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Logis ouest (détruit)

Dossier IA37005792 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations cuisine, logement
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Château-d'Amboise

La date de construction de ce logis disparu après 1579 - date à laquelle il apparaît dans son intégralité sur les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau -, sans doute vers 1630 - date à laquelle le premier procès-verbal précédant les premières destructions le dit ruiné - demeure inconnue. Il n'est pas impossible qu'il se soit agi d'une construction héritée des seigneurs d'Amboise et réaménagée par Louis XI dans la décennie 1460-1470.

Période(s) Principale : (?)
Principale : 2e moitié 15e siècle

Le logis ouest prenait place entre la tour dite Pleine et la tour Garçonnet. Il contenait vraisemblablement les cuisines desservant le logis dit de Louis XI, quasiment attenant au sud. Il se trouvait en outre en liaison avec la tour Garçonnet proposant un lien direct avec la ville pour acheminer les denrées.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Fonction du logis ouest

    Le logis compris entre la tour pleine et la tour Garçonnet est indéniablement le bâtiment le moins documenté du château. Jacques Androuet du Cerceau le représente sur ses « Vues » et ses « Plans », mais les représentations de cet auteur sont à prendre avec précaution, et à plus forte raison quand il s'agit de bâtiments secondaires.

    Vers 1630, lorsque les premiers procès-verbaux sont rédigés, ces bâtiments sont à peine mentionnés ; on peut se demander dans quel état ils se trouvent alors puisque sur le plan de 1708 ils ont disparu. Ils ont certainement été abattus en même temps que les logis du Fossé. Servaient-ils déjà de remises en 1630 ? Le procès-verbal n'y mentionne que des travaux de couverture :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc 3 f°3v° : « Plus au logis joignant ladite tour Bourbon, jusque a la tour razée, fault faire aux couvertures cent huit thoises de besongne tout a neuf tant plaine carée que noues et recouvrir le tout d'ardoises ; ensemble fault employer une gouttière de bois neufve de deux thoises de long et réparer le reste desdites couvertures. Plus aux trois arpenties joignant lesdits logis et la tour razée, couvertz de thuilles fault manier la couverture et les lattes tout a neuf ».

    La situation entre la tour Bourbon et la « tour razée » - qui désigne la tour Garçonnet - pourrait être celle du logis dit de Louis XI mais la surface de couverture décomptée de 216 m² d'ardoises est loin de correspondre à la surface de couverture du logis de Louis XI et il faut considérer que seule une petite portion est concernée. Les logis situés entre les tours Pleine et Garçonnet correspondraient donc aux trois appentis couverts de tuiles, le fait même qu'ils soient couverts de tuiles indiquant bien leur statut médiocre.

    La distance actuelle entre la tour Pleine et la tour Garçonnet est de 20 m. Si l'on se fie aux « Plans » de Jacques Androuet du Cerceau, il semble que ce logis ait présenté une largeur équivalente à celle du logis du Fossé, soit 8 m à 10 m. Mais d'une part, l'épaisseur des murs n'est pas lisible, et d'autre part on ne sait pas vraiment à quel niveau le bâtiment est relevé. La distribution diffère sur les plans dessinés et sur les plans gravés.

    Sur le « Plan » dessiné, il aurait été composé de cinq pièces desservies par un couloir longeant la façade sur cour. La première pièce se trouvant dans le prolongement du logis dit de Louis XI communique avec sa dernière chambre, avec son escalier ouest, avec la petite vis de la tour Pleine et avec la tour Pleine elle-même. Une cheminée installée contre son mur nord la chauffe et une croisée à l'ouest lui apporte de la lumière. Elle ne communique pas avec les quatre pièces suivantes qui se trouvent en enfilade. Pour ces dernières pièces, on peut imaginer deux hypothèses. La première hypothèse propose de voir deux petits appartements, ayant chacun une porte qui ouvre sur le couloir. Ainsi deux chambres de plan carré, chauffées et éclairées auraient disposé chacune d'une pièce de plan triangulaire faisant office de garde-robe. La garde-robe septentrionale aurait communiqué avec la tour Garçonnet. Mais, comme nous l'avons démontré, la représentation de cette dernière est erronée et les relevés de Gabriel Ruprich-Robert, qui constituent une source plus fiable, bien que tardive, ne présentent aucune communication. La seconde hypothèse, qui nous semble la plus probable, propose que des cuisines prennent place à ce niveau. Le couloir qui les dessert est à rapprocher de celui des offices du logis des Sept Vertus ou encore de celui du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins ; et l'existence d'un puits visible sur le plan de1708, dans la cour, à quelques mètres en face du logis, est ainsi justifiée.

    On peut supposer que Jacques Androuet du Cerceau présente le premier étage sur son « Plan » gravé. La succession des pièces pourrait correspondre avec celle d'un logis, composé en partant de la tour Garçonnet d'une grande chambre chauffée d'une cheminée et communiquant avec une chambre, également chauffée et enfin d'une garde-robe. Celle-ci communique avec la dernière pièce occidentale du logis dit de Louis XI, celle qui nous semble être la garde-robe de ce dernier logis. La grande chambre communique avec la tour Garçonnet, mais nous avons signalé les erreurs propres à sa représentation.

    Sur les « Vues » en élévation, nous nous trouvons confrontés au même problème que pour les logis du Fossé : la déformation liée à la perspective est trop importante pour que l'on puisse se faire une idée fiable du profil du bâtiment. Il semble toutefois se composer de trois niveaux : rez-de-chaussée, 1er étage et galetas éclairés des deux côtés par des lucarnes. Sur la « Vue du costé de la rivière de Loire » on distingue au niveau du chemin de ronde de la tour Pleine un balcon qui longe le premier étage sur la moitié méridionale du logis.

    Aujourd'hui, il existe encore quelques ouvertures dans le rempart qui se seraient trouvées au niveau du sous-sol du logis (R-I), mais les vestiges sont trop maigres pour être interprétés. Cependant, Jean-Pierre Babelon écrit à propos des travaux de Louis XI : « C'est d'abord la « maison neufve », probablement celle qui se dressait à l'ouest, adossée à la tour Garçonnet et à la tour pleine [...] » qui fut bâtie. L'auteur considère qu'il s'agit du logis dans lequel « dès le 5 mai 1465, les habitants d'Amboise peuvent s'y rassembler, « en la sale du moyen estage », pour se concerter sur la garde du château ». Ce document ne semble pas pour autant identifier formellement ce bâtiment . Il est plus probant de considérer que la salle aurait pris place au premier étage du logis sud, dit logis de Louis XI, et que le logis ouest accueillait des cuisines au rez-de-chaussée et peut-être des logements au-dessus.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655. Procès-verbaux des réparations à effectuer au château d'Amboise. Entre 1624 et 1631, folios papier.

Documents figurés
  • Vue cavalière du château du côté de la Loire/par Jacques Androuet du Cerceau, en 1579. (Bibliothèque nationale de France, département des estampes, Va 37 Tome 1. H 125704).

  • Vue cavalière du château d'Amboise du côté de la ville. Dessin de Jacques Androuet du Cerceau de 1579. (B.n.f., département des estampes, Va 37 Tome 1. H 125705).

  • Plan du château d'Amboise/Jacques Androuet du Cerceau, en 1579. (Bibliothèque nationale de France, département des estampes, Va 37 Tome 1. H 125703).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Passage d'entrée, premiers offices du logis des Sept Vertus, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Deuxième étage du Logis des Sept Vertus, premier étage du logis dit de Louis XI, rez-de-chaussée bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. 2e étage dans le comble du logis des Sept Vertus, 1er étage du logis Louis XI, rez-de-chaussée du logis Charles VIII, rez-de-chaussée du logis Charles VIII-François Ier et fondations du logis Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, rez-de-chaussée du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, Deuxième étage du bâtiment sur Loire, deuxième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et rez-de-chaussée du logis d'Henri II. (Archives Nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, deuxième étage du bâtiment sur Loire, troisième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et grenier du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Vüe du château royal d'Amboise ; Autre vüe du château royal d'Amboise du côté des champs ; Troisième vüe de l'intérieur de la cour du château/ Jacques Rigaud. Dessins préparatoires à la plume et lavis à l'encre de Chine, début du XVIIIe siècle. (Bibliothèque nationale de France, est, RES Ve26 (k), n°138, Mfilm A31633).

  • Plan du château d'Amboise, Le château d'Amboise, du costé de la rivière, L'élévation du chasteau d'Amboise du costé de la ville. Dessins de Jacques Androuet du Cerceau, vers 1579. (Londres, British Museum : Cote U 854-857).

Bibliographie
  • BABELON, Jean-Pierre. Le château d'Amboise. Arles : Actes Sud, 2004, 184 p.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie