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L'opération d'inventaire de La statuaire publique en région Centre-Val de Loire

Dossier IA00076179 réalisé en 2012

De 2010 à 2018, le service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la région Centre-Val de Loire a réalisé une étude sur la statuaire publique de la région, sur la période 1800-1950. L'enquête a été réalisée par Matthieu Chambrion et publiée dans la collection nationale "Cahiers du Patrimoine" sous le titre Statues dans la Ville.Un musée à ciel ouvert en Centre-Val de Loire1 ; la recherche a été reprise, complétée et achevée par Françoise Jouanneaux ; la relecture éditoriale des dossiers documentaires a été assurée par Marie-Amélie Guichard.

L'étude a porté sur la sculpture monumentale, les monuments architecturés et les fontaines exposés dans l'espace public, à l'exception des sculptures privées des espaces publics (cimetières), des sculptures des espaces publics couverts (monuments des églises) et des monuments aux morts. Elle a été initiée à partir des recensements existants, essentiellement celui du musée d'Orsay, et du fonds de cartes postales France Debuisson, afin de définir un corpus de départ, qui s'est enrichi par un travail de terrain systématique sur le territoire régional. Afin d'approfondir la connaissance historique de ces monuments publics, des recherches ont été menées dans les musées, pour répertorier les oeuvres qui leur sont liées, ainsi que dans les bibliothèques et les centres d'archives nationaux, départementaux et municipaux.

Colonne Marceau, 1800-1801 (Chartres).Colonne Marceau, 1800-1801 (Chartres).

Les données recueillies ont fait l'objet de 253 dossiers documentaires électroniques correspondant à 259 oeuvres : 171 statues ou monuments, 18 fontaines et 70 oeuvres apparentées, rédigés dans le logiciel GERTRUDE selon la méthodologie et les normes nationales de l’Inventaire général du patrimoine culturel, et illustrés par près 1 150 photographies. Elles sont interrogeables sur le portail de diffusion des données du Service Patrimoine et Inventaire : https://patrimoine.regioncentre.fr

Suite à l'étude, en concertation avec la Conservation Régionale des Monuments Historiques de la D.R.A.C. Centre-Val de Loire, quinze monuments de grande qualité et à la signification forte car honorant des personnalités ou des faits marquants de leur ville d'implantation, ont été inscrits au titre des Monuments historiques par arrêté du 20 novembre 2017 (comme la colonne Marceau à Chartres, ci-contre). Plusieurs autres ont d'ores et déjà été repérés qui, par leur intérêt historique et artistique, seraient susceptibles d'être protégés.

1CHAMBRION, Matthieu. Statues dans la ville. Un musée à ciel ouvert en Centre-val de Loire. Lyon : Lieux-Dits, 2015. (Cahiers du Patrimoine n°110)
Aires d'études Région Centre-Val de Loire

Annexes

  • Cahier des Clauses Scientifiques et Techniques

    1/ Contexte institutionnel et objectifs

    Pour une politique de protection raisonnée de la sculpture publique

    L'opération portant sur la statuaire et les monuments publics en région Centre-Val de Loire pour la période 1800-1950, est née de la volonté d'animer le réseau d’acteurs régionaux patrimoniaux dans lequel s’insère l'Inventaire et a découlé d'un constat simple : rien, des sculptures et monuments publics, n'est protégé en 2009 en région Centre-Val de Loire alors que certains d'entre eux sont anciens ou très dégradés en raison de leur exposition en extérieur.

    L’étude de la statuaire et des monuments publics, partie intégrante depuis 30 ans des recherches universitaires en histoire de l’art, a jusqu'à présent été partiellement envisagée en région Centre-Val de Loire, bien que les départements du Loiret et de l'Indre-et-Loire aient été largement pourvus en monuments de ce type.

    Il devenait donc urgent d'étudier ce patrimoine de moins en moins visible à l'emplacement qui lui était destiné à l'origine : outre les détériorations déjà mentionnées liées aux intempéries, les municipalités souhaitent redonner à leurs espaces publics un rôle structurant la vie dans la cité (quartiers piétonniers, adaptation aux circulations douces…) en déplaçant parfois les monuments ou en modifiant considérablement leur environnement, au détriment souvent des socles et piédestaux, qui en sont parties intégrantes. Ces aménagements vont parfois jusqu’à la dénaturation d'espaces publics anciens.

    Les recherches menées auprès des musées de la Région Centre-Val de Loire ont ensuite révélé le nombre et la qualité des oeuvres apparentées conservées dans les différents musées municipaux ou départementaux, permettant une connaissance plus approfondie de ces sculptures monumentales.

    L’opération d’inventaire s'est donné pour but de mobiliser les ressources lacunaires disponibles et de proposer une vue d'ensemble, à l’échelle de la Région.

    Les collaborations envisagées étaient les suivantes :

    - Conseil ou collaboration des membres de la Conservation Régionale des Monuments Historiques de la D.R.A.C. Centre-Val de Loire (conservateurs des objets mobiliers et recenseurs), d’universitaires et de spécialistes reconnus dans le domaine de la sculpture monumentale si nécessaire ;

    - Collaboration avec les équipes scientifiques des musées, pouvant déboucher sur des partenariats et la création d'expositions-dossiers autour d’oeuvres conservées dans ces établissements, en rapport avec la statuaire publique ;

    - Utilisation du réseau de compétences constitué tant par les experts de la Mission Inventaire général du patrimoine culturel du Ministère de la Culture que par les chercheurs d’autres services de l'inventaire travaillant sur des terrains ou des périodes comparables.

    2/ Descriptif de l’opération

    Un patrimoine urbain archétypal aujourd’hui devenu « invisible »

    2-1/ Délimitation de l’aire d’étude

    Les limites de l'aire d’étude étaient de trois ordres :

    - typologique : ont été étudiés les monuments architecturés et la sculpture monumentale ayant trouvé place sur l’espace public (espaces vides, aménagés, arborés, de circulation). Ont été exclus a priori pour ne pas déformer le corpus, les sculptures privées des espaces publics (cimetières), les sculptures des espaces publics couverts (monuments des églises) et les monuments aux morts. Les projets bien documentés et non réalisés ont pu faire l’objet de notices, de même que les fontaines présentant une décoration sculptée significative.

    - chronologique : la période considérée s'est étendue de la Révolution française à la Seconde Guerre Mondiale, « âge d’or » d’une sculpture académique propre à peupler les places des villes.

    - géographique : l'étude a concerné l'ensemble des monuments de la région Centre-Val de Loire.

    2-2/ Périodisations

    Plusieurs grandes périodes dans la construction des monuments publics se distinguent, tant à l’échelle nationale que régionale :

    - Première moitié du 19e siècle : un phénomène encore rare, ailleurs exceptionnel mais déjà représenté dans la région ;

    - Second Empire et Troisième République jusqu’à la Première Guerre mondiale : période faste de l’élévation des monuments aux grands hommes et des allégories de la République, avec la surreprésentation dans la région de la figure historique de Jeanne d’Arc.

    - Entre-Deux-Guerres et Deuxième Guerre mondiale : tassement dans le rythme de la construction des monuments, qui se veulent moins d’édification que d'agrément, puis réquisition des métaux non ferreux sous l'Occupation, avec dans un certain nombre de cas, refonte en bronze ou transposition en pierre ou marbre, après guerre, des statues démantelées.

    2-3/ Intérêt scientifique de l’opération

    La volonté de prendre en compte l’ensemble des manifestations régionales de ce mouvement national qui a couvert les places publiques de France de statues et de monuments a permis de dépasser le catalogue de monographies hétéroclites : par l’étude globale des sujets et des artistes choisis, des envois à la fonte de la Deuxième Guerre mondiale, c’est une identité régionale qui peut se faire jour.

    L’ambiguïté du statut des monuments et de la statuaire publics (architecture ou objet mobilier ?) a fait de cette étude une étape charnière dans l’élargissement actuel des pistes de recherche de l'Inventaire général du patrimoine culturel : analysant une forme architecturée qui prend sens dans l’espace urbain, elle a permis de placer ces objets mobiliers au coeur de la relation d’une communauté à son territoire.

    2-4/ Problématiques scientifiques

    Plusieurs aspects de ces monuments et statues publics ont été étudiés :

    - L’origine de la statue : s’agit-il d’une commande publique (à l’initiative de la ville, d’une association…), d’un dépôt de l’État ?

    - Le choix de l’artiste : est-il issu d’un concours ? S’agit-il d’un artiste local, régional, national ?

    - L’iconographie : le monument dépasse-t-il les stéréotypes et les modèles académiques ?

    - Le matériau : quelle est l’importance du coût dans le choix du projet ? Le monument est-il issu de fonderies d’art régionales ?

    - L’état au moment de l’étude : l’environnement est-il préservé ? Les œuvres sont-elles en bon état de conservation ?

    2-5/ Modes d'approche

    L’opération d’inventaire s'est définie comme un recensement exhaustif des statues et monuments (y compris de la partie architecturée) au sens entendu au paragraphe 2-1, édifiés entre la Révolution française et la Deuxième Guerre mondiale sur l’ensemble du territoire régional.

    L'étude s'est fondée sur les recensements existants, notamment celui du musée d’Orsay et sur le fonds de cartes postales anciennes France Debuisson (musée d'Orsay), afin de déterminer un premier corpus.

    Le travail de terrain a permis de compléter les données de départ, enrichies ensuite par le dépouillement de la bibliographie et des sources dans les centres d'archives municipaux et départementaux de la région ainsi qu'aux Archives nationales, dans les centres de documentation des musées régionaux et au musée des Années Trente de Boulogne-Billancourt. Ces recherches ont pu faire émerger un certain nombre d’« oubliés », de même que le recours aux archives a fait apparaître les détruits à la suite de l'envoi à la fonte pendant l'Occupation ou de destructions volontaires.

    Concernant les campagnes photographiques, il n’a pas été envisagé de procéder département par département : le nombre de villes concernées est limité, les fonds conservés en Archives départementales sont restreints. Il est apparu préférable de croiser les terrains et de rationaliser ces campagnes.

    Les monuments ont été géo-référencés, à l'exception des oeuvres conservées dans les musées.

    2-6/ Moyens personnels et techniques

    Un chercheur à temps plein a réalisé l'enquête d'inventaire.

    L’ensemble du personnel technique du Service Patrimoine et Inventaire a été mis à contribution.

    - Les photographes, mobilisés pour les prises de vue en extérieur et pour l'intégralité des collections documentaires associées (en particulier les fonds des musées).

    - Le pôle graphique a fourni les plans de situation (superposition d’états anciens et modernes et rectifications de l’espace urbain) et des relevés pour certains monuments très architecturés.

    - La gestionnaire du dossier électronique a été sollicitée lors de la création de l’architecture du dossier et pour assurer les relectures.

    2-7/ Calendrier

    L’opération était envisagée sur une période de trois ans, modulables en fonction d’éventuelles opérations de valorisation intermédiaire (expositions, petites publications). Restée inachevée au départ du chercheur en 2016, elle a été reprise à l'automne 2017 par un nouveau chercheur et s'est terminée un an plus tard.

    2-8/ Finalité

    L’objectif de l’étude était la mise en ligne de l’ensemble des données sur le portail de diffusion du Service Patrimoine et Inventaire et, à terme, dans les bases nationales, l'identification de monuments à protéger au titre des Monuments historiques et la valorisation des résultats sous la forme d'une publication de synthèse dans les collections nationales.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Sous-direction de l’archéologie, de l’ethnologie, de l’inventaire et du système d’information. Principes, méthode et conduite de l’inventaire général du patrimoine culturel. Dir. Hélène Verdier ; réd. Xavier de Massary et Georges Coste ; collab. Bruno Malinverno, Jean Davoigneau, Anne-Claire Viron-Rochet. 2e éd. Paris : Ministère de la culture et de la communication, 2007. (Documents et Méthodes, n°9) 

  • ARMINJON, Catherine, BILIMOFF, Michèle. L'art du Métal, Vocabulaire technique. Paris : Éditions du Patrimoine,1998.

  • FRANCE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Sculpture : méthode et vocabulaire. Réd. Marie-Thérèse Baudry ; collab. Dominique Bozo. Paris : Ed. du Patrimoine : Centre des Monuments nationaux : imprimerie nationale, 2000. (Principes d'analyse scientifique)

  • FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Direction de l'Architecture et du Patrimoine. Espace urbain : vocabulaire et morphologie. Réd. Bernard Gauthiez. Paris : Monum, éd. du patrimoine, 2003. (Principes d'analyse scientifique)

  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Architecture : description et vocabulaire méthodiques. Réd. Jean-Marie Pérouse de Montclos. Paris : Editions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2011. (Principes d'analyse scientifique)

  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Ornement : vocabulaire typologique et technique. Laurence de Finance, Pascal Liévaux. Paris : Editions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2014. (Principes d'analyse scientifique).

  • CHAMBRION, Matthieu. Statues dans la ville. Un musée à ciel ouvert en Région Centre-Val de Loire. Lyon : Éditions Lieux dits, 2015. (Cahiers du patrimoine, n° 110).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Chambrion Matthieu - Jouanneaux Françoise