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Logis (38 place Michel-Debré)

Dossier IA37005685 inclus dans Amboise : place Michel Debré réalisé en 2006
Dénominations logis
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 38 place Michel-Debré

La situation de ce petit logis, placé dans une cour à l'arrière du 40 place Michel Debré, l'a préservé de toute campagne urbanistique. La typologie particulière de sa charpente à chevrons-formant-fermes sans faîtage permet d'avancer une datation du XIIIe ou XIVe siècle.

Période(s) Principale : limite 13e siècle 14e siècle
Principale : 18e siècle

De l'extérieur, le bâtiment entièrement crépi ne laisse pas supposer un logis médiéval. Le bâtiment de 5,4 m sur 8,6 m est construit en moellon de tuffeau, à l'exception du pignon oriental qui est en pan-de-bois. Nous ne savons pas si cette façade donnait sur la rue mais aujourd'hui elle est prise dans le mur arrière du 36 place Michel Debré. La voûte en berceau de la cave porte une cruche sculptée qui révèle un travail du XVIIIe siècle. L'ensemble des structures intérieures se trouve aujourd'hui derrière les papiers peints, et les placards. Le rez-de-chaussée comme le premier étage sont à présent distribués en deux pièces. D'après les bois encore en place dans la charpente, il semble qu'à l'origine la maison ait accueilli au rez-de-chaussée comme au premier étage une unique pièce. Si au premier niveau la fonction originelle de la pièce reste impossible à déterminer, au second niveau une salle sous charpente prenait place. Le plancher actuel du comble n'existait donc pas. Les niveaux de sol ayant changé, il est impossible que les baies se trouvent en place : on ne connaît pas l'ordonnance des façades originelles. L'emplacement de l'escalier demeure également inconnu. En revanche, on observe dans la charpente un chevêtre installé sur le mur gouttereau nord. Au premier étage, la cheminée actuelle reprend le conduit de la cheminée primitive ; cette dernière a été réduite en largeur. Le logis abritait donc une salle sous charpente chauffée d'une cheminée légèrement décentrée. La charpente à chevrons-formant-fermes présente quatorze fermes dont trois fermes maîtresses, séparées par un entraxe de 60 cm. Elles sont toutes numérotées de chiffres romains allant de 0 à XIII. Les fermes secondaires reposent sur des blochets tandis que les fermes principales sont sur entraits. Ces deniers ne sont plus visibles aujourd'hui, mais puisqu'ils avaient été conçus pour l'être, il est possible qu'ils soient ornés. Paradoxalement, les bois de la charpente n'ont conservé aucune trace d'isolation. Le linçoir de la cheminée positionné à côté de la ferme maîtresse centrale mesure 2,2 m de large. Il repose entre les fermes numérotées III à VII. Les caractéristiques générales de la charpente sont les suivantes : la pente du toit est de 56 degrés, l'essence des bois de brin mis en oeuvre est le chêne. Ils ont été débités à la doloire et sont de bonne qualité avec très peu de flaches et peu de noeuds. Les assemblages se font à tenon-mortaise, couplés à des embrèvements pour les aisseliers et jambettes. La coupe transversale de la ferme maîtresse centrale se décrit comme suit : les arbalétriers reposent de part et d'autre d'un poinçon reposant lui-même sur un faux-entrait monoxyle. Les chevrons-arbalétriers prennent appui sur un entrait isolé de chaque mur gouttereau par deux sablières reposant sur les faces interne et externe de ce dernier. Des aisseliers courbes lient le faux-entrait aux arbalétriers. La cohérence des assemblages est renforcée par des embrèvements. Les mêmes assemblages sont employés pour les jambettes courbes reliant les chevrons à l'entrait. Sur certaines fermes, les tenon-mortaise des jambettes présentent un double chevillage. Les fermes maîtresses des extrémités sont identiques à l'exception du poinçon qui se transforme en poteau montant de fond. Les chevrons s'assemblent en tête par un simple tenon-mortaise. Longitudinalement, la charpente ne présente pas de faîtage mais un sous-faîtage. Ce dernier composé de deux éléments, lie les poteaux des extrémités au poinçon central. Le poinçon a par ailleurs été retourné lors des dernières restaurations de la couverture comme le prouve l'ancienne mortaise. Enfin, quatre aisseliers relient le sous-faîtage aux poinçons par le dessus. L'absence de faîtage qui caractérise cette charpente est une disposition connue au XIIIe siècle en Anjou, en Touraine et en Poitou.

Murs moellon
pan de bois
Toit ardoise
Étages 1 vaisseau, sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements voûte en berceau
Couvertures toit à deux pans
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • BONTEMPS, Daniel. Charpentes de toits de la région Centre du XIIe au XIIIe siècle. Paris : Éditions du patrimoine, 2002. (Albums du CRMH). 200 p.

Périodiques
  • BIGUET, Olivier, LETELLIER D'ESPINOSE, Dominique. Une charpente du XIIIe siècle, ornée d'un décor peint héraldique, dans l'aile de paléontologie du Museum, place Louis-Imbach. Bulletin monumental, Tome 167-4, 2009, p. 362-368.

  • CARRE, Gaël, LITOUX, Emmanuel, HUNOT, Jean-Yves. Les Ligneries à Charentilly (Indre-et-Loire) : du logis à salle basse au manoir du XVe siècle. Revue archéologique du Centre de la France, Tome 41, 2002, p. 256.

  • PERRAULT, Christophe, TOURNADE, Franck. Étude et interprétation des charpentes du château de Châtillon-sur-Indre. Bulletin monumental, numéro sur Châtillon-sur-Indre : un château, un palais, Tome 168-I, p. 85-97.

Liens web

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