Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Les opérations d'inventaire en Pays Loire Touraine

Dossier IA37004298 réalisé en 2008

Fiche

Présentation des opérations d'inventaire en Pays Loire Touraine

Le canton de Bléré, la Vallée de la Brenne et le patrimoine culturel des édifices religieux du Pays Loire Touraine

Depuis 2008, La région Centre-Val de Loire et le Pays Loire Touraine1 travaillent en étroite collaboration dans le domaine du patrimoine. Ce dossier présente les conditions dans lesquelles les opérations sont menées conjointement, selon les normes et principes de l'Inventaire général du patrimoine culturel2.

Le château de Chenonceau vu depuis la rive gauche du Cher.Le château de Chenonceau vu depuis la rive gauche du Cher.Les acteurs du Pays Loire Touraine ont exprimé, lors d’une première réunion en juin 2007 à Pocé-sur-Cisse, l’intérêt qu’ils portent aux travaux de l’Inventaire général et leur souhait de voir se réaliser une étude sur une partie du territoire du Pays. L'ouverture d’une nouvelle aire d’étude dans le département d’Indre-et-Loire a donc été décidée au cours du second semestre de l’année 2008. Considérant les cantons (avant le redécoupage de 2014) déjà étudiés dans le département : Chinon, Azay-le-Rideau, Neuvy-le-Roi, le Grand-Pressigny, L’Ile-Bouchard, la ville de Richelieu et la ville de Tours, il est apparu que la partie est du département n’avait pas fait l’objet d’opération d’inventaire systématique. La richesse patrimoniale de la vallée du Cher autour de Bléré et la quasi absence de documentation préliminaire sur ce territoire au sein du service de l’Inventaire en ont justifié l’étude.

Depuis sa création, le Pays Loire Touraine en 1998 participe à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine de son territoire. Après l'obtention du label « Pays d’art et d'histoire » du Ministère de la Culture et de la Communication, en 20083 les élus du Pays ont souhaité engagé un partenariat avec la région Centre-Val de Loire, afin de réaliser un inventaire général du patrimoine culturel sur une partie de ce territoire. Depuis 2010, ce partenariat est formalisé par la signature de conventions triennales. L'objectif est que les données collectées puissent être valorisées dans le cadre du Pays d'art et d'histoire, et publiées sur le portail des données du service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire (https://patrimoine.regioncentre.fr/gertrude-diffusion/).

Dans le cadre de ce partenariat, parallèlement à l’étude menée par la Région Centre-Val de Loire sur le canton de Bléré, la décision a été prise de mener une étude sur les communes de la vallée de la Brenne situées en Indre-et-Loire.

Ville et église de Château-Renault, depuis l'esplanade du château.Ville et église de Château-Renault, depuis l'esplanade du château.

Ainsi, ces deux études d'inventaire topographique du patrimoine architectural et mobilier ont été menées conjointement sur des territoires proches mais non frontaliers, entre 2008 et 2017 : l'étude du patrimoine du canton de Bléré, menée par Martine Lainé, chercheur au service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire, entre 2008 et 2015, et l'étude du patrimoine de la Vallée de la Brenne, menée par Arnaud Paucton, chargé d'études au Pays Loire Touraine, entre 2010 et 2017.

Après l’achèvement de ces études, une nouvelle opération a été lancée sur le Pays Loire Touraine dans le cadre d’une étude thématique sur le patrimoine culturel des édifices religieux publics (architecture et mobilier) et édicules religieux.

I L'opération d'inventaire topographique du canton de Bléré

A - L’aire d’étude :

Le canton de Bléré comptait seize communes en 2009 : Athée-sur-Cher, Azay-sur-Cher, Bléré (chef-lieu de canton), Céré-la-Ronde, Chenonceaux, Chisseaux, Cigogné, Civray-de-Touraine, Courçay, La Croix-en-Touraine, Dierre, Épeigné-les-Bois, Francueil, Luzillé, Saint-Martin-le-Beau et Sublaines. Le territoire étudié correspond au canton tel qu’il existait au démarrage de l’étude. Suite au redécoupage cantonal de 2014, la commune de Cormery a été rattachée au canton de Bléré mais la délimitation de l’aire d’étude n’a pas changé. Le canton constitue la partie sud du Pays Loire Touraine.

B - Réalisation :

B-1 Moyens mis en œuvre :

En personnel : Un chercheur avec temps de travail à 80% ; deux photographes professionnels selon disponibilité ; une dessinatrice-topographe.

Moyens matériels d’étude et de restitution :

Les photographies sont réalisées préférentiellement par les photographes professionnels pour l’illustration des dossiers et des publications et par le chercheur pour le repérage initial. Les relevés in situ, les plans et élévations de cinq églises ont été réalisés au cours de l’étude : Azay-sur-Cher, Chisseaux, Courçay, Épeigné-les-Bois et Sublaines.

L’enregistrement et la restitution des données ont été réalisés au moyen du logiciel Renablyon, puis à partir de 2014, de l’outil Gertrude. Les éléments mobiliers repérés mais non étudiés sont présenté en texte libre sous l'intitulé "liste supplémentaire" dans le dossier de présentation du mobilier de chaque église.

Les planches du cadastre ancien (dit napoléonien) conservées aux Archives départementales d'Indre-et-Loire, ont été utilisées systématiquement sous forme numérisée dès le démarrage de l’étude. Des difficultés d’accès au cadastre contemporain en cours de numérisation et l’absence d’homogénéité des rendus (certaines communes en mode image seulement, d’autres en mode vecteur) ont compliqué les débuts de l’enquête.

Les analyses dendrochronologiques ont été réalisées par Christian Dormoy, laboratoire Archéolabs, le Châtelard, 38 840 Saint-Bonnet-de-Chavagne.

B-2 Méthode :

La méthode retenue pour la réalisation de l’ensemble de l’inventaire du patrimoine du canton de Bléré est celle de l’inventaire topographique qui procède par repérage/sélection. Pour plus de détail, se référer à l’ouvrage Principes, méthode et conduite de l’Inventaire général.

L’étude porte sur l’architecture (tous types et toutes périodes, selon les bornes chronologiques définies par l’Inventaire général) ainsi que le mobilier. L’essentiel du mobilier étudié est celui des églises paroissiales mais les objets civils de propriété publique (hors musées) sont également pris en compte. Pour chaque église, le mobilier repéré mais non étudié est répertorié dans une liste supplémentaire jointe au dossier de présentation du mobilier. Les enquêtes de terrain se sont achevées en 2016. Vignoble à l'automne sur le coteau en rive droite du Cher en limite de Chenonceaux et de Civray-de-Touraine.Vignoble à l'automne sur le coteau en rive droite du Cher en limite de Chenonceaux et de Civray-de-Touraine.

B-3 Organisation des résultats de l’enquête :

Les résultats sont restitués sous forme de dossiers géolocalisés et illustrés. Les noms des propriétaires privés ne sont jamais indiqués. Les dossiers sont de plusieurs types :

  • Le dossier Présentation de l’aire d’étude décrit les principales caractéristiques morphologiques, géographiques et historiques du territoire de l’aire d’étude.
  • Les dossiers Collectifs décrivent les caractéristiques d’une famille d’œuvres (les maisons, les fermes par exemple)
  • Les dossiers Présentation de la commune donnent les principales indications géographiques et historiques relatives à la commune. Ils permettent de rattacher les notices d’œuvres individuelles étudiées dans la commune.
  • Les dossiers d’œuvre individuelle (architecture et mobilier) décrivent précisément un édifice ou un objet.
  • Les sous-dossiers d’œuvre individuelle (architecture ou plus fréquemment mobilier) décrivent une partie d’œuvre contenue dans une œuvre (un tableau dans un retable par exemple).

C - Bilan :

La publication de synthèse parue en 2017 sur le canton de Bléré.La publication de synthèse parue en 2017 sur le canton de Bléré.

La totalité de l’étude est achevée en 2017. L’aire d’étude est restituée au travers 490 dossiers, dont 285 dossiers « œuvre architecture » et 205 dossiers « objets mobiliers ». Par ailleurs 500 objets ont été repérés et listés, mais non étudiés. Pour l’ensemble des seize communes de l’aire d’étude, 4250 clichés ont été réalisés. Ces dossiers seront diffusés progressivement sur le portail de données du service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire (https://patrimoine.regioncentre.fr/gertrude-diffusion/).

Une publication dans la collection nationale "Images du patrimoine" (n°300) est parue au cours du premier semestre 2017 : Bléré en vallée du Cher, Chenonceau et ses environs. Lyon : Éditions Lieux Dits, 2017, 144 p.

II L'opération d'inventaire topographique de la vallée de la Brenne

A - L'aire d'étude :

Dans le cadre du partenariat entre le Pays et la Région il a été proposé qu'une étude d’inventaire topographique soit menée sur les 9 communes de la vallée de la Brenne, situées en Indre-et-Loire, à savoir : Auzouer-en-Touraine, Chançay, Château-Renault, Le Boulay, Neuillé-le-Lierre, Neuville-sur-Brenne, Reugny, Vernou-sur-Brenne et Villedômer.

B - Réalisation :

B-1 Moyens mis en œuvre :

Dans le cadre du partenariat, la région Centre-Val de Loire finance un poste de chargé d'études inventaire du patrimoine au sein du Pays Loire Touraine. L'encadrement scientifique et technique est réalisé par le service Patrimoine et Inventaire de la Région : suivi par un chercheur référent, mise à disposition des outils informatiques, normatifs et techniques (photographe, topographe-cartographe) en fonction des besoins.

Dans le cadre de l'étude, les photographies ont été réalisées par un photographe professionnel pour l'illustration des dossiers mobilier et de la publication. Le chercheur a réalisé des photographies lors du repérage initial et certaines d'entre elles ont été utilisées pour illustrer des dossiers architecture. Des relevés in situ, plans et élévations des neuf églises ont été réalisés au cours de l'étude.

L'opération a, par ailleurs, bénéficié du soutien financier de l'Union européenne grâce au programme européen Leader.

B-2 Méthode :

La méthode utilisée dans le cadre de l'étude est celle de l'inventaire topographique (repérage/sélection) définie dans l’ouvrage : Principes, méthode et conduite de l'Inventaire général. L'étude porte sur l'architecture (tous types et toutes périodes, selon les bornes chronologiques définies par l'Inventaire général) ainsi que sur les objets mobiliers.

Le pigeonnier du château des Madères, à Vernou-sur-Brenne.Le pigeonnier du château des Madères, à Vernou-sur-Brenne.

Pour l'architecture, d'après les normes de l’Inventaire général du patrimoine culturel, sont concernés tous les édifices construits avant 1980. Dans les faits, peu de bâtiments édifiés entre 1950 et 1980 ont été pris en compte.

Pour le mobilier, sont étudiés les objets des églises paroissiales et les objets civils de propriété publique (hors musées). Le mobilier repéré mais non étudié est répertorié dans une liste supplémentaire jointe au dossier de présentation du mobilier.

L'étude repose sur 4 étapes principales :

  • Recherche documentaire (archives et bibliographie) ;
  • Enquête de terrain ;
  • Rédaction des dossiers ;
  • Valorisation des résultats.

B-3 Organisation des résultats de l'enquête :

Les résultats sont restitués sous forme de dossiers géolocalisés et illustrés. Les dossiers sont de plusieurs types :

  • Le dossier Présentation de l’aire d’étude décrit les principales caractéristiques morphologiques, géographiques et historiques du territoire étudié.
  • Les dossiers Collectifs décrivent les caractéristiques d’une famille d’œuvres (les fermes par exemple).
  • Les dossiers Présentation de la commune donnent les principales indications géographiques et historiques relatives à la commune. Ils permettent de rattacher les notices d’œuvres individuelles étudiées dans la commune.
  • Les dossiers d’œuvre individuelle (architecture et mobilier) décrivent précisément un édifice ou un objet, sous la forme d’une petite monographie.
  • Les sous-dossiers d’œuvre individuelle (architecture ou plus fréquemment mobilier) décrivent une partie d’œuvre contenue dans une œuvre (un tableau dans un retable par exemple).

C - Bilan :

La publication de synthèse parue en 2018 sur la vallée de la Brenne.La publication de synthèse parue en 2018 sur la vallée de la Brenne.

La totalité de l’étude est achevée en 2019. L’aire d’étude est restituée au travers 605 dossiers dont 259 dossiers « œuvre architecture » et 346 dossiers « objets mobiliers ». Par ailleurs, plus de 1 800 objets ou ensemble d'objets ont été repérés et listés mais non étudiés.

Pour l’ensemble des neuf communes de l’aire d’étude, 2937 clichés ont été réalisés, dont 1444 photographies professionnelles. Ces dossiers sont diffusés sur le portail de données du service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire (https://patrimoine.regioncentre.fr/gertrude-diffusion/).

Une publication dans la collection nationale "Images du patrimoine" (n°304) est parue au cours du premier semestre 2018 : La vallée de la Brenne, de Château-Renault à la Loire. Lyon : Éditions Lieux Dits, 2018, 112 p.

III L'opération d'inventaire du patrimoine culturel des édifices religieux publics religieux du Pays Loire Touraine

A - Objet et aire d’étude :

Chaire à prêcher confessionnal de Luzillé.Chaire à prêcher confessionnal de Luzillé.Au vu des résultats des deux opérations d’inventaire topographique, il a été proposé que la nouvelle étude porte sur les édifices religieux publics (architecture et mobilier) et édicules religieux du Pays Loire Touraine, soit trente communes non encore étudiées.

L’étude architecturale prendra en compte les églises paroissiales et les édicules religieux définis par le thésaurus de l’architecture (calvaires, croix de chemin, oratoires, fontaine de dévotion, reposoir…) situés sur le domaine public. L’étude ne prendra pas en compte les chapelles des châteaux ou manoirs, des établissements scolaires, des établissements hospitaliers ou les chapelles funéraires. Le corpus est évalué à 34 édifices et une centaine d’édicules.

L’ensemble des catégories d’objets (peinture, sculpture, orfèvrerie, textile…) constitueront le corpus mobilier. Les vitraux déjà étudiés dans le cadre d’une étude thématique à l’échelle du département ne seront pas réétudiés. Des liens seront créés entre les dossiers vitraux réalisés lors de cette étude thématique et les dossiers édifices qui seront rédigés. D’après les résultats des études du canton de Bléré et de la vallée de la Brenne, le corpus peut être estimé à environ 2 400 objets mobiliers.

B - Réalisation :

B-1 Moyens mis en œuvre :

Dans le cadre du partenariat, la région Centre-Val de Loire finance un poste de chargé d'études inventaire du patrimoine au sein du Pays Loire Touraine. L'encadrement scientifique et technique est réalisé par le service Patrimoine et Inventaire de la Région : suivi par un chercheur référent, mise à disposition des outils informatiques, normatifs et techniques (photographe, topographe-cartographe) en fonction des besoins.

Dans le cadre de l'étude, les photographies sont réalisées par un photographe professionnel pour l'illustration des dossiers mobilier et de la publication. Des photographies réalisées par le chercheur lors du repérage initial pourront figurer dans certains dossiers architecture, à titre exceptionnel. Des relevés in situ, plans et élévations des édifices pourront être réalisés au cours de l'étude.

B-2 Méthode :

La méthode utilisée dans le cadre de l'étude est celle de l'inventaire (repérage/sélection) définie dans l’ouvrage : Principes, méthode et conduite de l'Inventaire général4. L'étude porte sur l'architecture (tous types et toutes périodes, selon les bornes chronologiques définies par l'Inventaire général) ainsi que le mobilier. Le mobilier repéré mais non étudié est répertorié dans une liste supplémentaire jointe au dossier de présentation du mobilier.

L'étude repose sur 4 étapes principales :

  • Recherche documentaire (archives et bibliographie)
  • Enquête de terrain
  • Rédaction des dossiers
  • Publication et valorisation des résultats.

B-3 Organisation des résultats de l’enquête :

Les résultats sont restitués sous forme de dossiers géolocalisés et illustrés. Ces derniers sont de plusieurs types :

  • Le dossier Présentation de l’aire d’étude décrit les principales caractéristiques morphologiques, géographiques et historiques du territoire étudié.
  • Les dossiers Collectifs décrivent les caractéristiques d’une famille d’œuvres.
  • Les dossiers Présentation de la commune donnent les principales indications géographiques et historiques relatives à la commune. Ils permettent de rattacher les notices d’œuvres individuelles étudiées dans la commune.
  • Les dossiers d’œuvre individuelle (architecture et mobilier) décrivent précisément un édifice ou un objet, sous la forme d’une petite monographie.
  • Les sous-dossiers d’œuvre individuelle (architecture ou plus fréquemment mobilier) décrivent une partie d’œuvre contenue dans une œuvre (un tableau dans un retable par exemple).

C - Bilan :

En 2019, l'étude est en cours de réalisation.

1Le Pays Loire Touraine, 55 communes du nord-est de l’Indre-et-Loire, a pour rôle de coordonner diverses missions transversales confiées par les collectivités, dans différents domaines : aménagement du territoire, environnement, économie, santé, patrimoine… 2FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Sous-direction de l’archéologie, de l’ethnologie, de l’inventaire et du système d’information. Principes, méthode et conduite de l’inventaire général du patrimoine culturel. Dir. Hélène Verdier ; réd. Xavier de Massary et Georges Coste ; collab. Bruno Malinverno, Jean Davoigneau, Anne-Claire Viron-Rochet. 2e éd. Paris : Ministère de la culture et de la communication, 2007. (Documents et Méthodes, n°9)3Label obtenu le 13 novembre 2008, Convention entre l'Etat et le Pays signée le 27 février 2009. 4FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Sous-direction de l’archéologie, de l’ethnologie, de l’inventaire et du système d’information. Principes, méthode et conduite de l’inventaire général du patrimoine culturel. Dir. Hélène Verdier ; réd. Xavier de Massary et Georges Coste ; collab. Bruno Malinverno, Jean Davoigneau, Anne-Claire Viron-Rochet. 2e éd. Paris : Ministère de la culture et de la communication, 2007. (Documents et Méthodes, n°9)
Aires d'études Canton de Bléré, Vallée de la Brenne

Annexes

  • Annexe 2 : cahier des clauses scientifiques et techniques - vallée de la Brenne

    A Finalités de l'inventaire topographique du patrimoine culturel de la vallée de la Brenne

    Le Syndicat mixte du Pays Loire Touraine participe, depuis sa création en 1998, à la sensibilisation des habitants au patrimoine de son territoire, notamment par le biais de stages d’initiation à l’utilisation de la chaux naturelle et à l’aménagement paysager. Il intervient également financièrement pour aider à la restauration et à la réhabilitation du patrimoine par le biais de sa contractualisation avec la Région Centre (Contrat régional de Pays) : restauration du moulin des Aigremonts à Bléré, réhabilitation des tanneries à Château-Renault… Cet engagement s’est accentué ces dernières années par le lancement de nouveaux projets (collecte de films amateurs, collecte de témoignages oraux) et la mise en place de programmes d’animation du patrimoine local annuels. Cette démarche a été reconnue, par le Ministère de la Culture et de la Communication, par l’attribution du label Pays d’art et d’histoire, en novembre 2008.

    Aujourd’hui, le Pays Loire Touraine souhaite mener un inventaire des ressources patrimoniales d’une partie de son territoire, selon les principes et normes de l’Inventaire général du patrimoine culturel. Cette volonté a été exprimée dans la convention Pays d’art et d’histoire[1] et dans la candidature au programme européen Leader[2]. Les données collectées pourront ensuite être valorisées, dans le cadre du Pays d’art et d’histoire, auprès des différents publics (habitants, jeunes, touristes…) sous forme de guides-conseils, visites, conférences, ateliers pédagogiques, expositions… Elles devront également permettre d’éclairer les élus des communes concernées dans leurs politiquesd’aménagement, d’urbanisme (PLU) ou de protection du patrimoine (ZPPAUP par exemple).

    Ce projet permettra, sur une aire géographique ciblée, d’établir une documentation sur le patrimoine architectural et mobilier dans toute sa diversité : architecture civile, religieuse, publique, industrielle, habitat des bourgs, fermes et maisons isolées... Les données recueillies seront consultables au centre de documentation de la direction de l’inventaire du patrimoine de la Région Centre, au Pays Loire Touraine et sur les bases de données nationales.

    Au vu des études déjà réalisées ou en cours sur le territoire (briqueteries et fours à chaux en Indre-et-Loire par le colonel Thomas, le canal du Berry - Cher canalisé par Valérie Mauret-Cribellier, la ville et le château d’Amboise par Lucie Gauguin, le canton de Bléré par Martine Lainé), il est proposé que l’inventaire du patrimoine puisse porter sur une aire d’étude qui n'a pas encore fait l'objet de recherches particulières, à savoir la vallée de la Brenne. Un tel inventaire topographique permettrait en effet de mettre les résultats en comparaison avec les vallées du Cher et de la Loire pour lesquelles il existe déjà des données.

    Cette démarche s'inscrit également en cohérence avec la volonté de valoriser le patrimoine de la vallée de la Brenne dans une démarche de développement touristique. La Brenne, est une rivière du bassin de la Loire, qui prend sa source près de Lancé (Loir-et-Cher). Longue de 54 km, dont une vingtaine en Loir-et-Cher, elle traverse ensuite neuf communes d'Indre-et-Loire : Neuville-sur-Brenne, Le Boulay, Château-Renault, Auzouer-en-Touraine, Villedômer, Neuillé-le-Lierre, Reugny, Chançay et Vernou-sur-Brenne, où elle se jette dans la Cisse.

    1 L’espace naturel, historique et économique de la vallée de la Brenne[3]

    1.1 L'identité paysagère

    La vallée de la Brenne constitue un « trait d’union » entre les plateaux de la Gâtine Tourangelle et la vallée de la Loire. Les Gâtines au nord constituent une unité paysagère caractérisée par un vaste plateau agricole, ondulé, possédant de larges parcelles ponctuées de masses boisées importantes. Les sols y sont particulièrement lourds et drainants. Le terme « Gâtines » indique qu'historiquement les gâtines étaient une région couverte d'arbres, de haies, de bois. Malgré les défrichements liés au développement de l'agriculture, entre 21 et 30% des communes d'Auzouer-en-Touraine, Chançay et Le Boulay sont encore aujourd'hui recouvertes de bois. En se rapprochant du coteau de la Loire, les parcelles ne sont plus uniquement occupées par des cultures mais également par de la vigne. La structure paysagère est identique aux Gâtines du nord mais l'occupation des sols est différente. Les communes de Chançay et Vernou-sur-Brenne, disposent quant à elles d'un paysage viticole structuré, homogène, tourné vers le Val de Loire : vallonnements doux, ponctués de bois, plateaux calcaires et argilo-siliceux. La nature des sols a permis à la Brenne d'y creuser une vallée encaissée.

    1.2 Histoire

    La présence de mégalithes (menhirs), de bifaces, de silex taillés et polis, d'outils (hache) et d'ossements témoigne d’une occupation humaine de la vallée dès le paléolithique moyen (300 000 – 30 000 av. J.C.). Des découvertes fortuites ou des opérations de fouilles archéologiques, notamment lors de la construction de la ligne TGV, ont permis de mettre à jour plusieurs vestiges d'époque gauloise (fossé-dépotoir de la Butte-au-Trésor à Vernou-sur-Brenne) et gallo-romaine à Auzouer-en-Touraine, Chançay et Vernou-sur-Brenne. Une voie probablement d'origine romaine longeait la Brenne, reliant Tours à Vendôme.

    Evangélisée à partir du IVe siècle par Saint-Martin, la Touraine voit se développer progressivement des églises rurales : la première église de Vernou-sur-Brenne aurait été fondée à la fin du Ve siècle et des tombes mérovingiennes du VIIe siècle ont été retrouvées autour de l’édifice actuel en 1973. Les établissements monastiques se développent également dans la vallée à partir du XIe siècle (monastère à Neuillé-le-Lierre, prieuré de Bénédictines au Boulay, abbaye de Gâtines à Villedômer) et participent au défrichement des forêts de Gâtine et de Blémars qui s’étendaient de Château-Renault à la Loire.

    Les Xe et XIe siècles voient s'affronter les comtes d’Anjou et de Blois pour le contrôle de la Touraine. C’est à cette époque qu’est édifié le premier château de Château-Renault par Geoffroy de Château-Gontier. Le site est doté d’un donjon en pierre circulaire vers 1160 sous Thibault V, comte de Blois, et une porte fortifiée est ajoutée au XIIIe-XIVe siècles.

    La fin de la Guerre de Cent Ans et la présence royale en Touraine à partir de Charles VII, se sont traduites par la construction de nombreux manoirs et châteaux dans toute la Touraine. De nouveaux édifices sont donc construits dans la vallée de la Brenne au XVIe siècle : château de Montfort à Chançay, château de la Côte à Reugny, manoir du Clos-Pouvray à Vernou-sur-Brenne… Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la construction de nouveaux châteaux est moins importante qu'aux siècles précédents.

    Le XIXe siècle voit l'apogée des tanneries à Château-Renault et l'arrivée du chemin de fer sous le Second Empire.

    1.3 Le contexte socio-économique

    Située entre Tours et Vendôme, la vallée de la Brenne (dans sa partie appartenant au Pays Loire Touraine) se compose de 9 communes. D'une superficie de 186,125 km² (soit 15,6% du Pays), ce territoire compte 15 472 habitants, soit 83 hab./km². Territoire majoritairement rural, il connaît depuis plusieurs années une forte attractivité résidentielle, due à la proximité de l'agglomération tourangelle.

    1.3.1 L'agriculture

    Les communes de la partie nord de la vallée de la Brenne disposent d'une agriculture dominée par la culture céréalière et l'élevage (bovins) sur le plateau de la Gâtine. La taille des exploitations est comprise entre 90 et 130 ha. Au sud de la vallée, les communes de Vernou-sur-Brenne et Chançay, proches du Val de Loire, sont caractérisées par la prédominance de la viticulture (A.O.C. Vouvray) dans leurs Surfaces Agricoles Utiles et la présence de petites exploitations (<50ha). Entre les deux, Reugny et Neuillé-le-Lierre constituent une zone de transition où se mêlent céréaliculture et viticulture (A.O.C. Vouvray et Touraine).

    1.3.2 L'industrie

    Le développement d'activités industrielles dans la vallée de la Brenne, dû à la présence de matières premières abondantes, est ancien : des minéraux ferreux y ont été exploités dès l'Antiquité. La présence d'argile a permis le développement de briqueteries et de tuileries dont témoignent encore quelques toponymes (lieu-dit « la Briqueterie » à Chançay, « la Tuilerie » à Neuville-sur-Brenne) et quelques vestiges (tuilerie de Bel-Air à Auzouer-en-Touraine, briqueterie rue Velpeau à Château-Renault). De nombreuses façades (Villedômer, Château-Renault…) témoignent encore aujourd'hui des productions de ces anciens établissements briquetiers. La Brenne a su être utilisée comme force motrice pour de nombreux moulins. Les moulins étaient utilisés aussi bien pour la production de farine (moulin de Courquigny à Auzouer-en-Touraine…), pour la production textile (moulins à foulons à Vernou-sur-Brenne…) ou les activités de tannage des peaux (moulin à tan de Vauchevrier à Château-Renault…).

    La ville de Château-Renault tient une place à part dans les activités industrielles de la vallée. A partir du milieu du XVIe siècle, les activités de tannage ont rythmé la vie de la ville. Spécialisée dans le traitement des peaux de vaches et la fabrication de cuirs pour les semelles, la bourrellerie et la corroierie, Château-Renault a compté à la fin du XIXe siècle plus d’une quinzaine de tanneries. La dernière tannerie a fermé ses portes en 1985. Malgré les mutations économiques de ces trente dernières années, Château-Renault garde une vocation industrielle : activités textiles, habillement et cuir (Arche, Boinet SA), revêtements de sols (Bonar Floor), équipements électriques et électroniques (Radiall), engrais (Compo-France) et chimie (Synthron à Auzouer-en-Touraine). A noter également la présence d’industries agro-alimentaires sur le territoire : Charcuteries Gourmandes à Villedômer, minoterie Raimbert à Auzouer-en-Touraine...

    2 Le patrimoine bâti

    2.1 L'organisation de l'habitat

    2.1.1 L'habitat dispersé

    En ce qui concerne l'habitat dispersé on observe également une différence entre les parties nord et sud de la vallée de la Brenne : présent sous forme de fermes isolées ou de hameaux sur le plateau de la Gâtine Tourangelle, il est absent des coteaux viticoles du Vouvrillon, les fermes viticoles étant regroupées en bordure de coteau. L'augmentation de population et le phénomène de périurbanisation s'est traduit par la création de satellites urbanisés raccrochés aux fermes ou aux hameaux anciens.

    2.1.2 Les villages

    Hormis Château-Renault, la population agglomérée l'est sous forme de villages dans la vallée ou sur le plateau. Les « villages de vallée » présentent une structure urbaine traditionnelle avec un développement souvent linéaire au pied du coteau et où l'on observe la présence d'habitat troglodytique. Les possibilités de développement et d'extension de ces villages étant limitées, l'urbanisation a tendance à se faire sous forme de lotissements sur le coteau ou le plateau. Cela se traduit souvent par une séparation visuelle et fonctionnelle entre le bourg et les extensions récentes. Ce type de village correspond plutôt aux communes de la partie sud de l'aire d’étude (Vernou-sur-Brenne, Chançay, Reugny, Villedômer). Les « villages de plateau » se développent le long des axes principaux de communication. Les extensions semblent respecter l'organisation urbaine des bourgs et se développent soit en étoile soit le long des axes majeurs de desserte, soit en comblant les vides urbains. Ce type de village se trouve plutôt dans la partie nord (Auzouer-en-Touraine, Le Boulay).

    2.1.3 La ville de Château-Renault

    La construction d'une forteresse, sur l'éperon situé à la confluence du Gault et de la Brenne, est à l'origine du développement de la ville de Château-Renault. L'ensemble de la ville présente une juxtaposition de quartiers d'époques et de style architecturaux différents :

    • la ville « haute » a su conserver des maisons à pans de bois d'origine médiévale, des ruelles étroites, des toitures aux pentes prononcées…
    • la ville « basse » qui s'est développée au XIXe siècle avec l’essor des tanneries le long des deux cours d'eau.
    • la vallée dont l'urbanisation dans les années 1960 s'est traduite par la construction de barres d'habitation.
    • les nouveaux quartiers qui se sont développés au nord-est entre vieille ville et déviation.

    La commune de Château-Renault dispose d'une faible superficie (351,5 ha). Aussi une partie de ses extensions urbaines se réalise sur les communes voisines (Auzouer-en-Touraine, Le Boulay…).

    2.2 Les matériaux de construction

    2.2.1 Les murs

    Le tuffeau, très répandu dans le Val de Loire (au sens large), est utilisé pour la pierre de taille et pour le gros œuvre sous forme de moellons. Cependant, la pierre de taille est souvent réservée à la seule façade principale, les autres murs étant en maçonnerie de moellons apparents. Les anciennes carrières ont été au fil des siècles transformées en habitations, fermes, caves ou champignonnières. La brique est également présente. Elle est, cependant, rarement utilisée comme unique matériau de construction. Elle est en effet utilisée conjointement avec de la pierre de taille ce qui permet de nombreux éléments décoratifs sur les façades. La brique est d'autant plus présente dans la partie nord de la vallée (Villedômer, Château-Renault). L'utilisation du bois dans la construction était surtout réservée aux fermes réalisées en torchis et pans de bois jusqu’au milieu du XXe siècle.

    2.2.2 Les toitures

    La tuile plate de couleur brune rouge était autrefois le matériau de couverture traditionnel. La présence d'argiles dans le sous-sol a conduit au développement d'une production locale. Les couvertures en ardoises se sont développées au XIXe siècle. Utilisée seule dans la vallée de la Loire, l'ardoise et souvent en association avec la tuile dans la vallée de la Brenne.

    2.3 Les types architecturaux

    2.3.1 La maison

    La maison rurale traditionnelle est une habitation basse comportant un rez-de-chaussée et un comble. Son volume est bas, allongé et de petite taille. De plan rectangulaire, elle est peu profonde. La toiture est toujours à deux pans. Les ouvertures sont regroupées sur la façade principale, la seule ouverture en pignon étant la porte haute qui permet l’accès au grenier. Les lucarnes sont l’un des seuls éléments en saillie du volume de l'habitation. Dominant la façade principale à laquelle elles confèrent son caractère, elles sont toujours situées dans le plan d’un mur gouttereau.

    La maison de village ou de ville se distingue de la maison rurale par le soin apporté aux éléments de décor (brique apparente, corniche…). Historiquement, elles étaient installées en pignon par rapport aux voies avec toitures à croupes. Au XIXe siècle, la densification de l’habitat s’est traduite par un alignement plus ou moins continu des maisons généralement sur deux niveaux. Les constructions récentes ont aujourd’hui leurs façades donnant sur la rue.

    2.3.2 Les fermes

    Plusieurs types de fermes sont présents sur ce territoire. La « ferme à bâtiment unique » qui regroupe dans un même alignement, l'habitation et les servitudes. La maison se compose seulement d'un rez-de-chaussée surmonté d'un grenier accessible par une échelle ou par un escalier en pierre accolé au pignon. La « ferme à cour ouverte » qui comprend plusieurs bâtiments séparés les uns des autres, organisés autour d'une cour ouverte sur la campagne. Un côté de la cour est réservé aux bêtes : étables, écuries, porcheries... Sur l'autre côté se trouvent les granges, les hangars et les remises. Ces fermes possèdent très souvent une mare. La « ferme à cour fermée », plus rare, se situe au centre d'une exploitation assez importante. L'ensemble de ses bâtiments délimite un espace totalement clos. L'entrée encadrée par des piliers en pierre de taille n'est pas toujours fermée par une porte.

    Des abris (dits loges de vignes), isolés dans les champs, permettaient aux vignerons de se protéger, de se reposer, de se restaurer ou de stocker leur matériel.

    2.3.3 Les châteaux et manoirs

    La vallée de la Brenne est ponctuée de nombreux châteaux et manoirs[4]. Les châteaux les plus anciens, à l’origine destinés à protéger et symboliser la puissance du seigneur sur son territoire, sont implantés sur des sites stratégiques surplombant généralement la vallée de la Brenne. Hormis Château-Renault qui a gardé des éléments de fortifications médiévaux (XIIe et XIVe siècles), la majorité de ces châteaux ont été reconstruits à la fin du XVe et au XVIe siècle. Le XVIe siècle constitue également la grande période de construction des manoirs. Lié à l’exploitation d’un fief, le manoir se compose d'un logis, doté parfois d’une chapelle et de bâtiments agricoles (grange, pigeonnier, étable) organisés autour d'une cour. Le logis est généralement constitué d'un corps de bâtiment rectangulaire auquel est ajouté un pavillon ou une tour.

    B Cadre méthodologique

    Le cadre méthodologique général de ce programme est défini par les textes visés en introduction de la convention cadre et par la circulaire ministérielle 2001/016 du 20 juin 2001 relative aux modalités de conduite de l’inventaire général ou, dès sa publication, par l’arrêté relatif aux normes scientifiques et techniques prévu par l’art. 2 al. 2 du décret 2005-835 du 20 juillet 2005. La liste des instruments de travail et ouvrages de référence figure en annexe à cette convention. Ils devront être mis à disposition du chargé d’études par le Syndicat mixte du Pays Loire Touraine et une formation à leur utilisation sera assurée par le service régional de l’Inventaire général.

    Rappelons que l’approche scientifique majeure de l’Inventaire général est territoriale et que sa finalité documentaire est l’alimentation des bases nationales (Mérimée, Palissy et Mémoire) ou régionales. Les outils et les normes majeurs de ce travail sont définis par la DTD CI 2.7 de l’Inventaire général (Description de types de documents, Classeur inventaire, version 2.7) et sont principalement :

    • les thesaurus ;
    • les systèmes descriptifs fixant la structure des bases de données et les règles de rédaction du contenu des champs qui font in fine l'objet de contrôles formels automatisés ;
    • les formats de données, textes, cartographie et images numériques ;
    • la structuration d'ensemble de la documentation élaborée dans des dossiers numériques.

    Le programme entrepris sera réalisé, en fonction des terrains de recherche et dans le cadre méthodologique de l’inventaire topographique, selon la méthode du recensement aboutissant à l’élaboration d’une notice minimum. Toute parcelle bâtie est donc prise en compte, localisée, géoréférencée, identifiée, datée et si possible attribuée à un auteur ou commanditaire.

    L'unité d'observation est l’édifice, entendu comme unité à la fois foncière et fonctionnelle. Dans certains cas, lorsque plusieurs édifices présentant des caractères communs ou une identité fonctionnelle ou morphologique occupent un ensemble de parcelles ou un espace identifiable comme une unité de territoire, l'unité d’observation pourra être l'îlot, le quartier, la rue, l'opération d'urbanisme (lotissement d’habitations, ensemble d'immeubles à logements) ou le secteur ainsi identifié (écart constitué de fermes analogues, quartier formé selon des principes homogènes, rue homogène, etc.).

    De manière générale, les données minima de recensement pourront toujours être complétées par des données techniques ou historiques ou par des observations spécifiques liées à l'objectif de l'étude (diagnostic plus détaillé de l'état de l'édifice, usages, projets…).

    1 Mise en forme des données

    Chaque édifice recensé fera l'objet d'un dossier individuel comprenant une notice normalisée, des données cartographiques, au moins un cliché numérique, d'éventuelles références documentaires (bibliographie, sources, iconographie), textes d'analyse et de synthèse, tableaux de données, graphiques d’analyse, etc. L'ensemble pourra être complété de documents déjà collectés ou élaborés pour la circonstance (iconographie, relevés, croquis).

    Outre les dossiers individuels, d'autres dossiers ou notices sont obligatoires pour assurer l'articulation d'ensemble de l'approche scientifique, des dossiers de l'aire d'étude et la restitution des résultats : dossiers présentation de l'aire d’étude, présentations communales et collectifs (maisons, fermes).

    Rappelons que les notices normalisées comportent au minimum :

    • des domaines et champs obligatoires : identification ; localisation ; datation ; attribution ;
    • des domaines facultatifs mais très utiles : description technique et données historiques complémentaires ;
    • des champs spécifiques à la discrétion du Pays, pour répondre aux besoins du programme sur des points de vue auxquels les champs de la base Mérimée ne répondent pas.

    L'assemblage des données et des notices sera réalisé sur la plate-forme Renabl, dans sa version la plus récente fournie par la Région. Elle permet :

    • la production des notices normalisées : notices Mérimée, Palissy et Illustrations ;
    • l'intégration des fichiers numériques d'illustrations ;
    • le géoréférencement et la cartographie des données, sans disposer des fonctionnalités d'un SIG ;
    • l'intégration de notices documentaires, des textes ou tableaux d’analyse ou de synthèse ;
    • la consultation et la présentation de l'ensemble des données et des éléments documentaires réunis via l'édition de pages HTML.

    L'utilisation de Renabl dans sa version actuelle exige quelques conditions :

    • prévoir un poste équipé de Windows XP et Access 97 ;
    • définir avec la direction de l’inventaire du patrimoine un cahier des charges pour des tables Renabl-Access complémentaires adaptées, si nécessaire, aux objectifs spécifiques de l’étude. Les tables seront configurées ensuite par la direction de l’inventaire du patrimoine.

    2 Restitution des données

    Les données seront transmises à la Région Centre/direction de l’inventaire du patrimoine sous forme de bases de données et de dossiers numériques au format Html, construits et contrôlés sous Renabl, en vue de leur versement dans les bases nationales ou dans un atlas national ou régional du patrimoine.

    Les photographies illustrant les dossiers devront toutes être réalisées en haute définition avec une résolution minimum de 2000x3000 pixels au format TIFF 6 de 24 bits par pixel. Elles seront validées par la Région Centre/direction de l’inventaire du patrimoine avant toute utilisation.

    3 Utilisation et diffusion des résultats de l'inventaire

    • le Syndicat mixte du Pays Loire Touraine pourra envisager divers usages des résultats de ce programme d’inventaire notamment dans le cadre du Pays d’art et d’histoire (site Internet, SIG, base de données locale, atlas local du patrimoine, communication, exposition…) ;
    • les notices versées dans les bases nationales (Mérimée, Palissy, Prédoc, Mémoire) seront accessibles par Internet. Elles constituent une indexation documentaire des dossiers ;
    • la Région Centre/direction de l’inventaire du patrimoine se réserve le droit de ne pas verser dans les bases nationales les notices ou les images numériques dont la qualité ne correspondrait pas aux critères de l’Inventaire général ;
    • les dossiers numériques seront consultables en ligne sur les bases nationales (sous réserve de compatibilités technologiques), à terme sur le site de la Région et sur place dans la direction de l’inventaire du patrimoine de la Région Centre et au Pays Loire Touraine ;
    • des expositions ou publications virtuelles pourront être réalisées sur le site Internet de la Région Centre et du Pays Loire Touraine ;
    • les données numériques constituant les diverses composantes des dossiers documentaires (textes, images, cartes) permettront la réalisation de CD-roms que le Pays et la Région/direction de l’inventaire du patrimoine pourront diffuser selon un plan à définir ;
    • les documents originaux (dessins, clichés, minutes) seront consultables au siège du Pays Loire Touraine ou à la Région/direction de l’inventaire du patrimoine;
    • la publication de volumes des Images du patrimoine ou des Parcours du patrimoine permettra une diffusion publique classique. Ces projets feront l'objet d’avenants à la convention.

    D'autres formes de restitution pourront voir le jour ultérieurement : exposition itinérante, autres publications… Elles feront l'objet d’avenants à la convention.

    [1] « La conduite d’un inventaire thématique, en partenariat avec le service de l’Inventaire général de la région Centre, permettra enfin d’acquérir des connaissances indispensables à toute action de valorisation », Convention Pays d’art et d’histoire Loire Touraine, Titre I, Article 1, p. 7.

    [2] « Le développement de la connaissance du patrimoine bâti et naturel constitue un préalable indispensable à la préservation, à l’appropriation du patrimoine local par la population et à la valorisation de tous les types de patrimoine, facteur d’attractivité touristique. Leader pourrait permettre de lancer des projets visant à améliorer la connaissance du territoire tels que des inventaires du patrimoine menés en lien avec le service de l’Inventaire du Conseil régional du Centre. », Dossier de candidature au programme Leader, p.13.

    [3] Cette présentation de l'aire d'étude est une synthèse qui s’appuie sur plusieurs documents : Diagnostic paysager et mise en valeur du paysage rural – Pays Loire Touraine, rapport interne à la Chambre d'Agriculture d'Indre-et-Loire ; Etude des paysages d'Indre-et-Loire ; Rapport de présentation du SCOT ABC, juillet 2007 ; Villes, villages, bourgs dans le périmètre du SCOT de l’agglomération tourangelle. Une typologie du bâti pour connaître l'histoire et construire l'avenir, décembre 2008 ; Dossier de candidature au label Pays d'art et d'histoire, novembre 2008.

    [4] Château de Château-Renault, Château de la Noue, Château de la Côte, Château de la Vallière, Château de Jallanges, Manoir de Vaumorin, Manoir de Montfort, Manoir du Bas-Cousse…

  • Annexe 3 : cahier des clauses scientifiques et techniques - édifices (architecture et mobilier) et édicules religieux

    A Finalités de l’inventaire thématique du patrimoine culturel des édifices religieux publics (architecture et mobilier) et des édicules religieux du Pays Loire Touraine

    Depuis sa création en 1998, le syndicat mixte du Pays Loire Touraine, regroupant 55 communes du nord-est de l’Indre-et-Loire, participe à la sensibilisation des habitants au(x) patrimoine(s) de son territoire. Cette démarche a été reconnue, par le Ministère de la Culture et de la Communication, par l’attribution du label Pays d’art et d’histoire, en novembre 2008, permettant la mise en place de programme annuel d’animation du patrimoine.

    Les élus du Pays ont également souhaité s’engager dans une démarche d’amélioration de la connaissance du patrimoine du territoire. En 2010, un partenariat a été initié avec la Région pour réaliser un inventaire topographique sur une partie de son territoire (la vallée de la Brenne[1]). Parallèlement, le canton de Bléré[2], faisant également partie du Pays Loire Touraine, a fait l’objet d’un inventaire topographique mené directement par un chercheur de la Région.

    Ces deux études ont fait l'objet d'une publication de synthèse : Bléré en vallée du Cher, Chenonceau et ses environs (2017) ; La vallée de la Brenne, de Château-Renault à Loire (2018).

    En 2015, les élus ont exprimé le souhait de poursuivre le partenariat avec la Région pour la réalisation d’un inventaire des édifices religieux publics (architecture et mobilier) et des édicules religieux à l’échelle du Pays. Les études topographiques réalisées sur le canton de Bléré et la vallée de la Brenne ont abouti à la rédaction de 25 dossiers d’édifices, 475 dossiers d’objets mobiliers et plus de 1 250 objets sur listes supplémentaires. Dans le cadre du nouveau partenariat l’étude s’étendra sur les 30 communes n’ayant pas encore été étudiées[3]. La valorisation sera réalisée à l’échelle des 55 communes du Pays.

    Au-delà de leur rôle cultuel, les édifices religieux possèdent également une dimension culturelle. Ces édifices témoignent, en effet, de l’histoire des communes et constituent des lieux de mémoire des communautés. L’attachement à ce type d’édifice va bien au-delà des appartenances religieuses ou politiques, comme en témoignent les liens affectifs que les habitants expriment lors des destructions partielle (démolition du clocher de Montreuil-en-Touraine) ou accidentelle (incendie de l'église de Saint-Martin-le-Beau en 2015).

    1. La composition du corpus

    1.1 Les édifices et édicules religieux

    L’étude architecturale prendra en compte les églises paroissiales et les édicules religieux définis par le thesaurus de l’architecture (calvaires, croix de chemin, oratoires, fontaine de dévotion, reposoir…) situés sur le domaine public.

    L’étude ne prendra pas en compte les chapelles des châteaux ou manoirs, des établissements scolaires, des établissements hospitaliers ou les chapelles funéraires.

    Une évaluation du corpus de l’architecture religieuse privée devra cependant être réalisée (a minima sous la forme d’une liste dans le dossier de présentation de l’aire d’étude).

    Le corpus est évalué à 34 édifices (dont 15 protégés au titre des Monuments Historiques). Le nombre d’édicules est évalué à une centaine.

    Le cas échéant, certains édifices disparus, mais bien documentés et accompagnés d’illustrations (photographies, cartes postales, plans…), pourront ponctuellement faire l’objet de la rédaction de dossiers dans la base de données.

    1.2 Les objets mobiliers

    L’étude des objets mobiliers concernera exclusivement les objets du culte catholique.

    L’ensemble des catégories d’objets (peinture, sculpture, orfèvrerie, textile…) constitueront le corpus mobilier. Les vitraux déjà étudiés dans le cadre d’une étude thématique à l’échelle du département ne seront pas réétudiés. Des liens seront créés entre les dossiers vitraux réalisés lors de cette étude thématique et les dossiers édifices qui seront rédigés.

    D’après les résultats des études du canton de Bléré et de la vallée de la Brenne on peut estimer le corpus à environ 2 400 objets mobiliers.

    Les objets mobiliers étudiés dans le cadre de l’opération sont les objets conservés dans les édifices religieux. Cependant, les objets mobiliers liés à ces édifices mais ayant été déplacés, pour diverses raisons, dans un autre lieu (mairie, presbytère…) seront également pris en compte dans la mesure du possible.

    Les objets mobiliers seront étudiés indépendamment de leur statut juridique (propriété de la commune pour les objets antérieurs à 1905 ou propriété de l’association diocésaine pour les objets postérieurs) ou de leur protection éventuelle (environ 160 objets protégés sont conservés dans les édifices qui seront étudiés).

    2. Le contexte historique

    2.1 Le Moyen Age

    L’existence de lieux de culte chrétiens en Touraine, et notamment sur l’aire d’étude, est attestée depuis le Bas-Empire. La construction d’églises à Amboise, Saunay, Monnaie et Montlouis sont attribuées à saint Martin et saint Perpet, évêques de Tours aux IVe et Ve siècles. Quelques paroisses sont également mentionnées dès le IXe siècle (Autrèche, Noizay) mais les parties les plus anciennes des édifices actuels ont été construites à l’époque romane. Environ les deux tiers des édifices ont en effet conservés des traces de cette période : petit appareil de moellons de forme cubique, portails en plein cintre…

    Aucun édifice ne semble avoir été entièrement construit aux XIIIe et XIVe siècles et les modifications architecturales pour cette période semble très rares (ajout d’abside et chœur aux églises de Crotelles et Dame-Marie-les-Bois…).

    Les objets mobiliers datant de cette période sont rares et relèvent principalement de la sculpture et de la peinture murale.

    2.2 La fin du Moyen Age et la Renaissance (XVe-XVIe siècles)

    Les XVe et XVIe siècles voient la construction de quelques édifices (Saint-Florentin et Notre-Dame-du-Bout-des-Ponts à Amboise ; chapelle Saint-Adrien, qui deviendra par la suite église paroissiale, à Pocé-sur-Cisse…). Mais cette période est principalement marquée par d’importantes campagnes de restauration-reconstruction (Nouzilly, Saint-Nicolas-des-Motets…) et d’agrandissement des édifices existants : modifications de la nef ou du chœur, ajout de chapelles ou de collatéraux...

    Le XVIe siècle est marqué par les affrontements entre catholiques et protestants. La Touraine, où la réforme protestante se développe à partir de 1525-1530, n’est pas épargnée : affaire des placards en 1534 ; conjuration d’Amboise en 1560 ; prise de Tours par les troupes protestantes de Louis Ier de Bourbon-Condé puis massacre de protestants à Tours en 1562 ; édits de pacification d’Amboise en 1560 et 1563…

    Les objets mobiliers datant de cette période, plus abondants qu’à la précédente, se composent majoritairement de sculptures ou de vitraux.

    2.3 Les XVIIe-XVIIIe siècles

    Un seul édifice est entièrement construit au cours de cette période : l’église de Lussault-sur-Loire, édifiée après 1783, époque où cette succursale de Saint-Martin-le-Beau est érigée en paroisse. Les ajouts datant de cette période sont principalement des chapelles et clochers.

    Concernant le mobilier, la période de la Contre-Réforme, avec ses prolongements baroque et rococo, voit se multiplier les objets, notamment ceux liés à la vénération de la Vierge et des saints : c’est à partir de cette époque que la présence de tableaux et d’autels-retables se généralise.

    La Révolution modifie profondément le clergé et l’exercice du culte : abolition des privilèges et vente des biens du clergé (1789) ; constitution civile du clergé (1790) ; suppression des congrégations (1792) ; séparation des Églises et de l’État (1794)… Cependant, aucune destruction d’édifices liée à cette période n’est à constater. Les objets mobiliers ont été plus impactés : fontes de cloches et de pièces d’orfèvrerie ; destruction de statues à Neuville-sur-Brenne…

    2.4 Le XIXe siècle (1801-1905)

    Après la Révolution, le Concordat (1801), suivi des articles organiques (1802), réorganisent l’exercice du culte catholique : réorganisation des diocèses et des paroisses, nomination des évêques par l’État et institution canonique par le pape, traitement des évêques et des curés par l’État, mise à la disposition des évêques des édifices du culte…

    Les articles organiques de la loi fixent également l’organisation du culte protestant et le traitement des pasteurs par l’État. En Touraine, il faut attendre 1838 pour qu’une église réformée soit officiellement reconnue à Tours. D’autres lieux de culte se développent dans le département dans la seconde moitié du XIXe siècle, notamment à Amboise et Monthodon.

    Sur le plan architectural, le XIXe siècle est presque exclusivement marqué par des campagnes de restaurations extérieures (maçonnerie, couverture) et intérieures (charpente, voûtes).

    Seulement deux églises paroissiales sont entièrement reconstruites dans le dernier tiers du XIXe siècle : église Saint-Martin de Montreuil-en-Touraine (1873-1875) et église Saint-Paul de Saint-Règle (1898).

    Les objets du XIXe constituent les objets les plus nombreux et concernent l’ensemble des catégories d’objets : la sculpture (terres cuites d’Avisseau ou plâtres polychromes) ; la peinture (souvent des copies déposées ou données par l’État) ; l’orfèvrerie (pour remplacer les pièces d’Ancien Régime fondues à la Révolution) ; le textile ; les vitraux issus des ateliers tourangeaux (Lobin, Florence, Fournier)… Cette abondance et cette diversité témoignent du renouveau du culte dans la seconde moitié du XIXe siècle.

    2.5 Le XXe siècle (1905-années 1980)

    La loi du 9 décembre 1905 marque la fin du régime concordataire : l’État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Les opérations d’inventaire des biens, chargées de statuer sur leur dévolution à l’Etat, au département et aux communes, se déroulent au début de l’année 1906. Les associations cultuelles, qui d’après la loi de séparation doivent être créées afin d’assurer la gestion des biens et assurer l’exercice du culte, tardent à se mettre en place et ne se généralisent qu’après 1924.

    Le dernier tiers du XXe siècle est marqué par l’application des directives du concile Vatican II (1962-1965), notamment la réforme de la liturgie.

    L’étude s’arrêtera aux années 1980 (conformément à la règle de n-30 en usage dans les opérations d’inventaire)mais ce bornage pourra être étendu au-delà de cette date si des cas précis le justifient (réaménagement d’une partie de l’église, campagne de restauration…).

    Les objets mobiliers datent majoritairement de la première moitié ou du milieu du XXe siècle et concernent la sculpture (statues en plâtre polychrome), l’orfèvrerie, le textile ou les vitraux. Après Vatican II, on observe le retrait d’objets ayant perdu leur usage cultuel (pièces d’orfèvrerie, clôtures de chœur ou de fonts baptismaux, ornements…). Les objets « neufs » sont très souvent des vêtements liturgiques.

    3. L’opération

    3.1 Objectifs

    L’étude permettra de disposer d’un état des lieux patrimonial (architecture et mobilier) exhaustif grâce à des recherches documentaires approfondies et une étude de terrain systématique. Elle permettra également de bénéficier d’une documentation scientifique homogène sur le territoire du Pays.

    Cette base de données constituera un outil d’aide à la décision pour les restaurations et protections. L’accès à l’ensemble des dossiers finalisés, architecture et mobilier, sera possible pour les communes, la Conservation des Antiquités et Objets d’Art, les paroisses, le diocèse…

    L’enquête sur le terrain pourra également être l’occasion d’alerter le propriétaire, l’affectataire et les services compétents si un problème de conservation ou de sécurité était constaté. Cependant, ce travail d’inventaire n’a pas vocation à constituer un diagnostic sanitaire détaillé des édifices et objets étudiés (des précisions pourront néanmoins être mentionnées dans les dossiers). Une évaluation raisonnée des objets pourrait être proposée, reposant sur leur qualité, en rappelant les niveaux de traitement suivant : classé MH, inscrit MH, faisant l’objet de dossiers d’œuvre et considérés comme à signaler, faisant l’objet de dossiers d’œuvre et ceux simplement mentionnés sur les listes supplémentaires.

    Cette étude constituera un outil pour mener des actions de sensibilisation et de valorisation sur cette thématique, utilisable notamment par le Pays d’art et d’histoire Loire Touraine.

    3.2 Mise en œuvre

    La mise en œuvre de l’opération suivra les phases traditionnelles de toute opération d’inventaire.

    La phase de recherche documentaire préalable permettra de faire le point sur la documentation existante (archives, bibliographie, dossiers MH…). Elle mobilisera les divers fonds d’archives existants : départementales (notamment les séries et sous-séries V, H, Fi, E dépôt, 2 O, 4 T), diocésaines, communales, paroissiales.

    La phase d’étude proprement dite permettra la description et l’analyse du corpus in situ. Cette phase nécessitera l’utilisation de différents outils techniques : photographies, relevés, datation par dendrochronologie…

    La rédaction des dossiers se fera sur le logiciel Gertrude. Afin de faire des liens avec d’éventuels dossiers existants les dossiers d’édifices et d’objets protégés mentionneront les degrés de protection, les dates d’arrêtés et les numéros des notices MH. La mention « à signaler » sera utilisée pour les objets ou les édifices non protégés mais qui présentent un intérêt particulier ou qui pourraient être proposés pour une protection future.

    Des actions de valorisation pourront être menées au fil de l’avancée de l’étude (conférences, visites guidées, dépliants de visites, ateliers pédagogiques…) et à la fin (exposition, publications, conférences…). Elles devront restituer la diversité du patrimoine (architecture, peinture, sculpture, orfèvrerie…) auprès de différents publics (habitants, jeune public, public touristique…). La mise en œuvre de ces actions sera évoquée annuellement lors des comités de suivi entre le Pays Loire Touraine (Pays d’art et d’histoire) et le service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire.

    3.3 Partenariats

    Afin de mener à bien cette étude, il sera souhaitable de multiplier les échanges avec d’autres acteurs, voire de développer avec eux des partenariats complémentaires au partenariat institué entre le Pays Loire Touraine et la Région Centre-Val de Loire.

    B Cadre méthodologique

    Le cadre méthodologique du partenariat scientifique et technique 2016-2018 est défini par les textes cités au début de la convention.

    Rappelons que l’approche scientifique majeure de l’Inventaire général est territoriale et que sa finalité documentaire est l’alimentation des bases patrimoniales nationales ou régionales. Les outils et les normes majeurs de ce travail sont

    principalement :

    · les thesaurus,

    · les systèmes descriptifs fixant la structure des bases de données et les règles de rédaction du contenu des champs qui font in fine l’objet de contrôles formels automatisés,

    · les formats de données, textes, cartographie et images numériques,

    · la structuration d’ensemble de la documentation élaborée dans des dossiers numériques.

    De manière générale, les données minima de recensement pourront toujours être complétées par des données techniques ou historiques ou par des observations spécifiques liées à l’objectif de l’étude (diagnostic détaillé de l’état de l’édifice, évaluation des œuvres mobilières, usages, projets…).

    1. Mise en forme des données

    Chaque édifice ou objet étudié fera l’objet d’un dossier d’œuvre comprenant des données textuelles normalisées, des données cartographiques, au moins un cliché numérique, d’éventuelles références documentaires (bibliographie, sources, iconographie), textes d’analyse et de synthèse, tableaux de données, graphiques d’analyse, etc.

    Outre les dossiers d’œuvre, d’autres dossiers sont obligatoires pour assurer l’articulation d’ensemble de l’approche scientifique : dossier d’opération ; dossier de présentation de l’aire d’étude ; dossiers de présentation du mobilier ; éventuellement dossiers thématiques.

    Rappelons que les dossiers normalisés comportent au minimum :

    - des domaines et champs obligatoires : identification ; localisation ; datation ; attribution ;

    - des domaines facultatifs mais très utiles : description technique et données historiques complémentaires.

    L’assemblage des dossiers sera réalisé sur le logiciel Gertrude, dans sa version la plus récente fournie par la Région.

    Elle permet :

    · la production des dossiers normalisés et leurs composants ;

    · l’intégration des fichiers numériques d’illustrations ;

    · le géo-référencement et la cartographie des données ;

    · l’intégration de références documentaires, des textes ou tableaux d’analyse ou de synthèse ;

    · la consultation et la présentation de l’ensemble des données et des éléments documentaires.

    2. Restitution des données

    Les données seront transmises à la Région Centre-Val de Loire/service Patrimoine et Inventaire sous forme de bases de données et de dossiers, construits et contrôlés sous Gertrude, en vue de leur publication sur le site régional : https:// patrimoine.regioncentre.fr.

    3. Utilisation et diffusion des résultats de l’inventaire

    · le syndicat mixte du Pays Loire Touraine pourra envisager divers usages des résultats de ce programme d’inventaire notamment dans le cadre du Pays d’art et d’histoire ;

    · les dossiers versés dans les bases régionale et nationale seront accessibles par Internet.

    · la Région Centre-Val de Loire/service Patrimoine et Inventaire se réserve le droit de ne pas publier dans les bases régionale et nationale les dossiers ou les images numériques dont la qualité ne correspondrait pas aux critères de l’Inventaire général ;

    · les dossiers seront consultables en ligne sur les bases régionale et nationale (sous réserve de compatibilités technologiques), sur le site de la Région et sur place dans le service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire et au Pays Loire Touraine ;

    · des expositions ou publications virtuelles pourront être réalisées sur le site Internet de la Région Centre-Val de Loire et du Pays Loire Touraine ;

    · les documents originaux (dessins, clichés…) seront consultables au siège du Pays Loire Touraine ou à la Région/service Patrimoine et Inventaire ;

    · la publication dans les collections nationales des Images du patrimoine ou des Parcours du patrimoine permettra une diffusion publique sur support papier. Ces projets feront l’objet d’avenants à la convention.

    D’autres formes de restitution pourront voir le jour ultérieurement : exposition itinérante, autres publications... Elles feront l’objet d’avenants à la convention.

    [1] Neuf communes : Auzouer-en-Touraine, Chançay, Château-Renault, Le Boulay, Neuillé-le-Lierre, Neuville-sur-Brenne, Reugny, Vernou-sur-Brenne et Villedômer.

    [2] Dans son périmètre en vigueur jusqu’en 2014, soit seize communes : Athée-sur-Cher, Azay-sur-Cher, Bléré, Céré-la-Ronde, Chenonceaux, Chisseaux, Cigogné, Civray-de-Touraine, Courçay, Dierre, Epeigné-les-Bois, Francueil, La Croix-en-Touraine, Luzillé, Saint-Martin-le-Beau et Sublaines.

    [3] Amboise, Autrèche, Cangey, Chargé, Crotelles, Dame-Marie-les-Bois, La Ferrière, Les Hermites, Larçay, Limeray, Lussault-sur-Loire, Monnaie, Monthodon, Montlouis-sur-Loire, Montreuil-en-Touraine, Morand, Mosnes, Nazelles-Négron, Noizay, Nouzilly, Pocé-sur-Cisse, Saint-Laurent-en-Gâtines, Saint-Nicolas-des-Motets, Saint-Ouen-les-Vignes, Saint-Règle, Saunay, Souvigny-de-Touraine, Véretz, La Ville-aux-Dame et Vouvray.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Sous-direction de l’archéologie, de l’ethnologie, de l’inventaire et du système d’information. Principes, méthode et conduite de l’inventaire général du patrimoine culturel. Dir. Hélène Verdier ; réd. Xavier de Massary et Georges Coste ; collab. Bruno Malinverno, Jean Davoigneau, Anne-Claire Viron-Rochet. 2e éd. Paris : Ministère de la culture et de la communication, 2007. (Documents et Méthodes, n°9) 

  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Architecture : description et vocabulaire méthodiques. Réd. Jean-Marie Pérouse de Montclos. Paris : Editions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2011. (Principes d'analyse scientifique)

  • FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Mission de l'Inventaire général du Patrimoine culturel. Thésaurus de la désignation des objets mobiliers. [en ligne] Dir. Philippe Vergain ; réd. Isabelle Duhau ; collab. Catherine Chaplain-Manigand, Jean Davoigneau, Luc Fournier. Paris : Inventaire général, 2014 [20.09.2018]. (Documents et méthodes, n°8). Accès Internet : < http://www.inventaire.culture.gouv.fr/telechar/thesaurus_objets_mobiliers_2014.pdf >

  • LAINÉ, Martine (red.), CANTALUPO, Thierry (phot.), LAUGINIE, François (phot.), CHENAULT, Christian (col.). Bléré en vallée du Cher, Chenonceau et ses environs. Lyon : Lieux Dits, 2017. (Images du patrimoine n°300).

  • PAUCTON, Arnaud, CANTALUPO, Thierry (photogr.), GUÉRID, Myriam (cart.). La Vallée de la Brenne, de Château-Renault à la Loire. Lyon : Lieux-dits, 2018. (Images du Patrimoine, n°304).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Paucton Arnaud