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Mairie (détruite, 2 Place du Général Saint-Pol)

Dossier IA28000308 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

Appellations Tenue vostrecourt, Enseigne de Saint-Esprit, Hôtel de ville, Mairie
Dénominations mairie, hôtel de ville
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 2 place Général Saint-Pol
Cadastre : 1990 CE 61

La mairie de Nogent-le-Rotrou est installée dans une maison située sur la place Saint-Paul,entre la rue Rémi Belleau et la rue Massiot. Détruite en 1862, elle n’a été l’objet que de rares attentions de la part des historiens locaux. L’édifice aurait eu pour particularité d’être construit sur une salle voûtée du 14e siècle.

La tenue du Saint-Esprit est attestée dès 1648, le statut de son propriétaire, prévôt du Perche, son emplacement, place du marché, et la présence d’un logis situé entre une cour avec écurie et jardin laissent à penser qu’il s’agit d’une demeure édilitaire.

La charge de maire est attestée à Nogent-le-Rotrou à partir de la fin du 17e siècle. Pierre Parceval est ainsi en 1693 le premier maire cité par les textes. Il obtient la perpétuité du titre en 1699.

La mairie de Nogent-le-Rotrou n’est fondée que 50 ans plus tard, sous le mandat de René Pesseau. Ainsi, en 1748, la communauté des habitants de Nogent-le-Rotrou achète une maison appelée la tenue du Saint-Esprit pour l’établissement perpétuel d’un hôtel de ville, d’un bureau général et de la recette des droits de tarif. Celle-ci est composée d’une petite cuisine basse, d’une grande voûte, d’une écurie, de chambres hautes, d’un cabinet, d’un grenier au-dessus, d’une cour antérieure, et d’un petit jardin arrière. En 1811, la mairie figure sur le cadastre ancien.

La construction de la nouvelle mairie en 1858 entraîne la désaffection puis la destruction de la maison et tenue du Saint-Esprit en 1862.

Il n’a pas été possible de dater l’édifice au vu de l’unique photographie de sa façade. On peut tout au plus avancer, avec beaucoup de prudence, une datation comprise entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle pour la salle couverte de voûtes d’ogives représentée par Hurvoy. Celle-ci comporte en effet des nervures pénétrant directement les colonnes octogonales sur lesquelles elles reposent.

Si l’on en croit les hypothèses formulées plus haut, la salle voûtée devait se trouver au premier niveau de l’édifice, elle était certainement semi-excavée. Ce qui, au vu de son décor, permet d’y restituer une salle basse excavée à vocation commerciale plutôt qu’une simple cave. L’emprise de l’ancienne mairie, comme la présence de cave à cellules au revers de cette dernière, invite à la restituer à la suite de la cave à cellule, comme c’est le cas au 3 ou au 11 rue du Paty. En l’absence de sondage dans la rue Massiot, cette hypothèse n’a pu être vérifiée.

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle
Principale : 2e moitié 17e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle , (détruit)

La tenue du Saint-Esprit est attestée dès 1648, le statut de son propriétaire, prévôt du Perche, son emplacement, place du marché, et la présence d’un logis situé entre une cour avec écurie et jardin laissent à penser qu’il s’agit d’une demeure édilitaire. Elle est dotée de deux niveaux d’élévation sous grenier composés de chambres basses communiquant certainement avec une cave, et de salles hautes.

La disposition de l’édifice semble similaire en 1748, le premier niveau étant certainement composé d’une petite cuisine basse et d’une salle voûtée tandis que le second niveau devait accueillir les chambres hautes et le cabinet. C’est probablement à l’étage que furent installés l’hôtel de ville, le bureau général et de la recette des droits de tarif.

En 1811, la mairie figure sur le cadastre ancien. Elle est implantée selon un plan en L entre une cour sur la place du marché et un jardin sur la place Saint-Hilaire.

Le procès-verbal de 1857 invite à situer au second niveau le cabinet, la bibliothèque et la salle de délibération. Cette dernière communiquait avec la cave ou salle voûtée, au premier niveau, grâce à un escalier situé dans un vaste local également voûté.

Une photographie éditée par Jules Renoult montre la façade sud de la Mairie avant sa destruction. Celle-ci est composée d’un rez-de-chaussée doté de trois travées prenant place sous un toit à deux pans. La fenêtre centrale est surmontée par un fronton triangulaire dont le tympan est occupé par une horloge. A droite, la façade possède une porte percée sous un arc plein-cintre menant à un niveau semi-excavé. Si l’on en croit la lithographie de Jubault, cet espace aurait été éclairé de petites fenêtres.

La cave de l’ancienne mairie a été représentée avant sa destruction par Mademoiselle Hurvoy. L’aquarelle montre un espace partagé en deux vaisseaux et trois travées, couvert par des voûtes d’ogives. Celles-ci reposent à la fois sur des consoles sculptées de visages/gueules et sur des colonnes (octogonales ?) dont elles pénètrent directement les supports.

Vestiges conservés : L’ancien emplacement de la mairie est à cheval entre un bâtiment situé au 2 rue Général Saint-Pol et la rue Massiot. Si le bâtiment susnommé comporte un niveau de cave composé de deux salles communicantes voûtées en berceau plein-cintre, celles-ci ne semblent pas correspondre à l’espace situé sous l’ancienne mairie. Ledit emplacement ne conserve aucun vestige ancien. Les égouts de la rue Massiot permettent d’accéder à une cave à cellule en partie située sous et au revers de l’espace occupé par l’ancienne mairie. Son unique vaisseau est tronqué en direction de la place Saint-Pol.

Annexes

  • Aveu de 1648 (Archives nationales), Acquêt de l'Hôtel de ville de 1748 (Archives municipales), Procès-verbal de 1857 (Archives départementales)

    AN, série P : article P898. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol 9 v°.

    […] Item six deniers de cens au jour sainct denys sur la tenue nommee la voste court et depuys ou estoit lenseigne du sainct esprit assize audict nogent en ladicte rue et parroisse sainct hillaire qui antiannement appartenoit a me jacques pean et jehan guerrier et de present anoble me jehan bordel prevost de la mareschaussee du perche et sa seur veuve du sieur bordel ce concistant en une maison en pavillon composee de chambres basses et hautes greniers cave grenyers cave escuryes court devant jardin derriere sur la place du marché clos de murs joignant dune part par le devant a ladicte rue st hillaire, ayant sur icelle vingt neuf piedz de longueur dautre au derriere sur la place du marché ayant sur icelle quarante cinq piedz delongueur dun coste a la susdicte allee et a la tenue precedante et d’autre costé a la tenue cyapres et premiere declaree et a celles du pot de fert et bas dargent […]

    AM Nogent-le-Rotrou. 1 M 47 : Acquêt de l’hôtel de Ville (1748).

    […] Furent présente sieur Paul-François Foussard de Boisard, marchand tanneur, et Demoiselle Marie-Anne Guesde, son épouse […] Lesquels ont vendu, quitté, cédé et délaissé […] A la communauté et général des habitans de cette ville de Nogent-le-Rotrou, à la stipulation et acceptation de messieurs René Pesseau, avocat en parlement, conseiller du Roi, maire […]. C’est à savoir une maison composée d’une petite cuisine basse, grande voûte, écurie,chambres hautes, cabinet, grenier au-dessus, cour devant, petit jardin derrière, bâtiment en bace-côté à l’entrée de la cour, chambre basse vis-à-vis sous la chambre haute du sieur Tabourier ; le tout clos à murs, circonstances et dépendances, droit de sortie devant et derrière, avec autres aisances et commodités ; la dite maison appelée la tenue du Saint-Esprit située sur la rue et paroisse de Saint-Hilaire du dit Nogent, et sur le derrière à la grande place du marché, d’un côté à la maison du sieur François MAUTÉ et à celle commune entre messieurs de Saint-Gatien de Tours et nous Daupeley notaire, d’autre à la maison du sieur Tabourier, une ruelle commune entre deux, sur laquelle il y a une porte pour l’entrée et la sortie de la petite chambre basse étant au bace de la dite cour, et encore à un petit terrain commun vu ide par-dessus lequel l’on passe pour aller par la dite ruelle commune avec le dit Tabourier, dans la dite rue Saint-Hilaire. Plus un jardin appelé la Bourbonnerie ainsi qu’il étoit cloce autrefois de palis, donnant par le bout d’en-haut au ruisseau qui descend du moulin d’à-bace dans la rivière d’huine […]

    AD 28. 2O2521. Procès-verbal (1857).

    […] le corps de bâtiment servant de mairie est composée d'une salle des délibérations, d'une bibliothèque et d'un cabinet à coté […] dans la salle des délibérations se trouve un vaste local servant de bûcher dont le plafond est clos par une voûte et dans lequel est un escalier qui descend à la cave, sous la bibliothèque et le cabinet sont logées les pompes à incendies, les latrines ont été établies à l'extrémité […] Dans [la cour sur la] rue Saint-Hilaire se trouve au rdc, le logement du concierge, il comprend une chambre à feu, d'un cabinet et d'une laverie à côté, l'étage supérieur et le grenier appartiennent à Philippe Larose […] Attenant à la mairie est un pavillon dans lequel existe un rez-de-chaussée, une chambre froide, au-dessus le bureau des commissaires de police sur lequel est placé le bureau de la mairie; grenier sur le tout […].

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2721. Prcocès, Autorisation. 1693.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2188. Rôle. 1699.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série O : 2 O 2521. Projet (1857) et devis (1858).

Documents figurés
  • Cadastre ancien. 1811. Plan cadastral. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou).

  • Ancienne mairie de Nogent-le-Rotrou/Jubault, A. Nogent-le-Rotrou : 1926. (Album Percheron, pl. 1).

Bibliographie
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou : [s.n.], 1916.

  • JUBAULT, A. Album Percheron. Nogent-le-Rotrou : G. Fauquet, 1926.

  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, série B. Chartres : Impr. Garnier, 1890.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Rozier Hadrien