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Les demeures des lotissements d'Orléans (1880-1970)

Dossier IA45002961 réalisé en 2009

Fiche

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Introduction

L'étude des demeures et des immeubles a été effectuée entre 2008 et 2010. Les limites géographique et chronologique ont été définies en fonction de l'étude des lotissements d'Orléans. Par conséquent, seules les habitations construites au sein des lotissements qui font l'objet d'un dossier ont été repérées (voir le dossier intitulé Les lotissements d'Orléans). La limite chronologique inférieure du repérage a été déterminée par la date de création des premiers lotissements étudiés (1880) qui correspond également à la naissance du quartier Dunois. L'étude s'achève sur les constructions du troisième quart du 20e siècle (1970).

Immeuble, 24 rue Pasteur, plan du rez-de-chaussée, janvier 1906. (Archives communales d'Orléans, 5 J 261).Immeuble, 24 rue Pasteur, plan du rez-de-chaussée, janvier 1906. (Archives communales d'Orléans, 5 J 261).Le repérage des édifices peu ou non remaniés s'est fait depuis la rue et seuls 10 édifices ont été visités. La distribution intérieure a ainsi été abordée principalement à partir des descriptions fournies par les fiches auxiliaires cadastrales conservées aux archives municipales et communautaires d’Orléans, qui mentionnent la date d'achèvement des constructions nouvelles à partir de 1860, et offrent une brève description des habitations (nombre de logement, type de pièces). Les archives municipales et communautaires d’Orléans conservent par ailleurs les permis de construire (avec plan) à partir de 1904 (casier sanitaire, série 5J).

Immeuble, 26 rue Pasteur, élévation de la façade, 1906. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 261).Immeuble, 26 rue Pasteur, élévation de la façade, 1906. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 261).Plusieurs raisons ont motivé l'agrégation des maisons individuelles et des immeubles au sein d'un même dossier collectif. Ce parti pris avait d'ailleurs été adopté lors du pré-inventaire normalisé de la commune de Maisons-Alfort à la fin des années 1980 ou dans le cadre de l'étude de l'agglomération balnéaire de Cayeux-sur-Mer dans les années 2000. D'une part, jusqu'aux années 1930, ces deux catégories d'édifices utilisent les mêmes procédés constructifs et les mêmes matériaux. D'autre part, il est apparu intéressant de lier ces deux catégories afin de mieux les comparer, d'en souligner les caractères discriminants, et d'en relever les catégories intermédiaires qui illustrent le phénomène de l'habitation partagée. L'un des objectifs était donc de mettre en évidence les différents modes d'occupation d'une habitation à partir des observations de terrain et des plans conservés. Il était impossible de comptabiliser avec précision la part des maisons et des immeubles. En effet, si nous mettons en évidence certains éléments discriminants, à la base de la constitution des types architecturaux, la simple analyse de la façade n'a pas toujours permis de distinguer la maison de l'immeuble, ces deux catégories se confondant parfois en zone périphérique.

Les types architecturaux ont dans un premier temps été déterminés en fonction des catégories existantes : la maison, l'hôtel, l'immeuble. L'étude menée par l'architecte Élisabeth Blanc-Duché, achevée en 20081, pour la création de la Zone de Protection du Patrimoine Urbain et Paysager (Z.P.P.A.U.P.) a fourni une première grille d'analyse. Pour l'étude du bâti, deux axes avaient été définis par l'architecte : élaborer une typologie du bâti d'une part, recenser les édifices présentant un grand intérêt architectural d'autre part. L'analyse du bâti courant effectuée par Élisabeth Blanc-Duché a particulièrement retenu notre attention : les bâtiments "ont été analysés et repérés en se basant sur une typologie d'occupation et d'usage, croisée avec une classification en grandes époques de construction, engendrant des spécificités stylistiques et constructives" (ibid., p. 74). Cinq grands types architecturaux ont finalement été définis par É. Blanc-Duché :

  • La maison à boutique ou atelier
  • La maison de ville ou particulière
  • L'hôtel particulier
  • Les bâtiments d'activités
  • L'immeuble de rapport

Cependant, cette typologie reposait principalement sur l'analyse du bâti de l'intra-mail et des boulevards (les mails). En effet, les faubourgs et les quartiers extérieurs aux mails (quartier Dunois, quartier Vauquois, avenue Dauphine) ont été traités d'un point de vue d'ensemble en raison des prescriptions liées à la commande de la Z.P.P.A.U.P. Dans ces secteurs bâtis principalement à l'époque contemporaine, l'étude portait davantage sur le paysage urbain et l'architecture a surtout été abordée d'un point de vue stylistique. Il restait donc à mener une étude du bâti courant des XIXe et XXe siècles, peu abordé par É. Blanc-Duché.

I. Résultats de l'enquête

A. Attribution et datation

Les 1971 édifices repérés dans les 70 lotissements étudiés se répartissent comme suit. Pour les édifices bâtis autour de 1900 et dont la date d'édification restait difficile à établir, nous avons ajouté la période 1890-1910 (dans l'ensemble de la périodisation, les édifices ne sont comptabilisés qu'une seule fois) :

Période

Nombre d'édifices

1880-1900

343

1890-1910

50

1900-1920

295

1920-1940

640

1940-1970

643

Signatures :

Nous avons repéré 59 édifices signés, soit 3 % des édifices du corpus. Ces signatures mentionnent le nom de l'architecte ou celui de l'entrepreneur, parfois les deux. L'architecte ayant le plus signé ses réalisations est Roger Croissandeau, en particulier dans le lotissement des Champs-Élysées au début des années 1930, où il est le plus souvent associé à l'entrepreneur J. Roy.

La liste de ces édifices signés est consultable en annexe (ci-dessous).

Un seul édifice porte en façade la plaque d'un artisan : la maison située n° 8 rue Paul-Gauguin, construite en 1958 pour Aldo Morsoletto, plâtrier carreleur.

Dates portées :

Maison, 20 rue des Platanes, 1938.Maison, 20 rue des Platanes, 1938.

Seulement 12 dates portées ont été rep, essentiellement portées en façade des maisons, construites entre 1891 et 1938. Il n'y a pas de secteur privilégié par les maîtres d'œœuvre. Les dates apparaissent dans la plupart des cas sur des plaques apposées en façade ou gravées dans la pierre. La date portée en grosses lettres en façade de la maison située au n° 20 rue des Platanes (illustration ci-contre) est donc tout à fait singulière.

La liste de ces 12 dates portées est consultable en annexe (ci-dessous).

Appellations portées :

Il faut enfin signaler les appellations portées en façade qui restent très rares :

  • Maison "Ker Mauricette", 22 bis rue de Châteaudun (1929) : de "Ker" signifiant la maison en breton
  • Maison "La roseraie", 16 rue Landreloup
  • Maison "Les roses", 2 impasse de Java
  • Maisons de la cité René-Depallier : "les poiriers", "les pommiers", "les rosiers"
  • Maison "La Treille", 12 rue Vandebergue-de-Villiers : du nom du village situé près de Marseille.
  • Maison "Le nid", 15 allée du Clos-Vert (1926)
  • Maison "Ma Chaumière", 16 rue Alfred-Cornu (1931)
  • Maison, 62 avenue Dauphine : "Parva sed apta mihi / mox nid". L'expression "Parva sed apta mihi" est tirée du vers d'Horace signifiant "elle est petite mais elle me convient". "Mox nid" signifie "bientôt le nid".
  • Maison Art Nouveau dite "Villa Amélie", 9 bis avenue de Paris (1904)

B. Situation géographique des édifices repérés

Les édifices repérés se répartissent selon les secteurs comme suit :

- Secteur Dunois : 484 (24 %)

- Secteur Madeleine : 461 (23 %)

- Secteur Argonne : 337 (17 %)

- Secteur Sud Loire : 279 (14 %)

- Secteur Bannier (hors quartier Dunois) : 168 (9 %)

- Secteur intra-muros : 78 (4 %)

- Secteur Bourgogne / Saint-Marc : 69 (4 %)

- Secteur Gare / Faubourg Saint-Vincent : 64 (3 %)

- Secteur Gare / Saint-Vincent : 31 (2 %)

Les édifices sont par ailleurs inégalement répartis en fonction de leur date de construction. En effet, jusqu'en 1920, les constructions sont principalement localisées dans les quartiers Dunois (qui domine largement jusqu'en 1900), Madeleine et sud Loire (en particulier avenue Dauphine et rue de Vaucouleurs). Entre les deux-guerres, les constructions sont plus nombreuses dans le quartier Madeleine (nombre équivalent au quartier Dunois entre 1880 et 1900), suivi du secteur Argonne. Après 1940, le quartier de l'Argonne poursuit son urbanisation aux côtés du quartier Madeleine et de la rive sud d'Orléans.

Si l'étude des lotissements et de ses composantes bâties ne recouvre pas l'ensemble du territoire urbanisé, le nombre d'édifices comptabilisés et leur répartition géographique illustrent cependant l'orientation de l'urbanisation orléanaise entre les années 1880 et 1960. On observe ainsi une très nette domination d'Orléans nord, en particulier des quartiers Dunois et Madeleine aujourd'hui plus denses, par rapport à Orléans sud.

C. Implantation des édifices

Sur les 1971 édifices repérés (fig. 4), 1121 sont situés à l'aplomb de la voie (57 %), 826 sont en retrait de la rue (42 %) et seuls 24 édifices sont implantés en fond de parcelle (1 %). Entre les années 1880 et les années 1960, l'implantation à l'aplomb de la voie diminue au profit d'un retrait derrière une cour ou un jardin : alors que 592 édifices construits entre 1880 et 1920 sont alignés (53 %), 430 le sont entre 1920 et 1940 (38 %), et 99 après 1940 (9 %). La tendance inverse s'observe ainsi pour les habitations situées en retrait : de 83 avant 1920 (10 %), leur nombre passe à 200 entre les deux guerres (24 %) puis à 543 après 1940 (66 %). Par ailleurs, l'implantation en fond de parcelle s'observe principalement avant 1940 (23 cas contre 1 seul après 1940).

Maisons étroites en série, Lecomble entrepreneur, 50-54 rue de Vauquois.Maisons étroites en série, Lecomble entrepreneur, 50-54 rue de Vauquois.On peut également observer une évolution concernant l'implantation des édifices par rapport aux limites latérales. Dans l'ensemble, 964 édifices (49 %) occupent toute la largeur de la parcelle, 748 édifices (38 %) conservent au moins une mitoyenneté partielle et 247 sont isolés dans la parcelle (13 %). L'implantation perpendiculaire à la rue est un phénomène isolé dans les lotissements orléanais avec seulement 11 cas observés (moins de 1 %). Avant 1920, les édifices sont majoritairement alignés et mitoyens. Un équilibre s'observe ensuite entre les deux guerres : sur les 430 édifices situés à l'aplomb de la voie, 206 sont mitoyens (illustration ci-contre, 50-54 rue Vauquois, 1928) et 216 sont demi-mitoyens, contre 5 cas seulement isolés. Pour les édifices établis en retrait, la mitoyenneté partielle domine avec 99 cas observés entre 1920 et 1940, contre 45 édifices isolés et 54 mitoyens.

Cette évolution morphologique, qui reflète la tendance française, est relative à la position des lotissements dans la ville, de plus en plus éloignés du centre, ainsi qu'aux règlements inscrits dans les cahiers des charges des lotissements dès les années 1920 puis au règlement municipal établi en 1949 qui favorise le développement du tissu pavillonnaire.

D. Structure et élévations

Les principaux édifices comportent :

  • un rez-de-chaussée et un étage carré (796, soit 40 % du corpus)
  • un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble (306, soit 15 % du corpus)
  • un rez-de-chaussée et un étage de comble (256, soit 13 % du corpus)
  • un rez-de-chaussée seul (157 soit 8 %)
  • un rez-de-chaussée et deux étages carrés, avec ou sans étage de comble (154 soit 8 %)

La cave (non comptabilisée) est un attribut essentiel des maisons et immeubles orléanais au moins jusqu'en 1940. Les édifices qui en possèdent sont alors généralement surélevés de quelques marches. Par ailleurs, 166 édifices possèdent un étage de soubassement. Jusqu'en 1940, celui-ci est davantage employé pour racheter le dénivelé du sol par rapport à la rue. C'est le cas rue de Lutèce et rue Denis-Papin où ce niveau est directement accessible depuis la cour arrière. De même, dans le lotissement du Baron, le soubassement des maisons des rues transversales est accessible depuis le jardin en fond de parcelle. Le soubassement à usage de garage et de pièces de service (buanderie, cuisine) portant un rez-de-chaussée surélevé, apparaît au cours des années 1920-1930. Lorsqu'il n'est pas enterré ou simplement semi-enterré, le rez-de-chaussée est accessible par un escalier extérieur situé en façade antérieure ou en pignon.

Partant de l'hypothèse que certains types d'élévations pouvaient être liés à des usages de l'espace spécifiques et circonscrits dans le temps, et ainsi par leur répétition définir un paysage, nous avons donc croisé le champ élévation avec les champs suivants (sauf mention contraire, les édifices d'angle ne sont pas pris en compte dans les chiffres mentionnés) :

  • Nombre de travées
  • Date de construction (toutes les deux décennies)
  • Fonction (présence d'une boutique, d'un bureau ou d'un atelier lié à une profession)
  • Implantation par rapport à la rue et aux limites séparatives
  • Position du pignon par rapport à la rue
  • Existence d'un décrochement de façade

On peut d'abord observer la prééminence des édifices à deux ou trois travées en façade (85 % du corpus), avec une nette domination des édifices à deux travées (46 % du corpus). Les édifices qui ne comportent qu'une travée en façade ne représentent en revanche que 6 % du corpus (édifices perpendiculaires à la rue) tandis que les édifices à 4 travées représentent 4 % du corpus.

Répartition des édifices en fonction de leur élévation

On observe que les édifices en rez-de-chaussée (157) sont majoritairement implantés en retrait de la rue (102) et sont alignés dans 45 cas et en fond de parcelle dans 10 cas. Les édifices implantés en retrait conservent principalement une mitoyenneté partielle (55) ou sont totalement isolés des limites mitoyennes (35). Ces maisons en rez-de-chaussée ont trois travées en façade dans 60 % des cas (avec une porte le plus souvent médiane) tandis que 17 % possèdent deux travées (avec une entrée en pignon ou en façade postérieure). Les 18 maisons qui comportent quatre ouvertures en façade sont bâties pour l'essentiel (16) après la Seconde Guerre mondiale. Les édifices en rez-de-chaussée se situent en particulier dans le quartier de l'Argonne (62) et ont été construits surtout après 1940.

Pavillons, 72-74 rue du Faubourg-Madeleine.Pavillons, 72-74 rue du Faubourg-Madeleine.Les 256 maisons qui possèdent un rez-de-chaussée et un étage de comble sont également implantées principalement en retrait de la rue (161 cas contre 88 maisons alignées), en semi-mitoyenneté (117 cas) ou isolées (79 cas). Ces maisons ont été construites dans 41 % des cas entre 1920 et 1940 et dans 50 % des cas après 1940. Sur ces 256 maisons, 117 (soit 46 % des cas) ont un pignon orienté sur la rue, et en retrait dans 75 cas. Ces maisons à pignon sur rue sont majoritairement bâties entre les deux guerres (67 %).

Les édifices à un étage carré, avec ou sans étage de comble (1102 au total, y compris les édifices d'angle ; 998 sans les édifices d'angle), se situent dans le quartier Dunois principalement (35 % des cas) puis dans les quartiers Madeleine (23 % des cas) et Argonne (15 % des cas).

Les 514 édifices à un étage carré qui comportent deux travées en façade sont implantés selon quatre positions principales : 265 édifices sont alignés et mitoyens (52 %), 108 sont en retrait et demi-mitoyens, 64 sont alignés et demi-mitoyens, 62 sont en retrait et mitoyens. Sur les 336 édifices comportant trois travées en façade, on observe également une nette domination de l'implantation à l'alignement et en mitoyenneté (212 cas, soit 63 %). Les 124 autres édifices sont implantés en retrait et en mitoyenneté partielle dans 38 cas, en retrait mitoyen dans 29 cas, en retrait isolé dans 27 cas et alignés et semi-mitoyens dans 26 cas.

Petits immeubles jumelés, 35-37 rue du Maréchal-Foch, vers 1890.Petits immeubles jumelés, 35-37 rue du Maréchal-Foch, vers 1890.Les édifices qui possèdent au minimum deux étages carrés représentent moins de 10 % du corpus (soit 192 édifices). Ils sont très majoritairement alignés sur la rue et mitoyens (90 %). Les édifices qui présentent deux ou trois travées en façade (hors position d'angle) n'excèdent pas les trois étages carrés (50 cas à deux travées et 51 à trois travées). Au-delà, les 23 édifices comportant au moins quatre étages carrés sont surtout implantés en retrait de la rue (21 cas) et construits après 1940 (20 cas). Les deux tiers des édifices à deux étages carrés se situent soit dans le quartier Dunois (57 cas), soit intra-muros (53 cas). Tandis qu'à partir de trois étages carrés (38 au total), ils se situent principalement dans le quartier de la gare (14 cas) et intra-muros (lotissement des Champs-Élysées, 12 cas).

Maison à boutique, 1 rue de la Concorde.Maison à boutique, 1 rue de la Concorde.

Enfin, 32 édifices à boutique en rez-de-chaussée ont été repérés. Ils se situent dans 20 cas à l'angle de deux rues. On les observe dans les quartiers ouvriers ou en bordure de voies principales : dans les lotissements du Baron, des Champs-Élysées, Delagrange, Dauvesse, Depallier, Gendron, Huau, les Blossières, du Sacré-Coeœur, cité bleue. À deux reprises, les sources ont permis de relever la présence de boutiques aujourd'hui disparues. C'est le cas dans le lotissement ouvrier construit rue de la Concorde dans les années 1880 par la Société immobilière d'Orléans (n°21 et 35).

L'animation des façades

Immeuble 62 rue Vauquois, lucarne pignon en façade.Immeuble 62 rue Vauquois, lucarne pignon en façade.Le pignon sur rue est un élément qui caractérise l'habitat ouvrier du début du 20e siècle (20 cas ; ex : cité René-Depallier et cité ouvrière impasse du Pré-Renault) puis les pavillons construits entre les deux guerres (69 % des cas) et, dans une moindre mesure, après 1940 (51 exemples). D'autres édifices à étage se distinguent par un décrochement de plan, notamment l'avant-corps sur rue à pignon couvert (32 cas), toujours principalement entre les deux guerres (69 % des cas ; ex : 19 rue de Vaucouleurs). Par ailleurs, 25 édifices présentent une lucarne pignon en façade (60 % entre les deux guerres ; ex : 62 rue de Vauquois).

On a en outre repéré la présence de différents éléments qui favorisent les relations entre espaces intérieur et extérieur, privé et public : balcons, bow-windows ou oriels, porches, auvents, loggias.

Alors que l'emploi du balcon constitue la marque d'une représentation sociale dans les rues bourgeoises construites à la fin du 19e siècle, par exemple rue de Chanzy, ou rue Eudoxe-Marcille, il semble ensuite se démocratiser au fil du temps. 195 édifices (soit 10 % du corpus) présentent un ou plusieurs balcons en façade. Employés dans 16 édifices avant 1900, ils sont davantage présents à partir du début du 20e siècle (41 occurrences entre 1900 et 1920) et leur nombre ne cesse de progresser ensuite pour culminer à 93 occurrences après 1940.

Détail de l'oriel de la maison 20 rue Pasteur.Détail de l'oriel de la maison 20 rue Pasteur.

Les bow-windows (cf. illustration ci-contre) et oriels2 agrémentent les façades de seulement 22 édifices : 3 entre 1900 et 1920, 18 entre 1920 et 1940 et un seul après 1940. Leur construction a été autorisée dès 1890 par le règlement sur la voirie qui précise la profondeur des saillies en fonction de la largeur des voies : 0,70 m pour les rues de 9 à 12 m, 0,80 m pour les rues de 12 à 20 m et 1 m pour les voies de plus de 20 m.

Exemples d'oriels et bow-windows repérés :

1900-1920 : 6 rue de la Bourie-Rouge ; 54 avenue Dauphine ; 20 rue Pasteur (image ci-contre)

1920-1940 : 3 rue du Champ-rond ; 43 Chemin de Halage ; 6 bis rue Émile-Davoust ; 110 rue du Faubourg-Madeleine ; 10, 12, 18, 19 rue Fernand-Rabier ; 8 place Halmagrand ; 39 rue Landreloup ; 8 rue Paul-Fourché ; 20, 36 rue des Platanes ; 12, 13, 14, 17 rue Théophile-Chollet ; 6 rue Vandebergue-de-Villiers

1940-1970 : 12 rue Henri-Lavedan

Lotissement des Beaumonts, maisons jumelées avec porche, 2-4 rue Léon-Thauvin.Lotissement des Beaumonts, maisons jumelées avec porche, 2-4 rue Léon-Thauvin. On observe pour les porches une progression similaire à celle des balcons qui constituent les entrées de 17 édifices avant 1920, 34 entre les deux guerres et 105 après 1940, soit 166 au total (8 % du corpus). À partir de l'entre-deux-guerres, ces porches n'ont généralement plus de relation avec la rue mais le plus souvent avec le jardin qui précède la maison ou l'immeuble : il constitue de fait un second espace de transition supplémentaire entre la maison et la rue. La transformation de la façade semble alors accompagner l'évolution de l'implantation de l'édifice et le porche constitue parfois un nouvel instrument de distinction pour des façades dénuées de décor et de modénature. On le remarque ainsi particulièrement en façade de grandes maisons situées dans les lotissements de compensation (quartier des Blossières et lotissement du Clos-l'Évêque) ou pour animer des maisons aux façades planes et couvertes en terrasse (maisons industrialisées de la société "Construire", lotissement communal des Beaumonts).

Les auvents sont également davantage employés après la Seconde Guerre mondiale : de 8 entre 1880 et 1900, leur nombre passe à 38 entre les deux guerres puis à 59 après la Seconde Guerre Mondiale. Les loggias (non comptabilisé) ont été peu observées, elles se diffusent particulièrement dans l'architecture des années 1960 (barres et tours, quartier de la gare). Notons enfin qu'un édifice se distingue par la présence d'une galerie de circulation extérieure : l'immeuble situé au n° 2 rue des Villas.

E. Matériaux

Matériaux de gros-œuvre et de second œuvre

Jusqu'en 1940 au moins, le matériau le plus abondamment utilisé en gros-œuvre est le moellon de calcaire. Apparent en soubassement de façade, en bandeau ou sur l'ensemble de la façade, il est cependant le plus souvent masqué sous un enduit.

Hôtel, 22 rue de Chanzy, 1889.Hôtel, 22 rue de Chanzy, 1889.

La brique est visible dans 1055 élévations en matériau de façade (54 % du corpus), soit en gros-œuvre, soit en décor. Lorsque le parement de façade n'est pas en brique, celle-ci est employée pour les encadrements, les bandeaux et les corniches. Au total, on comptabilise 129 façades en brique rouge et 106 en brique silico-calcaire mais selon des proportions différentes en fonction de la période de construction. La part des façades en brique dans le nombre total d'édifices est égale à 12 % pour l'ensemble de la période et à 17 % pour la période 1880-1940.

Durant le dernier quart du 19e siècle, la brique rouge est le matériau le plus employé, la brique silico-calcaire, de couleur jaune, n'étant employée qu'à partir des années 1890 pour certains éléments de façade (voir la page 8 de l'annexe présentant les statistiques relatives aux édifices étudiés). On ne recense à cette période qu'une seule maison dont la façade est en brique jaune (32 rue de Vaucouleurs, construite en 1895).

Au début du 20e siècle, la brique silico-calcaire est autant employée que la brique rouge en matériau de gros-œuvre (42 occurrences, ex : 28 rue Pasteur, 15-15 bis rue du Faubourg-Saint-Jean). La brique est employée dans plus de 385 édifices avec un net avantage pour la brique rouge (235).

Les façades en brique sont les plus nombreuses durant l'entre-deux-guerres (100 édifices) avec une nette domination de la brique silico-calcaire (60 %), que l'on peut particulièrement observer au lotissement des Champs-Élysées. En revanche, la brique rouge domine pour les éléments de modénature (378 édifices).

Après 1940, la brique est toujours employée mais elle est rarement visible en façade (présence d'un enduit). Sa visibilité se limite généralement aux encadrements de baies, notamment pour les maisons de la Ruche ouvrière (ex : rue Paul-Gauguin). L'emploi de la brique sur l'ensemble de la façade est très rare en périphérie après la Seconde Guerre mondiale (ex : maison n° 13 rue Pasteur, immeubles H.L.M. au n° 1 rue Pasteur et 53 rue de la Gare). Les deux seuls édifices en brique jaune dont la construction est postérieure à 1940 se situent dans le lotissement des Champs-Élysées : il s'agit d'immeubles reconstruits (6 rue Paul-Fourché et 13 rue Émile-Davoust).

Par ailleurs, certaines sources précisent l'emploi de la brique en gros-œuvre à cette période. La société La Ruche ouvrière semble avoir opté pour ce matériau après 1940 (le cas est avéré pour les maisons du lotissement communal n° 6, rue Georges-Papelier et rue Porte-Dunoise). La brique creuse est également employée dans les maisons de la Société anonyme orléanaise des logements économiques et familiaux, 5 place Saint-Laurent.

Les autres matériaux employés dans une moindre mesure sont la pierre de taille, la pierre meulière, le béton armé et le fer (linteaux) :

La pierre de taille est employée en gros-œuvre dans 81 édifices (soit 4 % du corpus). Elle est surtout utilisée à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, dans le quartier Dunois ou avenue Dauphine (64 cas au total). Encore employé entre les deux guerres (17 cas), notamment intra-muros, ce matériau disparaît totalement après 1940.

Maison, 37 rue de Vaucouleurs, détail d'une baie du rez-de-chaussée.Maison, 37 rue de Vaucouleurs, détail d'une baie du rez-de-chaussée.La pierre meulière, qui provient des carrières de la région parisienne, est un matériau employé à Orléans à partir du début du 20e siècle, en particulier au sud de la Loire (rue de Vaucouleurs). Elle est employée dans 15 édifices construits entre 1900 et 1920 et 22 entre les deux guerres. Ce matériau est employé pour la façade entière (ex : villa La Treille, 12 rue Vandebergue-de-Villiers ; 19 rue de Vaucouleurs) ou pour souligner un niveau d'élévation (ex : 15 rue Basse-d'Ingré, 62 rue de Vauquois). Mais il n'est pas rare de repérer cette pierre meulière sous forme concassée en remplissage entre un linteau couronnant une porte ou une fenêtre et un arc de décharge (image ci-contre, 37 rue de Vaucouleurs). Cet usage est d'autant plus décoratif qu'il contraste avec les linteaux métalliques et la brique polychrome.

Le béton armé est assez rare. Il a été employé en gros-œuvre dans six édifices entre les deux guerres et dans 22 édifices après 1940, notamment pour les immeubles de grande hauteur du quartier de la gare. Le ciment n'a pas été comptabilisé mais nous avons pu observer son apparition entre les deux guerres où on l'utilise pour les linteaux, les enduits et pour le décor, en particulier au lotissement des Champs-Élysées.

Les linteaux métalliques (poutres IPN), qui couvrent les baies en façade principale ou postérieure, sont employés dans 146 édifices (les façades postérieures ne sont pas prises en compte), principalement entre 1900 et 1920 (52 cas) et entre les deux guerres (89 cas). Durant cette dernière période, on les repère davantage dans le quartier Madeleine (79 %), notamment dans les lotissements du Baron ou Pellé et dans les constructions H.B.M. (cité de la Madeleine, lotissement Rime-Allou).

Maison du lotissement des Montées, 28 rue des Platanes.Maison du lotissement des Montées, 28 rue des Platanes.Le motif du faux pan-de-bois, réalisé en ciment brut ou peint est présent dans 48 édifices où il souligne la partie supérieure d'une élévation, soit un étage carré (rue de Vaucouleurs, 34 rue Alfred-Cornu), soit plus généralement un pignon sur rue (13 rue Coursimault, 28 rue des Platanes ci-contre). Il se diffuse ainsi particulièrement entre les deux guerres (85 %).

Matériaux et forme des couvertures

Les toitures à deux pans couvrent les édifices dans 1425 cas, soit 72,30 % du corpus. Les toits à deux pans ou à longs pans peuvent être associés à des croupes (222 cas), en particulier après 1940 pour les édifices isolés dans leur parcelle, ou par des demi-croupes, lesquelles se développement surtout entre les deux guerres (44 cas soit 83 %). Le toit à longs pans brisés a été repéré 193 fois, principalement entre 1880 et 1900 (106 cas).

Maison à toit-terrasse, 1928, 65 rue de Vauquois.Maison à toit-terrasse, 1928, 65 rue de Vauquois.La toiture terrasse est quant à elle peu représentée : elle apparaît entre les deux guerres (6 cas) notamment dans le lotissement du Baron (voir image ci-contre, 65 rue de Vauquois, et 5 rue Gustave-Vapereau) et se diffuse plus largement après 1940 (24 cas), en particulier au lotissement des Beaumonts (constructions de la société coopérative "Construire"). Certains édifices (25 cas) présentent par ailleurs des couvertures complexes (deux pentes, longs pans brisés, croupes, demi-croupes, noue). Le toit en pavillon couvre seulement 25 bâtiments en majorité édifiés après 1940 (88 %) et implantés en cœur de parcelle. Enfin, la couverture à un seul pan est très minoritaire et est uniquement employée pour des maisons construites après 1940 (12 rue des Aubépines, 10 rue des Platanes, 16 et 18 rue du Belneuf).

L'ardoise est le matériau de couverture dominant, quelle que soit la période de construction (72 %). La tuile mécanique représente 25 % des cas et la tuile plate moins de 1 % des cas (au lotissement des Montées et au lotissement Juder au Clos-vert). La tuile se diffuse largement entre les deux guerres (55 %). 28 édifices possèdent du béton en couverture (toitures terrasse). Un seul édifice est couvert en tôle (2 rue des Sorbiers). Une maison est couverte en amiante ciment (16 rue du Belneuf, d'après les sources). Dans 11 cas cependant, le matériau de couverture n'a pas été déterminé.

II. Synthèse

A. Les maisons

1. La maison sans étage carré et la maison économique

Ces maisons sont dans les années 1880 dérivées de l'architecture rurale, les petites maisons de vignerons ou de maraîchers construites dans la périphérie d'Orléans. On les rencontre à cette période dans des lotissements excentrés et le long d'anciennes voies rurales, par exemple rue Louis-Rossat, et rue de la Cigogne. Ces maisons sont le plus souvent implantées en retrait et en semi-mitoyenneté, mais on en trouve également des exemples alignés et mitoyens ou semi-mitoyens. Elles comportent généralement un jardin en fond de parcelle.

Maisons en rez-de-chaussée, 1905, 35-37 rue du Château-Gaillard.Maisons en rez-de-chaussée, 1905, 35-37 rue du Château-Gaillard.Elles possèdent un rez-de-chaussée, avec ou sans cave. Les combles, parfois percés d'une lucarne, sont à usage de grenier et rarement à usage d'habitation. Certaines maisons présentent un soubassement destiné à racheter le dénivelé par rapport à la rue (rue de Lutèce). Elles disposent d'une entrée médiane ou latérale en façade, ou différée côté jardin. Elles sont construites en moellon et en brique rouge (encadrement de baies, corniches, etc.) et reproduisent au 19e siècle certaines formes de l'architecture vernaculaire, notamment la corniche "trois briques" ou les linteaux cintrés en brique.

Dès la fin du 19e siècle, les lois sur l'habitat social favorisent la construction de maisons économiques bâties par leurs propriétaires ou des entrepreneurs (28 rue de la Cigogne, 1905). Après 1940, ces maisons économiques bénéficient des prêts et subventions (notamment le plan Courant en 1953). Les plans sont proposés par des architectes ou des entrepreneurs et peuvent être homologués.

Exemples :

- Maisons simple en profondeur : maisons ouvrières de la cité Saint-Joseph (années 1880) implantées derrière une cour, avec un appentis en retour côté chemin

- Maison à plan en L : 20 rue de l'Écale (P. Turbat entrepreneur, début des années 1930) ; H.B.M. 118-120 rue l'Argonne (cité rouge)

- Maison à accès latéral : 35-37 rue du Château-Gaillard (cf. illustration ci-dessus)

- Maisons doubles en profondeur, de plan massé : elles disposent de quatre pièces autour d'un couloir central : 77 rue de Vaucouleurs (1909, doc. 13), 48 rue de la Cigogne (1913)

- Maison de type F4, 11 rue des Tilleuls, homologuée en Île-de-France, David et Gojard architectes (1953)

- Maison de type F4, 2 rue des Sorbiers, homologuée dans le Val-de-Loire, George Blareau et Max Guillaume architectes (1953)

- Maisons de type F3 ou F4, 5 place Saint-Laurent, Société de logements économiques pour familles nombreuses, Morisseau architecte (1954)

2. La maison de ville

Selon la définition figurant dans l'ouvrage Espace urbain : vocabulaire et morphologie, la maison de ville est un "édifice à un ou plusieurs niveaux, comportant un bâtiment à l'alignement destiné à l'habitation d'une famille, et conçu pour former un front continu le long de la rue, en étant accolé à d'autres édifices identiques par le biais de murs mitoyens" (Gauthiez, 2003, p. 207). Le mode d'implantation privilégié de la maison à étage est donc l'alignement et la mitoyenneté mais il évolue à partir des années 1920 sous l'effet des cahiers des charges de lotissements et des règlements d'urbanisme vers la semi-mitoyenneté et le retrait par rapport à la rue.

2.a. La maison étroite

Maison étroite, 4 rue de Vaucouleurs, Guillon entrepreneur.Maison étroite, 4 rue de Vaucouleurs, Guillon entrepreneur.La maison étroite orléanaise, apparue dans le courant des années 1880, constitue l'une des formules d'habitation les plus plébiscitées par les orléanais jusqu'en 1940. Cette maison, élevée sur une parcelle d'une largeur généralement comprise entre 6 et 7 m, plus rarement au-delà (deux ou trois travées de baies), comporte un étage carré, avec ou sans étage de comble.

Jusqu'aux années 1930, la façade présente les mêmes dispositions. Le soubassement est traité différemment du reste de la façade, soit par l'emploi d'un matériau distinct, soit par l'appareillage (pierre de taille, assises de pierre de petit ou moyen appareil, moellons à tête redressée, briques), et couronné d'un bandeau ou d'un cordon dans le prolongement des appuis de fenêtre. Le rez-de-chaussée est accessible par plusieurs marches, le plus souvent trois, dont l'une est appuyée sur le trottoir. Le toit est à deux pans ou à longs pans brisés (principalement avant 1920) mais la façade peut présenter entre les deux guerres un pignon en façade (exemple : 36 rue de Vauquois).

Ces maisons, qui étaient appelées "2-4-6" par les entrepreneurs locaux, en référence au nombre de pièces par niveau3, possèdent un corps de bâtiment principal sur rue et un corps de bâtiment secondaire côté jardin. Le corps de bâtiment principal, double en profondeur, abrite au rez-de-chaussée le salon et la salle à manger desservis par un couloir. L'escalier, latéral médian ou en fond de couloir, dessert les chambres à l'étage et parfois une salle de bain. Les toits à longs pans brisés que l'on rencontre davantage à la fin du 19e siècle abritent des chambres supplémentaires. Le corps de bâtiment secondaire, en rez-de-chaussée et en appentis, adossé à la limite mitoyenne, est situé dans le prolongement du couloir latéral ou des pièces d'habitation du corps de bâtiment sur rue. Il abrite la cuisine, les toilettes et la buanderie.

Maison étroite, 22 rue Pasteur, 1905.Maison étroite, 22 rue Pasteur, 1905.Ces maisons sont construites sur plan par des entrepreneurs et plus rarement dessinées par des architectes (maison 22 rue Pasteur, Marchal architecte, 1905, image ci-contre). Entre les deux guerres, l'entrepreneur de bâtiments Maurice Lecomble diffuse un modèle à deux travées et petite baie éclairant les toilettes en façade sur rue (ex : 26, 50-52-54 rue de Vauquois).

Exemples : 15 rue de Chanzy ; 14 et 17 rue du Commandant-Arago, 26 rue du Commandant-Arago ; 49 rue Alfred-Cornu ; 12 rue de Coulmiers, 100 rue de Coulmiers, 106 rue de Coulmiers ; 22 rue Pasteur (image ci-contre) ; 1 bis rue Salesses ; 4 rue de Vaucouleurs ; 43-45 rue de Vaucouleurs (variante sans retour avec W.C. et cuisine dans œuvre).

Au début du 20e siècle, d'autres maisons plus modestes sont construites sous le régime des Habitations à Bon Marché (27 rue Ladureau). Dans les années 1930, l'entrepreneur Lucien Herry (lotissement des Acacias) propose des modèles d'un même gabarit, à un seul étage carré et à deux pièces, dont une salle commune avec cuisine (s'inspirant des H.B.M. avec jardin).

Par ailleurs, la maison à un étage carré apparaît comme une variante périphérique de la maison étroite à deux étages carrés que l'on n'observe qu'intra-muros, dans certains lotissements ayant attirés une clientèle aisée (Daudier, Huau) ou le long des grands axes de circulation (rue de faubourgs, boulevards, avenues). Seules les maisons étroites à deux étages carrés peuvent intégrer un garage dans œuvre, celui-ci apparaissant au début des années 1930.

Exemples : 62 bis-64 bis avenue Dauphine ; 12 rue Eudoxe-Marcille ; rue du Faubourg Saint-Jean (lotissement Depallier).

2.b. La maison à trois travées

Implantée entre mitoyens et à l'alignement, cette maison comporte une façade à trois travées. Bâtie sur un niveau de cave, elle comporte un étage carré, avec ou sans étage de comble. L'entrée médiane piétonne (à simple battant ou bâtarde) ouvre sur un couloir central distribuant les pièces du rez-de-chaussée. L'escalier postérieur en fond de couloir dessert les chambres à l'étage. Dans les années 1930, elles peuvent comprendre un garage dans-œœuvre accolé aux pièces de service.

Exemples : 53 rue de Patay ; 20 rue Pasteur, 28 rue Pasteur.

3. L'hôtel particulier

Hôtel, 29 rue Xaintrailles, 1905.Hôtel, 29 rue Xaintrailles, 1905.Selon le Thésaurus de l'architecture, l'hôtel est "dans l'architecture classique, [la] demeure citadine d'un grand seigneur ou d'un riche particulier, accompagné de communs, d'une cour et d'un jardin. L'hôtel à la française a un logis principal entre cour et jardin" (p. 85). Les hôtels particuliers sont isolés au sein du corpus et leur construction est circonscrite géographiquement et temporellement : ils se situent en particulier à proximité des boulevards (mails) et exclusivement dans le quartier Dunois et sont construits entre les années 1880 et le début du 20e siècle.

Alignés sur la rue, ils comportent un bâtiment de un à deux étages carrés et trois travées minimum. Ils se distinguent par un traitement plus soigné de la façade : en pierre de taille ou en brique à motifs décoratifs (bandeaux rayés, croix de Saint-André). Ils possèdent une cour ou un jardin à l'arrière du corps de bâtiment principal auquel on accède soit par un passage cocher latéral ou un portail, soit, plus rarement, par une dépendance (exemple : 7 rue de Chanzy) dans laquelle sont aménagées les écuries. La distribution de l'hôtel est verticale : cuisine au sous-sol ou au rez-de-chaussée, pièces de séjour au rez-de-chaussée, chambres de domestiques dans les combles ou dans une dépendance.

Exemples : 7 rue de Chanzy, 20 rue de Chanzy, 22 rue de Chanzy ; 27 rue Xaintrailles, 29 rue Xaintrailles (image ci-dessus); 4 rue Eudoxe-Marcille ; 2 et 9 rue Girodet, rue Pasteur, 80 bis rue du Faubourg-Bannier.

4. La villa

Villa La Treille, 12 rue Vandebergue-de-Villiers, 1906.Villa La Treille, 12 rue Vandebergue-de-Villiers, 1906.La villa est une maison bâtie en coeur de parcelle, à un étage carré minimum, qui se caractérise par des décrochements de plan et de façade et la présence d'espaces d'articulations entre intérieur et extérieur de type balcon, porche, bow-window, terrasse, etc.4 (inventaire de la ville de Rennes, dossier collectif les maisons). Contrairement à la maison de ville où l'hôtel particulier, ce type de maison s'inscrit toujours dans une situation périurbaine au moment de sa construction. Il reste rare dans les lotissements orléanais.

Exemples : Villa La Treille, 12 rue Vandebergue-de-Villiers (Vaillant A. architecte, 1906, image ci-dessus) ; 43 Chemin de Halage (1928) ; 52 rue de la Cigogne (Masson L. et A. architectes, 1927) ; 110 rue du Faubourg-Madeleine (Constant Coursimault architecte, 1937).

5. Le pavillon

Pavillon, 10 rue Coursimault, 1934.Pavillon, 10 rue Coursimault, 1934.Selon Françoise Hamon5, "le pavillon se définit par l'absence d'étage carré, par un plan proche du carré, sans articulation et un décor réduit à quelques éléments vendus dans le commerce".

Ce type de maison se développe à partir des années 1920 à Orléans mais son volume s'inspire des modèles du logement ouvrier du 19e siècle (voir également les maisons à plusieurs unités d'habitation). Les modèles sont surtout vendus sur plans et proposés par des entrepreneurs (ex : E. Pagot, 4 rue Cornu ; doc. 15), plus rarement par des architectes (ex : Jacques Ferray, 7 rue Gustave-Vapereau). Il se diffuse également sous l'effet de la législation sur les Habitations à Bon Marché, en particulier la loi Loucheur en 1928 (ex : pavillons cité Hippolyte-Forestier).

La position privilégiée est l'implantation isolée dans la parcelle (derrière un jardin d'agrément et avec un terrain à l'arrière) mais, en fonction des contraintes parcellaires, la maison peut être également alignée sur la rue (exemples rue Porte-Dunoise, lotissement Rime-Allou) et semi-mitoyenne. Le modèle le plus élémentaire se caractérise par un plan massé, un pignon en façade sur rue avec une ouverture éclairant l'étage de comble (baie rectangulaire ou oculus), un toit à deux pans (parfois agrémenté d'une demi-croupe) couvert en tuile mécanique ou en ardoise. Les matériaux (moellon apparent, brique, meulière) soulignent les niveaux d'élévation et les encadrements. L'accès est médian en façade ou latéral sur le mur gouttereau, et dans ce cas souvent abritée par un auvent. L'entrée est prolongée par un vestibule distribuant les quatre pièces du rez-de-chaussée, dont la cuisine. Le niveau de comble accueille un grenier ou une chambre supplémentaire.

- Exemple à accès médian en façade : 7, 10 rue Coursimault (cf. image ci-dessus)

- Exemple à accès latéral sur le mur gouttereau : 4 rue Alfred-Cornu (1928) ; cité Hippolyte-Forestier

Pour les modèles plus développés, le rez-de-chaussée peut être surélevé sur un garage en soubassement de plain-pied ou semi-enterré (à partir des années 1930).

Exemples : 70-72 rue du Faubourg-Madeleine ; 7 rue Coursimault ; 7 rue Gustave-Vapereau

Une version plus bourgeoise du pavillon se développe également entre les deux guerres. D'inspiration pittoresque ou régionaliste, ces maisons conservent un gabarit proche du pavillon élémentaire mais empruntent leurs volumes à la villa : absence d'étage carré, plan et façade à décrochements, décor plus abondant, espace de distribution plus développé (hall, escalier tournant), articulations entre intérieur et extérieur (balcons, porches, auvents, bow-window, terrasse, etc.). Ces maisons peuvent être proposées sur catalogue par des entrepreneurs et sont largement diffusées dans les recueils proposant des modèles d'Habitations à Bon Marché. Mais elles peuvent également être dessinées par des architectes.

Maison, 21 rue Landreloup, Roger Croissandeau architecte, 1928.Maison, 21 rue Landreloup, Roger Croissandeau architecte, 1928.Maison de type cottage (« les recueils de modèles désignent ainsi des petites maisons sans étage, mais ornées avec fantaisie et relevant du genre pittoresque »6) : 6 rue Landreloup, 21 rue Landreloup (image ci-contre), 11 allée du Clos-Vert, 37 rue Jules-Lemaître.

Modèle à pignon sur rue : 20 rue des Platanes, 28 rue des Platanes, 47 rue des Platanes ; 39 rue Landreloup.

6. La maison à boutique

La maison à boutique s'est développée dans les quartiers résidentiels excentrés, notamment ouvriers. Généralement positionnée aux angles des rues, elle associe un commerce en rez-de-chaussée et un logement à l'étage.

Exemples : 1 rue de la Concorde ; 35 rue de Vauquois ; 2 rue du Petit-Chasseur.

7. La maison à plusieurs unités d'habitation

Maison à deux unités d'habitation juxtaposées, 23-25 rue du Commandant-Arago, 1889.Maison à deux unités d'habitation juxtaposées, 23-25 rue du Commandant-Arago, 1889.La maison à plusieurs unités d'habitation comporte plusieurs logements accolés et/ou juxtaposés sous un même toit. À la différence de l'immeuble, chaque logement possède une entrée individuelle. Il s'agit d'une solution économique de construction héritée de l'habitat ouvrier du 19e siècle que l'on rencontre en particulier dans les cités ouvrières (cité René-Depallier) et les cités H.B.M. de l'entre-deux guerres (cité de la Madeleine, cité rouge, cité bleue, cité Émile-Zola). La formule peut toutefois être construite pour des catégories sociales plus élevées. Le terme "maisons jumelées" est employé lorsque les maisons présentent une façade symétrique.

Maison à trois logements juxtaposés, 83-87 rue de Patay.Maison à trois logements juxtaposés, 83-87 rue de Patay.Différentes formules ont été rencontrées :

- Maisons à deux logements juxtaposés : 23-25 rue du Commandant-Arago (1889) ; 68-68 bis boulevard de Châteaudun (vers 1900) ; cité René-Depallier (1904) ; cité de la Madeleine ; cité rouge ; cité bleue ; cité Émile-Zola ; 1-2 rue Coursimault (1925) ; 2-4 rue Landreloup ; 13-13 bis allée du Clos-Vert ; 4-6 cité nouvelle du Champ-rond (1936)

- Maison à trois logements juxtaposés : 83 à 87 rue de Patay (image ci-contre).

- Maisons à quatre logements juxtaposés : cité René-Depallier (en fond d'impasse, 1904) ; cité du Colonel-de-Queyriaux (1929).

- Maisons à deux logements superposés : 2-2 bis rue Serenne (1911) ; 38 bis rue de Vauquois (1932).

B. Les immeubles

Immeuble, 6 rue de la Bourie-Rouge.Immeuble, 6 rue de la Bourie-Rouge.

Selon la définition du Thesaurus de l'architecture7, l'immeuble est une "demeure divisée, à la construction, en appartements pour plusieurs particuliers. L'immeuble se distingue de l'hôtel par l'absence de communs et la relative homogénéité de traitement des différents appartements" (p. 86). Deux groupes peuvent être définis en fonction de la position de l'accès : l'immeuble à accès latéral et l'immeuble à accès médian. La position de l'accès a d'abord permis de distinguer les maisons des petits immeubles construits en périphérie qui peuvent se confondre par leurs gabarits. Ce critère peut être ensuite croisé avec le lieu d'implantation, le nombre de niveaux et le nombre de travées en façade. Le nombre d'appartements, de pièces et le niveau de confort a ensuite constitué un indice de la classe de l'immeuble, selon qu'il est destiné à des ouvriers, employés, etc. ou à des familles plus aisées.

1. L'immeuble à accès latéral en façade

Cet immeuble, bâti principalement à l'alignement et entre mitoyens (une évolution est constatée sous l'influence des règlements), comporte jusqu'à trois étages carrés. Il comprend un logement par niveau, desservi par un vestibule au rez-de-chaussée et un palier à l'étage. La position dans le tissu urbain et son gabarit nous renseignent sur sa destination.

1a : L'immeuble à deux travées

L'immeuble à deux travées comprend un à deux étages carrés. Son gabarit est celui de la maison étroite (5-8 m de façade) avec lequel il se confond parfois en façade sur rue. Chaque logement comprend deux ou trois pièces, dont la cuisine aménagée côté cour ou jardin dans un corps en retour à étage situé dans le prolongement des pièces d'habitation. Les W.C. sont situés dans les parties communes sous l'escalier ou dans la cour.

Habitations ouvrières, 20-22 rue de la Concorde.Habitations ouvrières, 20-22 rue de la Concorde.La maison ouvrière à un étage carré et deux travées en façade relève de ce type. Elle apparaît vers 1880 dans le quartier Dunois, et constitue le modèle privilégié de la Société immobilière d'Orléans (comme au 20-22 rue de la Concorde, ci-contre). Bâtie à l'alignement sur une parcelle de 5 m de largeur environ, elle est généralement accolée à une habitation du même type. Ces petits immeubles ne comportent pas de jardin mais une cour en fond de parcelle dans laquelle sont situés les toilettes.

Construite en moellon enduit, sur quelques assises de pierre de petit appareil au bas de la façade, cette habitation présente des encadrements en brique et pierre et un toit à deux pans. Les combles, à usage de grenier, peuvent être éclairés par des lucarnes en bois ou en brique et pierre. Ces maisons comportent deux pièces et une cuisine en rez-de-chaussée desservies par un couloir latéral. L'escalier est postérieur en fond de couloir. La cuisine se situe dans un corps de bâtiment en retour et en appentis, dans le prolongement des pièces d'habitation, et adossée à la limite mitoyenne.

Une version légèrement plus spacieuse reprend le gabarit de la maison étroite décrite plus haut (6-7 m de façade environ). Il est cependant généralement impossible de distinguer ces deux types depuis la rue : seule la position de la partie en retour (ici dans le prolongement des pièces de l'appartement) permet de les repérer sur plan, comme au 29 rue Ladureau par exemple.

Au n° 24 rue Pasteur, l'architecte A. Marchal propose en 1906 une solution intermédiaire entre l'immeuble à deux travées et l'immeuble à trois travées. Une disposition ingénieuse pour une façade de 7 m de longueur permet d'aménager au rez-de-chaussée quatre pièces dans le corps de bâtiment principal au lieu des deux pièces traditionnelles : deux chambres sur rue, un espace porte manteau et une salle à manger distribués par un hall d'entrée.

1b : L'immeuble à trois ou quatre travées

L'immeuble à trois ou quatre travées comporte une longueur de façade égale au moins à 8 m et jusqu'à trois étages carrés. Les appartements sont plus spacieux et se composent d'au moins trois pièces avec dégagement, d'une cuisine et pour les plus confortables d'une salle d'eau ou d'une salle de bain. La surface de l'appartement permet souvent d'y aménager la cuisine dans le corps de bâtiment principal. Une buanderie commune, située dans le jardin ou la cour, complète généralement les logements.

La version la plus élémentaire, encore étroite (8-9 m), possède un seul étage carré, deux fenêtres éclairant les logements en façade antérieure, et une porte d'entrée décalée. On rencontre cette formule dès les années 1880-1890 dans le quartier Dunois et jusque dans les années 1950.

Exemples : 35-37 du Maréchal-Foch (vers 1890) ; 8 rue de Coulmiers ; 26 rue Pasteur (1906) ; rue Xaintrailles, rue de Vauquois, 37 rue Alfred-Cornu (1928) ; 6 bis rue George-Goyau (années 1950).

D'autres exemples, avec trois baies à chaque niveau, permettent d'aménager une pièce supplémentaire à l'étage : 41 rue de Vaucouleurs (1909) ; 20-22 rue Antigna ; 67 rue de Vaucouleurs ; 4 rue Georges-Goyau (années 1950) ; 19 rue des Maltôtiers ; 2 rue Cornu (variante à étage de comble) ; 22 rue Vandebergue-de-Villiers.

Immeuble, 7 place Halmagrand.Immeuble, 7 place Halmagrand.

Le grand immeuble comporte au moins deux étages carrés. On en trouve des exemples jusqu'au milieu du 20e siècle. Il est construit intra-muros, sur les boulevards, et après 1945 en périphérie (quartier des Blossières). Le rez-de-chaussée peut être occupé par des garages à partir des années 1920.

Exemples : 7 place Halmagrand (1932, image ci-contre) ; 11 rue Théophile-Chollet, 17 rue Théophile-Chollet (1932) ; 2 place de la Nouvelle-Orléans.

2. L'immeuble à accès médian

L'immeuble à accès médian, bâti à l'alignement et entre mitoyens, correspond à un dédoublement des immeubles du premier groupe. L'entrée est à simple ou double battant ou cochère. Il comporte deux logements par niveau, distribués au rez-de-chaussée par un couloir central et par un escalier en fond de couloir.

2a. Le petit immeuble à un étage carré

Petits immeubles à accès médian, rue de la Claye, 1888-1891.Petits immeubles à accès médian, rue de la Claye, 1888-1891.Appartiennent à cette catégorie les immeubles ouvriers bâtis à pas fin du 19e siècle et au début du 20e siècle selon deux variantes :

- Petit immeuble à quatre logements distribués par un couloir médian avec un escalier situé en façade postérieure. Deux corps de bâtiment en retour, côté cour ou jardin, disposés le long des limites mitoyennes accueillent les pièces de service.

Exemples : 64-78 rue Xaintrailles (Société immobilière d'Orléans, années 1880) ; 14-22 rue de la Claye (Edmond Guillon entrepreneur, 1888-1891 ; fig. 48)

- Petit immeuble à deux logements distribués par un hall d'entrée avec un escalier en façade antérieure, et des pièces de service dans œuvre :

Exemples : 15 rue du Commandant de Poli ; immeubles H.B.M. à pignon sur rue de la cité ouvrière impasse du Pré-Renault (C. Coursimault architecte, 1907, doc. 20).

On peut également classer dans cette variante des immeubles implantés perpendiculairement par rapport à la rue et dont l'entrée est différée dans la cour : 11 rue Basse-d'Ingré (1927) ; 62 rue de Vauquois (1928) ; rue George-Goyau (avec garage en sous-sol, années 1950) ; 17 rue Vandebergue de Villiers.

Après la Seconde Guerre mondiale, des variantes allongées ont été observées rue Henri-Lavedan (n° 3 et 5). Construits au milieu du 20e siècle, ils sont implantés en cœur de parcelle (sous l'effet des règlements d'urbanisme) et comportent cinq travées et un étage carré.

2b. Le grand immeuble

Immeuble, 21 rue Théophile-Chollet.Immeuble, 21 rue Théophile-Chollet.

Le grand immeuble procède par une augmentation horizontale ou verticale du cas précédent, avec un accès en façade sur rue. On l'observe intra-muros et en bordure de grandes voies de communication (les rues de faubourgs, boulevards et avenues) mais également dans des secteurs reconstruits. À partir des années 1930, des garages peuvent être aménagés en rez-de-chaussée.

Exemples : 6 et 7 rue de Vaucouleurs ; 8 rue Théophile-Chollet, 21 rue Théophile-Chollet (image ci-contre) ; 5 rue d'Alsace-Lorraine ; 18 et 20 rue du Faubourg-Madeleine.

3. L'immeuble à boutique

L'immeuble à boutique comprend au minimum deux étages carrés réservés aux logements. 25 cas ont été repérés, en particulier aux angles des rues. On l'observe en situation de centralité, notamment rue de la République autour de 1900 (hors étude), avenue Dauphine, dans le lotissement du Baron ou le quartier des Champs-Elysées dans les années 1930, puis dans le quartier des Blossières, place de la Nouvelle-Orléans, à la fin des années 1950.

Exemples : 2 rue Antigna ; 66 boulevard de Châteaudun ; 82 avenue Dauphine ; 23 rue Fernand-Rabier ; 21 rue Gustave-Vapereau.

4. L'immeuble barre et l'immeuble Tour

Implantées en retrait de la voirie, les barres comportent de 4 à 12 étages carrés et les tours 19 étages. En fonction de leur gabarit, elles utilisent des procédés constructifs industrialisés (chemin de grue, préfabrication). Caractéristiques de l'architecture des "grands ensembles" des années 1950 et 1960, les immeubles barre ou tour sont rares dans les lotissements. Le quartier de la gare constitue ainsi l'exception puisqu'il ne comporte que des immeubles collectifs de ces types. D'autres exemples ont été rencontrés rue Eugène-Turbat.

5. Cas particuliers

Immeuble, 2 rue des Villas.Immeuble, 2 rue des Villas.

Deux cas particuliers ont été repérés :

- Les grands immeubles à plusieurs accès : 49, 57 rue de Patay ; 6 rue de la Bourie-Rouge

- L'immeuble à galerie extérieure : 2 rue des Villas.

Conclusion

L'implantation, le volume et les matériaux des maisons et les immeubles bâtis au sein des lotissements orléanais sont représentatifs de leur période de construction. Les types rencontrés sont également représentatifs de l'habita d'Orléans de la fin du 19e siècle au milieu du 20e siècle. Dans le corpus décrit, la maison étroite constitue un type spécifiquement orléanais largement diffusé dans les lotissements jusqu'en 1940.

Lotissement du Baron, ensemble d'édifices, 21-23 rue des Maltôtiers.Lotissement du Baron, ensemble d'édifices, 21-23 rue des Maltôtiers.En situation périurbaine au moment de la construction, les maisons et les petits immeubles de rapport se confondent par leur gabarit. L'analyse des solutions distributives a montré que pour un même volume, le mode d'occupation pouvait varier du simple logement individuel aux deux logements distincts et superposés en passant par des solutions intermédiaires. Le partage de l'habitation constitue alors un moyen de financer l'achat de sa maison. Le mode de financement des maisons édifiées par la Société immobilière d'Orléans en constitue un bon exemple : une partie de l'habitation était louée par le propriétaire afin de financer la construction et l'achat. D'après les archives, ce procédé semble perdurer au moins jusqu'aux années 1930. Cependant, l'étude des plans confrontés aux brèves descriptions contenues dans les fiches auxiliaires cadastrales (soit l'occupation effective de l'habitation) a mis en lumière d'autres solutions plus ambiguës d'aménagement intérieur, qui rendent parfois difficile une distinction définitive entre la maison individuelle et l'immeuble à plusieurs logements. Tel est le cas du projet dessiné en 1905 par l'entrepreneur Méchin-Langot au n° 18 rue Pasteur ou celui de l'entrepreneur Pagot en 1910 (n° 12 rue de Vaucouleurs) conçus pour deux familles (un logement par niveau) mais sans véritable séparation des appartements. Dans le cas du n° 48 rue Cornu, construit en 1927 (Plisson-Dulac entrepreneur), les archives confirment une occupation par deux familles (un logement par niveau) bien que la distribution corresponde à la maison classique à trois travées et accès médian. Dans ce cas, le couloir du rez-de-chaussée divise le logement en deux parties et l'escalier situé en façade postérieure dessert l'étage, plus isolé. Cette "maison immeuble" apparaîtrait donc comme une solution intermédiaire : si elle comporte bien deux appartements avec des communs (W.C., buanderie), la limite entre les espaces collectifs et les espaces privatifs demeure floue.

Cité rouge, un pignon central, 8-10 rue Alexandre-Ribot.Cité rouge, un pignon central, 8-10 rue Alexandre-Ribot.Par ailleurs, les formes de l'habitat pavillonnaire nous rappellent que toute analyse architecturale est indissociable d'une lecture de la morphologie urbaine. Si le pavillon est entendu dans ce dossier selon sa formule la plus largement diffusée entre les deux guerres, c'est-à-dire la maison sans étage à pignon sur rue, le terme peut également qualifier les maisons à plusieurs unités d'habitation construites au sein des cités ouvrières du 19e siècle (à Orléans au début du 20e siècle, cité René-Depallier et impasse Pré-Renault) ainsi que le logement social individuel des années 1920-1930 (cité bleue, cité rouge image ci-contre, Émile-Zola). Il caractérise plus largement la forme dominante de l'habitat individuel de la seconde moitié du 20e siècle, toute classe sociale confondue. Les lotissements communaux ou privés (comme celui des Montées) offrent d'ailleurs des exemples des nombreuses recherches entreprises après guerre dans le domaine de l'habitat individuel.

1BLANC-DUCHÉ, Élisabeth. "Dossier de classement du centre-ville d'Orléans en Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager : rapport de présentation, règlement, documents graphiques, Atelier parisien d'architecture et d'urbanisme". Orléans : Ville d'Orléans, Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Loiret, Direction régionale des affaires culturelles du Centre, 2008.2Selon le Thésaurus de l'architecture : ouvrage à claire-voie formant avant-corps sur la hauteur de plusieurs étages.3L’expression est absente des archives. Elle a nous a été indiquée par un entrepreneur local à l’occasion d’une visite de terrain.4HAMON, Françoise. "Charentonneau à Maisons-Alfort (1897-1950) : un lotissement de longue durée". "Villes en parallèle". N° 14, Nanterre, Laboratoire de géographie urbaine, 1989, p. 77-87.5Ibid., p.84.6Ibid., p.84.7FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Mission de l'Inventaire général du patrimoine culturel. "Thésaurus de la désignation des œuvres architecturales et des espaces aménagés". [en ligne]. Dir. Philippe Vergain ; réd. Renaud Benoit-Cattin, Jean Davoigneau ; collab. Marie-Hélène Benetière, Catherine Chaplain-Manigand, Pierre-Louis Laget et al. Paris : Inventaire général, 2013 [20.09.2018]. (Documents et méthodes, n°7).
Aires d'études Commune d'Orléans
Dénominations maison, immeuble, hôtel
Adresse Commune : Orléans
Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres bâti 28319
repérés 1971
étudiés 156

Annexes

  • Étude des Lotissements d'Orléans (1880-1970) - Liste des 59 édifices signés

    - Arduin Jules architecte (A.P. Saint-Quentin), Miracle Camille entrepreneur : Platanes (rue des) 20

    - Ballu Henry architecte : Émile-Davoust (rue) 8

    - Ballu Henry architecte, Doyer entrepreneur : Vandebergue-de-Villiers (rue) 6

    - Ballu Henry architecte, J. Roy entrepreneur : Fernand-Rabier (rue) 19 ; Vandebergue-de-Villiers (rue) 8

    - Ballu Henry architecte, Turbat P. entrepreneur : Landreloup (rue) 6

    - Bertrand L. entrepreneur : Vauquois (rue de) 47, 56

    - Bésombes-Chenesseau architecte, Plumelle Ch. entrepreneur : Pasteur (rue) 20

    - Bordier Lionel architecte : Porte-Dunoise (rue) 9

    - Bordier Lionel architecte, Paireau V. entrepreneur : Fernand-Rabier (rue) 21

    - Coursimault Constant architecte : Vandebergue-de-Villiers (rue) 18 ; Alfred-Lanson (rue) 4

    - Croissandeau Roger architecte : Alsace-Lorraine (rue) 5 ; Fernand-Rabier (rue) 10, 23 ; Théophile-Chollet (rue) 17 ;

    - Croissandeau Roger architecte, Dessus, L. entrepreneur : Fernand-Rabier (rue) 17, 15

    - Croissandeau Roger architecte, Germain E. entrepreneur : Alsace-Lorraine (rue) 2

    - Croissandeau Roger architecte, Paireau V. entrepreneur : Paul-Fourché (rue) 8

    - Croissandeau Roger architecte, Pillon frères entrepreneurs : Fernand-Rabier (rue) 18

    - Croissandeau Roger architecte, Roy J. entrepreneur : Émile-Biscara (rue) 6 ; Landreloup (rue) 39 ; Paul-Fourché (rue) 9 ; Émile-Davoust (rue) 11 ; Alsace-Lorraine (rue) 13, 14, 15, 19 ; Halmagrand (place) 1, 5 ; Théophile-Chollet (rue) 9, 11, 13, 14, 15, 21 ; Vauquois (rue de) 3 bis

    - Croissandeau Roger, Morlon et fils entrepreneur : Alexandre-Martin (bvd) 27 bis

    - Croissandeau Roger, Pilate M. entrepreneur : Alsace-Lorraine (rue) 2 bis

    - Farcinade F. architecte, Pagot E. entrepreneur : Dauphine (avenue) 54

    - Ferray Jacques, architecte (S.E.A. Orléans) : Gustave-Vapereau (rue) 7

    - Gauthier Lucien architecte, S.O.T.E.G. entrepreneur : Vauquois (rue de) 2

    - Goron J. architecte, Gasnier D. entrepreneur : Coulmiers (rue de) 100

    - Gourmel architecte, Pagot entrepreneur : Java (impasse de) 4

    - Hénault Léon architecte, Dessus L. entrepreneur : Maréchal-Foch (rue du) 11

    - Leroux Paul architecte, Pagot entrepreneur : Halmagrand (place) 7

    - Levasseur C. architecte, Burget L. entrepreneur : Coulmiers (rue de) 106

    - Martin Ludovic architecte D.E.S.A. : Émile-Davoust (rue) 3 ; Fernand-Rabier (rue) 12

    - Masson L. architecte, Sallé-Guyot entrepreneur : Antigna (rue) 26

    - Mothiron A. architecte, Deshérault et Poissonneau entrepreneurs : Girodet (rue) 7

    - Penin A. architecte : Paul-Fourché (rue) 12 ; Théophile-Chollet (rue) 2

    - Plisson-Dulac entrepreneur : Général-Duportail (rue du) 6, 8 ; Jules-Lemaître (rue) 33

    - Roulleau L. architecte, Morlone P. entrepreneur : Pasteur (rue) 28

    - Vaillant A. architecte : Vandebergue-de-Villiers (rue) 12

  • Étude des Lotissements d'Orléans (1880-1970) - Liste des 12 dates portées

    - Maison, Chanzy (rue de) 25 : 1891 (achèvement en 1892)

    - Maison, Girodet (rue) 7 : 1897 (Mothiron A. architecte, Deshérault et Poissonneau entrepreneurs)

    - Maison, Coulmiers (rue de) 18 : 1897

    - Maison, Dauphine (avenue) 54 : 1903 (Farcinade F. architecte, Pagot E. entrepreneur)

    - Maison (villa Amélie), Paris (avenue de) 9 bis : 1904

    - Immeuble, Dauphine (avenue) 48 : 1905

    - Maison, Pasteur (rue) 28 : "ANNO 1906" (Roulleau L. architecte, Morlone P. entrepreneur)

    - Maison, Java (impasse de) 2 : 1923

    - Maison, Clos-Vert (allée du) 15 : 1926

    - Maison, Vauquois (rue de) 61 : 1928

    - Maison, Châteaudun (rue de) 22 bis : 1929

    - Maison, Platanes (rue des) 20 : 1938 (Camille Miracle entrepreneur, Jules Arduin architecte)

  • Statistiques sur les édifices étudiés dans les lotissements d'Orléans (1880-1970)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 114. Casier sanitaire des immeubles, rue Alfred-Cornu. 1925-1971.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 261. Casier sanitaire des immeubles, rue Pasteur, n° 2 à 30. 1905-1947.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 262. Casier sanitaire des immeubles, rue Pasteur, sans numéro. 1905-1907, 1953.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 298. Casier sanitaire des immeubles, rue Vandebergue-de-Villiers. 1904-1973.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 300. Casier sanitaire des immeubles, rue de Vaucouleurs. 1904-1929.

Documents figurés
  • Immeuble, H.B.M. impasse du Pré-Renault, plan du rez-de-chaussée / Coursimault. 1907. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 298).

  • Plans, coupe, élévation et perspective de la maison Gaillard / Pagot entrepreneur. Mai 1926. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5J 114).

  • Maison, 12 rue de Vaucouleurs. Plan de l'étage, 1910. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 300).

  • Plan du rez-de-chaussée / A. Marchal. 28 juillet 1905. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5J 262).

  • Plan du rez-de-chaussée / A. Marchal. 12 janvier 1906. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 261).

  • Immeuble, 41 rue de Vaucouleurs. Plan du rez-de-chaussée. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 300).

  • Plan du rez-de-chaussée / Constant Coursimault. 1909. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 300).

  • Projet de plan du sous-sol et du rez-de-chaussée. 1908. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 300).

  • Maison, 12 rue de Vaucouleurs. Plan du rez-de-chaussée, 1910. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 300).

  • Maison, 48 rue Alfred-Cornu, plans et élévations. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5J 114).

Bibliographie
  • BLANC-DUCHÉ, Élisabeth. Dossier de classement du centre-ville d'Orléans en Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager : rapport de présentation, règlement, documents graphiques, Atelier parisien d'architecture et d'urbanisme. Orléans : Ville d'Orléans, Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Loiret, Direction régionale des affaires culturelles du Centre, 2008.

  • FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Direction de l'Architecture et du Patrimoine. Espace urbain : vocabulaire et morphologie. Réd. Bernard Gauthiez. Paris : Monum, éd. du patrimoine, 2003. (Principes d'analyse scientifique)

  • FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Mission de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Thésaurus de la désignation des œuvres architecturales et des espaces aménagés. [en ligne]. Dir. Philippe Vergain ; réd. Renaud Benoit-Cattin, Jean Davoigneau ; collab. Marie-Hélène Benetière, Catherine Chaplain-Manigand, Pierre-Louis Laget et al. Paris : Inventaire général, 2013 [20.09.2018]. (Documents et méthodes, n°7). Accès Internet : < http://www.inventaire.culture.gouv.fr/telechar/thesaurus_architecture_2013.pdf >

Périodiques
  • HAMON, Françoise. Charentonneau à Maisons-Alfort (1897-1950) : un lotissement de longue durée. Villes en parallèle. N° 14, Nanterre, Laboratoire de géographie urbaine, 1989, p. 77-87.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université de Tours - Launay Yann