 rue des Poupardières, ainsi que celui du 9 rue de Rhône, du second quart du 16e siècle.

Fonction : Ces édifices possèdent une largeur sur rue supérieure à 17 m ; élevés sur deux à trois niveaux dotés de grandes parcelle, permettent de bénéficier de vastes espaces non construits (cour et jardin). Ce sont les plus grandes constructions civiles observées à Nogent-le-Rotrou jusqu’ici. Au-delà du coût de la construction d’un bâtiment en pierre (y compris en moellons) à cette échelle, l’utilisation de pierre de taille sur la façade antérieure ou sur les tours d’escalier ainsi que de décors sculptés ajoutent à l’opulence affichée par ces édifices. La distribution par un savant procédé permet au propriétaire de se distinguer du commun d’une part, et de hiérarchiser la circulation des visiteurs de sa demeure d’autre part. Leur progression depuis la rue jusqu’à la chambre est ainsi contrôlée en fonction de leur qualité tandis que chacune des stations imposées par le système de distribution est appuyée par l’architecture et son décor : entrée sous un portail souvent sculpté, cour ou logis, caractérisé par son ampleur de sa taille et son décor, et se donne à voir.

La chambre haute observée au sommet de la tour d’escalier au 2 rue Bourg-le-Comte représente la pièce maîtresse de ce dispositif où ce dernier, en haut de sa tour d’escalier, peut contempler ceux qu’il domine.

Ces traits, largement inspirés de l’architecture castrale, permettent de reconnaître ces édifices comme des hôtels particuliers. La typologie des hôtels observés à Nogent répond bien à ceux observés aux 15e et 16e siècles à Tours, Blois, Orléans ou Caen.

Le bâtiment principal sur rue, qui deviendra la norme dans les grands hôtels nogentais du 16e siècle, est une alternative à l’implantation sur cour. Déjà en usage au 14e siècle dans les maisons élitaires, cette disposition permet une meilleure mise en valeur du logis. Elle est distribuée depuis un escalier en vis, ménagé dans une tourelle circulaire.

Les demeures des seigneurs locaux, sont implantées en bordure de la ville et disposées sur des axes permettant à leurs seigneurs de rejoindre leurs domaines.

17 rue du Docteur Desplantes : hôtel particulier ne disposant que d'une seule aile.17 rue du Docteur Desplantes : hôtel particulier ne disposant que d'une seule aile. Le 17 rue du Dr. Desplantes, un hôtel particulier ?

Bien que présentant un alignement du 19e siècle qui empêche de rendre compte de son parti architectural, cet édifice revêt des caractéristiques similaires à celles des exemples décrits plus haut.

Il est accessible depuis un portail et organisé autour d’une cour, et ne possède qu’une aile unique sur rue. Le blason sculpté sur l’une des fenêtres de la tour indique qu’elle devait accueillir l’accès d’un logis occupé par un noble.

2) L’hôtel à passage cocher (type 1b)

Parmi les 48 édifices étudiés, cinq relèvent d’une deuxième catégorie que l’on peut intituler « hôtels à passage cocher ».

Caractéristiques : Ces quatre édifices, sont situés au pied du château Saint-Jean, le 62 rue Paul Deschanel est le seul exemple situé à distance du château ; leurs parcelles sont de largeur moyenne : entre 8 et 12 m sur rue, pour les exemples accolés au château ; ils possèdent deux à trois bâtiments disposés autour d’une cour précédant un jardin ; adoptent tous des plans en L, où se trouve la tour polygonale hors-d’œuvre.

Les bâtiments principaux sont situés sur rue, le passage sur cour est permis grâce à un passage bâtard pour les exemples les plus étroits ou cocher pour les exemples plus larges.

Le gros œuvre est composé de moellons de calcaire liés au mortier. Les encadrements des ouvertures, les chaînes d’angle et les rampants sont construits en pierre de taille de calcaire tendre.

En façade, le décor est limité aux ouvertures et aux couronnements. Dans les cas où les fenêtres d’origine ont été conservées, elles sont à croisées.

L’hôtel à passage cocher (type 1b), entrée du passage sur rue, 19 rue du Paty.L’hôtel à passage cocher (type 1b), entrée du passage sur rue, 19 rue du Paty.

A l’inverse des autres portes, généralement chanfreinées, les entrées des passages sur rue et les portes d’escalier font l’objet d’attentions particulières. C’est le cas au 17 rue du Paty et 19 rue du Paty où les portes sur rue possèdent des arcs segmentaires dont les moulures pénètrent directement leurs supports, tandis qu’au 62 rue Paul Deschanel, la porte de l’escalier est sculptée de trois corps de moulures distincts (tore, réglet et larmier blasonné).

Datation : Le décor, limité aux ouvertures, aux rampants et aux éléments majeurs du système de distribution, suit la tradition du gothique flamboyant. La porte d’entrée segmentaire moulurée d’un tore et d’un cavet au 17 rue du Paty ou encore la porte de l’escalier du 62 rue Paul Deschanel ont des moulures à réglets entrecroisés prenant place sous un larmier blasonné caractéristiques de la seconde moitié du 15e siècle et du premier quart du 16e siècle.

Fonction : La situation de ces édifices, au pied du château Saint-Jean, ainsi que leur emprise sur rue, supérieure à 8 mètres, permettent de les ranger dans la catégorie des édifices édilitaires. Le portail laisse place, faute d’espace, à un passage couvert permettant d’accéder à une cour précédant un jardin et autour de laquelle l’édifice est organisé. Le bâtiment principal sur rue y est desservi par sa tour hors-d’œuvre.

Malgré un système de distribution proche des grands hôtels particuliers, l’étroitesse de ces édifices amène à penser que la distribution du logis était répartie sur deux niveaux.

Les historiens restituent les demeures des officiers et des nobles, qui composent la cour des seigneurs de Nogent, au pied du château Saint-Jean, notamment pour ceux situés dans les rues du Paty, la rue Bourg-le-Comte et la partie sud de la rue Gouverneur.

Deux exemples proches, petits hôtels particuliers sans passage cocher :

Hôtel situé 10 rue de Rhône, face ouest, crossettes.Hôtel situé 10 rue de Rhône, face ouest, crossettes. Le 10 rue de Rhône et le 86 rue Paul Deschanel adoptent des dispositions similaires à celles décrites pour les petits hôtels particuliers, à la différence qu’ils ne possèdent pas de passage cocher.

Ces deux exemples sont datés sur la base de leurs rampants à crossettes sculptées. Celles du 86 rue Paul Deschanel prennent la forme d’animaux fantastiques et pourraient remonter à la seconde moitié du 15e siècle ou au premier quart du 16e siècle. Au 10 rue de Rhône, les crossettes sont sculptées de candélabres, ce qui permet de les dater entre 1525 et 1550.

3) La maison à accès central (type 2a)

Caractéristiques : parmi les 48 édifices datant du 15e et du 16e siècle identifiés à Nogent, quatre d’entre eux relèvent d’une troisième catégorie : la maison à accès central (type 2a) et cinq autres exemples présentent également des caractéristiques spécifiques permettant de les rapprocher de ce type 2a.

Ces édifices possèdent des parcelles moyennes et grandes, avec une largeur sur rue est comprise entre 9,60 m et 27,70 m ; un à trois bâtiments organisés autour d’une cour arrière. Ils adoptent, des plans rectangulaires, en L ou en U ; avec un bâtiment principal toujours situé sur rue, et des murs gouttereaux parallèles d’une longueur variant entre 9, 60 m et 16,70 m. Ces édifices sont donc plus grands que certains des petits hôtels décrits auparavant. Une tour d’escalier polygonale hors-d’œuvre prend place sur la façade postérieure et permet de distribuer l’ensemble des pièces de l’édifice. Les bâtiments possèdent deux niveaux sous comble, et quatre d’entre eux sont dotés de caves. La distribution peut se lire en façade, à l’image de la croisée et de la demi-croisée visibles au 3 rue Bourg-le-Comte.Maison à accès central (type 2a), croisée, 3 rue Bourg-le-Comte.Maison à accès central (type 2a), croisée, 3 rue Bourg-le-Comte.

Le bâtiment sur cour s’ouvre par une seule porte depuis la tour d’escalier. Dans trois des exemples étudiés, un petit bâtiment accolé au mur pignon du bâtiment sur cour offre un volume supplémentaire. La cour postérieure communique avec les caves.

Les cheminées sont implantées sur les murs pignons, au rez-de-chaussée et à l’étage des bâtiments sur rue et sont parfois accompagnées de placards muraux de forme carrée consistant en de petits espaces de stockage clos, peut-être destinés à accueillir au sec le sel destiné à la préparation des repas.

Les murs sont construits en moellons de calcaire alors que la pierre de taille est réservée aux ouvertures, aux chaînages, et aux éléments de couronnement (rampants et crossettes) ainsi que sur des aménagements de confort, tels les cheminées, les placards muraux, ou les escaliers en vis.

Le décor sculpté est employé à tous les niveaux des façades étudiées. Le comble est percé d’une lucarne surmontée d’un pignon encadré de pinacles, tandis que des rampants à crossettes sculptées prennent place de part et d’autre des pignons d’un toit à forte pente dont le toit du 4 rue du Bourg-le-Comte reste à ce jour le meilleur exemple. Toujours dans ce même édifice, on constate la mise en valeur du système de distribution par le décor, notamment l’axe marqué par l’entrée centrale et la tour d’escalier hors-d’œuvre par une porte surmontée d’un gable et de pinacles, répondant à la porte centrale sur rue qui adoptait certainement un décor similaire. Les vantaux des portes conservées dans l’escalier du 18 rue Giroust sont sculptés d’un motif de plis de serviette.

Datation : Dans la majorité des cas, l’analyse stylistique est le seul moyen de datation à disposition.

Maison à accès central (type 2a), décor sculpté, 4 rue Bourg-le-Comte.Maison à accès central (type 2a), décor sculpté, 4 rue Bourg-le-Comte. Le décor principalement sculpté présent sur ces maisons (ouvertures, éléments de couronnement, passages du système de distribution), adopte le style gothique. Certaines croisées moulurées de baguettes et/ou de réglets entrecroisés reposant sur des bases polygonales comme au 3 rue Bourg-le-Comte, sont surmontées par des larmiers retombants sur des culots sculptés, tandis qu’aux 4 rue Bourg- le-Comte et 3 rue Saint-Hilaire leurs linteaux sont sculptés d’accolades.

La maison à accès central (type 2a), porte d'escalier en vis, 4 rue Bourg-le-Comte.La maison à accès central (type 2a), porte d'escalier en vis, 4 rue Bourg-le-Comte.

La maison à accès central (type 2a), linteaux sculptés, 3 rue Bourg-le-Comte.La maison à accès central (type 2a), linteaux sculptés, 3 rue Bourg-le-Comte.

Les portes d’entrée et des escaliers sont moulurées de tores ou de réglets et sont surmontées aux 3 et 4 rue Bourg-le-Comte de gables à fleurons et de pinacles à redents végétal.

Les toits sont soulignés par leurs rampants, également sculptés de redents végétaux et de fleurons, ils portent des crossettes sculptées d’animaux monstrueux et de scènes historiées.

Ces éléments, par comparaison avec ceux observés dans les villes de Beaugency, Tours ou Saumur, peuvent être datés entre la seconde moitié du 15e siècle et le premier quart du 16e siècle.

Fonction : ces édifices égalent les hôtels avec portail sur rue, tant du point de vue de leur taille (supérieure à 9 m sur rue), que de leurs aménagements de confort (cheminée, latrines) ou de leurs décors.

L’emplacement du bâtiment principal, sur l’espace public, ainsi que la richesse de son décor, permettent d’attester leur fonction de représentation augmenté du caractère ostentatoire de la porte d’entrée. L’opulence dont ils font preuve atteste néanmoins l’origine patricienne de leur propriétaire.

On retrouve la progression entre l’espace public, directement en connexion avec la grande salle, et les volumes plus privés des chambres, dont l’accès est commandé par la tour d’escalier.

Un gisement à exploiter : les dimensions, l’accès sur rue, la distribution et le décor utilisés dans les six édifices repérés (mais non étudiés précisément faute d’accès), peuvent être rapprochés des demeures à accès central.

4) La maison (type 2b)

Parmi les 48 édifices datant du 15e et du 16e siècle identifiés à Nogent, dix d’entre eux relèvent d’une quatrième catégorie : la maison (type 2b).

Caractéristiques : Ce troisième type, nommé 2b, renvoie aux maisons dont on compte dix exemples dans Nogent-le-Rotrou, bien que très altérés. Celles-ci sont regroupées de part de d’autre de l’axe formé par les rues Bourg-le-Comte et Saint-Laurent, et autour de la place Saint-Pol.

Maison, 104 rue Saint-Hilaire, faces nord et ouest.Maison, 104 rue Saint-Hilaire, faces nord et ouest. Leurs parcelles sont majoritairement de forme laniérée, avec pour largeur comprise entre 6, 14 m et 8, 75 m ; ces édifices la totalité de l’espace disponible sur rue et possèdent un à deux bâtiments disposés selon un plan rectangulaire ou en L. Le mur gouttereau du bâtiment principal est toujours orienté sur rue avec une élévation qui possède une à deux travées pour deux niveaux sous comble. On compte aussi un à deux niveaux de caves, qui peuvent être distribués depuis la rue, le couloir latéral, ou via la cour. Le seul exemple d’escalier conservé est situé au 104 rue Saint-Hilaire (ci-contre), il s’agit d’un escalier en vis prenant place dans une tour d’escalier hors-d’œuvre.

Là où les caves ont été observées, elles sont couvertes de voûtes en berceau brisé ou segmentaire et pour trois des exemples étudiés, elles sont creusées sur deux niveaux et possèdent des puits. Des placards muraux ont été observés dans certains exemples, et pouvaient servir à entreposer au sec des objets portatifs (bougies ou lampes à huile) permettant de s’éclairer dans les caves et leurs escaliers. Trois puits ont été observés dans les caves des 123 rue Saint-Hilaire, 22 rue Villette-Gâté et 26 rue Villette-Gâté. Maison (type 2b), puits intérieur, 26 rue Villette-Gâté.Maison (type 2b), puits intérieur, 26 rue Villette-Gâté.

Les maçonneries sont composées de moellons de calcaire associés à du mortier de chaux tandis que la pierre de taille est réservée aux ouvertures, aux chaînes d’angle et aux rampants des toits.

Très peu d’éléments de décor ont été conservés, subsistent par ailleurs les accès du système de distribution qui sont mis en valeur.

Datation : En l’absence de sources manuscrites, les édifices ont été datés par analyse de leurs décors. Malgré leur association avec des caves antérieures au 16e siècle, l’altération des façades des exemples situés autour de la place Saint-Pol impose une certaine prudence quant à la datation.

Leur décor -limité aux ouvertures, couronnements et portes du système de distribution- est proche de celui développé à la fin de l’art gothique. Les croisées et les portes moulurées de réglets entrecroisés reposant sur des bases polygonales, et les rampants à crossettes, invitent à dater ces édifices entre la seconde moitié du 15e siècle et le premier quart du 16e siècle.

Fonction : Ces édifices représentent les plus petites unités d’habitation observées à Nogent-le- Rotrou sur la période étudiée. Leur caractère résidentiel, associé à l’accès de leur bâtiment principal depuis la rue, permet de les identifier comme des maisons. Cependant les dimensions des unes (autour des 8 m sur rue), ainsi que le décor et la qualité de mise en œuvre des autres, questionnent sur l’origine sociale de leurs possesseurs, qui devaient appartenir à des propriétaires certes moins aisés que les types décrits précédemment (commerçants, artisans), mais ayant toutefois les moyens de payer des ouvriers spécialisés tels que des tailleurs de pierre ou des sculpteurs. A ce titre, le couloir latéral permet l’indépendance de la pièce du rez-de-chaussée. Dès lors, elle peut accueillir une salle (6 rue des Tanneurs), une boutique ou un atelier.

Un exemple à part : la maison du 9 rue des Bouchers, dite Tour de Montgondry ou Maison de la rose

L'Hôtel dit Tour de Montgaudry (détruit), vues du nord et du sud.L'Hôtel dit Tour de Montgaudry (détruit), vues du nord et du sud.

Cette maison est attribuée à Jacques le Boulleur, dont le titre de baron de Montgaudry est attesté à partir de 1502, elle appartenait donc à un seigneur local. Dotée d’une entrée richement sculptée, qui était peut-être l’entrée de la grande salle, où les degrés, comportant un perron devaient permettre au propriétaire de monter sur son cheval.

Cette maison possédait également une salle haute, au dernier niveau de sa tour d’escalier hors- œuvre, autre élément significatif des demeures seigneuriales.

5) La question du pan de bois

Seuls trois édifices en pans de bois ont été identifiés. Tous situés au pied des Marches Saint-Jean, soit dans la rue du Bourg-le-Comte, soit dans la rue du Paty. Ils sont dotés de deux à trois niveaux d’élévation pour une longueur sur rue variant de 8 m 40 m à 9 m 60.

Maison Saint-Etienne en pan de bois, détruite.Maison Saint-Etienne en pan de bois, détruite. Malheureusement, leur état de conservation ne permet pas une étude approfondie. Cependant, on peut tout au plus préciser que la structure de leur rez-de-chaussée se prête particulièrement bien à une utilisation commerciale. Leurs sablières de chambrée et leurs poteaux permettent notamment de ménager de larges ouvertures sur rue, favorisant ainsi la visibilité et les échanges depuis cette dernière.

Le rez-de-chaussée possède un volume unique (2 rue du Paty, illustration ci-contre) ou partagé en deux salles distribuées par un couloir central (20 rue du Paty). L’étage est composé de deux pièces identifiables à deux chambres ou une chambre et sa garde-robe comme c’est le cas au 2 rue du Paty en 1648. Une cheminée et un placard mural sont visibles dans la chambre du 20 rue du Paty. L’unique escalier documenté se trouvait au 2 rue du Paty, il s’agissait d’un escalier en vis implanté dans une tour d’escalier dans- œuvre, accessible directement depuis la rue.

Le décor de ces exemples est limité à leurs sablières. Celles-ci sont sculptées de tores reposant sur des culots. Le 2 rue du Paty faisait néanmoins exception, notamment avec sa porte en accolade, avec fleurons et pinacles, ainsi que par les scènes historiées figurant sur ses poteaux sculptés.

Le décor peut être daté entre la seconde moitié du 15e siècle et le premier quart du 16e siècle. La charpente au 20 rue du Paty, dont l’utilisation est observée en France du nord à partir du 1550, vient de nouveau contredire l’analyse stylistique. Encore une fois, seule la dendrochronologie pourra trancher entre archaïsme des formes sculptées ou précocité des assemblages utilisés.

Les dimensions de ces édifices leur permettent d’accueillir une ou deux pièces par niveau soit une salle et une cuisine, soit une boutique au rez-de-chaussée. Les larges ouvertures sur rue et leur mise en valeur par un décor sculpté invitent cependant à favoriser la seconde hypothèse. Les étages devaient quant à eux accueillir les chambres.

Conclusion pour la période de la seconde moitié du 15e siècle au milieu du 16e siècle

L’habitat nogentais de 1450 à 1540 est réparti autour des trois pôles fédérateurs qui forment la ville à cette époque : le château, les halles (place Saint-Pol) et, dans une moindre mesure, le prieuré Saint-Denis.

Une distinction se remarque dans l’implantation des hôtels (types 1a et 1b), plutôt localisés au pied du château, et celle des maisons situées à proximité des trois pôles cités. Nogent n’est ni un chef-lieu, ni même le siège du bailliage du Perche, elle ne peut donc pas compter dans les rangs de ses habitants les membres de la haute aristocratie ou les grands officiers seigneuriaux ou royaux souvent à l’origine de ces grands hôtels. Les hôtels nogentais sont représentatifs des élites locales qui les ont créés parmi lesquelles se trouvent la noblesse locale et les officiers seigneuriaux.

Pour les maisons à accès central (type 2a) situées sur les axes majeurs de la ville, il n’a pas été possible de discriminer leurs propriétaires au regard du type utilisé, ces derniers pouvant appartenir aux élites nobles, bourgeoises ou ecclésiastiques. Elles n’égalent néanmoins pas le faste développé dans les hôtels particuliers (type 1a)

Les maisons simples (type 2b), sont majoritairement groupées autour de la place Saint-Pol et du carrefour du Bourg-le-Comte. Compte tenu de leurs caves, au regard de la proximité avec les halles et de la place du Marché (Saint-Pol), correspond à un espace à fonction commerciale mais aussi d’une fonction artisanale, compte tenu des puits observés.

Les secondes qui comptent parmi elles les seules maisons à pans de bois de la ville, peuvent également être rapprochées d’une activité marchande, leurs programmes architecturaux se prêtant particulièrement bien au commerce. Ces hypothèses ne doivent néanmoins pas faire oublier la seule fonction résidentielle de certaines de ces constructions (exemple du 6 rue des Tanneurs).

La disposition du mur gouttereau sur rue, déjà observée dans les constructions civiles du 14e siècle, est adoptée par l’ensemble des bâtiments étudiés et on ne trouve plus aucun édifice doté d’un mur pignon sur rue à partir du 15e siècle à Nogent-le-Rotrou. La façade sur rue, dotée de deux niveaux d’élévation sous comble.

De la simple maison (type 2b) aux grands hôtels particuliers (type 1a), l’aménagement des édifices étudiés adopte des caractéristiques communes : un logis (composé d’au moins une salle et une chambre) et la progression de la voie publique vers les espaces privés.

La maison à accès central (type 2a) plus imposante, offre une meilleure spécialisation des espaces. Comme dans les maisons simples (type 2b), la tour d’escalier implantée dans une cour, permet le passage des pièces publiques à celles plus privées de l’étage.

Les petits hôtels particuliers (type 1b), ont un logis, plus petit, qui n’est plus accessible depuis la voie publique mais depuis une tour hors-d’œuvre placée dans une cour arrière. Les grands hôtels (type 1a) combinent le volume habitable des maisons à couloir central (type 2a) et la séparation entre le logis et la rue d’une part et les communs d’autre part, observés dans les petits hôtels (type 1b). A l’inverse d’une innovation propre au 15e siècle, la disposition entre cour et jardin apparait comme un héritage des 13e et 14e siècles qui, abandonnée dans les hôtels du 16e siècle, sera de nouveau utilisée à Nogent à partir du 17e siècle.

De la même manière, la conception du décor de ces édifices adopte des règles communes, les ouvertures, et les passages imposés par le système de distribution se parent d’un décor sculpté d’une étonnante qualité. On remarque cependant, une différence dans les motifs utilisés. Si les maisons (type 2a et 2b) adoptent un vocabulaire exclusivement gothique, les hôtels particuliers (types 1a et 1b) utilisent des motifs empruntant au vocabulaire classique. Ainsi, on ne trouve pas de chapiteau d’inspiration corinthienne, de candélabre ou de volute sur le décor des maisons.

III - L’habitat civil nogentais de la seconde moitié du 16e siècle

L’étude d’inventaire associée au recensement des sources iconographiques a permis d’identifier vingt-neuf édifices civils datés entre 1540 et 1600 à Nogent-Le-Rotrou. Malgré l’existence de quelques baux et documents fiscaux modernes, la majorité du corpus n’est pas documentée par les sources manuscrites. Ces édifices ont donc été datés sur la base d’éléments stylistiques, techniques, et de leur système de distribution.

1) L’hôtel à passage cocher (type 1b)

Ces exemples, au nombre de cinq, sont similaires aux hôtels à passage cocher (type 1b).

Caractéristiques : Les édifices les plus petits prennent place dans un parcellaire d’une densité moyenne et sont implantés dans des rues communiquant avec le château Saint-Jean. L’exemple le plus large situé 1 rue Giroust, sur rue est issu du remembrement de plusieurs parcelles. L’hôtel à passage cocher (type 1 b), Hôtel du Soleil d'or, 1 rue Giroust.L’hôtel à passage cocher (type 1 b), Hôtel du Soleil d'or, 1 rue Giroust.

Ces édifices sont tous situés sur rue, leurs bâtiments sont organisés autour d’une cour centrale selon un plan en L pour les plus petits, et en U pour les grands. Le mur gouttereau fait face à la rue et percé d’un passage cocher distribuant la cour depuis la voie publique.

La cour précède toujours un jardin, elle permet d’accéder aux communs d’une part, et au logis d’autre part., lui-même distribué par une tour carrée hors-d’œuvre placée à l’angle de deux bâtiments disposés en L.

L’hôtel à passage cocher (type 1 b), escalier en vis, 1 rue Giroust.L’hôtel à passage cocher (type 1 b), escalier en vis, 1 rue Giroust. Les escaliers sont : en vis (1 rue Giroust ; et n°20 rue Sully), à volées droites superposées (n°5 rue du Paty), ou encore, tournant autour d’un noyau central et prennent place dans des tours d’escalier quadrangulaires, hors-d’œuvre ou demi hors-d’œuvre associés à des galeries à l’étage.

Les matériaux employés dans ces édifices ne diffèrent pas de ceux employés dans les hôtels de la période précédente. La pierre de taille est réservée aux ouvertures, aux éléments de couronnement et aux chaînages.

Le décor observé dans ces édifices respecte une tradition héritée de l’architecture gothique. Il est localisé sur les ouvertures, les éléments de couronnement et les lieux majeurs du système de distribution, à l’image de l’escalier.

Les échauguettes (47 rue Saint-Laurent et au 1 rue Giroust) apparaissent également comme une nouveauté. Évocation de l’architecture seigneuriale, elles sont associées à une galerie avec laquelle elles suggèrent un chemin de ronde. L’hôtel à passage cocher (type 1 b), échauguette, Hôtel du Bailli, 47 rue Saint-Laurent.L’hôtel à passage cocher (type 1 b), échauguette, Hôtel du Bailli, 47 rue Saint-Laurent.

Datation : Les sources écrites et les dates portées relevées sur les édifices permettent de les dater entre 1540 pour le plus ancien et 1579, troisième quart du 16e siècle.

Fonction : Le système de distribution et les parties constituantes, permettent de les identifier comme des hôtels particuliers.

Hôtel à passage cocher (type 1 b), décor, 5 rue du Paty.Hôtel à passage cocher (type 1 b), décor, 5 rue du Paty.

La richesse du décor sculpté employé 5 rue du Paty reste également inégalée sur l’ensemble du corpus. Les différents éléments de décor, mais aussi le caractère monumental de certains hôtels particuliers permettent d’attester le haut rang de leurs commanditaires. Ceux-ci ont à la fois connaissance des formes architecturales nouvelles, mais aussi les moyens de les mettre en place. A titre d’exemple, le 47 rue Saint- Laurent est construit par Pierre Durant, bailli de Saint-Denis, l’homme le plus puissant de la seigneurie du même nom.

On peut tout au plus penser que les logis adoptaient une conception similaire à celle observée pour les hôtels de la période précédente, avec une grande salle, une petite salle et une cuisine au rez-de-chaussée, et chambres et gardes robes à l’étage.

2) La maison à accès central (type 2a)

Ces édifices sont similaires à ceux du même type (type 2a) observés durant la période précédente. Leur état de conservation ainsi que le peu d’éléments recueillis lors de leur visite ne permettent pas une étude détaillée.

Caractéristiques : Au nombre de quatre, ces édifices sont situés sur la place Saint-Pol (place du Marché) et dans les rues Giroust et Villette-Gâté, pour une emprise sur rue variant entre 8,70 m et 16,70 m.

Les exemples reprennent les caractéristiques du type de la demeure à accès central : leur bâtiment principal est situé sur rue, son emprise y est supérieure à 8 m. Au contraire des exemples étudiés pour la période précédente, les tours d’escalier qui desservent ces bâtiments ne sont pas toutes de forme ronde ou polygonale. On voit ainsi apparaître des tours d’escalier quadrangulaires, au n°20 rue Giroust et au n°29 rue Villette- Gâté.

Les murs sont construits en moellons de calcaire enduits, la pierre de taille est réservée aux ouvertures, aux chaînages, et aux éléments de couronnement (rampants et crossettes).

Datation : La datation de ces exemples est exclusivement fondée sur l’analyse stylistique. Au vu du peu d’éléments de décor identifiés, elle est à prendre avec prudence. Les fenêtres à croisées et les portes moulurées en quart-de-rond, les tours quadrangulaires hors-d’œuvre, et l’usage de rampants sculptés, ont permis de dater ces édifices de la seconde moitié du 16e siècle.

Fonction : Si l’attribution du statut de demeure patricienne est discutable pour certains exemples, l’emprise du n°42 place Saint-Pol et du n°29 rue Villette-Gâté (supérieure à 15 m, à proximité directe de la place du marché), atteste leur origine élitaire.

3) La maison (type 2b)

Parmi les vingt-neuf édifices étudiés, neuf relèvent d’une troisième catégorie que l’on peut intituler simplement « maison » et dont les particularités sont décrites ci-dessous.

Caractéristiques : Au nombre de treize, on retrouve ces exemples principalement autour : de la place Saint-Pol (place du marché) ; à proximité du pont de bois, dans les rues des Tanneurs et Paul Deschanel ; au pied du château, rue du Bourg-le-Comte.

Ces édifices reprennent les caractéristiques des maisons (type 2b) observées durant la période précédente.

Ils sont situés sur rue, disposent d’un à trois bâtiments prenant place au-devant et autour d’une cour arrière. De plans rectangulaires, en L ou plus rarement en U.

Le mur gouttereau du bâtiment principal fait face à la rue sur laquelle il occupe la totalité de l’espace disponible. Sa longueur est comprise entre 4,40 m et 10,80 m.

L’observation des volumes internes a révélé peu d’éléments susceptibles de permettre de restituer leurs dispositions d’origine. Là où les maçonneries ont pu être observées, elles sont composées de moellons de calcaire, associés à du mortier de chaux, la pierre de taille est réservée aux ouvertures, aux chaînes d’angle et aux rampants des toits.

Maison à accès central (type 2a), pignon à rampants et crossettes sculptées, 2 rue Saint-Laurent.Maison à accès central (type 2a), pignon à rampants et crossettes sculptées, 2 rue Saint-Laurent. Le décor sculpté est concentré sur les ouvertures (croisées, portes), le couronnement du toit (rampants et crossettes sculptées ou non) et les passages importants du système de distribution. Seuls deux exemples conservent leurs rampants à crossettes. Celles du n°2 rue Saint- Laurent sont sculptées d’un monstre ailé et d’une figure de proue associée à une volute, tandis que celles du n°94 rue Gouverneur portent une simple volute.

Datation : En l’absence de sources écrites, les édifices ont été datés sur l’analyse de leurs décors. L’association de tours d’escalier quadrangulaires, l’adoption de moulures en quart-de- rond et l’utilisation d’arcs en plein-cintre permettent de dater ces exemples de la seconde moitié du 16e siècle.

Fonction : Si les exemples dont l’emprise sur rue est supérieure à 7 m peuvent être associés à des maisons patriciennes, les autres, en dépit de la qualité de leurs décors, peuvent être identifiés comme de simples maisons.

Conclusion pour la seconde moitié du 16e siècle

A la différence de la période précédente, les hôtels particuliers ne sont plus cantonnés au pied du château Saint-Jean. Les deux plus grands d’entre eux sont ainsi placés auprès du Prieuré Saint-Denis et à l’extrémité nord de la rue Giroust. On peut ainsi citer le 47 rue Saint-Laurent dont le commanditaire n’est autre que le bailli de la seigneurie de Saint-Denis et dont l’hôtel est symbole du contrepoids qu’il représente face au château, symbole de l’autre grande seigneurie qui compose la ville, celle de Nogent.Maison (type 2b), hôtel particulier, 47 rue Saint-Laurent.Maison (type 2b), hôtel particulier, 47 rue Saint-Laurent.

Les maisons à accès central (type 2a), précédemment situées sur les grands axes de la ville, sont presque exclusivement implantées autour de la place du marché (Saint-Pol).

Structurellement, les hôtels particuliers (type 1b) et les maisons étudiées (types 2a et 2b) sont similaires à ceux observés durant la période précédente avec cependant quelques différences en ce qui concerne les hôtels particuliers, à l’image de la généralisation du corps principal sur rue associé à un passage cocher, ou de l’adoption de la tour d’escalier de forme rectangulaire ou carrée.

L’adoption de ces nouveaux types d’escaliers est caractéristique du second quart du 16e siècle.

La galerie fait partie des autres innovations apportées aux hôtels. Le 47 rue Saint- Laurent possède une galerie sur arcades, les galeries superposées du 5 rue du Paty, quant à elles, permettent, en complément de l’escalier, de distribuer le bâtiment sur rue et le bâtiment sur cour qui composent l’édifice. Maison (type 2b), galerie, 5 rue du Paty.Maison (type 2b), galerie, 5 rue du Paty.

En ce qui concerne les maisons, le seul changement tient dans la forme de la tour d’escalier qui passe de polygonale à carrée, préfigurant ainsi son intégration dans- œuvre.

Comme c’est le cas du point de vue de la structure des hôtels, le décor des maisons ne subit pas de grands changements dans sa conception. On le retrouve donc sur les ouvertures, les éléments de couronnement et les points de passage imposés par le système de distribution, parmi lesquels figure désormais la galerie.

Les hôtels du 47 rue Saint-Laurent et du 5 rue du Paty apparaissent comme une synthèse des formes nouvelles éprouvées durant les quarante premières années du 16e siècle. Les lucarnes du premier, de conception gothique, utilisent un vocabulaire inspiré de l’Antiquité.

Autre point intéressant, les deux plus grands hôtels du 47 rue Saint-Laurent et du 1 rue Giroust montrent sur leurs façades antérieures un alignement de petites fenêtres associées à une ou deux échauguettes, qui peuvent être interprétées comme l’affirmation des droits seigneuriaux dont leurs propriétaires sont titulaires, que l’évocation de l’architecture castrale sert à rappeler.

Aires d'études Nogent-le-Rotrou
Dénominations demeure, hôtel, maison
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou

Références documentaires

Documents d'archives
  • B.N.F, Département des manuscrits, Fond Baluze. 208 : MF 10696 (fol 198). Inventaire des titres.

  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

    Fol.34 recto
Bibliographie
  • ALIX, Clément. Les hôtels particuliers d'Orléans à la fin du XVe siècle et au XVIe siècle. In Actes du colloque L’hôtel particulier des capitales provinciales, une ambition française. (Paris, Cité de l’architecture et du patrimoine, 2- 3 décembre 2011, à paraître).

  • ASKLUND, Jacques, BONTEMPS, Daniel. Beaugency, l’évolution d’une ville en Val de Loire. Lyon : Lieux-Dits, 2013. (Cahiers du patrimoine, 103).

    p.109
  • BERNARDI, Philippe. La construction en pierre. In : ESQUIEU (Y.), PESEZ (J.-M.) dir. Cent maisons médiévales en France (du XIIe au milieu du XVIe siècle). Un corpus et une esquisse. Paris : C.N.R.S. éditions, 1998, p.55-61.

    p.55-61
  • CLABAUT, Jean-Denis. Les caves médiévales de Lille. Villeneuve-d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2001. 222 p.

    p.67
  • COSPEREC, Annie. Blois : la forme d'une ville. Paris : Imprimerie nationale, 1994. (Cahiers du patrimoine, 35).

    p.99
  • CRON, Éric, BUREAU, Arnaud. Saumur, Urbanisme, architecture et société. Nantes : Éditions 303, 2010. (Cahiers du patrimoine, 93).

    p.81
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, 1031-1789. Vannes : Lafolye, 1895.

  • DEFORGE, O. La maison urbaine au temps des foires de Champagne. L'exemple de Provins. In GARRIGOU-GRANDCHAMP, Pierre (dir.). La maison au Moyen-Age. Angoulême : CNAU, 2006.

    p. 191-206
  • DUBY, Georges (dir.), LE GOFF, Hervé, LE GOFF, Jacques, CHEDEVILLE, A. La Ville en France au Moyen Age. Des Carolingiens à la Renaissance. Paris : Seuil, 1998. 704 p.

    p.197
  • FAISANT, Etienne. L’Hôtel particulier à Caen aux XVe et XVIe siècles. In Actes du colloque L’hôtel particulier des capitales provinciales, une ambition française. (Paris, Cité de l’architecture et du patrimoine, 2- 3 décembre 2011, à paraître).

  • GARRIGOU-GRANDCHAMP, Pierre. Demeures médiévales : coeur de la cité. Paris : Desclée de Brouwer, REMPART, 1996. 126 p. (Patrimoine vivant : notre histoire, ISSN 0756-6875).

    p.19
  • GARRIGOU-GRANDCHAMP, Pierre. Considérations sur l'architecture domestique des XIIe-XIVe siècles à Châteauneuf. In GALINIE, Henri (éd.). Tours antique et médiéval. Lieux de vie, temps de la ville : 40 ans d'archéologie urbaine. Tours, FERACF, 2007. (supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France), p. 261-274

    p. 261-274
  • GARRIGOU-GRANDCHAMP, Pierre. L’architecture civile dans le paysage architectural urbain des provinces du Grand Ouest du XIIe au XIVe siècle. In MEIRION-JONES, Gwyn (dir.). La demeure seigneuriale dans l'espace Plantagenêt. Rennes : PUR, 2013, p.415-450

    p.415-450
  • GUERARD, Benjamin. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres. Tome 1. Paris : Imprimerie de Crapelet, 1840.

  • GUILLAUME, Jean, TOULIER, Bernard. Tissu urbain et types de demeures, le cas de Tours. In : La maison de ville à la Renaissance. Paris : Picard, 1983. (Coll. De Architectura).134 p.

    p. 9-23
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle : typologie et évolution en France du Nord et en Belgique. Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2002.

    p.211
  • LEPAREUR, Florence. Nogent-le-Rotrou à la fin du Moyen-Age. In : LECUYER-CHAMPAGNE, Françoise. Le roman des Nogentais : des origines à la guerre de Cent Ans. [Nogent-le-Rotrou] : [Musée municipal du château Saint-Jean], 2004.

    p.44-49
  • PAGAZANI, Xavier. La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600. Quétigny : La Librairie archéologique, 2014, 400 p.

    p.227
  • ROZIER, Hadrien. Nogent-le-Rotrou du Moyen Âge au début de l’époque moderne approches architecturales et morphologiques. Thèse de doctorat : Histoire de l'art : Tours, Université François Rabelais, École doctorale « Sciences de l'Homme et de la Société », Centre d’études supérieures de la Renaissance : soutenue le 1er décembre 2017. (dir. SALAMAGNE, Alain).

Périodiques
  • ALIX, Clément. L'habitat d'Orléans du 12e siècle au début du 15e siècle (état de la recherche : étude des élévations et apports de l'observation des caves). Revue archéologique du Loiret et de l'axe ligérien, Fédération archéologique du Loiret, 2007-2008, n°32, p. 123-147.

    p.123-147
  • CARRÉ Gaël, AUDEBRAND, Fabienne. Une maison du XIIe siècle à Dreux (Eure-et-Loir). Bulletin monumental, 2012, t. 170-IV, 2012, p. 309-322.

    p. 309-322
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien