Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Lycée Augustin-Thierry, dit Cité scolaire Augustin-Thierry

Dossier IA41000747 inclus dans Secteurs urbains de la Reconstruction de Blois réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

I ) Installation du collège dans les anciens bâtiments de l'hôpital psychiatrique.

Le collège Augustin-Thierry en ruine, le long de la rue de Bourg-Moyen, été 1940. (Archives Départementales de Loir-et-Cher, Blois, Fonds Lunais-Bruère, 105 Fi 453).Le collège Augustin-Thierry en ruine, le long de la rue de Bourg-Moyen, été 1940. (Archives Départementales de Loir-et-Cher, Blois, Fonds Lunais-Bruère, 105 Fi 453).Le collège Augustin-Thierry, installé en 1808 dans les bâtiments de l'ancienne abbaye de Bourgmoyen, en bord de Loire, fut détruit dans les bombardements de juin 1940 et les incendies qui s'ensuivirent. Dans son plan de reconstruction validé en 1942, Charles Nicod proposa de déplacer le collège au nord de la ville, dans une zone périurbaine occupée jusqu'alors par l'asile d'aliénés : un vaste complexe comprenant hôpital psychiatrique, établissement religieux et ferme départementale. L'établissement scolaire perdrait sa centralité mais serait de cette manière implanté sur un terrain plus vaste permettant de remédier à l'insuffisance des locaux d'avant-guerre. On projeta d'ailleurs d'installer des équipements sportifs dans ses abords immédiats. Imaginé dans un premier temps au sud du chemin vicinal n°5, actuelle rue Honoré-de-Balzac, le projet de lycée se fixa finalement sur la parcelle de l'hôpital psychiatrique et la villa Lunier. Bâtiment de l'ancien prieuré Saint-Lazare, en partie repris dans la construction d'une villa en 1834 et agrémenté alors d'un vaste parc aux essences rares, la villa était devenu hôpital psychiatrique en 1858 sous la direction du docteur Lunier et avait alors été agrandie par une seconde aile.

Sous l'Occupation, ce bâtiment fut réquisitionné par les Allemands. Ce n'est donc qu'à la rentrée scolaire 1945, que le collège s'y installa. De petits aménagements furent alors confiés à l'architecte Henri Jannin par délibération du conseil municipal du 9 octobre 1946.

1) Premiers aménagements par Henri Jannin.

Dès 1947, les travaux d'une première tranche furent lancés. Ils consistèrent essentiellement en l'aménagement et la réfection des locaux existants : remise en état des cours de récréation et construction de préaux, installation de WC, réfection du bâtiment des douches et aménagement du pavillon des Tilleuls devant abriter l'école d'agriculture d'hiver. De plus, un bâtiment à usage de cuisine-réfectoire fut construit, en rez-de-chaussée, entre les deux ailes de la villa Lunier.

Les travaux d'une seconde tranche, prévue dès 1947, furent engagés au début des années cinquante. Ils consistèrent en l'agrandissement du bâtiment des Tilleuls, la construction de classes et de dortoirs supplémentaires portant la capacité de l'établissement à 500 élèves, et la construction d'un nouveau bâtiment d'enseignement sur les plans d'Henri Jannin. Ce bâtiment, dit bâtiment O, est une barre ouverte sur ses longues façades au nord et au sud. Il comprend deux étages carrés sur un sous-sol et un rez-de-chaussée surélevé. Il est construit en pierre de taille sur sa façade principale et en maçonnerie masquée sous un enduit sur l'arrière, et est couvert d'un toit à deux pans et à croupes en ardoise. Par ses matériaux et ses proportions, il ne diffère donc pas des immeubles reconstruits dans le centre de la ville basse de Blois. Ses seules spécificités tiennent à son programme, auquel sa distribution intérieure et ses ouvertures répondent sommairement. Le bâtiment, semi-double en profondeur, est distribué par deux escaliers éclairés par de longues baies verticales et par des couloirs donnant sur la façade nord. Les salles de classes sont elles largement ouvertes au sud.

Vue aérienne de la première étape de l'installation du Collège sur les terrains de l'hôpital psychiatrique. (Collection particulière, B. Guignard).Vue aérienne de la première étape de l'installation du Collège sur les terrains de l'hôpital psychiatrique. (Collection particulière, B. Guignard).

2) Projet de lycée.

Dès le début des années cinquante, un agrandissement du lycée général et l'intégration d'un enseignement technique étaient dans les esprits. Dans un avant-projet de février 1952, Henri Jannin avait imaginé ces développements. Son projet prévoyait la construction de trois autres bâtiments d'enseignement de gabarit semblable à celui du bâtiment O : un pour le second cycle, un pour l'enseignement des sciences, et un pavillon technique. Ces bâtiments n'étaient plus solidaires de la villa Lunier, puisqu'il s'agissait de barres isolées. Néanmoins, leur gabarit était à l'échelle du bâtiment historique et leur implantation était ordonnée par le même type de composition classique, symétrique. Henri Jannin proposait en effet de les disposer à l'est de la parcelle de manière à former un rectangle autour d'une zone de parc, rectangle de même gabarit que la villa Lunier agrandie. Au nord de cet ensemble, le long des voies de chemin de fer, un bâtiment plus vaste était envisagé pour abriter des ateliers. Enfin, tout à fait à l'est, était prévu un plateau sportif important, commun à différents établissements, et comprenant terrain de football, piscine et gymnase.

II ) Les agrandissements du lycée, 1957-76.

Ce fut finalement André Aubert, architecte en chef des Bâtiments civils et palais nationaux, et ancien architecte en chef de la reconstruction de Blois qui fut nommé en février 1957, pour mener l'agrandissement de l'établissement à une capacité de 1000 élèves. Le programme pédagogique de cette opération, validé en mai 1958, intégra l'installation d'un collège technique à proximité. Il fut prévu d'aménager les locaux anciens pour les services administratifs, l'infirmerie, les réfectoires et quelques logements et de construire un gymnase, des bâtiments d'externat pour les classes du second cycle et d'internat pour 300 internes.

Après des travaux préparatoires menés par Aubert et Jannin, l'avant-projet de lycée fut adopté le 30 janvier 1959. Les bâtiments prévus étaient d'une conception nouvelle par rapport au bâtiment O. Le projet optait pour la construction de deux bâtiments, d'externat et d'internat, en R+3 et à double orientation est-ouest. Cette disposition, en permettant de distribuer les dortoirs ou les salles de classe de part et d'autre d'un dégagement unique, se révélait moins onéreuse et était conforme aux schémas de plans types proposés par le ministère de l'éducation nationale. L'implantation proposée pour ces barres rompait également avec la composition symétrique et formant cours de la villa Lunier dont la reprise avait été suggérée par Jannin en 1952. Les deux bâtiments devaient en effet s'ouvrir dans le prolongement des lignes du bâtiment O : aligné avec sa façade nord pour l'externat, et avec sa façade ouest pour l'internat. On passa en quelques sortes d'une composition à partir de perspectives au sol à une composition du plan-masse vue du ciel. Cette implantation fut pensée pour concentrer les constructions nouvelles dans la partie nord-est de la parcelle et d'ainsi préserver le parc qui en recouvre la zone sud. L'intérêt de ce plan résidait enfin dans son adaptabilité puisqu'il prévoyait l'extension de l'internat.

La mise en œuvre de ce plan se déroula en quatre tranches qui se succédèrent entre 1960 et 1976, période au cours de laquelle il subit d'importantes inflexions.

Chronologie de la construction de la Cité scolaire Augustin-Thierry.Chronologie de la construction de la Cité scolaire Augustin-Thierry.

1) Première tranche (1960-63) : un nouveau bâtiment d'internat.

Bâtiment N, façade ouest, 1964. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).Bâtiment N, façade ouest, 1964. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).La première tranche de travaux fut consacrée à la construction, entre 1960 et 1963, d'un bâtiment d'internat, appelé bâtiment N. Le projet de mai 1960, d'Aubert assisté de Jannin, consistait en un assemblage de volumes géométriques : un parallélépipède de trois niveaux posé sur un autre de surface moindre. Il fut rapidement construit entre la fin de l'année 1960 et le début de l'année 1963, en dépit du retard que prirent les travaux au stade des fondations qui nécessitèrent le forage de puits à 20 mètres de profondeur. Ce bâtiment inaugura formellement une série de bâtiments conçus par André Aubert dans les années soixante et soixante-dix pour ce lycée.

Il se distingue radicalement du bâtiment O par son système constructif. Le mode de construction adopté, fondations en béton en puits et ossature et plancher en béton armé, libère les murs est et ouest de la fonction porteuse au profit de murs rideaux : entre les poteaux des façades, s'emboîtent de simples éléments préfabriqués de menuiserie en profilé métallique.

Il se distingue également du bâtiment O par son économie pensée pour en faciliter les usages. Avec ses façades principales orientées à l'est et à l'ouest, le bâtiment bénéficie d'un bon éclairement tout au long de la journée. Distribué par deux escaliers et des couloirs centraux, les deux fonctions principales d'un internat y sont distinctement réparties. Le rez-de-chaussée est composé de salles d'étude et d'une grande salle de foyer, tandis que les trois niveaux d'étages supérieurs, sont dévolus au couchage. Ces derniers sont tous conçus sur le même plan : 12 boxs de 8 lits constituent l'essentiel de chaque plateau, complétés au nord et au sud par des espaces de douche, de toilette et de cordonnerie. Un appartement de fonction et des chambres de surveillants d'internat s'ouvrent enfin sur la façade sud. Les matériaux de surface contribuent également à l'économie et la facilité d'usage de ce bâtiment : grès cérame 5 x 5, linoleum dans les dortoirs, granito dans les escaliers, carreaux d'asphalte dans les préaux, parquet collé dans la salle à manger et la chambre principale de l'appartement.

Dans le cadre du 1%, des travaux des décorations furent effectués par Jean Touret. L'artiste livra en 1963 un décor sur le thème des cavaliers constitué de deux panneaux de bois sculptés mesurant chacun 1,5 mètres par 5,5 mètres environ, qui furent placés dans le foyer de l'internat.

Foyer du rez-de-chaussée de l'internat N, avec sur le mur du fond le décor en bas-relief de Touret, 1964. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).Foyer du rez-de-chaussée de l'internat N, avec sur le mur du fond le décor en bas-relief de Touret, 1964. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).

Au cours de cette première tranche on aménagea en 1961-1962 une porte donnant accès aux élèves depuis la rue des Lions, actuelle rue Honoré-de-Balzac, rendant l'établissement plus accessible depuis les quartiers résidentiels qui depuis le début des années cinquante, avec l'ouverture de l'avenue du Général-Leclerc, avaient connu une grande expansion dans cette zone.

2) Deuxième tranche (1963-66) : l'intégration du groupe technique de garçons.

Le calendrier des travaux arrêté en 1959 avait prévu qu'une deuxième tranche de travaux serait consacrée à la construction d'une cuisine-réfectoire, mais ce projet évolua avec l'intégration au programme d'un groupe d'enseignement technique de garçons. En effet, le terrain affecté initialement à cette dernière opération, situé à l'est de celui du lycée Augustin-Thierry, fut jugé d'une superficie insuffisante au regard d'un programme comprenant des salles d'enseignement, des ateliers, un internat pour 500 internes, une cuisine-réfectoire, des bâtiments administratifs, des appartements de service et des équipement d'éducation physique (gymnase, plateaux d'éducation physique, piscine couverte...). Il fut donc décidé en avril 1962 qu'une partie du parc du lycée Augustin-Thierry serait utilisé pour l'installation du groupe technique à la condition que les dispositions du projet architectural tiennent compte de l'intérêt du site, en particulier de ses très beaux arbres. Le terrain prévu initialement était réservé à l'ensemble des installations de l'externat du groupe technique tandis que les deux établissements mutualisaient leurs équipements - internat, cuisine-réfectoire, gymnase et installations sportives - et les construisaient dans la partie est du parc du lycée Augustin-Thierry, pour les rendre accessibles à l'ensemble des élèves.Le bâtiment M, vu depuis le sud, avec sur la gauche, façade du bâtiment I, vers la fin des années soixante. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).Le bâtiment M, vu depuis le sud, avec sur la gauche, façade du bâtiment I, vers la fin des années soixante. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21).

C'est dans cette nouvelle perspective que commença la deuxième tranche. Elle fut consacrée à la construction des ateliers (bâtiment A), des classes d'enseignement (bâtiment B), du second internat (bâtiment M), de la chaufferie générale (bâtiment G) et de la cuisine-réfectoire (bâtiment I).

Avant-projet et plans d'exécution furent établis par André Aubert, secondé à partir de cette étape par Pierre Large, dans la deuxième partie de l'année 1962. Le cahier des charges fixa des délais d'exécution très courts de six à neuf mois. Les ateliers, la chaufferie et la cuisine-réfectoire devaient être achevés pour fin novembre 1963, l'internat fin février 1964. Cependant la réception provisoire ne fut organisée que le 23 octobre 1964 et la réception définitive, le 23 mars 1966. L'entreprise pilote de l'opération fut l'entreprise orléanaise Pailler-Zonca.

3) Troisième tranche (1966-73) : l'établissement devient polyvalent.

Entre 1965 et 1966, un nouveau plan masse fut établi pour la réalisation de la troisième tranche de travaux du lycée pour l'adapter à son nouveau statut de « lycée polyvalent classique, moderne et technique et de garçons » de Blois. Une certaine continuité fut cependant assurée par la permanence de l'équipe d'architectes, André Aubert et Pierre Large. Leur projet, visait à rassembler les élèves des différentes sections plutôt qu'à les distinguer, le lycée étant devenu "polyvalent". La conception du plan procéda donc par agrégation de grandes fonctions : enseignement général et scientifique, enseignement technique, sport, internat. On rassembla les deux bâtiments d'internat restant à construire en un seul : le bâtiment J. On regroupa les activités susceptibles d'être bruyantes - ateliers et terrains de sport - sur la parcelle initialement dévolue au groupe technique. Corollaire de ce rassemblement fonctionnel, les circulations et l'accès aux bâtiments devaient être facilités : la création d'un ensemble de galeries et de patios donnant sur l'avenue de Châteaudun fut proposée pour relier les nouveaux bâtiments d'enseignement, d'internat, d'administration et de logements de fonction, de même que la construction d'un passage souterrain entre les deux parcelles séparées par la rue Honoré-de-Balzac. La grande nouveauté de ce plan résidait aussi dans la décision de démolir les bâtiments anciens, jugés vétustes et inadaptés, décision qui permit de repenser le plan du lycée dans son ensemble.

Les plans d'exécution de la troisième tranche furent établis en mars 1968 et les travaux commencèrent à la fin du mois de novembre de la même année. La destruction des bâtiments anciens et la reconstruction en conséquence d'un bâtiment d'administration ainsi que la construction d'un nouveau bâtiment d'internat furent ajournées à une quatrième et une cinquième tranche. La troisième tranche vit donc l'édification d'un gymnase et d'une piscine (bâtiment K), d'un bâtiment d'enseignement général (bâtiment D), d'un bâtiment d'enseignement scientifique (bâtiment E), d'un passage souterrain. A la rentrée 1970, la piscine et le gymnase (K), ainsi que le bâtiment scientifique (E) et les terrains de sport entrèrent en fonction. Mais la réception provisoire de l'ensemble n'eut lieu qu'en 1971 et la réception définitive les 3 février 1972 et 26 mars 1973.

4) Quatrième tranche (1967-1976) : le nouvel internat.

Le patio vu depuis le sud. Sur la droite, le bâtiment E et au fond la villa Lunier.Le patio vu depuis le sud. Sur la droite, le bâtiment E et au fond la villa Lunier.Dans la première moitié des années soixante-dix, une quatrième tranche de travaux fut consacrée à la construction d'un nouvel internat, dit bâtiment J, ajournée lors de la troisième tranche. Il fut lui aussi conçu par André Aubert et Pierre Large mais se distingua résolument des bâtiments construits dans des tranches antérieures. De forme carrée avec un patio central, il ne comporte que deux étages et ses façades à la différence de celles des bâtiments D et E largement ouvertes sur l'extérieur, ne comportent, sur chaque côté, que sept travées de baies, reliées entre elles par d'étroites baies en bandeaux. Le bâtiment fut construit à l'emplacement de ceux qui avaient été édifiés dans la phase de reconstruction et qui furent par conséquent détruits. Le début des démolitions fut prévu en août 1971 et les réceptions provisoires puis définitives des travaux n'eurent respectivement lieu qu'en novembre 1975 et décembre 1976.

Cette quatrième tranche devait à l'origine être suivie par une cinquième consacrée à la démolition des bâtiments anciens et la construction d'un bâtiment d'administration et de logement à l'entrée du lycée boulevard de Châteaudun. Cette cinquième tranche ne fut jamais menée.

Appellations cité scolaire Augustin-Thierry
Parties constituantes non étudiées collège, lycée, école professionnelle, pensionnat, préau, gymnase, piscine, stade
Dénominations lycée
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction
Adresse Commune : Blois
Lieu-dit : rive droite
Adresse : 13 avenue de Châteaudun
Cadastre : 2011 AS 222, 223 ; 2011 CT 368

Le collège Augustin-Thierry, installé en 1808 dans les bâtiments de l'ancienne abbaye de Bourgmoyen, en bord de Loire, fut détruit dans les bombardements de juin 1940 et les incendies qui s'ensuivirent. Dans son plan de reconstruction validé en 1942, Charles Nicod proposa de déplacer le collège au nord de la ville dans le quartier de compensation de l'hôpital psychiatrique, sur une parcelle plus vaste afin de remédier à l'insuffisance des locaux d'avant-guerre. Le bâtiment de l'asile d'aliénés, appelé "villa Lunier", fut évacué en 1940 puis occupé par les Allemands. L'installation fut donc repoussée pendant la durée du conflit, et le collège s'installa dans une partie de l’École Primaire Supérieure de Jeunes Filles et partagea à mi-temps les locaux des cours professionnels. Après la Libération, le collège s'installa dès la rentrée 1945 dans la villa Lunier. Bâtiment de l'ancien prieuré Saint-Lazare, en partie repris dans la construction d'une villa en 1834, agrémenté alors d'un vaste parc aux essences rares, la villa était devenue hôpital psychiatrique en 1858 sous la direction du docteur Lunier et avait alors été agrandie par une seconde aile. Le choix de ce nouveau site fut conforté par le changement de dimension qu'opéra le collège. Dans la perspective de l'ouverture d'une université à Blois, annoncée dès 1945 par Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, on développa l'enseignement secondaire à Blois : le collège fut transformé en lycée en 1946. La vaste parcelle arborée de l'hôpital psychiatrique offrait des possibilités d'extension ainsi qu'un cadre aéré et ensoleillé aux jeunes lycéens. L'établissement occupa tout d'abord les bâtiments de l'ancien hôpital psychiatrique : villa Lunier et pavillon des Tilleuls. Des travaux furent menés pour l'installation du lycée sous la direction de l'architecte Henri Jannin avec des dommages de guerre et des crédits mis à disposition par l'éducation nationale. Les premiers travaux étant limités à l'adaptation de bâtiments existants et à la construction d'un externat, le reliquat de la créance d'indemnité de dommages de guerre du collège fut utilisé par la ville pour la reconstruction de l'école de filles Victor-Hugo. L'implantation du lycée constitua un facteur d'attractivité dans une zone encore périurbaine sur laquelle furent engagés, dès l'après-guerre, de vastes chantiers de construction de logements. Dans les vingt années qui suivirent, l'agrandissement de l'établissement continua. En quatre tranches de travaux, menées entre 1960 et 1976, et parallèlement à l'intégration progressive d'un programme d'enseignement technique, l'établissement se dota de trois bâtiments d'internat, de trois bâtiments d'enseignement (général, scientifique et technique), d'un nouveau bâtiment à usage de cuisine-réfectoire et d'un ambitieux équipement sportif (un gymnase, une piscine couverte). André Aubert, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux et ancien architecte en chef de la reconstruction de Blois, fut nommé dès 1957 pour superviser ces travaux d'agrandissement et les suivit jusqu'à leur aboutissement, secondé par Pierre Large à partir de 1962, assurant la cohérence du projet. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'un des bâtiments conçus au moment de la reconstruction : le bâtiment O. Par ailleurs, certains bâtiments ont été réhabilités ces dernières années : le bâtiment I, cuisine-réfectoire, a été agrandi en 1999 pour accueillir les services de l'intendance, des salles de réunion et un gymnase ; les ateliers ont été réhabilités, cloisonnés, et agrandis en 2009. Une maison des lycéens a été construite en 2005. Les autres bâtiments subsistant sont assez peu modifiés, à l'exception de quelques huisseries comme celles du bâtiment O et de quelques aménagements intérieurs. Enfin la destruction de trois bâtiments est prévue : le bâtiment N, la piscine et le gymnase, actuellement en grande partie désaffectés.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle
Dates 1834, daté par source
1947, daté par source
Auteur(s) Auteur : Jannin Henri, architecte, attribution par source
Auteur : Aubert André,
André Aubert (1905 - 1987)

Né à Montrouge en 1905, André Aubert étudia à l'école des beaux-arts dans les ateliers d'André puis de Pontremoli. Il fut diplômé et obtint le Second prix de Rome en 1932.

Dès 1934, il remporta avec Viard, Dondel et Dastugue le concours pour le palais du Musée d'Art moderne de la ville de Paris construit dans le contexte de l'exposition internationale des arts et techniques de 1937.

Lauréat en 1935 du concours des Bâtiments civils et Palais nationaux, il travailla par la suite à ce titre pour les ministères de l'éducation nationale d'une part et des postes et télécommunications d'autre part. Il construisit notamment le groupe scolaire de Blagis à Sceaux-Bagneux en collaboration avec Paul Herbé et Jean Le Couteur pour lequel ils reçurent l'équerre d'argent en 1962.

Il construisit également des bâtiments très variés pour des maîtres d'ouvrages privés. Il garda tout au long de sa carrière une activité de construction d'immeubles à Paris : on retient par exemple dans l'ordre : l'immeuble aux lignes classiques et épurées du 7, boulevard Emile-Augier, dans le 16e arrondissement (1950-1953), Le Panoramique, situé au 102-118 quai Louis-Blériot, (1952-1955), l'immeuble HLM du 11, rue des roses, dans le 18e arrondissement construit pour l'Habitat Communautaire (1960), ou encore l'immeuble 29-35, rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement (1967). Il travailla par ailleurs pour des entreprises. La critique a particulièrement salué les sièges sociaux de Saint-Gobain à Neuilly (1962) et de la SOPAD à Courbevoie (1965).

Sa carrière est entrecoupée d'interventions à Blois, avant, pendant et après sa reconstruction. En 1937, il remporta le concours pour la construction de l'hôtel de ville de Blois, en association avec MM. Pronier et Saubot, mais leur projet ne put finalement être réalisé avant que la guerre n'éclate. Dès septembre 1940, il proposa à la ville de Blois un projet de "restauration des quartiers sinistrés" auquel la ville ne donna pas suite. Cependant, il fut chargé en 1942 d'établir une étude spéciale d'architecture pour l'aménagement futur de la place Louis-XII. A la Libération, il fut nommé architecte en chef de la reconstruction de Blois et de Vendôme par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il prit la suite de Charles Nicod, qui y avait été nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, et qui fut chargé à cette date des plans d'urbanisme de Toulouse et de Bayonne. Dans ce contexte, il conçut en outre l'école primaire Victor-Hugo de la rue d'Angleterre et l'école maternelle voisine de la rue des Remparts. Après la Reconstruction, son activité constructive se poursuivit à Blois avec la conception de la piscine du quai Saint-Jean, en collaboration avec Lucien Joubert vers 1960, et celle du lycée Augustin-Thierry, entre les années cinquante et soixante-dix. De plus, il y demeura présent du fait de sa nouvelle responsabilité, à partir de 1962, d'architecte conseil du Loir-et-Cher pour le Ministère de la Construction. Il travailla à l'élaboration du plan du secteur sauvegardé de la ville dès la fin des années soixante. Il proposa en 1971 un projet pour un Centre d'action culturelle, qui ne fut finalement pas construit. Il fut également de nouveau sollicité pour l'aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière dans les années soixante-dix.

En fin de carrière il s'associa avec son fils Marc Aubert avec lequel il construisit notamment le palais des congrès d'Antibes, détruit en 2011.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source
Auteur : Large Pierre, architecte, attribution par source

La cité scolaire Augustin-Thierry est implantée dans la ville haute sur deux parcelles voisines. La plus vaste, accessible depuis le boulevard de Châteaudun et la rue Honoré-de-Balzac, compte la plus grande partie des bâtiments d'enseignement, ainsi que l'administration de l'établissement, dans un parc arboré riche d'essences variées et de spécimens anciens. La seconde parcelle située face à la première de l'autre côté de la rue Honoré-de-Balzac, est de taille plus réduite. Les grands ateliers, le gymnase, la piscine et les terrains de sport l'occupent de manière beaucoup plus dense. Un passage souterrain ménagé sous la rue de Honoré-de-Balzac permet de passer d'une partie à l'autre sans sortir de l'établissement. Les différentes fonctions - enseignement, équipement sportif, administration, restauration et logement ... - sont distribuées dans une vingtaine de bâtiments isolés, répartis sur les parcelles dans une logique de rassemblement fonctionnel. Les édifices devant servir à l'ensemble des élèves notamment - cantine, gymnase et maison des lycéens - ont une position centrale. Les bâtiments anciens, en brique et pierre, se distinguent nettement des bâtiments construits depuis les années soixante. Ceux-ci sont des volumes parallélépipédiques, construits en béton armé, enduit et peint en blanc ou revêtu de petits carreaux de grès cérame, et sont largement ouverts sur l'extérieur. Le bâtiment O, le seul que l'on garde de la période de la Reconstruction, est unique en son genre, son apparence extérieure ayant été conçue pour s'intégrer au milieu de bâtiments plus anciens (pierre en façade, toit à longs pans couvert en ardoise). Les vastes espaces plantés préservés de toute construction tout comme les allées végétales, contribuent à souligner des points de vue sur le parc et à créer un environnement d'une grande qualité.

Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • André Aubert (1905-1987)

    Né à Montrouge en 1905, André Aubert étudia à l'école des beaux-arts dans les ateliers d'André puis de Pontremoli. Il fut diplômé et obtint le Second prix de Rome en 1932.

    Dès 1934, il remporta avec Viard, Dondel et Dastugue le concours pour le palais du Musée d'Art moderne de la ville de Paris construit dans le contexte de l'exposition internationale des arts et techniques de 1937.

    Lauréat en 1935 du concours des Bâtiments civils et Palais nationaux, il travailla par la suite à ce titre pour les ministères de l'éducation nationale d'une part et des postes et télécommunications d'autre part. Il construisit notamment le groupe scolaire de Blagis à Sceaux-Bagneux en collaboration avec Paul Herbé et Jean Le Couteur pour lequel ils reçurent l'équerre d'argent en 1962.

    Il construisit également des bâtiments très variés pour des maîtres d'ouvrages privés. Il garda tout au long de sa carrière une activité de construction d'immeubles à Paris : on retient par exemple dans l'ordre : l'immeuble aux lignes classiques et épurées du 7, boulevard Emile-Augier, dans le 16e arrondissement (1950-1953), Le Panoramique, situé au 102-118 quai Louis-Blériot, (1952-1955), l'immeuble HLM du 11, rue des roses, dans le 18e arrondissement construit pour l'Habitat Communautaire (1960), ou encore l'immeuble 29-35, rue du Docteur-Blanche, dans le 16e arrondissement (1967). Il travailla par ailleurs pour des entreprises. La critique a particulièrement salué les sièges sociaux de Saint-Gobain à Neuilly (1962) et de la SOPAD à Courbevoie (1965).

    Sa carrière est entrecoupée d'interventions à Blois, avant, pendant et après sa reconstruction. En 1937, il remporta le concours pour la construction de l'hôtel de ville de Blois, en association avec MM. Pronier et Saubot, mais leur projet ne put finalement être réalisé avant que la guerre n'éclate. Dès septembre 1940, il proposa à la ville de Blois un projet de "restauration des quartiers sinistrés" auquel la ville ne donna pas suite. Cependant, il fut chargé en 1942 d'établir une étude spéciale d'architecture pour l'aménagement futur de la place Louis-XII. A la Libération, il fut nommé architecte en chef de la reconstruction de Blois et de Vendôme par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il prit la suite de Charles Nicod, qui y avait été nommé par le Commissariat à la Reconstruction Immobilière en mars 1941, et qui fut chargé à cette date des plans d'urbanisme de Toulouse et de Bayonne. Dans ce contexte, il conçut en outre l'école primaire Victor-Hugo de la rue d'Angleterre et l'école maternelle voisine de la rue des Remparts. Après la Reconstruction, son activité constructive se poursuivit à Blois avec la conception de la piscine du quai Saint-Jean, en collaboration avec Lucien Joubert vers 1960, et celle du lycée Augustin-Thierry, entre les années cinquante et soixante-dix. De plus, il y demeura présent du fait de sa nouvelle responsabilité, à partir de 1962, d'architecte conseil du Loir-et-Cher pour le Ministère de la Construction. Il travailla à l'élaboration du plan du secteur sauvegardé de la ville dès la fin des années soixante. Il proposa en 1971 un projet pour un Centre d'action culturelle, qui ne fut finalement pas construit. Il fut également de nouveau sollicité pour l'aménagement de la place Valin-de-la-Vaissière dans les années soixante-dix.

    En fin de carrière il s'associa avec son fils Marc Aubert avec lequel il construisit notamment le palais des congrès d'Antibes, détruit en 2011.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loir-et-Cher. Série J : fonds 1 J 1. fonds Jarrigeon. La rentrée scolaire dans les établissements secondaires de la ville. La Nouvelle République. 2 octobre 1947.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 44. Blois, Reconstruction, travaux : correspondance, photographies et plans. 1946-59.

  • AD Loir-et-Cher. Série W : 1195 W 45. Blois, remembrement, dossier technique et administratif. 1941-56.

  • AD Loir-et-Cher. Série RV : RV 3189. Reconstruction, aménagement de la ville de Blois. 1946-50.

  • AD Loir-et-Cher. Série RV : RV 3190. Blois, groupe scolaire Victor-Hugo.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 2/26. Reconstruction, programme prioritaire départemental. 1947-50.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 7/10. Reconstruction de Blois, Affaires diverses. 1945-48.

  • AD Loir-et-Cher. Série continue : 93/30. Reconstruction. Plan d'Aménagement et de Reconstruction, Blois. 1941-54.

  • Archives d'Architecture du XXe siècle. Fonds Aubert, 72 IFA : boîtes n° 10, 24, 34, 36, 40, 48, 52, 53, 57, 72, 73, 77, 84, 89, 101, 118, 119, 121, 125, 142 et boîtes à rouleaux n° 316 à 320. Lycée Augustin-Thierry, Blois, 1960-77.

Documents figurés
  • photog n. et b. Par Guillat (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100363NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100344NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100345NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100346NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100347NUC2AB).

  • photog n. et b. Auteur inconnu. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100359NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Guillat (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100362NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Doré, Jean-François (photographe). (Collection particulière). (cf. illustration n° IVR24_20124100303NUC2AB).

  • Photographie en n. et b. par Guillat (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21)

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100348NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100349NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100350NUC2AB).

  • carte postale, éditeur Ray-Delvert. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100290NUC2AB).

  • photog n. et b. Auteur inconnu. (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100360NUC2AB).

  • carte postale, éditeur Ray-Delvert. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100291NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100351NUC2AB).

  • carte postale, éditeur Coutanceau. Auteur inconnu. (Collection particulière, B. Guignard). (cf. illustration n° IVR24_20124100276NUC2AB).

  • photog. n et b., 16 x 11 cm. Par Lecomte, Charles (photographe). (Archives Départementales de Loir-et-Cher, Blois, Fonds Lunais-Bruère, 105 Fi 453). (cf. illustration n° IVR24_20124100038NUC1).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100358NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100357NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100356NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100355NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100354NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100353NUC2AB).

  • photog n. et b. Par Biaugeaud, Jean (photographe). (Archives municipales de Blois, 13 Z 21). (cf. illustration n° IVR24_20114100352NUC2AB).

Bibliographie
  • DENIS, Yves. Du collège royal au lycée Augustin-Thierry. Blois, 1986.

  • MARTIN-DEMEZIL, Jean. Arts et Lettres. Le Jardin de la France. n° 305-306-307, Juillet-septembre 1945.

    p. 2

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - De Decker Aurélie