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L'opération d'inventaire du patrimoine architectural et mobilier du Centre Hospitalier Régional d'Orléans

Dossier IA45002680 réalisé en 2011

Cahier des Clauses Scientifiques et Techniques

1/ Contexte général de l'étude

1-1. Contexte patrimonial national

L’opération d’inventaire du patrimoine du Centre Hospitalier Régional d’Orléans s’inscrit dans la volonté nationale de connaissance et de sauvegarde du patrimoine hospitalier, amorcée depuis plus d’une décennie. L’intérêt pour ce domaine trouve son origine dans le projet Présent et avenir du patrimoine hospitalier européen (PAPHE) lancé en 2000 par l’Assistance Publique/Hôpitaux de Paris (AP/HP), ayant pour objectifs la production d’un guide de référence du patrimoine hospitalier et la création d’un site Internet.

Dans la perspective d’une étude scientifique, l’AP/HP sollicita le concours de l’Inventaire général du patrimoine culturel (ministère de la culture) ; les services régionaux de Bourgogne, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Lorraine et Nord-Pas-de-Calais participèrent au programme d’étude. Plusieurs pays européens s’engagèrent dans le projet : Belgique, Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Italie et Finlande. Depuis l’achèvement du programme européen, à la fin 2001, les recherches sur le patrimoine hospitalier se poursuivent en France au sein de l’Inventaire général, de laboratoires de recherches d’universités, d’unités mixtes de recherche et de divers organismes tels que l’Institut National des Recherches Archéologiques Préventives (INRAP).

1-2. Contexte patrimonial spécifique de l’étude

1-2-1. Le Comité du patrimoine

Au début de l’année 2005, le service Culture du CHR d’Orléans a créé un comité du Patrimoine composé de personnels soignants ou administratifs, en activité ou en retraite, dont l'animation était essentiellement assurée par Catherine Gautier, Sylviane Pangaud et Philippe Minster. Ce comité avait pour objet, avant l’abandon du lieu ancien d’implantation rue Porte-Madeleine, et le transfert de l’ensemble des services dans le nouvel hôpital, l’étude des objets mobiliers de toute nature, particulièrement le mobilier médical. Sa mission se déclinait en trois volets : l’accompagnement des personnels et le recueil de leur témoignage au cours du changement progressif de lieu et d’organisation du CHR, la connaissance et la sauvegarde du patrimoine de l’établissement par la réalisation de son inventaire, enfin sa mise en valeur par l’élaboration d’un projet de présentation permanente dans un espace d’exposition prévu dans le nouvel hôpital.

1-2-2. Cadre de l’enquête

A la fin de l’année 2005, le comité du Patrimoine sollicita les compétences du Service régional de l’Inventaire (SRI), et plus particulièrement un encadrement scientifique et méthodologique de ses activités. S’inscrivant dans la dynamique des recherches menées par plusieurs services régionaux sur le patrimoine hospitalier, le SRI ouvrit un nouveau programme d’inventaire et signa avec le CHR d’Orléans une première convention de partenariat pour une durée de trois ans.

1-2-3. Conventions de partenariat

  • Convention 2006-2009

L’opération d’inventaire réalisée par Françoise Jouanneaux selon les exigences méthodologiques et les normes de l’inventaire général du patrimoine culturel débuta par l’étude du mobilier religieux de la chapelle de l’hôpital général et se poursuivit par la quête et le recensement du matériel médical conservé dans l’établissement. Le corpus des illustrations, constitué depuis plusieurs décennies, fut complété par plusieurs campagnes photographiques, soit une augmentation de 290 clichés numériques environ : objets religieux, instruments médicaux et quelques bâtiments (pavillon Sabatier avant sa démolition et chapelle de l’hôpital général). Les notices correspondant aux illustrations furent versées dans le système de gestion documentaire Cindoc, aboutissant à un total de 350 illustrations utilisables (une cinquantaine de clichés en sus est interdite de reproduction). En parallèle, 6 dossiers d’architecture et 140 dossiers d’objets mobiliers furent ouverts.

Le résultat des recherches déjà effectuées fut présenté au public à l’occasion d’expositions organisées lors des Journées Européennes du patrimoine en 2006, 2007 et 2008. Les objectifs et les activités du comité du patrimoine ainsi que le travail de l’Inventaire général furent développés lors d’une communication au cours de la Journée des Innovations du CHR d’Orléans en avril 2008.

  • Convention 2011-2012

Après une période d’interruption, la DIP (anciennement SRI) et le CHR d’Orléans ont souhaité renouveler la convention pour une durée de deux ans et reprendre l’opération d’inventaire en achevant l’étude des objets mobiliers et en y incluant celle de l’architecture du site Porte-Madeleine.

2/ Objet de l’étude

2-1. Contexture actuelle du Centre hospitalier régional d’Orléans

En 2011 les services du Centre hospitalier régional d’Orléans se partagent entre deux sites hospitaliers : le lieu ancien implanté rue Porte-Madeleine depuis 1675, et le site de la Source localisé au sud d’Orléans, inauguré en 1975, complétés par quatre établissements d’hébergement pour personnes âgées situés dans l’agglomération orléanaise : résidence Paul Gauguin à La Chapelle-Saint-Mesmin (ouverte en 1970), centre de cure médicale à Saran (en 1979), résidence Les Écureuils à Saint-Jean-de-Braye (en 1984), résidence Pierre Pagot à Orléans Saint-Marceau (en 1991).

Dans le cadre du regroupement de l’ensemble des activités de court et moyen séjours en un lieu unique, afin d’améliorer la qualité des soins et l’adaptation à la modernisation et à l’évolution permanente de la médecine, un nouvel hôpital, également situé sur le site de la Source sera ouvert en 2015, qui regroupera le centre gériatrique de soins de Saran (une composante du centre de cure médicale) et les deux structures hospitalières actuelles, conduisant à l’abandon définitif du site Porte-Madeleine.

2–2. Données historiques

Attesté au XIe siècle, le premier hôpital d’Orléans ou Vieil Hôtel-Dieu, fut probablement fondé à une date plus ancienne, sans doute par l’évêque Théodulfe (798-818), ce qui fait de lui l’un des plus anciens établissements hospitaliers de France. Réservé en particulier aux soins des malades et des enfants abandonnés, orléanais ou non, et à l’accueil des pèlerins, il fut implanté à l’intérieur de la première enceinte de la ville et dans le quartier canonial, sur le flanc ouest de la cathédrale Sainte-Croix. Édifice modeste à l'origine, il s'agrandit au gré des donations successives, en particulier dans la première moitié du 16e siècle, époque où la grande salle des malades, la salle Saint-Lazare, fut édifiée.

Après 1728, a chapelle et ses annexes furent démolies afin de permettre l’élévation de la façade occidentale et des deux tours de la cathédrale. Au XVIIIe siècle, l'hôtel-Dieu se composait de bâtiments distincts sans véritable cohésion : au centre, les locaux destinés aux malades (salle Saint-Lazare, infirmerie et cour de desserte) entourés de l'église, de ses annexes, des bâtiments d’intendance et des bâtiments destinés au personnel soignant, religieuses et religieux. De 1845 à 1848, il fut entièrement démoli pour des raisons sanitaires et afin de dégager les abords immédiats de la cathédrale. Quelques éléments architecturaux furent conservés, parmi lesquels le portail d’entrée du vestibule menant à la salle Saint-Lazare, déposé dans la cour de l’ancien hôtel des Créneaux et deux colonnes provenant de la même salle placées au Musée historique et archéologique de l’Orléanais.

Pour pallier la misère et la délinquance croissantes, un édit royal daté du 27 avril 1656 ordonna la création de l’Hôpital général de la ville de Paris pour y enfermer les mendiants, orphelins, malades et infirmes. Lui faisant suite, une déclaration royale du 14 juin 1662 décréta l’établissement d’un hôpital général " en toute ville et gros bourg du royaume ". Celui d’Orléans fut inauguré en 1675 sur l’emplacement de l’arsenal de la ville situé rue Porte-Madeleine. La construction de la chapelle, connue sous le vocable de Saint-Charles, établie sur les plans de l’architecte Jacques V Gabriel (1667-1742), fut entreprise en 1713 mais s’interrompit en 1717 ; elle ne sera achevée qu’en 1864.

De 1841 à 1844, un nouvel hôtel-Dieu fut construit sous la direction des architectes François Narcisse Pagot et Pierre-Charles Thuillier, près de l’hôpital général selon un plan encore hérité des formes de l’Ancien Régime mais dans lequel furent introduits les préceptes hygiénistes de Jacques-René Tenon.

Suivant la loi du 16 vendémiaire an V (7 octobre 1796) qui confiait la surveillance des établissements hospitaliers aux municipalités, l’hôtel-Dieu et l’hôpital général furent réunis en 1801 sous l’appellation d’Hospices Civils d’Orléans. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et au XXe siècle, divers pavillons (hospice Caroline, pavillon Sabatier, pensions pour vieillards...) vinrent compléter les bâtiments existants.

En 1956, les Hospices Civils d'Orléans prirent le nom de Centre Hospitalier Régional d’Orléans. En 1975, un nouvel hôpital de type tour sur socle, issu du modèle monobloc, répondant aux normes sanitaires alors en vigueur fut mis en service dans le nouveau quartier d'Orléans-La-Source. En 2015, le Nouvel Hôpital d'Orléans sera inauguré qui réunira l'ensemble des services du site ancien de la Porte-Madeleine et du site de La Source.

2-3. Documentation

  • Documentation historique

Il existe peu de travaux publiés sur les établissements hospitaliers et de bienfaisance d’Orléans hormis la monographie sur l’hôtel-Dieu de Pierre Bouvier parue en 19145 et l’article de Daniel Bontemps sur l’édification de la chapelle de l’hôpital général6. En revanche, des recherches relativement approfondies furent conduites dans les années 1970 par l’abbé Gaillard, aumônier du CHR, présentées sous forme de notes manuscrites7. En ce qui concerne la couverture photographique, une campagne visant à établir un état des lieux de l’architecture de la chapelle de l’hôpital général fut effectuée par le Centre de Recherche des Monuments Historiques en 1983 (Daniel Bontemps), qui déboucha sur la création d’un corpus de 112 clichés accessibles sur la base de données Mediathek (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, ministère de la culture).

  • Documentation constituée par le SRI (1973-1990)

Une documentation iconographique (plans, dessins, gravures) fut rassemblée durant la décennie 1970, une étude ponctuelle sur une sélection d’objets religieux fut ensuite menée en 1982 par Georges Coste dans le cadre de l’exposition photographique du SRI, L'Art religieux en Orléanais, présentée dans la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier (30/03-25/04/1982), enfin, une campagne de reproduction de cartes postales anciennes fut réalisée en 1990. Ces recherches aboutirent à l’élaboration de 16 notices dactylographiées d’objets mobiliers illustrées par une centaine de photographies argentiques.

2-4. Délimitation de l’aire d’étude

L'enquête d'inventaire concerne le patrimoine hospitalier ancien d'Orléans : le premier hôtel-Dieu implanté au Moyen Age près de la cathédrale Sainte-Croix et détruit au milieu du 19e siècle, connu par des documents graphiques et des vestiges architecturaux, et les bâtiments anciens de la rue Porte-Madeleine : l'hôpital général et le nouvel hôtel-Dieu. L'étude a également englobé l'ensemble des objets mobiliers conservés sur le site : le mobilier et les objets religieux provenant essentiellement de la chapelle Saint-Charles de l'hôpital général, et de salles de malades, le matériel médical et les objets et meubles civils et domestiques recueillis dans les différents services hospitaliers et administratifs.

N'ont pas été pris en compte dans le cadre de cette recherche, les cinq autres sites relevant du Centre Hospitalier Régional d'Orléans : le Centre hospitalier de La Source implanté au sud de la Loire, inauguré en 1975, et les quatre établissements d'hébergement pour personnes âgées situés dans l'agglomération orléanaise : Résidence Paul Gauguin ouverte à La Chapelle-Saint-Mesmin en 1970, Centre de cure médicale à Saran en 1979, Résidence Les Écureuils à Saint-Jean-de-Braye en 1984 et Résidence Pierre Pagot à Orléans-Saint-Marceau en 1991.

2-5. Conditions de l'enquête

Les sources anciennes qui traitent du premier hôtel-Dieu et de l'hôpital général ont disparu dans leur majorité. En effet, le bâtiment abritant les archives départementales a été pratiquement détruit par l'incendie qui a suivi le bombardement du 18 juin 1940, entraînant la destruction de près de 80 % du fonds. Pour les séries concernées, l'inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, établi en 1925, reste l'unique document de référence. De nombreuses informations figurant dans les dossiers, se rapportant en particulier au matériel médical, ont été recueillies oralement auprès du personnel du centre hospitalier.

3/ Enjeux scientifiques

3-1. Enjeux nationaux

Outre l’hôpital général des XVIIe et XVIIIe siècles dont les bâtiments sont bien conservés, l’hôtel-Dieu présente un intérêt indiscutable.

Inauguré en 1844 c’est un établissement de transition qui mêle la structure de l’hôpital " classique " (bâtiment d’entrée ostentatoire au fond d’une large cour d’honneur, plan en damier à plusieurs cours) à une structure embryonnaire en « peigne » (bâtiments indépendants reliés par une galerie de circulation ceinturant la cour centrale). Construit quinze ans seulement après l’hôpital Saint-André de Bordeaux (1829) mais dix ans avant l’hôpital Lariboisière à Paris (1854), il constitue un chaînon important de la chronologie des hôpitaux en France.

3-2. Enjeux locaux

L’enquête d’inventaire s’est inscrite dès l’origine dans le projet de déménagement définitif des services hospitaliers implantés sur le site Porte-Madeleine et dans le processus d’abandon des bâtiments à l’horizon 2015. Leur devenir, en particulier celui des bâtiments anciens, reste à définir ; les perspectives restant actuellement encore imprécises. La connaissance du patrimoine architectural et mobilier du Centre hospitalier régional d’Orléans pourrait ainsi induire une politique de réhabilitation et de réaffectation du site.

A l'issue de l'étude, les objectifs définis au commencement de l'opération, en particulier la connaissance du mobilier ancien dans la perspective de sa conservation et de sa valorisation, se sont confortés et pourraient trouver leur aboutissement dans la création d'un espace muséal permanent.

4/ Modes d’approche

Le projet nécessite, outre l’étude des objets mobiliers, l’examen extérieur et intérieur des bâtiments intéressant la recherche ainsi que l’analyse des documents d’archives s’y afférant (archives hospitalières et de l’aumônerie du CHR, archives municipales d’Orléans, archives départementales du Loiret, archives nationales, médiathèque d’Orléans, bibliothèque nationale de France et bibliothèques universitaires spécialisées dans le domaine de la santé).

5/ Calendrier

L’inventaire et les opérations de valorisation seront réalisés sur les années 2011 et 2012, en tenant compte d’une marge d’erreur d’un ou deux mois, inhérente à la recherche.

6/ Restitution des résultats

6.1. Dossier électronique

L’enquête aboutira à la constitution de dossiers documentaires électroniques, établis selon les normes de l’Inventaire général et mis à la disposition du CHR d’Orléans. Ces dossiers seront réalisés à l’aide du progiciel Renabl6, en incluant un module cartographique de géoréférencement de l’ensemble des données recueillies, et ensuite versés dans le logiciel GERTRUDE afin d'être interrogeables par le public.

6.2. Publication

Une publication est prévue, éventuellement éditée sous une forme électronique, dont le format et le contenu seront définis au fur et à mesure de l’avancée de l’étude.

7/ Moyens humains et techniques

7.1. Moyens fournis par la DIP

Le personnel technique de la DIP sera sollicité :

  • photographes pour les prises de vue d’architecture, d’objets mobiliers et de documents anciens ;
  • topographe-cartographe pour les relevés de bâtiments, en particulier la chapelle de l’hôpital général ;
  • gestionnaire du dossier électronique ;
  • administratrice des bases de données pour la gestion des photographies sous Cindoc.

7.2. Moyens fournis par le CHR d’Orléans

Le personnel technique du CHR d’Orléans sera sollicité :

  • les photographes du service audio-visuel afin à réaliser des prises de vue, en particulier des objets mobiliers ;
  • le Service technique pour d’éventuels besoins matériels.
Aires d'études Centre hospitalier régional d'Orléans
Adresse Commune : Orléans
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Jouanneaux Françoise