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Logis du Donjon et pavillon Penthièvre, Plate-forme qui a vue sur la Loire

Dossier IA37005787 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations enceinte, logis
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Château d'Amboise

Dans l'état actuel des connaissances, il n'existe aucune information relative à l'édification de la « platteforme qui a vüe sur Loire » - pour reprendre la dénomination qu'elle reçoit sur le plan de 1708 -, du logis du Donjon, du pavillon Penthièvre et du logis du Tambour. Ces bâtiments sont étudiés dans une même notice en raison de leur proximité topographique, à savoir le long du rempart nord, entre la tour Garçonnet et le bâtiment sur Loire de la Grande Salle. Toutefois, seuls subsistent le pavillon Penthièvre, le logis du Tambour très remanié, des vestiges de baies romanes ayant appartenu au logis du Donjon et des baies arasées dans le rempart ayant appartenu à la galerie basse de la Plate-forme. Les autres sont connus grâce aux sources iconographiques et textuelles.

Période(s) Principale : 15e siècle

La plate-forme : cinq bases de baies conservées dans le rempart nord constituent les seuls éléments que l'on puisse décrire de visu, et qui permettent de délimiter la construction qui devait mesurer 30 m à 35 m de long pour 5 m à 6 m de large. Il s'agissait bien de croisées puisque la base du meneau y est encore visible. Ces vestiges ont fait l'objet de restaurations et il faut donc se fier à la validité de celles-ci. Ainsi, les moulurations relèveraient des campagnes de constructions menées au cours du XVe siècle. L'un des documents établis préalablement à la restauration de 1896 en présente le profil exact. Les bases montrent ainsi un profil octogonal surmonté d'une autre base de colonnette au profil également prismatique. Une bague anguleuse la séparait du meneau en amande orné d'un listel. Le logis du Donjon : le docteur Frédéric Lesueur visita le château et publia en 1935 dans un ouvrage concis ses restitutions et ses observations particulièrement intéressantes. Le pavillon Penthièvre n'avait pas encore été touché par les restaurations et il écrivait : « Le long du mur Nord de la terrasse, immédiatement à droite de la façade de Charles VIII, on peut voir deux fenêtres, dont les jambages présentant des vestiges de décoration du XIIe siècle (colonnettes, motif courant d'alvéoles) attestent que les travaux furent exécutés à cette époque ». Aujourd'hui, deux moulures à gros tores et une colonnette surmontée d'un chapiteau très érodé sont encore visibles dans le rempart. Il n'est pas impossible non plus que le cordon mouluré et bûché qui se lit tout le long de la façade corresponde à la moulure qui soulignait l'appui des baies. Le logis du Tambour : en l'état des sources, nous ne disposons d'aucun document relatif à la construction du bâtiment. Sa position dominante, à l'extrémité nord du fossé du donjon ne nous interdit pas de penser que l'édification de son soubassement sur arcade soit antérieure aux chantiers royaux. Par contre, les maçonneries du bâtiment sur Loire et du logis du Tambour sont parfaitement liées et relèvent d'une même campagne. Nous n'avons cependant aucune idée des relations que le logis du Tambour entretenait avec le logis du Donjon. Actuellement le logis du Tambour ne porte pas réellement de nom, il fait partie du « logis du roi » ; les différentes appellations qui lui reviennent sont dues à l'ancienne fonction des pièces qu'il accueille, la « salle des gardes nobles » au rez-de-chaussée et la « salle des tambourineurs » au premier étage. Par ailleurs, la dénomination des salles est récente et il est probable que ceux qui en ont décidé se soient référés aux procès-verbaux, notamment à ceux de 1630 où elles sont citées dans une énumération de réparations de couvertures. Le bâtiment présente un plan quadrangulaire irrégulier d'environ 11 m par 7,80 m dont les côtés sont compris, sur un axe nord-sud, entre le bord du fossé du donjon et le promontoire rocheux et, sur un axe est-ouest, entre le logis du Donjon et le bâtiment sur Loire. Puisque le bâtiment a été très remanié l'épaisseur d'origine des murs est malaisée à déterminer ; à présent ils approchent 1 m d'épaisseur. Aujourd'hui il est desservi par une tourelle d'escalier pseudo-hexagonale victime des bombardements de la Seconde Guerre mondiale où la lecture du bâti demeure impossible. L'étude des sources textuelles ou des plans anciens ne valide pas non plus son authenticité. On peut donc supposer qu'elle fut créée lors de la destruction des édifices du donjon. À l'aplomb de la tourelle, il existe encore le départ d'une vis qui change de sens de rotation. Les relevés que nous avons effectués prouvent sa cohérence avec l'escalier situé au fond du fossé. On sait que le jeu de paume avait été installé au fond du fossé, au moins depuis Charles VIII, ce qui implique qu'un escalier y descendît. Le changement du sens de rotation est nécessaire pour desservir la salle du premier étage du logis du Tambour et prouve bien que l'on adapta un escalier ancien à des aménagements nouveaux. Le pavillon Penthièvre : l'appellation de pavillon Penthièvre date naturellement de l'époque où le duc de Penthièvre prit possession d'Amboise et s'y installa (1786-1790) . Répond à ce nom la petite tour carrée qui se trouve en avant de l'alignement du rempart Nord et dans le prolongement de l'ancien fossé. Sa date de construction demeure indéterminée et sa fonction, sans doute défensive à l'origine, semble liée au moins depuis le XVe siècle à la résidence. Le bâtiment appelé aujourd'hui pavillon Penthièvre répondait en 1630 à la dénomination de « pavillon du roy Charles ». Puisqu'aucun document ne permet de penser que ce bâtiment a été construit par Charles VIII (1483-1498), on peut supposer que c'est bien au contraire le lieu où le roi a été élevé. Il est possible de restituer les modifications résultant de l'installation du duc de Penthièvre grâce aux procès-verbaux de destruction de 1806-1808. Puisqu'on dispose d'un autre procès-verbal daté de 1761, il est aisé de déterminer ce qui a changé à la fin du XVIIIe siècle. Le duc de Penthièvre y avait aménagé son cabinet de travail. Certainement grâce à son agencement récent, le bâtiment survécut aux destructions de 1806-1808. Vinrent ensuite les restaurations des architectes Victor et Gabriel Ruprich-Robert. Le bâtiment qui se présente sous la forme d'une petite tour carrée fut restauré conjointement au logis du Tambour dont il dépend depuis toujours. Lors des premières restaurations son apparence ne fut pas modifiée, mais à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle sa couverture reçut une bombe, on modifia la pente de la charpente. Le petit toit en pavillon peu pentu devint ainsi presque aussi haut que le toit du logis attenant. Les fondations de la tour prennent appui dans la ville. À l'extérieur, les façades en pierre de taille s'élèvent à l'aplomb du rempart nord et l'espace n'est occupé qu'à partir d'un niveau intermédiaire proche du niveau R-I. Les niveaux se trouvent en effet décalés par rapport à ceux des logis contigüs ; ainsi compte-on quatre niveaux entre le niveau R-I et le niveau R+I qui est celui de la grande salle. Le bâtiment est petit et se présente encore aujourd'hui comme une tour de plan pseudo-carré de 7 m sur 6 m, aux murs épais (1 m et 1,50 m) et dont les angles sont épaulés par des contreforts carrés. La base des trois premiers niveaux est marquée par un cordon mouluré. Du côté de la ville quatre fenêtres superposées percent la façade. Une croisée ouvre à chaque étage sauf au niveau inférieur où la baie, divisée en deux par un meneau, est moins haute que les autres ; son allège repose sur le cordon. S'il est donc bien difficile de se faire une idée de l'apparence extérieure d'origine du pavillon Penthièvre, il est un peu plus simple d'en restituer l'intérieur. Avec de telles dimensions (7 m x 6 m), la distribution ne peut comprendre qu'une unique pièce à chaque niveau. Il semble que les espaces aient bien toujours été plafonnés. Enfin, dans l'angle sud-ouest de la tour, demeure le départ d'une cage d'escalier auquel on ne peut accéder que par le niveau R-I du pavillon Penthièvre. Il est possible que cet escalier, dont la porte conserve des traces de mouluration datant du XVe siècle ait desservi le logis du Donjon et le pavillon Penthièvre.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les sources concernant la plate-forme nord ainsi que les logis du Donjon, du Tambour et Penthièvre

    La plate-forme

    Deux documents pourraient faire référence à la plate-forme longeant le rempart nord du donjon dès la décennie 1490. Premièrement, dans les comptes de l'argenterie de Charles VIII de l'année 1490, une grande échelle est commandée pour monter depuis une grosse tour, sans doute la tour Garçonnet, sur une terrasse :

    - Archives nationales, KK 76, f°73v° : « Item, pour une grant eschelle garnye de rollons platz, mise pres la grosse tour dudit chasteau pour monter d'icelle sur une terrasse, 25 s. t. ».

    Deuxièmement, un court fragment de compte de 1499 publié par l'abbé Louis-Auguste Bosseboeuf en 1899 pourrait se rapporter à la plate-forme. Ainsi le chapitre des serruriers concerne entre autres Martin Mennau qui vend un porte-torchère pour mettre « au bout de la gallerie à terrasse ou donjon dudit chastel, pour servir à esclerer de nuyt en la court ».

    Les procès-verbaux de 1630 mentionnent également la plate-forme, la qualifiant de galerie haute :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc. 3 f°16r° : « Au bout de la gallerie haulte du donjon joignant la tour razee, refaire le lambry, faire une barre de fer a la porte de la grande cour de dessoutz la plate-forme qui joing la tour razee ».

    Sur le plan de 1708, la terrasse située entre la tour Garçonnet et le logis du Donjon est nommée « la Platteforme qui a vüe sur Loire », mais le bâtiment en lui-même a déjà disparu. La « Troisiesme Vüe » de Jacques Rigaud présente la cour du château vers 1730 ; à cette date, le long du rempart nord, seuls le pavillon Penthièvre, le logis du Tambour et le bâtiment sur Loire sont encore en élévation. Inévitablement, la plate-forme haute qui précède la terrasse actuelle n'est pas non plus décrite dans le procès-verbal de 1761. Au cours de ce procès-verbal, le groupe d'inspecteurs accompagnant le greffier sort de la tour Garçonnet et suit le rempart nord de la cour. Ils descendent alors dans différentes caves pour lesquelles à chaque fois le nom des personnes qui les occupent est donné. La plupart de ces caves disposent d'« embrasures à canon ».

    Les procès-verbaux de 1630 un peu plus précis peuvent être mis en relation avec les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau ; il désigne ainsi la plate-forme comme une galerie. Les « Vues » gravées de Jacques Androuet du Cerceau s'accordent à ses « Vues » dessinées : entre la tour Garçonnet et le logis du Donjon prend place un long couloir couvert. Au-dessus, une terrasse fait semble-t-il office de promenade face à la Loire, « la platteforme ». Tandis que la plate-forme est longée d'un garde-corps, la galerie est chauffée d'une cheminée et éclairée de croisées. Sur ses élévations, Jacques Androuet du Cerceau en figure six, mais il n'en demeurait que cinq, en témoigne la partie inférieure de ces baies encore conservées dans le rempart. En revanche, sur les plans, aucune baie ne figure du côté de la Loire. On ne peut pourtant pas considérer qu'ils sont levés au niveau de la terrasse puisque, sur le plan gravé, des portes donnent du côté de la cour. Dans les procès-verbaux, l'actuelle « salle des Lys » est également mentionnée comme cave sous les termes suivants :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc. 3 f°16v° : « Faire paver la platte forme joignant ladite tour razée de grands pavés larges en pierres et rellever celui qui y est pour la conservation de la voulte de la grande cave qui est dessoutz ».

    Enfin, rappelons que sur la planche de relevés de la tour Garçonnet dessinée par Victor Ruprich-Robert (1892), les dispositions du dernier niveau de la tour, maintenant arasé, indiquent qu'il communiquait avec la galerie couverte présentée ici.

    L'identification des différents logis septentrionaux est facilitée par l'énumération des réfections de couverture des procès-verbaux de 1630 :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc. 5 f°4r° et doc. 4 f°3v° : sont ainsi cités : d'abord « dessus la salle de bal » (le bâtiment sur Loire), puis le « logis du Tambour », ensuite le « pavillon du roy Charles » qui désigne le pavillon Penthièvre et enfin le « logis joignant lesdits pavillons à la tour razée » (le logis du Donjon).

    Le logis du Donjon

    La dénomination de logis du Donjon reprend celle qui figure dans les procès-verbaux établis vers 1630. Ce bâtiment fut certainement abattu comme le précédent au moment du comblement du fossé. Les mêmes sources permettent donc de retrouver son apparence et sa distribution. Dans le procès-verbal de 1761, une unique mention confirme que ce bâtiment a bien existé :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°5r° : « [...] Je vit un escalier qui donnoit communication aux appartements au bas dudit pavillon et autre au bastiment suprimés icelle tourette écroulée par vétusté [...] ».

    Quant aux procès-verbaux de 1630, ils ne décrivent pas l'ensemble des pièces par lesquelles la visite chemine, mais se contentent d'énumérer les réparations nécessaires. Enfin les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau ne sont pas cohérentes entre elles. Aussi, pourrions-nous supposer que, comme à son habitude, l'auteur figure le bâtiment à des niveaux différents : le plan gravé pour le rez-de-chaussée et le plan dessiné pour le premier étage. Mais, les détails s'accordent mal les uns aux autres. Les dimensions du logis sont difficiles à définir puisqu'il n'apparaît entièrement que sur les plans de Jacques Androuet du Cerceau. Il doit mesurer entre 15 m et 20 m de longueur pour 8 m à 10 m de largeur. Ses murs extérieurs 1 m ou 1,50 m d'épaisseur semblent plus épais que ceux de la plupart des bâtiments.

    L'accès au logis du Donjon se fait soit par la galerie couverte (sous la plate-forme), soit par le portique et la galerie ouest du logis du Fossé. Si l'on en croit Jacques Androuet du Cerceau, il n'aurait existé aucune communication entre le logis du Donjon et le logis du Tambour ou la Librairie. Cette disposition ne semble pas impossible dans la mesure où le procès-verbal décrit le logis du Donjon dans le chapitre consacré aux logis du Fossé et le logis du Tambour dans le chapitre intitulé « Le costé de la salle du bal ».

    Au rez-de-chaussée, la distribution est confuse ; à l'ouest, deux petites pièces situées du côté de la cour du donjon précèdent deux pièces éclairées et chauffées communicant entre elles ainsi qu'avec la galerie couverte longeant le rempart nord et avec de petits espaces annexes. Ayant vue sur la Loire, ces modestes espaces pourraient constituer des terrasses extérieures. Cependant, sur la « Vue du costé de la rivière de Loire » aucune terrasse ne figure à cet emplacement. À l'est, les deux autres pièces communiquent directement avec les logis du Fossé, ce qui se vérifie en effet dans la description du procès-verbal puisqu'à la suite des dernières chambres qui prenaient leur lumière soit du côté du donjon, soit du côté du jeu de paume, les chambres ont vue sur le pont de la ville. Ces deux chambres orientales auraient disposé de petites terrasses semblables à celles des deux premières chambres occidentales. Ces dernières terrasses auraient également communiqué, d'une part, avec la tour carrée - c'est-à-dire le pavillon Penthièvre qui se situe encore aujourd'hui devant le logis du Tambour -, et d'autre part avec une seconde tour carrée semblable à la première. Cette deuxième petite tour carrée n'apparaît que sur les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau et il s'avère impossible de valider ou de réfuter son existence. Sur la « Vue du costé de la rivière de Loire », située plus ou moins au centre de la façade, elle semble assurer la liaison entre deux bâtiments. On pourrait presque imaginer qu'il existait à l'origine deux constructions qui auraient été réunies sous un même toit.

    Au premier étage, il est possible de se référer au « Plan » dessiné de Jacques Androuet du Cerceau, cependant quelques marches semblant figurer un perron y sont esquissées du côté de la cour ce qui nous amène à douter qu'il ait bien voulu représenter le second niveau du bâtiment. Dans les procès-verbaux de 1630, après la description d'une des deux chambres orientales, vient la description de :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc. 2 f°6r° : « [...] La premiere chambre haulte et dessus la derniere nommée laquelle chambre regarde sur le pont de la ville ».

    Cependant, l'escalier qui a permis de passer d'un niveau à l'autre n'est pas mentionné. Si l'on se réfère à Jacques Androuet du Cerceau, toutes Vues confondues, ils auraient pu emprunter deux escaliers : soit celui qui se trouvait à la rencontre des logis du Fossé et du logis du Donjon, soit celui situé dans l'angle de la plate-forme et du même logis du Donjon. Toutefois, il existe encore aujourd'hui au niveau R-I du pavillon Penthièvre, à sa jonction avec le logis du Tambour, le départ d'un escalier en vis qui est logé dans une cage de plan hexagonal et qui ne figure sur aucun plan ancien. Soulignons dès à présent qu'il s'agit bien d'une construction médiévale, datant sans doute du XVe siècle et que rien ne nous interdit de penser que l'escalier ait pu desservir la totalité de la tour à cette époque.

    Dans la partie ouest, Jacques Androuet du Cerceau figure deux pièces chauffées disposant chacune d'une pièce plus petite non chauffée. La pièce la plus proche de la cour communique avec la plate-forme tandis que celle tournée vers la ville dispose de terrasses donnant sur le rempart, pareilles à celles que nous avons déjà exposées au rez-de-chaussée. La moitié orientale du logis est occupée par une unique pièce, bien plus spacieuse, mais qui ne peut communiquer avec les dernières pièces mentionnées. Les deux croisées auraient puisé leur jour sur la terrasse mais aucune porte n'aurait ouvert dessus. Les procès-verbaux du XVIIe siècle ne mentionnent quant à eux que la « première chambre » côté Loire, puis la « seconde chambre » ; chambres qui disposent chacune de leur cabinet. Ensuite, la visite d'état des lieux se poursuit vers les galetas du bâtiment. Deux chambres et leurs cabinets occupent cet étage. Il est bien précisé que la seconde chambre se trouve à côté du pavillon Penthièvre mais sa communication avec celui-ci n'est pas clairement mentionnée :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc. 3 f°15r° : « En la chambre joignant le pavillon proche la salle du bal laquelle chambre regarde sur le pont de la ville ».

    Enfin, si l'on en croit la « Vue du Costé de la rivière de Loire » de Jacques Androuet du Cerceau, les façades de ce logis semblent particulièrement austères. Croisées, demi-croisées et lucarnes se juxtaposent sans réelles ordonnances et les différences de niveaux sont nombreuses. Seuls des cordons moulurés agrémentent les élévations.

    Le logis du Tambour

    Les premières archives dont nous disposons à son égard sont les procès-verbaux de 1630, 1761 et 1806-1808. Il figure sur l'ensemble des plans du château d'Amboise. Sa distribution intérieure fut profondément modifiée lors des aménagements du duc de Penthièvre à l'extrême fin du XVIIIe siècle ; on avait notamment supprimé les voûtes du rez-de-chaussée et installé à la place un escalier. Mais ce n'est qu'avec les restaurations des architectes Victor et Gabriel Ruprich-Robert qu'il perdit définitivement son apparence d'origine à l'extérieur, et qu'il retrouva néanmoins une certaine cohérence intérieure. Les travaux de restauration qui se déroulèrent du côté de la Loire sont abondamment documentés, en particulier de prises de vue photographiques. Ce fut ainsi la dernière façade restaurée. Les restaurations avaient commencé en 1872 par la tour des Minimes et s'étaient poursuivies avec le bâtiment sur Loire en 1880. Sur certains clichés présentant le château autour de 1905, le logis du Tambour possède encore sa façade d'origine, contrairement aux autres. Le contraste entre les parties réhabilitées et les autres est tranchant. Les clichés photographiques anciens et les relevés des architectes Victor et Gabriel Ruprich-Robert, permettent de déterminer les modifications et de les décrire.

    Du côté de la Loire, avant les restaurations, la façade se divisait en deux travées au premier et au second niveau. Au rez-de-chaussée, une arcade semblable à celle du bâtiment sur Loire était déjà projetée sur la moitié gauche du logis du Tambour et une demi-croisée prenait place à côté ; au premier étage, les niveaux de sol du bâtiment sur Loire et du logis du Tambour étaient similaires mais les baies qui s'ouvraient au niveau de ce dernier étaient moins hautes. Cependant, comme pour l'arcade du niveau inférieur, on avait reproduit sur la moitié gauche, le motif de la grande croisée à double croisillon, devancée par le balcon en fer forgé, scandée par des pinacles gothiques et séparée du niveau supérieur par une corniche à petites consoles, semblable à celle du bâtiment de la grande salle. Au troisième niveau la façade s'affranchissant du style du bâtiment de la grande salle, une baie unique perçait au centre. Lors des restaurations, deux lucarnes reproduites selon le modèle de celles du bâtiment de la grande salle vinrent remplacer ce dernier étage.

    Du côté de la cour du château, les travaux furent envisagés selon le même a priori. À l'origine, la façade se divisait en trois niveaux de deux travées. Au rez-de-chaussée, les relevés des architectes Ruprich-Robert n'indiquent que deux croisées et le plan de 1708 montre une façade aveugle, ce que nous n'expliquons que par la suppression des bâtiments côté donjon qui avait dû bouleverser l'ordonnance de la façade. À l'étage, à la fin du XIXe siècle, deux croisées et une porte donnant sur le vide perçaient la façade. Selon le plan de 1708, la croisée orientale était une porte ; elle fut sans doute transformée en croisée par la suite. Les baies se présentaient comme celles du bâtiment sur Loire, à savoir avec les angles supérieurs arrondis et les allèges talutées. On retrouvait la même corniche à petites consoles qui séparait les deux niveaux inférieurs du dernier étage. Comme pour la façade côté Loire, les deux baies supérieures disparurent, la corniche fut remontée à hauteur de celle du bâtiment sur Loire et une lucarne à pinacle et gâble prit place sur le toit.

    On connaît mal la distribution d'origine du rez-de-chaussée. Aujourd'hui la pièce est voûtée et les ogives retombent sur un pilier central. En 1761, l'endroit semble occupé par une cuisine (Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°5r°). Il est précisé que l'espace est voûté et nous supposons que « la chambre du pilier » mentionnée dans les procès-verbaux de 1630 correspond à cette pièce (Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655 doc. 2, f°5r°).

    Au premier étage, la salle reçoit aujourd'hui le nom de « salle des tambourineurs ». Dans les procès-verbaux de 1630, on retrouve en effet cette dénomination (Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655 doc. 2, f°7r°). En 1761, le niveau était divisé en quatre pièces ; si cette distribution n'était probablement pas d'origine, la description du « lambris à parquet relevé en bosse dorer » est intéressante (Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°5v°). On note par ailleurs, que sur le plan de 1708, la baie ouest de la façade est une porte ouvrant dans le vide.

    Au second étage - niveau supprimé qui correspond à présent aux combles - la modification de la distribution est sous-entendue par la présence des cloisons de quatre pièces :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°5v° : « Une grande chambre à cheminée au dessus de celle cy dessous distribuée aussy en quatre parties, éclairées au midy par une croisée et une demye, et au nord par une autre croisée ».

    Les procès-verbaux de 1630 précisent que cette pièce est la librairie. Enfin, la dernière pièce, au grenier, se trouvait non carrelée et couverte d'ardoises.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655. Procès-verbaux des réparations à effectuer au château d'Amboise. Entre 1624 et 1631, folios papier.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950. 1699-1761. Procès-verbal d'estimation du château d'Amboise, procès-verbal de prise de possession par le duc de Choiseul. 1761.

Documents figurés
  • Château d'Amboise, plan de 1708. Passage d'entrée, premiers offices du logis des Sept Vertus, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Deuxième étage du Logis des Sept Vertus, premier étage du logis dit de Louis XI, rez-de-chaussée bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. 2e étage dans le comble du logis des Sept Vertus, 1er étage du logis Louis XI, rez-de-chaussée du logis Charles VIII, rez-de-chaussée du logis Charles VIII-François Ier et fondations du logis Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, rez-de-chaussée du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, Deuxième étage du bâtiment sur Loire, deuxième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et rez-de-chaussée du logis d'Henri II. (Archives Nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, deuxième étage du bâtiment sur Loire, troisième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et grenier du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Plan du château d'Amboise. Attribué à Robert de Cotte, dessin à la plume et à l'encre de Chine aquarellée, 1708. (Archives Nationales; O1 1903, Cartes et Plans, n°1 et 3).

  • Vüe du château royal d'Amboise ; Autre vüe du château royal d'Amboise du côté des champs ; Troisième vüe de l'intérieur de la cour du château/ Jacques Rigaud. Dessins préparatoires à la plume et lavis à l'encre de Chine, début du XVIIIe siècle. (Bibliothèque nationale de France, est, RES Ve26 (k), n°138, Mfilm A31633).

  • Plan du château d'Amboise, Le château d'Amboise, du costé de la rivière, L'élévation du chasteau d'Amboise du costé de la ville. Dessins de Jacques Androuet du Cerceau, vers 1579. (Londres, British Museum : Cote U 854-857).

Bibliographie
  • LESUEUR, Docteur Frédéric. Le château d'Amboise. Paris, 1935, 112 p.

Périodiques
  • BOSSEBOEUF, Louis-Auguste. Comptes de Louis XI, Louis XII et Catherine de Médicis. La Touraine historique, documents inédits, Tours, 1899, p. 10.

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