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Mairie et musée des Beaux-Arts

Dossier IA45002462 réalisé en 2014

Les projets d’aménagement des abords de la place Sainte-Croix d’Orléans (1976-1984). Les projets d’aménagement des abords de la place Sainte-Croix d’Orléans (1976-1984). Bien que constituant deux entités autonomes l'une de l'autre, le musée des Beaux-Arts et la mairie d'Orléans font partie d'un projet commun, celui de moderniser les bâtiments municipaux et de bénéficier d'espaces intérieurs plus importants. Ils participent à l'aménagement de la place Sainte-Croix, en pendant de l'hôtel de région nouvellement édifié (inauguré en 1981). Christian Langlois (1924-2007), architecte en chef du Sénat et membre de l'Institut est choisi à l'issue d'une consultation d'idées organisée par le Secrétariat d’État à la Culture pour concevoir les façades extérieures et coordonner les différents chantiers.

A. Un ensemble de bâtiments publics au cœur de la ville

a. Une reconfiguration au nord de la cathédrale

Détail d'un plan de la place Sainte-Croix en 1975. En rouge, l'emprise des projets de mairie et musée.Détail d'un plan de la place Sainte-Croix en 1975. En rouge, l'emprise des projets de mairie et musée.Le musée et la mairie sont édifiés entre la place Sainte-Croix et la place de l’Étape, à l'emplacement du théâtre de la ville (démoli), de la rue Prousteau et de quelques immeubles. En effet, un nouveau théâtre, dit "Carré Saint-Vincent" est construit en 1975 avenue Jean Zay (au nord-est de la ville), rendant possible la démolition du théâtre à l'italienne situé au nord de la cathédrale, face à l'hôtel Groslot qui abritait alors la mairie. Une partie du bâtiment de la mairie, celle ouvrant sur la place Sainte-Croix, est composée d'une entité autonome qui sera occupée par des services municipaux puis par l'office du tourisme jusqu'en 2019. Ce sont donc bien trois entités qui occupent l’ensemble architectural situé au nord de la cathédrale.

Vue sur l'ancien théâtre municipal (à gauche sur la photo) prise depuis le sud-est en 1974. (Archives municipales d'Orléans).Vue sur l'ancien théâtre municipal (à gauche sur la photo) prise depuis le sud-est en 1974. (Archives municipales d'Orléans).

Dès 1974, le maire René Thinat propose un programme de construction d'un nouveau musée des Beaux-Arts et d'une "cité administrative". L'hôtel des Créneaux, qui abrite les collections des Beaux-Arts depuis 1824 est devenu trop exigu pour exposer les collections. L'hôtel Groslot, mairie depuis 1790 (en remplacement de l'hôtel des Créneaux) n'est quant à lui pas adapté à l'accueil du public et à l'aménagement de bureaux modernes. Le maire fait donc appel à deux architectes, Luc (1923-1998) et Xavier (1919-2009) Arsène-Henry, pour construire une nouvelle mairie, l'hôtel Groslot restant un lieu de réception prestigieux au service de la ville. La visibilité qu'apporte l'emplacement de la place Sainte-Croix et la commodité de la proximité avec le précédent hôtel de ville expliquent le choix de cet emplacement.

Ces aménagements nouveaux s'expliquent également par la volonté de requalifier des abords de la place Sainte-Croix, dégradés par des stationnements à ciel ouvert. Le projet global inclut en effet la création de deux grands parcs de stationnement souterrains, celui du Campo Santo, à l'est de l'ensemble administratif et celui de Saint-Pierre-Lentin (entre la cathédrale et le bâtiment de l'hôtel de Région).

b. La consultation d'idées de 1976 : une intervention de l’État pour coordonner les projets aux abords de la cathédrale

Projet Portzamparc-Benamo, pour l’aménagement de la place Sainte-Croix d’Orléans 1976. Non réalisé. (Archives municipales d'Orléans).Projet Portzamparc-Benamo, pour l’aménagement de la place Sainte-Croix d’Orléans 1976. Non réalisé. (Archives municipales d'Orléans).L’État intervient alors pour coordonner les projets aux abords immédiats de la cathédrale Sainte-Croix. L'aménagement des abords de cathédrale est au début des années 1970 un sujet sensible. Les aménagements contemporains à proximité immédiate des cathédrales de Bourges, Amiens et Reims déclenchent d'importantes polémiques. De plus, les projets concernant l'hôtel de Région (maîtrise d'ouvrage par le Département) ainsi que le musée et la mairie avec des maîtrises d'ouvrage et des architectes différents, font courir le risque d'un manque de cohérence entre les aménagements.

En juin 1976, à l'appel du Secrétariat d’État à la Culture, six équipes d'architectes (Xavier et Luc Arsène-Henry, Christian de Portzamparc et Georgia Benamo, Jean-Pierre Buffi, Paul Chemetov, Christian Langlois, Sarfati et l’atelier AREA) font des propositions d'aménagement d'une place majeure de la ville1.

Le cadre de cette consultation impose aux candidats deux principes : le resserrement de la place, d’une part, et un "aménagement fortement composé et ordonnancé", d’autre part. La Commission supérieure des Monuments historiques, réunie en septembre 1976, procède à un vote sur les études des six équipes candidates : Christian de Portzamparc, Paul Chemetov et Jean-Pierre Buffi reçoivent ainsi une mention particulière, sans que soit imposé l’architecte à retenir.

Le choix de la ville se porte sur un autre candidat, Christian Langlois, architecte en chef du Sénat. Il a dans les années 1970 réalisé des travaux d'agrandissement et des bâtiments nouveaux autour du palais du Luxembourg à Paris. Il s’associe aux frères Arsène-Henry, architectes en place (qui ont déjà déposé un premier projet dès 1974 pour l'ensemble musée et mairie ainsi que pour l'hôtel de région).

Projet Langlois pour l'aménagement de la place Sainte-Croix d’Orléans, 1976. (Archives municipales d'Orléans).Projet Langlois pour l'aménagement de la place Sainte-Croix d’Orléans, 1976. (Archives municipales d'Orléans).Françoise Giroud, Secrétaire d’État à la Culture, formule son accord sur le projet de l’équipe "Langlois-Arsène-Henry" en janvier 1977. Le projet de Christian Langlois s'inscrit dans la tradition classique : tant par les matériaux traditionnels qu'il utilise (pierre de taille, ardoise) que par les formes employées (balustres, lucarnes, bandeaux saillants...). Il utilise un vocabulaire semblable à celui des immeubles de bureaux du Sénat rue de Vaugirard et des aménagements, notamment souterrains, dans le palais du Luxembourg. Son style séduit le maire : il rappelle également l'architecture de la rue Royale à Orléans, avec l'utilisation de galeries d'arcades qui ceinturent en partie les nouveaux bâtiments. Il sera également l'architecte-concepteur du musée (façades extérieures), quelques années plus tard.

Façade est des bâtiments municipaux. A gauche, le musée, à droite, la mairie avec l'entrée des archives en 2014.Façade est des bâtiments municipaux. A gauche, le musée, à droite, la mairie avec l'entrée des archives en 2014.

c. Les travaux (1980-1984)

L'intérieur des bâtiments reste de la responsabilité des architectes nommés par le maire René Thinat avant la consultation d'idées : Luc et Xavier Arsène-Henry pour l'intérieur de la mairie (et l'hôtel de région au sud de la place Sainte-Croix) et Pierre Sonrel et J. Duthilleul pour le musée. Christian Langlois est quant à lui chef de file et architecte responsable de l'ordonnancement des façades. Il est garant de l'harmonisation entre la nouvelle place Sainte-Croix et la partie occidentale bâtie au 19ème siècle par l'architecte de la ville d'Orléans François-Narcisse Pagot (1780-1845). Son projet doit également être cohérent avec l'hôtel de région bâti au sud de la place Sainte-Croix. Une maquette d'ensemble réalisée en 1981 permet d'embrasser l'ampleur du projet autour de la cathédrale.

Détail de la maquette d'aménagement des abords de la cathédrale d'Orléans : vue sur la place Sainte-Croix (réalisée en 1981, et déposée par la Ville dans l'église Saint-Euverte).Détail de la maquette d'aménagement des abords de la cathédrale d'Orléans : vue sur la place Sainte-Croix (réalisée en 1981, et déposée par la Ville dans l'église Saint-Euverte).

Vestiges de la crypte de l'église Saint-Michel découverts lors du chantier de construction du centre municipal.Vestiges de la crypte de l'église Saint-Michel découverts lors du chantier de construction du centre municipal.Les travaux du centre municipal débutent en 1980. Il aura fallu de longues années de maturation du projet puisque les premières esquisses des frères Arsène-Henry remontent à 1974. Le musée est en construction à partir de décembre 1981. Ces travaux sont documentés surtout par la presse locale. Ils interviennent sur une zone très riche sur le plan archéologique. Des efforts de valorisation des vestiges archéologiques ont permis la conservation de la façade de l'ancien théâtre (déconstruite puis puis remontée pierre à pierre quasiment à l'identique) et de celle de l'immeuble place de l’Étape qui prend place de l'autre côté de l'escalier permettant d'accéder à la cour devant l'entrée ouest de la mairie. Les vestiges de l'église Saint-Michel détruite à la Révolution ont été conservés et sont visibles dans les sous-sols de l'hôtel de ville.

B. Un ensemble de bâtiments administratifs à l'articulation complexe

a. Un ensemble administratif composé de trois entités

Les accès aux trois bâtiments de l'ensemble administratif (mairie, office du tourisme et musée) en 2019.Les accès aux trois bâtiments de l'ensemble administratif (mairie, office du tourisme et musée) en 2019.Les trois entités imbriquées, mairie, musée et office du tourisme présentent des caractères communs et une continuité qui permettent de les présenter comme un ensemble cohérent. Ils ont tous été conçus par l'architecte Christian Langlois. Édifiés sur des pilotis de béton, les bâtiments sont en béton habillé de pierre de taille (provenant des carrières de Saint-Firminin). La charpente est en béton, recouverte d'ardoise (bien qu'une partie du centre municipal soit couverte de métal).

Le plan d'ensemble fait apparaître l'imbrication de ces bâtiments et les accès. Le bâtiment de l'office du tourisme est relié à celui de la mairie par une porte au rez-de-chaussée donnant sur un escalier.

Si le plan du musée, de forme rectangulaire, est simple, celui de l'ensemble administratif est irrégulier et complexe. Il est organisé autour d'un patio à ciel ouvert qui organisait la circulation du public avant les importants travaux de 2006-2007 qui l'ont enfermé sous un toit en verre. Le patio abrite désormais les guichets de l'état civil.

L'accès au musée (au sud) n'a pas évolué depuis sa construction. Certains accès ont cependant été revus après les travaux de 2006-2007 : c'est le cas de l'usager de la mairie, de celui des archives ou encore du visiteur et des élus qui passent désormais pas l'entrée principale, côté ouest.

Le projet initial n'est que partiellement réalisé, car Christian Langlois l'élargissait à la construction d'une nouvelle bibliothèque. Il proposait pour cela le franchissement de la rue Rabier.

Projet Langlois pour l'aménagement de la place Sainte-Croix d’Orléans, 1976. A droite, projet de construction d'une bibliothèque, dans la continuité du musée. (Archives municipales d'Orléans).Projet Langlois pour l'aménagement de la place Sainte-Croix d’Orléans, 1976. A droite, projet de construction d'une bibliothèque, dans la continuité du musée. (Archives municipales d'Orléans).

b. Les façades

Façade sud de la cité administrative par Langlois, avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).Façade sud de la cité administrative par Langlois, avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).La conception des élévations extérieures des nouveaux bâtiments était étroitement surveillée par les services de l’État, en raison de la politique des abords. Les façades dessinées par Christian Langlois utilisent un vocabulaire classique. Le premier étage rythmé de hautes ouvertures fait écho à l'étage noble des hôtels particuliers de la période classique. La galerie d'arcades du rez-de-chaussée, les différents types de lucarnes et l'emploi récurrent des balustres sont caractéristiques du style de l'architecte. La façade sud donne sur la place Sainte-Croix. Elle s'inscrit en symétrie de la façade de l'hôtel de région.

Trois baies de la façade sud de la mairie : les balustres et le bandeau horizontal les reliant illustrent la prédilection de Christian Langlois pour le classicisme.Trois baies de la façade sud de la mairie : les balustres et le bandeau horizontal les reliant illustrent la prédilection de Christian Langlois pour le classicisme.

Façade est des bâtiments municipaux. A gauche, le musée, à droite, la mairie avec l'entrée des archives en 2014.Façade est des bâtiments municipaux. A gauche, le musée, à droite, la mairie avec l'entrée des archives en 2014.Bien que deux campagnes de travaux se sont succédé, Christian Langlois a veillé à la continuité des façades entre le centre municipal et le musée. Il a fait en sorte que visuellement, on puisse considérer les deux bâtiments comme une seule œuvre. La façade orientale est révélatrice de ce soin donné à la jonction entre deux bâtiments par la continuité de leur élévation extérieure. Le dessin initial de la façade est était davantage élaboré : il présentait une baie monumentale à fronton au premier étage, qui n'a jamais été réalisée.

Construction d'une cité administrative à Orléans par Langlois (conception) : façade est, version non réalisée, avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).Construction d'une cité administrative à Orléans par Langlois (conception) : façade est, version non réalisée, avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).

Sur la façade occidentale donnant sur la place de l’Étape, l'entrée du public, particulièrement soignée, est agrémentée d'une fenêtre à balustres surmontée d'un entablement et encadrée de deux niches. Le toit est percé de trois œils-de-bœuf. Cette entrée a été fortement remaniée lors des travaux de 2006-2007 et le passage vers le patio a été remplacé par une porte à tambour.

Façade ouest de la cité administrative par Langlois. avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).Façade ouest de la cité administrative par Langlois. avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).

L'entrée du public : le passage a été remplacé par une porte à tambour lors des travaux au rez-de-chaussée de la mairie en 2006-2007.L'entrée du public : le passage a été remplacé par une porte à tambour lors des travaux au rez-de-chaussée de la mairie en 2006-2007.

c. Les plans et distributions intérieures bâtiment par bâtiment

Plan du rez-de-chaussée de la cité administrative (avant les travaux de 2006) par Langlois, Arsène-Henry. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).Plan du rez-de-chaussée de la cité administrative (avant les travaux de 2006) par Langlois, Arsène-Henry. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).- la mairie : Le rez-de-chaussée du centre municipal a été profondément modifié en 2006-2007. La distribution initiale faisait du patio le pivot de l'orientation du public. L'usager devait passer sous le premier étage de la mairie, côté place de l’Étape puis était orienté vers le bureau ayant en charge sa demande. Après 2006-2007, l'entrée du public est fermée par une porte à tambour. Une banque d'accueil et un espace d'accueil sont aménagés dans le hall. Sous le patio désormais fermé, des guichets sont alignés.

L'accès au service des archives se faisait également par le patio : désormais, l'usager entre par la rue Rabier. Les grilles qui clôturaient la galerie en partie (au niveau du bâtiment de la mairie pas celui du musée) sont supprimées, permettant un accès direct. L'accès au bâtiment du maire, situé derrière la façade du théâtre conservée, se fait aujourd'hui par l'accès principal du public. Une nouvelle salle de réunion, circulaire, a été conçue au centre du hall d'accueil.

Construction d'une cité administrative à Orléans par Langlois (conception) et Arsène-Henry (réalisation) : plan du 1er sous-sol, avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).Construction d'une cité administrative à Orléans par Langlois (conception) et Arsène-Henry (réalisation) : plan du 1er sous-sol, avril 1980. (Archives municipales d'Orléans, 2M61).Au sous-sol, la salle de délibération et la salle des pas perdus qui lui est accolée ont été peu modifiées. Aux étages se trouvent des bureaux, dont celui du maire, et des salles de réunion.

Au rez-de-chaussée, un espace communiquant de manière discrète avec la mairie. Il accueille l'office du tourisme en 2019. Au rez-de-chaussée, un espace communiquant de manière discrète avec la mairie. Il accueille l'office du tourisme en 2019. - l'entité abritant l'office du tourisme (en 2019) a été peu modifiée depuis sa création. Elle est constituée d'un rez-de-chaussée associé à un entresol, et est reliée de manière très discrète par une porte à un modeste escalier de la mairie. Elle n'est pas reliée au musée. Ce rez-de-chaussée avait dans un premier temps accueilli un service municipal différent (service de l'action économique). Courant 2019, la métropole a décidé du transfert de l'office de tourisme qui pourrait être remplacé par un espace associé au musée immédiatement adjacent.

- le musée des Beaux-Arts : Le plan a peu évolué depuis la création. S'élevant sur deux niveaux en sous-sols et trois niveaux en élévation, le musée est composé d'un hall d'accueil monumental surtout remarquable par son entrée sous porche. Le plafond à caisson se prolonge à l'extérieur. Une plaque d'inauguration et la sculpture de l'artiste Antoniucci Volti accueillent le visiteur. Au sous-sol ont été prévus des salles destinées aux réserves et à la restauration des œuvres ainsi qu'un auditorium. Au premier sous-sol, au rez-de-chaussée et aux étages se succèdent des salles d'exposition. Le troisième étage était prévu pour abriter des bureaux administratifs, une salle d'exposition des estampes et une réserve rassemblant des livres et des estampes. Il est occupé par les bureaux de la conservation.

d. le décor

"La Pensive", sculpture d'Antoniucci Volti, et l'entrée du musée des Beaux-Arts."La Pensive", sculpture d'Antoniucci Volti, et l'entrée du musée des Beaux-Arts.Alors que pour l'hôtel de région, le décor est réduit à la salle des Assemblées, à la salle des pas perdus et à quelques mascarons, les éléments de décor sont plus nombreux à la mairie. Le porche du musée est simplement orné d'une sculpture d'Antoniucci Volti. Des mascarons décorent les baies du premier étage de la mairie, comme celles du musée. La ville réalise plusieurs commandes pour la mairie. Ces commandes font intervenir des artistes sur des supports très divers : mosaïque dans le patio (Jacques Despierre), tapisserie dans la salle des pas perdus au sous-sol (Roger Wogensky), sculpture au centre du patio (en 2019, elle se trouve dans les réserves de la Ville d'Orléans) par Louis Leygue.

Mascaron au premier étage du musée des Beaux-Arts représentant un roi couronné.Mascaron au premier étage du musée des Beaux-Arts représentant un roi couronné.Les artistes locaux comme les sculpteurs Daniel Leclerq ou Roger Toulouse ont été mis à l'honneur dans ce programme décoratif ainsi que les artistes de l'Institut (Raymond Corbin, Louis Leygue...) puisque Christian Langlois est membre de l'Académie des Beaux-Arts dès 1977.

Le centre municipal est inauguré le 15 décembre 1981 et le musée le 7 mai 1984. Le projet reste inachevé par rapport aux projets initiaux qui incluaient la création d'une nouvelle bibliothèque dans la continuité du musée à l'est.

La place Sainte-Croix d’Orléans en 2017, un pôle administratif et culturel renforcé.La place Sainte-Croix d’Orléans en 2017, un pôle administratif et culturel renforcé.La ville d'Orléans, devenue métropole en 2017, va certainement faire évoluer l'organisation de ses services autour d'une mutualisation, avec peut-être des conséquences architecturales. Imbriqués d'une manière atypique, les bâtiments confirment la vocation administrative et culturelle de la place Sainte-Croix. La place Sainte-Croix d’Orléans en 2017, constitue un pôle administratif et culturel renforcé.

1Les six projets ont été reproduits par le service régional de l'Inventaire du patrimoine culturel.
Appellations musée des Beaux-Arts d'Orléans, office de tourisme d'Orléans, centre municipal
Dénominations musée, hôtel de ville, office de tourisme
Aire d'étude et canton Commune d'Orléans
Adresse Commune : Orléans
Adresse : rue Paul Belmondo , place de l'Étape
Cadastre : 2018 BP 138
Précisions

Dans les années 1970, à l'étroit dans l'hôtel Groslot, la municipalité d'Orléans souhaite créer une mairie plus moderne et regrouper ses services. En 1974, René Thinat, le maire d'Orléans, fait appel à l'architecte Xavier Arsène-Henry (1919-2009), grand Prix de Rome en 1950, et à son frère Luc Arsène-Henry (1923-1998) pour créer une annexe à la mairie en face de l'hôtel Groslot, place de l’Étape. Elle se situe à l'emplacement du théâtre municipal (détruit) et d'immeubles rue Prousteau (rue disparue pour faire place aux nouveaux bâtiments) et aux abords immédiats de la cathédrale Sainte-Croix. Les frères Arsène-Henry proposent de premières esquisses dès 1974. Le maire projette également de créer un nouveau musée et en confie les plans à l'architecte Pierre Sonrel (1903-1984) et à J. Dutillheul. Les collections du musée des Beaux-Arts d'Orléans étaient abritées dans l'hôtel des Créneaux, devenu trop exigu. Concomitamment, la construction d'un bâtiment est envisagée pour abriter l'établissement public régional (actuelle Région Centre-Val de Loire) au sud de la place Sainte-Croix. Ces opérations s'accompagnent d'un aménagement des abords nord de la cathédrale et du campo santo, ancien cimetière médiéval accueillant encore en 1975 la salle des fêtes de la ville (détruite en 1978).

Une consultation d'idées auprès de six équipes d'architectes est organisée en 1976 par l’État pour coordonner ces différents projets. A l'issue, le maire décide d’associer les architectes en place avec Christian Langlois (1924-2007), membre de l’Institut et architecte en chef du Sénat. Christian Langlois devient donc l'architecte-concepteur de l'ensemble des projets. Il propose une architecture de style classique. Les frères Arsène-Henry, Pierre Sonrel et J. Dutillheul réalisent respectivement l'intérieur du centre municipal et du musée des Beaux-Arts, Pierre Blareau étant architecte d'opération. Les travaux démarrent en 1980, ils mettent à jour les vestiges de l'église Saint-Michel (partiellement visibles) dans les sous-sols du centre municipal. Des mascarons sculptés par Raymond Corbin, André Bordes, Daniel Leclercq ou Roger Toulouse ornent les linteaux des baies du premier étage. Le peintre Jacques Despierre crée la mosaïque qui décore les murs du patio du centre municipal. Louis Leygue est l'auteur de la sculpture L'hiver qui décorait cet espace. Le peintre Robert Wogensky conçoit une tapisserie pour la salle des pas perdus, accolée à la salle des délibérations. D'autres artistes créent des œuvres décoratives listées aux archives municipales. L’inauguration du centre municipal a lieu le 15 décembre 1981. Les travaux du musée débutent en décembre 1981. Il est inauguré le 7 mai 1984. D'importants travaux (couverture du patio, réorganisation du rez-de-chaussée...) ont lieu dans le centre administratif en 2006-2007.

Période(s) Principale : 4e quart 20e siècle
Dates 1981, daté par source
1984, daté par source
2006, daté par source
Auteur(s) Auteur : Langlois Christian,
Christian Langlois (1924 - 2007)

Élu membre de l’Académie des Beaux-Arts le 29 juin 1977. Il est Président de l’Académie des Beaux-Arts en 1998.


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Auteur : Sonrel Pierre, architecte, attribution par source
Auteur : Dutillheul J.,
J. Dutillheul

J. Duthilleul est associé à Pierre Sonrel pour la construction du musée des Beaux-Arts d'Orléans.


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Auteur : Arsène-Henry Luc, architecte, attribution par source
Auteur : Arsène-Henry Xavier,
Xavier Arsène-Henry (1919 - 2009)

Deuxième Second Grand prix de Rome en 1950.

http://archiwebture.citechaillot.fr/fonds/FRAPN02_ARSEN


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Auteur : Blareau Pierre,
Pierre Blareau

Architecte. Fils de Georges Blareau.


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Auteur : Corbin Raymond,
Raymond Corbin

1907-2002. Élu membre de l’Académie des Beaux-Arts.


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sculpteur, attribution par source
Auteur : Leclerq Daniel,
Daniel Leclerq

Né en 1946 à Orléans, il fait des études artistiques aux Beaux Arts d’Orléans et ENSBA de Paris. Il enseigne le modelage à l’ENSBA de Paris et à L’ESAD d’Orléans.


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sculpteur, attribution par source
Auteur : Toulouse Roger, sculpteur, attribution par source
Auteur : Bordes André, sculpteur, attribution par source
Auteur : Leygue Louis,
Louis Leygue (25/08/1905 - 1992)

Né à Bourg en Bresse. Études à l’École des Arts Décoratifs et à l’École des Beaux-Arts de Paris, Premier Grand Prix de Rome.


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Auteur : Despierre Jacques,
Jacques Despierre , né(e) Céria (1912 - 1995)

Membre de l'Institut.


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peintre, attribution par source
Auteur : Wogensky Robert,
Robert Wogensky (1919 - 2019)

Peintre cartonnier, il travaille avec Jean Lurçat à la Libération.


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peintre, attribution par source
Auteur : Volti Antoniucci, sculpteur, attribution par source

L’ensemble architectural construit en pendant de l’hôtel de région, au nord de la place Sainte-Croix et de la cathédrale est composé de trois bâtiments imbriqués mais indépendants : le centre administratif incluant les archives, le musée des Beaux-Arts et un troisième bâtiment au rez-de-chaussée de la mairie côté sud, qui accueille en 2019 l'office du tourisme. L'ensemble est encadré par la rue Paul Belmondo au sud, par la place de l’Étape à l'ouest et par la rue Fernand Rabier à l'est. Situé aux abords immédiats de la place Sainte-Croix, l'ensemble adopte un plan complexe incluant des décrochements. Au rez-de-chaussée, une galerie d'arcades le ceint sur ses façades sud et est, solution architecturale déjà adoptée par Christian Langlois dans les immeubles de bureaux face au palais du Luxembourg. S'étageant sur 3 à 4 niveaux, il est construit en béton habillé de pierre de taille. Il est couvert d'ardoise et d'une toiture métallique pour le musée.

Les façades de l'ensemble architectural sur la place Sainte-Croix s'inscrivent en symétrie avec celle de l'hôtel de région. Elles sont composées de travées ordonnancées, rythmées par des ouvertures de taille et décor adaptés à chaque niveau. Au-dessus de la galerie d’arcades, les hautes fenêtres sont décorées de balustres, caractéristiques du goût pour le langage classique de l'architecte Christian Langlois. La division horizontale de la façade est marquée par les bandeaux qui relient les balustres du premier étage et par le bandeau saillant soulignant l’acrotère. A l'est, dans le bâtiment de la mairie, au premier étage, une terrasse également ornée de balustres surmonte la galerie. Le décor extérieur est minimal, cependant des mascarons animent le linteau de certaines baies du premier étage. Les trois entrées principales de l'ensemble architectural sont traitées avec soin. Le centre municipal présente deux entrées sur la façade ouest, face à l'hôtel Groslot (ancienne mairie). Des escaliers et des rampes qui existaient déjà au 19ème siècle permettent d'y accéder. Une entrée se faisait par l'ancienne façade (conservée) du théâtre : elle permettait d'accéder au corps de bâtiment occupé par le maire et son cabinet. Une seconde entrée initialement destinée au service du public et aujourd'hui fortement remaniée accueille l'ensemble des visiteurs de la mairie. Elle se situe en retrait, en fond de cour. Initialement, il s'agissait d'un passage donnant l'accès au patio qui permettait d'orienter le public vers les bureaux aux étages et d'accéder au service des archives. Il a été recouvert lors d'importants travaux en 2006-2007 et l'accueil a été réorganisé. L'accès principal au musée se fait au sud, la galerie s'élargit pour former un porche dans-oeuvre devant l'entrée du musée. Elle est ornée d'un plafond monumental à caissons. Une sculpture de femme nue (la Pensive) créée par le sculpteur Antoniucci Volti décore l'espace. Des vitrines d'exposition sont disposées sur les côtés sud et sud-est de la galerie. A l'est est aménagée l'entrée du personnel du musée et des œuvres. Aujourd'hui, l'entrée des archives se fait sous la terrasse à l'est, mais à l'origine la galerie du rez-de-chaussée était fermée par des grilles à l'est. Le rez-de-chaussée des trois bâtiments est destiné à accueillir et orienter le public. Dans les sous-sols de la mairie, les vestiges de l'église Saint-Michel sont partiellement visibles. La salle des pas perdus (décorée d'une tapisserie commandée au peintre Robert Wogensky) est accolée à la salle de délibération du conseil municipal. A ce niveau, se trouvent également des salles d'archives ainsi que des salles de réunion éclairées par de grandes baies. Aux étages, les bureaux alternent avec des salles de réunion. Dans le bâtiment dédié au maire et à son cabinet, un hall d'accueil avait été conçu. Cette partie du rez-de-chaussée s'organise aujourd'hui autour d'une salle de réunion circulaire aménagée au centre du hall. Aux étages se trouvent les bureaux des élus et de leur cabinet. Les salles d'exposition du musée sont prévues aux étages et au premier sous-sol et sont complétées par un auditorium.

Murs béton béton armé
calcaire pierre de taille
Toit ardoise, métal en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 3 étages carrés, 2 étages de sous-sol, étage en surcroît, entresol
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre
Autres organes de circulations ascenseur
États conservations bon état
Techniques mosaïque
sculpture
Représentations homme, roi, mascaron, portrait, femme, nu
Précision représentations

Des mascarons ont été sculptés par plusieurs artistes pour décorer le premier étage du musée et du centre municipal : ils représentent des figures féminines et masculines portant parfois une couronne. Le visage de l'architecte-concepteur du projet, Christian Langlois a été sculpté sur le linteau d'une baie du premier étage, au-dessus de l'entrée du musée.

Statut de la propriété propriété de la commune
Sites de protection zone de protection du patrimoine architectural et urbain
Protections
Précisions sur la protection

L'ensemble musée-mairie fait partie de la ZPPAUP de la ville d'Orléans. Le règlement et la délimitation de la ZPPAUP ont été approuvés par délibération du Conseil municipal de la commune d’Orléans le 23 novembre 2007 et ont été adoptés par arrêté du maire.

Annexes

  • Retranscription de la liste des oeuvres associées à la construction et à l'inauguration du bâtiment du centre municipal (Archives municipales d'Orléans, 2M70).

    Œuvres d'art :

    -mosaïque du patio, contrat avec Jacques Despierres et correspondance relative aux jardinières (avec photographies)

    (1980-1985) ;

    -statue "L'Hiver" de Louis Leygue (1981-1982) ;

    -tapisserie murale "Liberté" de Robert Wogensky (avec photographie) (1980-1982) ;

    -médaillon "René Thinat" de Raymond Corbin ;

    -portrait du docteur Pierre Chevallier par Georges Blanchard (3 p.) (1982) ;

    -tableau de Georges Mathieu "La Libération d'Orléans par Jeanne d'Arc" (1982-1983) ;

    -médaillons à l'effigie de Marianne et aux armes de la ville par Gérard Paque (1982, 1984).

    -objets décoratifs divers (1986-1987).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales d'Orléans. Série M : M852. Musée des Beaux-Arts, rue Paul Belmondo. Construction. Avant-projet sommaire (av.plans, texte sous forme de calque). 1977. Avant-projet détaillé initial, plans. sept 1977. Avant-projet détaillé, plans. Mai 1979. Avant-projet détaillé, mémoire descriptif et explicatif. Mai 1980.

  • Archives municipales d'Orléans. Série M : M3674. Musée des Beaux-Arts, rue Paul Belmondo. Construction. Permis de construire (av. plans). 1978-1979. Plans d'hygiène et de sécurité du chantier. 1981. Ouverture du chantier. 1981. Certificat de conformité. 1986. Contrôle technique. 1978-1983. Sondages. 1979-1980.

  • Archives municipales d'Orléans. Série M : M3673. Musée des Beaux-Arts, rue Paul Belmondo. Construction. Réalisation : correspondance et comptes rendus de réunions. 1981-1985. Plans après achèvement. c. 1983, 1984.

  • Archives municipales d'Orléans. Série M : M3675. Musée des Beaux-Arts, rue Paul Belmondo. Construction. Plans d'architecture. Mai 1980. Plans d'architecture mis à jour. 1982.

  • Archives municipales d'Orléans. Série M : M2860. Musée des Beaux-Arts, rue Paul Belmondo. Construction. Commission communale de sécurité. 1984-1990. Inauguration. 1984. Album photo du chantier. 1981-1985.

  • Archives municipales d'Orléans. Série J : IJ318. Inaugurations (av. coupures de presse). 1982-1984.

  • Archives municipales d'Orléans. IJ317. Inauguration du centre municipal. 1981 (av. coupures de presse). 1982-1984.

  • Archives municipales d'Orléans. 2 M 61.

Périodiques
  • KLINKA-BALLESTEROS, Isabelle. Participation de Roger Toulouse à l'ornementation des façades du Centre municipal et du musée des Beaux-Arts d'Orléans. La revue des "Amis de Roger Toulouse", septembre 1997, n°2, p. 20 à 27.

Liens web

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