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Les aménagements portuaires de la Loire : commune de Saint-Firmin-sur-Loire (Loiret)

Dossier IA45002759 réalisé en 2008
Aires d'études Région Centre-Val de Loire
Adresse Commune : Saint-Firmin-sur-Loire

A Saint-Firmin-sur-Loire, la première mention relative à un port remonte à 1403, date à laquelle est rédigé un acte qui précise le nom des propriétaires du port : le comte de Sancerre et le seigneur de Briare. En 1784, des bateaux chargés de charbon de terre des mines d'Auvergne se rendant à Paris sont surpris par le mauvais temps. L'ouragan et l'orage sont "devenus si violents que les bateaux ont été submergés et coulés à fond par les vagues" à hauteur du port de Saint-Firmin. On ne connaît pas la situation exacte de cette structure. Au XIXe siècle, on distingue deux ports sur la commune : le port de la Mothe et le port de la Chevrette. Le premier est cité en 1812 dans un rapport adressé au directeur général des Ponts-et-Chaussées et proposant la réunion du port de la Mothe avec ceux de Châtillon-sur-Loire (Roche) et de Saint-Brisson en un seul arrondissement surveillé par un garde-port unique résidant à Châtillon. Il semblerait que ce port ait été aménagé en 1832 par l'Etat. D'après un courrier adressé à l'ingénieur en 1852, le port de la Mothe aurait été établi en vertu de l'ordonnance de 1672 relative à l'approvisionnement de Paris parce qu'il était facile d'y amener des marchandises et que le chargement des bateaux pouvait s'y faire par tous les temps. Le port de la Chevrette n'est pas représenté sur le cadastre napoléonien de 1824 mais est cité en 1852 comme une installation très ancienne. Le bac reliant les villes de Briare et de Saint-Firmin est attesté dès 1573. Il est assez fréquenté en 1840 et est desservi par trois bateaux en chêne en bon état. Les abords sur les deux rives sont praticables, des rampes d'accès ont été ouvertes dans les chantiers, mais lorsque les eaux sont hautes (pendant 8 mois de l'année environ) on est obligé de déplacer le passage 500 mètres en aval. Les crues de 1846 et 1856 endommagent l'ancienne rampe d'abordage du bac "en terre et gazon" de sorte qu'en 1862, on doit utiliser une autre rampe en meilleur état située un peu en amont mais qu'il n'est pas possible d'aborder par temps de basses eaux. On projette alors de remettre en état l'ancienne rampe. Déjà en 1851, on avait projeté de construire sur la berge du chantier une rampe longitudinale de 3 mètres de large et 0,12 m pm de pente avec talus perreyé et marchepied bloqué en moellons. On ne sait pas si ces travaux ont été effectués. En 1867, le maire de Briare demande que, dans l'intérêt des voyageurs du chemin de fer de Bourbonnais, les heures de départ du bac entre Briare et Saint-Firmin soient en concordance avec les heures d'arrivée des trains. Il est décidé que les horaires au départ de Saint-Firmin seront fixés en fonction des horaires des trains. Le service du bac existe jursqu'à l'extrême fin du XIXe siècle (dernier bail du fermier : 1889-1894).

Le port de la Mothe était situé rive gauche près du château de la Mothe (en amont du bourg de Saint-Firmin). En 1852, il présentait une étendue de 24 ares et mesurait 200 mètres de long. Il était la propriété de Stanislas Champault demeurant à Saint-Firmin qui percevait un droit fixé par le tarif du garde-port. Les marchandises embarquées consistaient en bois de construction, bois à brûler, fagots et écorces. La superficie de ce port, très fréquenté à cette date, est jugée insuffisante car on est obligé de déposer une grande quantité de bois "sur les terres à l'intérieur de la route" ce qui augmente les frais d'embarquement. On envisage alors de le prolonger vers la partie aval en exhaussant le terrain pour le mettre à l'abri des crues ordinaires. Le port de la Chevrette était implanté plus en amont, sur la rive gauche, à cheval sur les deux communes de Saint-Firmin et Saint-Brisson. Il proposait une étendue de 64 ares en 1852 et appartenait à l'Etat. Les marchandises embarquées étaient le bois de construction, le bois à brûler, les fagots et les écorces. L'accès au bac de Saint-Firmin s'effectuait en 1851 un peu en aval du bourg, vis à vis la ville de Briare. Aucun ouvrage n'a été repéré sur le terrain par la DIREN pour la commune de Saint-Firmin-sur-Loire.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN, F 14 589. Rapport du 28 février 1812 sur les ports de Saint-Rambert à Briare envoyé au directeur général des Ponts-et-Chaussées.

  • AN, H 4 2993. Péage de Saint-Firmin (1237-1754) : mention d'un port à Saint-Firmin en 1403 et d'un bac en 1573.

  • AN, F 14 6641. Mention d'une petite rampe en amont du bourg de Saint-Firmin en 1856.

  • AD Loiret, liasse 30872. Etat des ports de la Loire dressé en 1852 par le Service spécial de la Loire : mention du port de la Mothe et du port de la Chevrette à Saint-Firmin.

  • AD Loiret, liasse 30877. Liste des ports et bas-ports exécutés en partie par l'Etat, 27 mai 1860.

  • AD Loiret, liasse 30937. Situation des rampes d'accès des bacs sur les deux rives de la Loire (1er arrondissement, 3ème section) : mention du bac de Saint-Firmin et de la rampe d'abordage de la rive gauche.

  • AD Loiret, liasse 30938, Rapport de l'ingénieur ordinaire Sainjon, 10 mars 1863 relatif à l'amélioration du chemin d'accès du bac de Briare sur la rive gauche à Saint-Firmin.

  • AD Loiret, O supplément 373 / 1 D 2. Demande d'établissement d'un bac à voiture entre Saint-Firmin et Briare, 1er mars 1868.

  • AD Loiret, 2 S 49. Situation des bacs dans le département du Loiret, 31 décembre 1840 (mention du bac de Saint-Firmin).

  • AD Loiret, 2 S 49. Nomenclature des ports du service spécial de la Loire (1er arrondissement, 3ème section) par le conducteur principal, 30 novembre 1852 : mention des ports de la Mothe et de la Chevrette à Saint-Firmin.

  • AD Loiret, 2 S 49. Délimitation de l'étendue du port du bac de Saint-Firmin, 24 octobre 1858.

  • AD Loiret, 2 S 100. Courrier de Perret (subdivisionnaire ?) adressé à l'ingénieur, 32 juillet 1852.

  • AD Loiret, 2 S 102. Renseignements statistiques dans le Loiret, avril 1860, ports et bas ports exécutés par l'Etat : mention du port de la Mothe à Saint-Firmin construit en 1832.

Documents figurés
  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/5000e, détail, 1867. Par Perrodil (ingénieur). (archives départementales du Loiret, 2 S 281). (cf. illustration n° IVR24_20084501017NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/5000e, 101 x 64, planche 4, détail, 1834. Par Navarre (ingénieur). (archives nationales, site de Paris, CP F 14 100 66/1, dossier 1, pièce 1). (cf. illustration n° IVR24_20084501016NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/5000e, 101 x 64, planche 4, 1834. Par Navarre (ingénieur). (archives nationales, site de Paris, CP F 14 100 66/1, dossier 1, pièce 1). (cf. illustration n° IVR24_20074500548NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/20 000e, 1862. Par Sainjon (ingénieur). (archives départementales du Loiret, Liasse 30938). (cf. illustration n° IVR24_20084501013NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/20 000e, cadastre napoléonien, tableau d'assemblage, 1824. (archives départementales du Loiret, 3 P 276). (cf. illustration n° IVR24_20084501019NUCA).

  • Encre et aquarelle sur papier, Ech. 1/2500e, cadastre napoléonien, section B1, 1824. (archives départementales du Loiret, 3 P 276). (cf. illustration n° IVR24_20084501018NUCA).

Bibliographie
  • Gache Paul, "Histoire de Briare avant le canal", 1987, p 179.

Périodiques
  • Miéjac, Emmanuelle, « Histoire des franchissements de la Loire entre Cosne-sur-Loire et Gien du XIIe au XIXe siècle, in : Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, n° 143, septembre 2000, pp 3-26.

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