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Les jardins remarquables de la région Centre-Val de Loire

Dossier IA00141380 réalisé en 2018

Fiche

VERSION PROVISOIRE : ce dossier pourra être enrichi.

En 2019, 420 parcs et jardins bénéficient de ce label de qualité en France et 30 en région Centre-Val de Loire soit 7% du corpus national. En région Centre-Val de Loire, 73% des jardins remarquables ont reçu le label dès 2004 ou 2007. Ce label exigeant permet de bénéficier d'avantages et surtout d'être distingué des autres jardins par les amateurs, les touristes et le grand public.

Le label "jardin remarquable": fondement juridique, conditions d'éligibilité, conséquences

Le label national "Jardin remarquable" a été mis en place en 2004 par le ministère de la Culture et de la Communication à la suite des propositions du Conseil national des parcs et et jardins en mai 2003 1. Attribué pour une durée renouvelable de 5 ans, il permet d’identifier les jardins qui présentent un intérêt culturel, historique, esthétique ou/ et botanique. Ces jardins peuvent être privés ou publics, protégés ou non au titre des monuments historiques. Le label constitue une alternative à la protection et permet de distinguer un jardin selon des critères différents de ceux qui gouvernent à l'obtention d'une protection au titre des monuments historiques. Un jardin contemporain peut être distingué par exemple. Ce dispositif, intégré à un ensemble d'autres mesures souhaitées par le ministre Jean-Jacques Aillagon, visait à protéger davantage les jardins d'exception.

Le plan d'action du ministre est détaillé dans la circulaire n°2004/003 du 17 février 2004 relative aux parcs et jardins. L'annexe de cette circulaire précise les critères et modalités de mise en place du label. Dans chaque région, le Préfet créé un groupe de travail qui examine les dossiers de candidature des jardins. Elles doivent répondre à une série de critères concernant la composition ; l’intégration dans le site ; les éléments remarquables (eau, fabriques…) ; l’intérêt botanique ; l’intérêt historique (sauf pour les jardins contemporains) ; l’entretien et le plan de gestion.

Le jardin labellisé doit par ailleurs être entretenu soigneusement, être ouvert au moins 40 ou 50 jours par an, selon les périodes d’ouverture choisies et participer à au moins une manifestation nationale organisée par le ministère (Rendez-vous aux jardins / journées européennes du patrimoine).

Si l'obtention de ce label n'entraine pas de contreparties financières directes, elle permet de distinguer le jardin qui peut apposer la plaque avec le logo du label, ce qui confère un avantage notamment touristique par rapport à d'autres jardins. Le label permet par exemple l'installation d'une signalisation routière faisant figurer le logotype associé à la distinction.

Le label peut exceptionnellement être retiré, les raisons les plus fréquentes étant le défaut d'entretien, le changement de propriétaire ou la non ouverture au public (jardin de Drulon, arboretum de La Fosse).

Cohérence et hétérogénéité des jardins remarquables en région Centre-Val de Loire

Présentant un intérêt historique, un intérêt botanique ou/ et un intérêt artistique importants, les jardins remarquables forment cependant un ensemble disparate : hétérogénéité de la taille, des époques de création, du statut, de l'intérêt botanique… Il est à noter que le périmètre de labellisation ne recoupe parfois pas le jardin dans sa totalité, c'est ainsi le cas de la roseraie distinguée au sein des jardins de l'Evêché à Blois ou encore du potager du château de la Bussière.

Vue de la roseraie des jardins de l'Evêché (Blois-41).Vue de la roseraie des jardins de l'Evêché (Blois-41).

En région Centre- Val de Loire, 63% sont des jardins privés. ils sont présents sur l'ensemble du territoire de la région, avec cependant des inégalités territoriales : ils sont ainsi davantage présents dans le Val de Loire (27% des jardins de la région) et dans le Loiret (27% des jardins également). Un seul jardin en Eure-et Loir a reçu le label (jardin du Pré Catelan à Illiers-Combray).

Toutes les périodes historiques de création sont représentées au sein de cette catégorie de jardins, à l’exception des jardins médiévaux. 23% des jardins remarquables (soit 7 jardins) ont été créés au 18e siècle ou avant, 23% au 19e siècle, 7% entre 1900 et 1950, 10% entre 1950 et 1975. C'est la période entre 1975 et 2000 qui est la plus représentée dans le corpus de la région Centre-Val de Loire (37%) avec 11 jardins créés dont 3 datent du tournant entre le 20e et le 21e siècle (jardins de Roquelin, jardins de Chédigny, jardin de Poulaines). 23% des jardins remarquables de la région ont fait l'objet de plusieurs périodes de création.

Vue du chemin d'eau du jardin de Poulaines (Indre) créé dès la fin des années 1990.Vue du chemin d'eau du jardin de Poulaines (Indre) créé dès la fin des années 1990.

La région Centre-Val de Loire compte des 2 jardins historiques importants, même si nombre d’entre eux ont disparu (jardins royaux du château de Blois dans le Loir-et-Cher et jardins du château d’Amboise en Indre-et-Loire par exemple). Des restitutions ou créations contemporaines les évoquent parfois comme le nouveau jardin du château d’Amboise, récemment labellisé « Jardin remarquable ». Les jardins du château de Chenonceau (Indre-et-Loire) illustrent avec éclat les jardins de la Renaissance tout comme les jardins d’eau du château d’Ainay-le-Vieil (Cher). Le parc et les jardins du château de Valmer (Indre-et-Loire) remontent au 16e siècle, le potager du château de La Bussière (Loiret) ou une partie de du jardin botanique des Barres (Loiret), au 18e siècle.

Les grands parcs ou jardins du 19e siècle créés par les jardiniers-paysagistes Eugène et Denis Bühler (notamment celui du château d’Azay-le-Ferron dans l’Indre, et le jardin public des Prébendes d’Oé à Tours), Henri Duchêne seul (Chaumont-sur-Loire dans le Loir-et-Cher) ou associé à son fils Achille (Bouges-le-Château dans l’Indre) sont nombreux dans la région. Pour représenter les jardins du 19e siècle, il est essentiel de citer celui de George Sand à Nohant (Indre) qui bénéficie du label "Maison des illustres" ou celui du Pré Catelan imaginé par l’oncle de Marcel Proust à Illiers-Combray (Eure-et-Loir).

Au début du 20e siècle, sont créés les jardins de Villandry (Indre-et-Loire) qui ont reçu également le label «Patrimoine du XXe siècle » (aujourd'hui dénommé "Architecture contemporaine remarquable"). Le jardin public des Prés Fichaux à Bourges (Cher) reflète le style Art déco des années 1920 et le parc floral de La Source à Orléans (Loiret) s’intègre dans un ambitieux projet d’urbanisme en 1960.

Le Jardin d'amour ou "premier salon" des Jardins de Villandry (Indre-et-Loire).Le Jardin d'amour ou "premier salon" des Jardins de Villandry (Indre-et-Loire).

De nombreux jardins ont été créés après 1975, par exemple les jardins du Grand Courtoiseau (Loiret) associé aux souvenirs de nombreuses personnalités dont l'écrivain Hervé Bazin, et, en l'absence de documents d'archives, recréé dans l'esprit des lieux ou encore les jardins du prieuré d'Orsan (Cher), évocation de jardins médiévaux à proximité d'un prieuré fondé au début du 12e siècle. Les jardins les plus récents (à la limite entre le 20e et le 21e siècle) sont ceux de Roquelin (Loiret), de Poulaines (Indre) et le village-jardin de Chédigny (Indre-et-Loire).

Des jardins contemporains sont conçus à proximité ou sur l’emprise de jardins plus anciens comme à Ainay-le-Vieil, parfois ils sont créés ex nihilo comme au château du Rivau (Indre-et-Loire), au jardin du Plessis-Sasnières (Loir-et-Cher), au jardin de Poulaines (Indre) ou à Montbarrois aux jardins de La Javelière (Loiret).

Propriété depuis 2007 de la Région Centre-Val de Loire, les parcs et jardins de Chaumont-sur-Loire occupent une place particulière. Ils se décomposent en trois parcs : le parc historique d'Henri Duchêne, les jardins du Festival international des jardins (renouvelés chaque année) initié par Jean-Paul Pigeat depuis les années 1990 et développé par la suite par Chantal Colleu-Dumont, et enfin le parc des Prés du Goualoup, commandé par la Région au paysagiste Louis Benech, inauguré en 2012. Le Festival permet de découvrir de nouveaux talents parmi les paysagistes retenus.

Un des Jardins crées lors du Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire, en 2010 :"Cheveux d'anges" (C.Marchalot ; F. Fortuna).Un des Jardins crées lors du Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire, en 2010 :"Cheveux d'anges" (C.Marchalot ; F. Fortuna).

30% des créateurs de jardins remarquables sont reconnus, plusieurs créateurs du 19e sont intervenus en région Centre-Val de Loire, comme les frères Bühler ou les Duchêne. Dans le dernier quart du 20e siècle interviennent sur les jardins remarquables de la région, Eric Ossart et Arnaud Maurières (création d'une roseraie au parc floral de la Source) ou Louis Benech au domaine régional de Chaumont-sur-Loire.

50% des jardins remarquables de la région Centre-Val de Loire sont associés à un château et 17% à un autre bâtiment (prieuré, évêché, manoir...). 47% des jardins sont protégés au titre des monuments historiques. Seuls 4 jardins remarquables de la région sont protégés au titre de la loi des sites.

Vue du jardin régulier devant le château à Bouges-le-Château (Indre).Vue du jardin régulier devant le château à Bouges-le-Château (Indre).

20% des jardins remarquables de la région présentent des collections de végétaux labellisées "collection nationale" par le Conservatoire des collections végétales spécialisées. Ainsi par exemple le jardin des plantes d'Ilex est agréé pour ses collections d'ilex et d'astilbes, les jardins du châteaux du Rivau sont distingués pour leur roses parfumées et le parc floral de la Source pour ses iris. 4 jardins botaniques de la région ont reçu le label « Jardin remarquable ». Les arboretums sont autant d’espaces paysagers présentant de nombreuses espèces d’arbres ou essences ligneuses sous forme de collections thématiques, comme aux jardins botaniques des Barres (Loiret), à celui des Grandes Bruyères (Loiret) ou de La Martinière (Indre-et-Loire). Chédigny (Indre-et-Loire) est un cas particulier puisque ce village-jardin est le seul village en France à bénéficier du label « Jardin remarquable ». Les rues sont fleuries par les habitants, dans le souci de faire de l’embellissement du village par le végétal un enjeu sociétal.

Très variés, ces jardins remarquables présentent un intérêt patrimonial considérable et constituent souvent un point d’attraction touristique majeur. Cet ensemble de parcs et jardins ne constitue cependant pas un corpus homogène. Ils relèvent d’une catégorie administrative témoignant de la grande qualité des jardins de la Région Centre-Val de Loire. Il nous a paru intéressant de les distinguer et de les mettre en évidence pour faire ressortir la qualité des jardins de la région Centre-Val de Loire, et organiser la documentation pour faciliter son appréhension par le lecteur.

1Créée par le décret n°2003 - 447 du 19 mai 2003 portant création du Conseil national des parcs et jardins2La notion de "jardin historique" a été définie dans l'article 1 de la charte des jardins historiques, dite charte de Florence, qui date de 1982 et qui complète la charte de Venise. Elle définit un jardin historique comme une "composition architecturale et végétale qui, du point de vue de l'histoire et de l'art, présente un intérêt public". Comme tel, il est considéré comme un monument.
Aires d'études Région Centre-Val de Loire

Ce dossier thématique présente les 30 jardins labellisés "Jardin remarquable" présents en région Centre-Val de Loire au 1er février 2019 ainsi que des jardins anciennement labellisés "Jardin remarquable". Certains jardins ont perdu leur label : le jardin de Drulon, en 2018 et le jardin botanique de La Fosse (qui l'a obtenu en 2004, 2009 et 2014).

Période(s) Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

Annexes

  • Les parcs et jardins labellisés « Jardin remarquable » en région Centre-Val de Loire en 2019.

    Au 1er janvier 2019, on compte 30 jardins remarquables, répartis comme suit dans la région:

    - Cher : parc floral d’Apremont-sur-Allier, jardins du Prieuré d’Orsan, jardin de Marie, jardin des Prés-Fichaux, jardins du château d’Ainay-le-Vieil, parc et jardins du château de Pesselières ;

    - Eure-et-Loir : jardins du Pré Catelan ;

    - Indre : parc et jardins du château de Bouges, jardins de Georges Sand à Nohant-Vic, jardin et jardin botanique de Poulaines, parc et jardins du château d’Azay-le-Ferron ;

    - Indre-et-Loire : parc et jardins du château de Chenonceau, parc et jardins du château de Valmer, jardin des Prébendes d’Oe, jardin botanique de la Martinière, jardin du château d’Amboise, jardins du château de Villandry, jardins de Chédigny, jardins du château du Rivau ;

    - Loir-et-Cher : roseraie des jardins de l’Evêché, parcs et jardins du château de Chaumont-sur-Loire, jardin du Plessis-Sasnières ;

    - Loiret : potager du château de la Bussière, jardin botanique des Grandes-Bruyères, jardin botanique des Barres, jardins du château de la Javelière, jardins de Roquelin, jardin botanique d'Ilex, parc de La Source, jardins du Grand Courtoiseau.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Tousch Aurore - Potillion Charlène
Charlène Potillion

Chargée d'études (Association parcs et jardins de la Région Centre-Val de Loire)


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- Quentin Michèle
Michèle Quentin

Déléguée de l'association Parcs et Jardins en Région Centre-Val de Loire


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