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Les maisons du quartier Saint-Euverte d'Orléans

Dossier IA45003198 réalisé en 1989

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Préambule

Ce dossier a pour objet l’étude des maisons du quartier Saint-Euverte qui constituent la grande majorité des constructions de ce secteur urbain, puisque que nous en avons comptabilisées 262 sur les 302 édifices ayant fait l’objet d’un repérage systématique. Les immeubles ont été écartés de ce travail car ils représentent une part réduite des édifices du quartier. On en dénombre 23, dont 10 ont été construits dans un passé récent en lien avec une pression immobilière grandissante sur le centre d’Orléans.

Il faut noter que le repérage ayant été systématique sans pouvoir être toujours accompagné de recherches en archives sur l’ensemble du bâti, le doute demeure pour la désignation de certains édifices. Il est, en effet, possible que certains d’entre eux aient été désignés comme des maisons alors qu’il s’agit d’immeubles n’ayant jamais eu un usage d’habitation mono-familiale. Le corpus pourrait donc évoluer si des recherches complémentaires étaient menées. Enfin, des maisons, ayant été découpées en plusieurs logements à une époque plus ou moins récente, ont néanmoins été intégrées à cette étude puisqu'elles conservaient leur apparence extérieure d'origine.

Ce dossier vise à analyser les typologies architecturales des maisons relevées lors de l’enquête de terrain. Pour cela, une grille de repérage a permis d’enregistrer diverses informations allant de l’organisation des parcelles et du bâti sur celles-ci, aux élévations des façades et à leurs ouvertures, ou encore aux matériaux de construction et à leur mise en œuvre. Une attention a également été apportée à la présence éventuelle de caves, confirmée par la rencontre avec les habitants ou supposée par l’existence de soupiraux sur les façades principales.

Ces éléments doivent permettre de caractériser dans ses grandes lignes l’ensemble des maisons qui composent l’essentiel du bâti du quartier Saint-Euverte et le parcellaire correspondant. Toutefois, cette enquête n’ayant pas permis de rentrer de manière systématique dans les habitations, elle donne nécessairement une information partielle.

Parcellaire

Morphologie des parcelles

L’essentiel des parcelles du quartier Saint-Euverte accueillant des maisons ont un profil plutôt classique de rectangle, plus ou moins régulier et plus ou moins long. La principale variation vient de leur largeur. On constate ainsi que les plus larges sont peu nombreuses et plutôt situées sur la partie nord du quartier, à l’exception notable de la maison du 16 rue du Dévidet. Les parcelles les plus étroites sont, quant à elles, concentrées le long des axes historiques du quartier : rue de Bourgogne en premier lieu, partie sud de la rue du Bourdon-Blanc, rue de l’Ételon, rue Saint-Euverte, rue des Pensées et plus marginalement le long de la rue Desfriches. Cette répartition s'explique du fait d'un peuplement plus ancien, datant de l'époque médiévale ou des premières décennies de l'époque moderne, le long de ces rues (voir le dossier sur l'historique du quartier). On retrouve alors le parcellaire laniéré caractéristique du Moyen Âge. Les parcelles de largeur moyenne sont, pour leur part, présentes de manière équilibrée dans tout le quartier.

13,7 % d’entre elles ont la caractéristique d’être des parcelles traversantes, c’est-à-dire qu’elles ont un accès sur deux rues parallèles. Elles se situent principalement sur des îlots peu larges : l'un se situe entre la rue de Bourgogne et la rue du Dévidet, un autre entre la rue des Pensées et celle des Raquettes, deux autres îlots entre le boulevard Aristide-Briand et la rue Saint-Euverte. Pour ces deux derniers, ce caractère traversant des parcelles est lié à la cession de terrains par la ville aux habitants lors de la destruction des fortifications. Enfin, deux grandes parcelles situées au 1bis et au 3 rue Saint-Euverte étaient également traversantes à l’origine (la première a conservé ce caractère). Occupées par des maisons bourgeoises édifiées dans le troisième quart du 19e siècle, il s’agissait probablement là d’une volonté d’affirmer un rang social élevé.

Enfin, il existe aussi 4 parcelles au profil très particulier puisqu’elles enveloppent une parcelle d’angle et forment un angle droit afin de disposer d’un accès sur deux rues : 7 et 15 rue Saint-Euverte, 52 rue de Bourgogne et 9 rue de l’Ételon. Dans ce dernier cas, il s’agit, d’après les propriétaires, d’une transformation relativement récente suite à l’achat du terrain situé à l’arrière du 7 rue de l’Ételon.

Évolutions du nombre de parcelles

On constate finalement peu d’évolution entre le parcellaire de 1823 et l’actuel. Les principaux changements tiennent au regroupement de parcelles, pour la construction d’immeubles notamment. C’est le cas par exemple au n°32 rue de Bourgogne où 3 parcelles ont été réunies ou pour la maison de quartier Bourgogne pour laquelle 15 parcelles encore existantes en 1823 ont été regroupées. Dans le même temps, on constate quelques divisions de propriétés en plusieurs parcelles. Ainsi, le grand bâtiment situé à l’angle sud-est de la rue Saint-Euverte et de la rue du Petit-Saint-Loup, qui pourrait correspondre au bâtiment de l’institution du Petit-Saint-Loup établie là à l’époque moderne, a disparu. Trois parcelles occupées par les maisons des 7, 9 et 11 rue Saint-Euverte l’ont remplacé. Il est possible que les terrains aient été acquis et lotis par un unique entrepreneur, comme le laissent à penser l'observation des maisons qui présentent des similitudes (voir le dossier correspondant).

Conservation du parcellaire napoléonien

La superposition du cadastre napoléonien de 1823 et de celui de 2012 montre que le parcellaire a relativement peu évolué. En ce qui concerne le bâti, on parvient à trouver ainsi près de 58 % de correspondance entre les deux. Néanmoins, ce constat ne permet pas d’affirmer que les maisons étaient déjà en place avant 1823. En effet, des habitations qui pouvaient apparaître avoir existé avant 1823 grâce à ce travail de superposition ont, en fait, été complètement rebâties depuis. C’est le cas du 46 rue Saint-Euverte dont le dessin sur le cadastre actuel correspond en tout point avec celui du cadastre napoléonien, bien que rien ne permette de dater la construction actuelle d'avant la fin du 19e siècle, voire du 20e siècle. En revanche, on sait qu’une cave médiévale voûtée en berceau et à arcs doubleaux subsiste sous ce bâtiment indiquant bien la présence initiale d’une construction plus ancienne.

Délimitation des parcelles et présence d’espaces non bâtis

La présence de hauts murs entre les parcelles ou pour séparer les terrains de la rue est assez caractéristique du quartier Saint-Euverte. Le mur situé au sud de la parcelle de l’ancien hôpital Jeanne d’Arc, actuelle résidence étudiante (50 rue du Bourdon-Blanc), illustre bien ce type de séparation. On dénombre 51 parcelles d’angle ou traversantes entourés de murs pleins. Ceux-ci sont parfois percés de portes cochères ou piétonnes. C’est le cas sur la partie occidentale de la rue des Raquettes, qui correspond à l’arrière des parcelles des maisons situées sur la rue des Pensées. Ces maisons disposaient ainsi d’un accès sur une autre rue pour faire passer des voitures hippomobiles ou à bras. Cette organisation est peut-être liée à la profession des habitants, qui pouvaient exercer des activités artisanales.

On trouve également des murs d’appui à pilastres et grilles pour fermer les propriétés (19 cas). On retrouve ce système, notamment sur les parcelles situées à l’extrême nord du quartier entre la rue Saint-Euverte et le boulevard Aristide-Briand. Ce type d’installation avait été imposé aux propriétaires à qui la ville avait cédé des terrains lors de la destruction des fortifications1.

Ces aménagements ont en outre favorisé la création de jardins ou de cours. Dans un quartier relativement dense comme celui de Saint-Euverte, ceux-ci ne sont pas présents partout ou alors de taille limitée. N’ayant pas pu rentrer dans toutes les maisons, nous n’avons pas pu en faire un inventaire systématique. Néanmoins, l’existence de 32 cours et de 43 jardins, soit respectivement dans 12,2 % et 16,41% des maisons, a pu être confirmée lors de visites ou par les habitants. Ceux-ci se situent en grande majorité sur une grande moitié nord du quartier. Ils sont de moins en moins nombreux à mesure que l’on s’avance vers la rue de Bourgogne.

Morphologie du bâti

Localisation des maisons dans la parcelle

94,27 % du corpus est aligné sur rue, soit 247 maisons sur 262. L’alignement sur rue est assez caractéristique d’un bâti à caractère faubourien comme celui du quartier Saint-Euverte, où les maisons s’alignent traditionnellement le long des axes de passage. Le cadastre ancien et les fiches auxiliaires cadastrales permettent de savoir que traditionnellement un ou plusieurs bâtiments de fond de cour pouvaient exister. Selon la richesse et le statut des habitants, il pouvait s’agir d’écuries, de clapiers/poulaillers, de bûchers, de cuisines, de remises ou d’ateliers artisanaux, etc.

N’ayant pu rentrer systématiquement dans les maisons et ne pouvant se fier au cadastre qui ne retranscrit pas toujours les nouveaux aménagements, on ne peut pas quantifier avec certitude la proportion de ce type de bâtiments de fond de cour. Néanmoins, nous avons pu en voir quelques-uns. C’est le cas, par exemple, au 24 rue Desfriches, au 21 rue Saint-Euverte ou au 16 rue des Pensées. Ils ont parfois été transformés en habitation, comme au 10 rue du Bourdon-Blanc.

Au 32 rue des Pensées, un bâtiment de fond de cour d’une tout autre ampleur a été conservé. Il s’agit d’une ancienne salle de conférence liée à la présence dans cette maison d’une Société de Persévérance des ouvriers. Les fiches auxiliaires cadastrales nous apprennent qu’elle existe déjà en 1880. Lors de la conduite de l'étude, cette salle avait été transformée en atelier d’artiste. Le propriétaire de l'époque disait avoir supprimé des peintures murales à son arrivée. En revanche, un vitrail rond décoré de grisaille est toujours visible sur le mur oriental2.

Outre le bâti aligné sur rue, il existe 9 cas dans le quartier Saint-Euverte où le bâti est rejeté sur les côtés de la parcelle. Une cour ou un jardin sont alors ménagés côté rue et on n’accède pas directement à la maison depuis celle-ci. Généralement, seule une aile ou une façade latérale est visible de la rue (1 rue aux Loups, 3 rue du Champ-Saint-Euverte, 1 rue des Raquettes, 5 rue des Bouteilles, 2 rue Desfriches, 1, 8, 10 et 32 rue des Ormes-Saint-Victor). Il s’agit principalement de construction datant du 19e ou du 20e siècle, à l’exception du 10 rue des Ormes-Saint-Victor, dont le portail piéton donnant sur la rue porte la date de 1737. Il est possible que cette disposition ait été choisie pour ménager une cour (dans le cas d'une activité artisanale, par exemple) ou un jardin.

6 maisons sont, en outre, construites en retrait de la rue, au milieu de leur parcelle. Là aussi, il s’agit de bâtis ayant connu des mutations relativement récentes. Ainsi le 1bis, le 3 et le 4 rue Saint-Euverte, le 27 rue du Dévidet et le 7 rue du Champ-Saint-Euverte datent de la deuxième moitié du 19e siècle. Ce sont des constructions qui assument un caractère bourgeois et dont les propriétaires ont manifestement voulu marquer leur rang social en mettant leur maison à distance de la rue. La maison du 18 rue de l’Ételon date, quant à elle, de 1941.

Vue d'ensemble de la façade antérieure de la maison du 18 rue de l'Etelon construite en retrait par rapport à la rue.Vue d'ensemble de la façade antérieure de la maison du 18 rue de l'Etelon construite en retrait par rapport à la rue.

Enfin, le quartier Saint-Euverte ne possède quasiment que des édifices à murs gouttereaux alignés sur la rue, ce qui est très commun à Orléans où les façades à pignon sont peu représentées, contrairement à d'autres villes médiévales de France. Ce mode constructif est lié à la lutte contre les risques d'incendie, les murs pignons servant de murs pare-feu. Saint-Euverte ne compte donc qu'une maison à mur pignon au 3 rue des Ormes-Saint-Victor (parcelle 1209 du cadastre napoléonien). Celle-ci a une importante emprise au sol. Lors de la réalisation de l'étude, elle ne formait plus qu'un édifice avec les bâtiments mitoyens disposés perpendiculairement au nord. Les matrices cadastrales indiquant des professions commerciales ou artisanales (fruitier, fabricant de chocolat) pour les occupants de la maison à pignon sur rue, peut-être peut-on penser qu'elle accueillait des activités professionnelles. Celles-ci pourraient expliquer l'ampleur de l'édifice.

Vue de la partie droite de la façade sur rue de la maison située au 3 rue des Ormes-Saint-Victor qui possède le seul mur pignon aligné sur rue du quartier.Vue de la partie droite de la façade sur rue de la maison située au 3 rue des Ormes-Saint-Victor qui possède le seul mur pignon aligné sur rue du quartier.

Mitoyenneté

La densité des édifices dans le quartier étant importante, il y a par conséquent très peu de maisons non mitoyennes. On ne dénombre que 6 cas non mitoyens. Ils coïncident pour l’essentiel avec les bâtis situés en retrait de la rue : 1 rue des Raquettes, 8 rue des Ormes-Saint-Victor, 27 rue du Dévidet, 7 rue du Champ-Saint-Euverte. Les deux autres maisons non mitoyennes sont, pour l’une (16 rue du Dévidet) située dans une parcelle d’angle et, pour l’autre (8 rue du Dévidet), dans une parcelle longée par un accès vers le cœur d’îlot.

71 maisons ne sont mitoyennes que d’un côté. Ce cas de figure est lié au nombre important d’îlots dans le quartier et donc de parcelles d’angle. On dénombre enfin 185 maisons mitoyennes des deux côtés. L’examen de ces différents cas ne permet pas de faire de lien pertinent entre le caractère mitoyen ou non des maisons et leur emplacement dans le quartier ou leur époque de construction. Elles sont en revanche caractéristiques de l’architecture faubourienne de ce secteur urbain.

Gabarit du bâti : hauteur des maisons

En termes de hauteur de bâtiment, il y a peu de maisons en rez-de-chaussée. On en dénombre 5, situées principalement rue aux Loups et, d’une manière générale, dans la partie sud-est du quartier. Il s’agit plutôt de maisons datant de la fin de l’époque moderne (7 rue aux Loups) et du 19e siècle. Il faut toutefois noter que la proportion de maisons en rez-de-chaussée devait être plus importante par le passé, mais les maisons ont pu subir des modifications. Ainsi, la maison située au 13 rue Saint-Euverte était initialement une petite habitation en rez-de-chaussée. Elle a été surélevée ou reconstruite en 1764 et transformée en maison bourgeoise3.

Les maisons à un étage sont les plus représentées dans le corpus du quartier Saint-Euverte, puisqu’on en dénombre 170. Elles sont majoritairement représentées dans la rue Desfriches (31), mais aussi dans les rues Saint-Euverte (35), des Pensées (23), des Ormes-Saint-Victor (18) et de l’Ételon (14). En revanche, elles sont moins nombreuses sur d’autres axes : 7 seulement sur les rues de Bourgogne, du Bourdon-Blanc ou du Dévidet et 8 sur la rue du Petit-Saint-Loup. Ce type de gabarit est en outre représenté à toutes les époques.

Les maisons à deux étages, 86 en tout, sont surreprésentées sur les axes historiques du quartier : rues du Bourdon-Blanc (10), de Bourgogne (32) et Saint-Euverte (15). Sur ces voies, elles sont généralement liées à un parcellaire étroit, et témoignent d'une densification du quartier. En effet, on constate en observant certains de ces édifices qu''ils ont été surélevés (c'est vraisemblablement le cas au 42 ou au 94 de la rue de Bourgogne par exemple), ou peut-être rebâtis, soit au 18e, soit au 19e siècle. Outre ces cas particuliers, les bâtiments à deux étages carrés sont présents dans tout ce secteur urbain, sans qu'on puisse faire de corrélation avec une époque de construction précise.

Enfin, seule une maison, située au 82-84 rue de Bourgogne et aujourd’hui divisée en deux habitations, possède trois étages. La façade a vraisemblablement été rebâtie, pour être reculée au cours du troisième ou du quatrième quart du 19e siècle, en lien avec les politiques d'alignement à l’œuvre depuis le début du 19e siècle à Orléans. L'édifice pourrait toutefois être plus ancien. Ses étages étant moins hauts que ceux des bâtiments mitoyens, l'ajout d'un niveau (surélévation ?) peut alors se faire sans rupture de gabarit.

Gabarit du bâti : largeur des maisons

En termes de largeur, l’étude du nombre de travées conjuguée à celle de la largeur des parcelles peut donner quelques indications pour les maisons dont les façades sont relativement ordonnancées (soit 237 maisons sur 262). Pour ne pas trop fausser les moyennes, on a toutefois choisi d’écarter les parcelles pour lesquelles le rapport entre la largeur de cette dernière et l’emprise de la façade sur la rue était trop déséquilibré (exemple du 5 rue des Bouteilles) ou lorsque le nombre de travées n’est pas révélateur car une grande partie de la façade est aveugle (2 rue de l’Ételon).

Les maisons comportant une seule travée sont au nombre de 21, dont 13 sont situées rue de Bourgogne où l’on a déjà vu que le parcellaire ancien étroit et laniéré a été conservé. Pour ces édifices, la largeur moyenne de la parcelle est de 4,2 m si l’on écarte, comme indiqué plus haut, celles où le rapport entre la largeur de la parcelle et l’emprise du bâti est déséquilibré. 80 % de ces maisons comportent 2 étages carrés : lorsque le parcellaire est étroit, les habitations sont construites en hauteur pour compenser le manque de place au sol.

Les habitations à 2 travées (74) sont, là encore, très représentées sur la rue de Bourgogne (14), mais également sur les rues Desfriches (11), de l’Ételon (8), des Ormes-Saint-Victor (8) et des Pensées (9). Celles à 3 travées sont au nombre de 102 et sont très majoritairement situées dans la rue Saint-Euverte (31), même si elles sont présentes dans tout le quartier (14 rue des Pensées, 11 rue de Bourgogne, 10 rue Desfriches…). Ces maisons à deux et trois travées font 7,7 m de large en moyenne et oscillent majoritairement dans une échelle qui va de 5 m de large à 12 m de large. Elles possèdent un seul étage pour 61,4 % d’entre elles et deux étages pour 34,6 % d’entre elles. Il s'agit là d'habitations mono-familiales classiques, comme on en a construit partout à Orléans, de la fin de l'époque médiévale au 20e siècle. Les décors sont réduits à leur plus simple expression, se limitant à des éléments architectoniques (présence de bandeaux sur les façades, de corniches aux profils variés). Quelques-unes sont davantage ornées (faux-appareil en pierre de taille, entablements, corniches à modillons...), ce qui permet à leur propriétaire de signaler son rang social. La surreprésentation de ce type de maisons permet d'attester du caractère résidentiel du quartier Saint-Euverte.

On compte par ailleurs 21 maisons comportant 4 travées, dont 8 sont situées rue Saint-Euverte ou encore 5 rue des Pensées. Les 12 maisons à 5 travées sont présentes dans tout le quartier, mais particulièrement concentrées rue du Bourdon-Blanc (3) et rue Saint-Euverte (3) en lien avec le caractère bourgeois de certaines habitations présentes le long de ces axes. Ces habitations à 4 ou 5 travées mesurent 13,2 m de large en moyenne. Elles sont majoritairement à un seul étage (81,8 % du corpus). La nécessité de multiplier les niveaux se fait moins ressentir, compte-tenu de l’emprise au sol dont ces édifices bénéficient.

Enfin, 4 maisons comportent 6 travées (40-42 rue du Bourdon-Blanc, 5 rue Desfriches, 21 rue de l’Ételon, 1bis rue Saint-Euverte), 2 (6 rue Saint-Euverte, 2ter rue des Pensées) en comptent 7 et une habitation possède 8 travées (16 rue du Dévidet). Les parcelles correspondantes mesurent en moyenne 18,1 m de large (si on exclut le 16 rue du Dévidet, dont la parcelle mesure 48 m de large). L’ensemble de ces habitations ne comporte qu’un seul étage et pourrait avoir été d'anciens hôtels particuliers, d'où leur largeur importante.

Si l’on peut trouver une corrélation entre le nombre de travées, la largeur des parcelles et la conservation d’un parcellaire médiéval ou au contraire son évolution, les mutations régulières du bâti ne permettent pas toujours de faire le lien entre largeur des façades et époque de construction. En outre, nous l’avons vu, si certains gabarits de façades peuvent se concentrer le long de certains axes, les différents types sont généralement présents dans l’ensemble du quartier.

Toiture

On dénombre 24 toitures à pans brisés dans le secteur urbain de Saint-Euverte. Il faut toutefois préciser qu’elles peuvent correspondre à des travaux récents, comme c’est le cas au 23 rue du Dévidet (années 1990 d’après la propriétaire) ou à la reprise plus ancienne d’une toiture à longs pans, comme au 48 rue du Bourdon-Blanc. Dans ce dernier cas, la modification pourrait correspondre à la reprise d’alignement qu’a connue la maison en 18494. Néanmoins, dans d’autres cas, comme pour les deux maisons des 8 et 10 rue des Pensées, elles permettent d’apporter un argument supplémentaire en faveur d’une datation remontant au 18e siècle. On trouve cette forme principalement le long des rues Saint-Euverte, des Pensées et du Bourdon-Blanc.

En ce qui concerne les charpentes, celles-ci n'ont pu être vues que trop ponctuellement pour en tirer des conclusions. Néanmoins, la maison du 2bis rue Saint-Michel a fait l'objet d'une étude sur sa charpente à entrait retroussé moisé, procédé constructif qui permet de la dater du 16e siècle5.

Vue d'ensemble de la façade antérieure du 2bis rue Saint-Michel, dont la charpente à entrait retroussé moisé date probablement du 16e siècle.Vue d'ensemble de la façade antérieure du 2bis rue Saint-Michel, dont la charpente à entrait retroussé moisé date probablement du 16e siècle.

Les accès au bâti

On distingue les accès directs sur la façade et les accès non directs. 75,2 % des maisons du quartier comptent uniquement un ou plusieurs accès directs sur l’une des façades. La présence de plusieurs entrées sur différentes façades est généralement liée à des parcelles d’angles et/ou des façades très remaniées. Ainsi, les maisons divisées en plusieurs logements ou comprenant un logement et un magasin, comme on en trouve sur la rue de Bourgogne par exemple, peuvent compter plusieurs portes piétonnes. 6 édifices possèdent, en outre, un accès par la façade latérale. Là encore, il s’agit de maisons situées sur des parcelles d’angle.

6,5 % du corpus constitué par les maisons du quartier Saint-Euverte n’ont par ailleurs pas d’accès direct au bâti depuis la rue. Les accès se font alors par l’intermédiaire d’une porte piétonne ou cochère ménagée dans un mur de clôture qui débouche sur un jardin ou une cour, comme c’est le cas au 3 rue du Petit-Saint-Loup ou au 8 rue des Ormes-Saint-Victor. Il peut s’agir de parcelles d’angle, comme de parcelles classiques. On note ici la volonté d'établir une distance entre l'habitation et la rue. Celle-ci ne peut être corrélée avec une époque précise. On la retrouve à toutes les époques (de l'hôtel particulier de l'époque moderne situé au 16 rue du Dévidet à la maison contemporaine du 18 rue de l'Ételon).

18,3 % des maisons disposent à la fois d’une ou plusieurs portes disposées sur la façade et d’un ou plusieurs accès ménagés dans des murs de clôtures. On retrouve généralement ce type d’agencement dans les parties du quartier comptant des parcelles traversantes ou enveloppantes, ainsi que pour toutes les parcelles d'angle.

En outre, 36 maisons, soit 13,7 % du corpus, comprennent des portes cochères, accompagnées dans 17 cas de passages couverts. 22 sont intégrées aux façades et, parmi celles-ci, on en dénombre 12 qui sont le seul accès direct au bâti. On retrouve ce type de maisons principalement sur les rues Desfriches (3) et du Bourdon-Blanc (3), et globalement sur une grande moitié ouest du quartier où l’on constate une densité plus importante de parcelles plus larges. La plupart de ces édifices datent du 19e siècle et pourrait avoir eu un usage mixte : habitation et commerce ou ateliers artisanaux. Cette double destination pourrait expliquer la présence de portes cochères pour faire passer matériaux et/ou produits finis depuis des ateliers situés en fonds de parcelles jusqu'à la rue.

10 maisons possèdent à la fois une porte piétonne et une porte cochère comme accès direct à leur intérieur. On les retrouve partout dans le quartier. Elles datent pour la moitié d’entre elles de l’époque moderne et pour l’autre moitié du 19e siècle. Là aussi, il pourrait y avoir eu à la fois un logement monofamilial et une activité artisanale ou commerciale.

Par ailleurs, 12 maisons ont des portes cochères qui ne sont pas intégrées aux façades. Dans deux cas, il s’agit même du seul accès à la parcelle depuis la rue. Il s’agit majoritairement d’habitations construites sur des parcelles d’angle ou traversantes, même si certaines sont ordinaires comme au 9 rue des Pensées. Dans ce dernier cas, on peut voir une répartition des bâtiments reprenant à une échelle plus modeste les dispositions d'un hôtel particulier urbain sur cour. Ces maisons ont principalement été construites au 18e (4) ou au 19e siècle (6).

Enfin, si l’emplacement des portes sur les façades a été relevé sur le terrain, il ne semble pas possible d’en tirer des conclusions. En effet, on a pu observer à plusieurs reprises que des portes piétonnes avaient été transformées en fenêtres, et inversement que d’autres avaient été condamnées. En outre, les quelques maisons visitées ont démontré que les distributions intérieures ont généralement été très modifiées. La présence d’une porte latérale n’est plus nécessairement synonyme d’un couloir latéral menant à un escalier en fond de bâtiment.

Datations

Carte indiquant les périodes de constructions principales (supposées ou attestées) de l'ensemble des édifices du quartier Saint-Euverte.Carte indiquant les périodes de constructions principales (supposées ou attestées) de l'ensemble des édifices du quartier Saint-Euverte.La datation des maisons est une opération délicate pour un quartier comme celui de Saint-Euverte. En effet, les habitations ont connu un grand nombre de mutations, notamment à la faveur de travaux d’alignements au 19e siècle ou parce qu’elles ont été fortement modifiées au fil des époques pour s’adapter à la modernisation des modes de vie (voir le dossier "L’architecture du quartier Saint-Euverte"). Il arrive d’ailleurs qu’on trouve des constructions contemporaines édifiées sur des parcelles où la cave de la maison précédente a été conservée. C’est le cas, par exemple, pour la maison édifiée en 1941 au 18 rue de l’Ételon, comme l’ont expliqué les propriétaires.

Malgré les incertitudes qui peuvent demeurer, on estime que 13 maisons peuvent dater du Moyen Age pour leurs parties les plus anciennes. Ce constat prouve que, contrairement à ce que l'on a longtemps cru, le quartier n'a pas été entièrement rasé avant le siège mené par les troupes anglaises en 1429. En témoigne d'ailleurs, l'étude dendrochronologique (étude des cernes du bois afin de le dater) réalisée sur la maison du 94 rue de Bourgogne qui a pu être datée de 1445 environ. Ces bâtiments datés du Moyen Age se situent un peu partout dans le quartier, excepté le long de la rue du Bourdon-Blanc. Celle-ci n'a, semble-t-il, accueillie des constructions qu'après l'inclusion de Saint-Euverte dans les murs de défense de la ville, après 1466-1480. Avant cette accrue du 15e siècle, la rue du Bourdon-Blanc constituait en effet le fossé enserrant les murs. 80 maisons, quant à elles, pourraient dater pour partie des Temps modernes ou de la limite entre les 18e et 19e siècles. Parmi celles-ci, 37 se situent le long des rues Saint-Euverte, de Bourgogne et du Bourdon-Blanc. Enfin, 170 maisons ont été construites à l’époque contemporaine (19e-20e siècles).

Les matériaux de construction et leur mise en œuvre

Des matériaux classiques

On compte 4 maisons en brique dans le quartier Saint-Euverte (3 boulevard Aristide Briand, 5 boulevard Saint-Euverte, 22bis rue Desfriches, 52 rue de Bourgogne). Il s’agit de bâtiments datant de la fin du 19e siècle ou de la première moitié du 20e siècle, périodes pendant lesquelles l'usage de la brique est fréquent pour les constructions nouvelles. Dans les deux premiers cas, la libération de nouveaux espaces de constructions après la destruction des fortifications a permis d’édifier les maisons. Pour les deux autres, il s’agit juste de reconstructions à l’emplacement d’édifices plus anciens.

Outre ces 4 maisons, 13 autres sont en maçonnerie enduite et en brique. On retrouve notamment ce dernier matériau en encadrement des ouvertures, mais aussi au niveau des bandeaux ou des corniches. C’est le cas, par exemple des constructions du 2 ou du 2bis rue des Pensées, du 18 rue de l’Ételon, etc. Parmi celles-ci, on peut également citer le 12 rue Saint-Euverte dont la façade principale est en maçonnerie enduite, alors que celle qui donne sur le boulevard Aristide-Briand est décorée de briques rouges et jaunes. Là encore, il s’agit de constructions contemporaines.

Vue d'ensemble de la façade en pan de bois enduit du 94 rue de Bourgogne, datée de 1445 par dendrochronologie.Vue d'ensemble de la façade en pan de bois enduit du 94 rue de Bourgogne, datée de 1445 par dendrochronologie.On estime, par ailleurs, que 16 maisons du quartier sont en pan de bois. Néanmoins, il faut préciser que le doute subsiste pour certaines façades recouvertes d’enduit qui n’ont pas fait l’objet d’une étude précise, telle que le 4 rue du Bourdon-Blanc ou encore le 12 rue de Bourgogne. En outre, l’étude des maisons à pan de bois d’Orléans a démontré que l’ensemble des façades ne sont généralement pas construites avec ce type de matériau, mais que deux murs (notamment les murs mitoyens) ou plus peuvent être en maçonnerie enduite. En termes de mise en œuvre, les pans de bois attestés dans le quartier Saint-Euverte (29 rue Saint-Euverte, 28 rue des Ormes-Saint-Victor, 14 et 94 rue de Bourgogne) sont à grille, une méthode de construction relativement répandue dans les faubourgs6. Les maisons attestées ou supposées en pan de bois sont assez largement concentrées le long de la rue de Bourgogne. On les trouve également ailleurs dans le quartier, généralement sur des axes anciens : les rues Saint-Euverte ou du Bourdon-Blanc, par exemple. Elles datent du Moyen Age (14 et 94 rue de Bourgogne) et principalement de l’époque moderne pour les autres.

On compte également 8 maisons en pierre de taille, plutôt localisées sur les rues du Bourdon-Blanc et Saint-Euverte. Elles datent là encore plutôt des 18e et 19e siècles. 10 maisons, disséminées dans le quartier, ont, quant à elles, été construites en matériaux contemporains (béton, parpaings) au 20e siècle. 3 maisons possèdent également des essentages d’ardoise sur une ou plusieurs façades.

Néanmoins, la grande majorité des édifices (234) est réalisée en maçonnerie enduite ce qui représente 89,3 % du corpus. Sur ce total, 104 maisons associent maçonnerie enduite et pierre de taille utilisée pour rythmer la façade au moyen de bandeaux, d’entablements ou d’assises de mur appareillées. L’enduit empêche dans la majeure partie des cas d’identifier avec certitude les matériaux utilisés. Néanmoins, lorsqu’il est endommagé, il laisse entrevoir des moellons de pierre calcaire, matériau d’origine locale.

Il faut, en outre, préciser que nous avons pu noter au cours de l’enquête que des maisons dont la façade principale sur rue est vraisemblablement en maçonnerie enduite possèdent ou ont possédé des façades postérieures en pan de bois. Si le 8 rue des Raquettes conserve sa façade postérieure en pan de bois, ce n’est pas le cas du 21 rue du Dévidet ou du 12 rue des Pensées dont les façades postérieures ont disparu au fil des extensions successives. De manière générale, le phénomène d’agrandissement en profondeur des maisons est assez répandu : 36 rue St-Euverte, 9 rue de l’Ételon, 5 rue des Pensées, 21 rue du Dévidet, 16 rue des Pensées…

En termes d’encadrements des baies, nous avons dénombré 186 maisons utilisant la pierre de taille (régulièrement de la pierre dure au rez-de-chaussée et tendre aux étages). Pour 33 habitations, c’est la brique qui est utilisée, afin d'ajouter une dimension polychrome aux façades. Dans certains cas, on la retrouve également sur des façades postérieures, alors que les ouvertures des façades antérieures sont encadrées de pierre de taille. 58 édifices ont des encadrements de baies en bois, dont 17 sont concentrés le long de la rue de Bourgogne. Le reste est réparti de manière égale dans le quartier. Dans 39 cas, les matériaux ne sont pas visibles car recouverts d’enduit. Dans plusieurs cas, on retrouve différents matériaux d’encadrement des baies pour une même maison.

Pour les toitures, c’est majoritairement l’ardoise qui est utilisée. Seules 8 maisons, soit 3 % du corpus, utilisent la tuile, plate, mécanique ou associée à une bande d’ardoise (2 et 8 rue des Ormes-Saint-Victor, 58 rue Saint-Euverte) comme matériau de couverture. Les toitures en tuile sont surtout concentrées sur la rue de l’Ételon.

En ce qui concerne les constructions secondaires, nous avons pu observer, sans toutefois pouvoir être systématique, des bâtiments de commun utilisant des matériaux variés : la brique pour les 27 rue du Dévidet ou 3 rue du Petit-Saint-Loup, ou encore le pan de bois comme pour le 10 rue du Bourdon-Blanc ou à nouveau le 3 rue du Petit-Saint-Loup.

Carte recensant les matériaux de construction des maisons du quartier Saint-Euverte.Carte recensant les matériaux de construction des maisons du quartier Saint-Euverte.

Les matériaux de construction utilisés dans le quartier Saint-Euverte apparaissent donc relativement classiques et conforme à ceux qu'on retrouve ailleurs dans la ville pour les mêmes époques.

Décors

En lien avec le caractère faubourien de ce secteur urbain, 74 % des maisons possèdent un décor peu développé. On retrouve alors principalement des éléments qui viennent rythmer la façade : bandeaux, assise des murs en pierre de taille appareillée, encadrement de baies harpé, chaînes d’angle… Ces éléments, principalement réalisés en pierre de taille, parfois en brique, sont représentés partout dans le quartier. 15 % des habitations (40) ne portent, quant à elles, aucun décor. Elles se situent plutôt sur des rues intérieures, comme celle des Ormes-Saint-Victor, même si on en trouve aussi rue de Bourgogne. En revanche, on n’en dénombre aucune sur la rue du Bourdon-Blanc.

11 % des maisons (27) portent des décors particulièrement développés (frontons décorés au-dessus des baies, fenêtres à crossettes ou à plate-bande avec clé passante et pendante, jeux de matériaux avec des briques de couleurs différentes…). Il s’agit bien évidemment de maisons bourgeoises, surtout localisées rues Saint-Euverte, du Bourdon-Blanc ou de Bourgogne. Elles datent principalement du 18e et du 19e siècle (19 maisons sur 27), puis du 20e siècle.

Les caves

Les maisons du centre d’Orléans sont fréquemment construites sur un ou plusieurs niveaux de caves. Le quartier Saint-Euverte ne déroge pas à cette règle puisque 171 maisons, soit 66,4 % du corpus, sont vraisemblablement bâties sur des caves. Celles-ci ont été comptabilisées à partir des témoignages des habitants rencontrés, des inventaires du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) ou sur la base d’indices, tels que la présence de soupiraux sur les façades sur rue. Parmi ces 171 maisons, nous avons pu voir ou nous faire confirmer la présence de 3 caves à deux niveaux : 24 rue Desfriches, 1bis rue Saint-Euverte, 52 rue Saint-Euverte. Cette dernière est le seul exemple, pour son niveau le plus profond, d'une cave voûtée d'ogives dans le quartier Saint-Euverte. Une quatrième possédait initialement deux étages, mais le plus profond s’est effondré sur lui-même (23 rue Saint-Euverte). Un document produit par le service de la défense passive au début de la Seconde Guerre mondiale recense, quant à lui, une autre maison avec deux niveaux de cave : 1 rue des Francs-Bourgeois7.

Vue d'ensemble de la façade antérieure de la maison du 52 rue Saint-Euverte sous laquelle se situe deux niveaux de cave dont l'un à voûte d'ogives.Vue d'ensemble de la façade antérieure de la maison du 52 rue Saint-Euverte sous laquelle se situe deux niveaux de cave dont l'un à voûte d'ogives.

Parmi les 15 caves que nous avons pu voir, 9 possèdent une voûte en berceau surbaissée (23 et 36 rue Saint-Euverte ; 5, 12, 16 et 19 rue des Pensées ; 16 rue Desfriches ; 10 rue du Bourdon-Blanc, 8 rue des Raquettes). Ce profil ne permet pas de faire de propositions de datations très précises, dans la mesure où elles peuvent dater de la fin de l’époque moderne comme du 19e, voire du début du 20e siècle. 2 caves avec des voûtains de briques et poutres métalliques (9 rue des Ormes-Saint-Victor, 9 rue du Champ-Saint-Euverte) sont liées à des maisons de la fin du 19e siècle. 2 caves, situées au 24 rue Desfriches et au 12 rue du Petit-Saint-Loup, sont plafonnées et présentent de gros corbeaux de pierre pour supporter les poutres du plancher. Là encore, toute datation est compliquée et pourrait remonter à la fin de l’époque moderne comme au 19e siècle. La cave du 21 rue du Dévidet possède, quant à elle, une voûte en berceau brisé ce qui pourrait attester d’une construction plus ancienne, pouvant remonter au début ou au milieu de l’époque moderne. Enfin, la cave du 50 rue du Bourdon-Blanc apparaît très contemporaine.

Les puits

Sans pouvoir être exhaustif n’ayant pas vu toutes les maisons, nous avons néanmoins pu recenser l’existence de 13 puits liés à des maisons particulières dans le quartier Saint-Euverte. Ceux-ci ont pu être mentionnés par les habitants rencontrés : 3 rue Saint-Euverte, 12 et 18 rue des Pensées, 36 rue Saint-Euverte, 8 rue des Raquettes, 9 rue de l’Etelon. Nous en avons vus également lors de visites : puits avec margelle en pierre au 21 rue Saint-Euverte, inscription sur un mur du jardin en mentionnant un au 23 rue Saint-Euverte, système de relevage d’eau avec poulie encore visible au 6 rue de l’Etelon. Enfin, les archives en mentionnent trois autres : 13 et 18-20 rue Saint-Euverte, 36 rue du Bourdon-Blanc, 8 rue des Pensées8.

Liste des maisons repérées et sélectionnées pour la constitution du dossier collectif

Les maisons sélectionnées et étudiées dans des dossiers individuels sont en gras.

Aristide-Briand (boulevard) 01

Aristide-Briand (boulevard) 03

Aristide-Briand (boulevard) 29

Bourdon-Blanc (rue du) 02bis

Bourdon-Blanc (rue du) 04

Bourdon-Blanc (rue du) 06

Bourdon-Blanc (rue du) 08

Bourdon-Blanc (rue du) 10

Bourdon-Blanc (rue du) 12

Bourdon-Blanc (rue du) 14

Bourdon-Blanc (rue du) 16

Bourdon-Blanc (rue du) 18

Bourdon-Blanc (rue du) 30

Bourdon-Blanc (rue du) 32

Bourdon-Blanc (rue du) 34

Bourdon-Blanc (rue du) 38

Bourdon-Blanc (rue du) 40, 42

Bourdon-Blanc (rue du) 44

Bourdon-Blanc (rue du) 46 ; Saint-Euverte (rue) 43

Bourdon-Blanc (rue du) 48

Bourgogne (rue de) 02 ; Saint-Euverte (boulevard) 01

Bourgogne (rue de) 02bis

Bourgogne (rue de) 04

Bourgogne (rue de) 10 ; Chasse (rue de la) 01

Bourgogne (rue de) 12

Bourgogne (rue de) 14

Bourgogne (rue de) 16

Bourgogne (rue de) 18

Bourgogne (rue de) 22

Bourgogne (rue de) 24

Bourgogne (rue de) 26

Bourgogne (rue de) 34 ; Devidet (rue du) 01

Bourgogne (rue de) 36

Bourgogne (rue de) 38

Bourgogne (rue de) 40

Bourgogne (rue de) 42

Bourgogne (rue de) 44

Bourgogne (rue de) 46

Bourgogne (rue de) 48

Bourgogne (rue de) 48bis

Bourgogne (rue de) 50

Bourgogne (rue de) 52 ; Etelon (rue de l’) 04

Bourgogne (rue de) 56

Bourgogne (rue de) 58

Bourgogne (rue de) 62

Bourgogne (rue de) 64

Bourgogne (rue de) 66

Bourgogne (rue de) 68

Bourgogne (rue de) 70

Bourgogne (rue de) 72

Bourgogne (rue de) 74

Bourgogne (rue de) 76

Bourgogne (rue de) 78 ; 76bis

Bourgogne (rue de) 80

Bourgogne (rue de) 82, 84

Bourgogne (rue de) 86

Bourgogne (rue de) 90

Bourgogne (rue de) 94

Bourgogne (rue de) 104

Bourgogne (rue de) 106

Bouteilles (rue des) 05

Champ-Saint-Euverte (rue du) 03

Champ-Saint-Euverte (rue du) 07

Champ-Saint-Euverte (rue du) 07bis

Desfriches (rue) 02

Desfriches (rue) 02bis

Desfriches (rue) 04

Desfriches (rue) 05

Desfriches (rue) 06

Desfriches (rue) 07

Desfriches (rue) 07bis

Desfriches (rue) 08

Desfriches (rue) 08bis

Desfriches (rue) 09

Desfriches (rue) 10

Desfriches (rue) 11

Desfriches (rue) 12

Desfriches (rue) 13

Desfriches (rue) 14

Desfriches (rue) 15

Desfriches (rue) 16

Desfriches (rue) 17

Desfriches (rue) 18

Desfriches (rue) 19

Desfriches (rue) 20

Desfriches (rue) 21

Desfriches (rue) 22

Desfriches (rue) 22bis

Desfriches (rue) 23

Desfriches (rue) 24

Desfriches (rue) 24bis

Desfriches (rue) 25

Desfriches (rue) 27

Desfriches (rue) 28

Desfriches (rue) 29

Desfriches (rue) 31 ; Raquettes (rue des) 13

Desfriches (rue) 33

Desfriches (rue) 37

Dévidet (rue du) 06

Dévidet (rue du) 08

Dévidet (rue du) 11

Dévidet (rue du) 16 ; Ormes-Saint-Victor (rue des) 01bis

Dévidet (rue du) 21

Dévidet (rue du) 23

Dévidet (rue du) 27

Dévidet (rue du) 33

Dévidet (rue du) 35

Ételon (rue de l') 02 ; Bourgogne (rue de) 54

Ételon (rue de l') 03

Ételon (rue de l') 05 ; Dévidet (rue du) 17

Ételon (rue de l') 06

Ételon (rue de l') 07 ; Dévidet (rue du) 10

Ételon (rue de l') 08 ; Dévidet (rue du) 08bis

Ételon (rue de l') 09

Ételon (rue de l') 10

Ételon (rue de l') 11

Ételon (rue de l') 12

Ételon (rue de l') 13

Ételon (rue de l') 14

Ételon (rue de l') 15

Ételon (rue de l') 16

Ételon (rue de l') 18

Ételon (rue de l') 20

Ételon (rue de l') 21

Ételon (rue de l') 22

Ételon (rue de l') 23 ; Juifs (rue des) 02

Ételon (rue de l') 25

Ételon (rue de l') 31

Francs-Bourgeois (rue des) 01

Juifs (rue des) 04

Loups (rue aux) 01, 01bis

Loups (rue aux) 02

Loups (rue aux) 03

Loups (rue aux) 04

Loups (rue aux) 05

Loups (rue aux) 05bis

Loups (rue aux) 07

Ormes-Saint-Victor (rue des) 01

Ormes-Saint-Victor (rue des) 02

Ormes-Saint-Victor (rue des) 02bis

Ormes-Saint-Victor (rue des) 03

Ormes-Saint-Victor (rue des) 04

Ormes-Saint-Victor (rue des) 06

Ormes-Saint-Victor (rue des) 07

Ormes-Saint-Victor (rue des) 08

Ormes-Saint-Victor (rue des) 09

Ormes-Saint-Victor (rue des) 10

Ormes-Saint-Victor (rue des) 14

Ormes-Saint-Victor (rue des) 16

Ormes-Saint-Victor (rue des) 18

Ormes-Saint-Victor (rue des) 20

Ormes-Saint-Victor (rue des) 22

Ormes-Saint-Victor (rue des) 22bis

Ormes-Saint-Victor (rue des) 24

Ormes-Saint-Victor (rue des) 26

Ormes-Saint-Victor (rue des) 28

Ormes-Saint-Victor (rue des) 30

Ormes-Saint-Victor (rue des) 32

Pensées (rue des) 02

Pensées (rue des) 02bis

Pensées (rue des) 02ter

Pensées (rue des) 03 ; Ormes-Saint-Victor (rue des) 28bis

Pensées (rue des) 04

Pensées (rue des) 05

Pensées (rue des) 06

Pensées (rue des) 07

Pensées (rue des) 08

Pensées (rue des) 09

Pensées (rue des) 10

Pensées (rue des) 11

Pensées (rue des) 12

Pensées (rue des) 13

Pensées (rue des) 14

Pensées (rue des) 16

Pensées (rue des) 18

Pensées (rue des) 19

Pensées (rue des) 19bis

Pensées (rue des) 20

Pensées (rue des) 21, 21bis ; Desfriches (rue) 35

Pensées (rue des) 22

Pensées (rue des) 23

Pensées (rue des) 27

Pensées (rue des) 28

Pensées (rue des) 29bis

Pensées (rue des) 30

Pensées (rue des) 32

Pensées (rue des) 34

Pensées (rue des) 36

Petit-Saint-Loup (rue du) 01

Petit-Saint-Loup (rue du) 01bis

Petit-Saint-Loup (rue du) 02

Petit-Saint-Loup (rue du) 03

Petit-Saint-Loup (rue du) 04

Petit-Saint-Loup (rue du) 05

Petit-Saint-Loup (rue du) 06bis

Petit-Saint-Loup (rue du) 07

Petit-Saint-Loup (rue du) 08

Petit-Saint-Loup (rue du) 10

Petit-Saint-Loup (rue du) 12

Raquettes (rue des) 01

Raquettes (rue des) 02 ; Ormes-Saint-Victor (rue des) 14bis

Raquettes (rue des) 02bis

Raquettes (rue des) 04

Raquettes (rue des) 06

Raquettes (rue des) 08

Raquettes (rue des) 10

Raquettes (rue des) 12

Raquettes (rue des) 12bis, 12ter

Saint-Euverte (boulevard) 03

Saint-Euverte (boulevard) 05 ; Chasse (rue de la) 14

Saint-Euverte (rue) 01bis

Saint-Euverte (rue) 02

Saint-Euverte (rue) 02bis

Saint-Euverte (rue) 03

Saint-Euverte (rue) 04

Saint-Euverte (rue) 05

Saint-Euverte (rue) 06

Saint-Euverte (rue) 07

Saint-Euverte (rue) 08

Saint-Euverte (rue) 09

Saint-Euverte (rue) 10

Saint-Euverte (rue) 11

Saint-Euverte (rue) 12

Saint-Euverte (rue) 13 ; Petit-Saint-Loup (rue du) 7ter

Saint-Euverte (rue) 14

Saint-Euverte (rue) 15 ; Petit-Saint-Loup (rue du) 7bis

Saint-Euverte (rue) 16

Saint-Euverte (rue) 17

Saint-Euverte (rue) 18 ; Aristide-Briand (boulevard) 21

Saint-Euverte (rue) 19

Saint-Euverte (rue) 20 ; Petit-Saint-Loup (rue du) 20

Saint-Euverte (rue) 22 ; Petit-Saint-Loup (rue du) 09

Saint-Euverte (rue) 23

Saint-Euverte (rue) 24, 24 bis

Saint-Euverte (rue) 25

Saint-Euverte (rue) 26

Saint-Euverte (rue) 27

Saint-Euverte (rue) 28 ; Aristide-Briand (boulevard) 31

Saint-Euverte (rue) 29

Saint-Euverte (rue) 30 ; Aristide-Briand (boulevard) 33

Saint-Euverte (rue) 31

Saint-Euverte (rue) 32 ; Aristide-Briand (boulevard) 35

Saint-Euverte (rue) 33, 33 bis

Saint-Euverte (rue) 34 ; Aristide-Briand (boulevard) 37

Saint-Euverte (rue) 35

Saint-Euverte (rue) 36 ; Aristide-Briand (boulevard) 39

Saint-Euverte (rue) 37

Saint-Euverte (rue) 38

Saint-Euverte (rue) 40

Saint-Euverte (rue) 42

Saint-Euverte (rue) 44

Saint-Euverte (rue) 46

Saint-Euverte (rue) 48 ; Pensées (rue des) 40

Saint-Euverte (rue) 50 ; Pensées (rue des) 29

Saint-Euverte (rue) 52

Saint-Euverte (rue) 54

Saint-Euverte (rue) 56

Saint-Euverte (rue) 58

Saint-Euverte (rue) 60

Saint-Euverte (rue) 62

Saint-Michel (rue) 02bis

Saint-Michel (rue) 04

1Archives municipales d’Orléans. Série O : dossier 9. Voirie. Alignement et autres travaux. Boulevard Aristide-Briand (1805-1959). 2Archives municipales d’Orléans. Série G : 4 G 698. Fiches auxiliaires cadastrales. Rue des Pensées (1863-1984). 3Archives départementales du Loiret. Série J : J 171. Actes de vente de 1764 et 1765. 4Archives municipales d’Orléans. Série O : dossier 114. Voirie. Alignement et autres travaux. Boulevard et rue Saint-Euverte (1805-1959). 5ALIX, Clément. Les Charpentes à entrait retroussé moisé : exemple orléanais des 15e et 16e siècles. Revue archéologique du Centre de la France. [en ligne]. 2009, tome 8, p. 189-220 [17.09.2014]. Accès Internet : http://racf.revues.org/1337 6ALIX, Clément. Les Maisons en pan de bois d’Orléans du 14e au début du 17e siècle : bilan de treize années de recherche. In ALIX, C., EPAUD, F. La Construction en pan de bois au Moyen Age et à la Renaissance. Rennes : presses universitaires de Rennes, Tours : Presses universitaires François-Rabelais de Tours, 2013, p.221-270. 7Archives municipales d’Orléans. Répertoire des caves de l’agglomération par les services de la défense passive. 8Pour la première maison : Archives départementales du Loiret. Série J : J 171. Actes de vente de 1764 et 1765 ; pour les deux suivantes : Archives municipales d’Orléans. Série M : 11 M 251. Ecole des Frères de la Doctrine chrétienne de Saint-Aignan, rue Saint-Euverte et 36 rue du Bourdon-Blanc ; pour la dernière : archives de l'étude de Pascale Pouvreau, conservées au centre de documentation de la Direction de l'Inventaire du Patrimoine de la Région Centre.
Aires d'études Commune d'Orléans
Dénominations maison
Adresse Commune : Orléans
Cadastre : 2012 BN

Les plus anciennes maisons du quartier Saint-Euverte remontent à la fin du Moyen Age et au 16e siècle. Quelques habitations datent également des 17e et 18e siècles. Néanmoins, 64,8 % des édifices repérés ont été construits ou reconstruits à l’époque contemporaine (19e-20e siècles).

Période(s) Principale : Antiquité, Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

La maçonnerie enduite est très utilisée pour la construction des maisons du quartier Saint-Euverte du Moyen Age à l’époque contemporaine. Elle ne permet pas d’identifier avec certitudes les matériaux utilisés pour le gros œuvre. Toutefois, on a pu confirmer dans quelques cas qu’il s’agissait de moellons de pierre calcaire. Le pan de bois, apparent ou enduit, est également présent dans le périmètre étudié, de même que les appareils de pierre de taille calcaire. A partir du 19e siècle, le recours à la brique est plus fréquent. Elle permet alors de développer des décors recherchés pour quelques maisons bourgeoises.

Toits tuile, ardoise
Murs maçonnerie enduit
calcaire pierre de taille
béton enduit
pan de bois enduit
essentage d'ardoise
pan de bois
brique
Décompte des œuvres repérées 302
étudiées 35

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Loiret. Série J : J 171. Actes de vente de 1764 et 1765.

  • Archives municipales d'Orléans. Série G : 4 G 698. Fiches auxiliaires cadastrales. Rue des Pensées. 1863-1984.

  • Archives municipales d'Orléans. Série O : dossier 9. Voirie. Alignements et autres travaux, dossiers par rue. Boulevard Aristide-Briand. 1805-1959.

  • Archives municipales d'Orléans. Série O : dossier 114. Voirie. Alignements et autres travaux, dossiers par rue. Boulevard et rue Saint-Euverte. 1805-1959.

  • Archives municipales d'Orléans. Série M : 11 M 251. Bâtiments municipaux. École des Frères de la doctrine chrétienne de Saint-Aignan, rue Saint-Euverte et 36 rue du Bourdon-Blanc. 1821-1823.

Bibliographie
  • ALIX, Clément. Aspects de la construction dans l'habitat orléanais (13e-16e siècles). [en ligne] In Congrès international d'archéologie médiévale et moderne (4 ; 2007 ; Paris). Medieval Europe Paris 2007. [en ligne]. Paris : Institut national d'histoire de l'art, 2007 [17.09.2018]. Accès Internet : < http://medieval-europe-paris-2006.univ-paris1.fr/C.Alix.pdf>

  • ALIX, Clément. Les Maisons en pan de bois d'Orléans du 14e au début du 17e siècle : bilan de treize années de recherche. In ALIX, C., ÉPAUD, F. La Construction en pan de bois au Moyen Age et à la Renaissance. Rennes : Presses universitaires de Rennes, Tours : Presses universitaires François-Rabelais de Tours, 2013.

  • FRANCE. Conservation régionale des Monuments historiques. Orléans : Quartier Saint-Euverte. Réd. Pascale Pouvreau. Orléans : Conservation régionale des Monuments historiques, Association régionale pour l'étude du patrimoine, Centre, 1990.

  • [Exposition. Orléans. 2007] Orléans, les mutations urbaines au XVIIIe siècle. Réd. Laurent Mazuy, Clément Alix, Michel Philippe, et al. Orléans : Service archéologique municipal, 2007.

Périodiques
  • ALIX, Clément. L'habitat d'Orléans du 12e siècle au début du 15e siècle (état de la recherche : étude des élévations et apports de l'observation des caves). Revue archéologique du Loiret et de l'axe ligérien, Fédération archéologique du Loiret, 2007-2008, n°32, p. 123-147.

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