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Maison (14-16 rue Newton)

Dossier IA37005727 inclus dans Amboise : rue Newton réalisé en 2006

Fiche

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 14-16 rue Newton

L'étude des maçonneries des 14 et 16 rue Newton et les dispositions du jardin qui s'étend jusqu'au quai des Marais, a révélé que ces maisons avaient été construites sur la première enceinte de la ville, et que la Masse coulait sous le jardin. Un bassin y a d'ailleurs été créé grâce à une résurgence du ruisseau. À l'ouest, le mur de clôture a été construit autour du pont de pierre qui enjambait autrefois la Masse. Sur le plan d'alignement de 1884, la dérivation du bras secondaire du cours d'eau se fait précisément à cet endroit et le pont est en effet dessiné. Alors que la maison du 14 demeure dans un état ancien, la maison du n°16 a été restaurée récemment. Elle avait déjà fait l'objet de transformations, probablement au XVIIIe ou au XIXe siècle. Les propriétaires actuels ont notamment retrouvé sous des revêtements de cloison, une toile peinte marouflée. La façade en pierre qui donne sur le jardin indique également des aménagements de la fin du XVIIIe siècle ou du début du siècle suivant. Les dispositions générales des deux maisons permettent de dater leur première phase de construction des XVe-XVIe siècles.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : Epoque contemporaine

Le 14 rue Newton Comme au 12 rue Newton, le rez-de-chaussée est édifié en moellon tandis que le premier étage et le surcroît sont en pan de bois. La maison présente sa façade de rive sur la chaussée qui ne comporte malheureusement aucun élément favorable ou défavorable à une datation de la fin du Moyen Âge. Le pan de bois à grille des étages prend place légèrement en encorbellement d'un soubassement en moellon dans lequel s'ouvre une porte surmontée d'un oculus. Le hourdis est à présent caché sous un enduit. Une petite baie éclaire le premier étage et une autre le grenier. Le niveau de potelets correspond au surcroît du comble.

L'escalier en vis d'à peine plus d'un mètre de large est documenté par les comptes de la ville. Les marches ont un noyau de 15 cm de diamètre. Sur la façade la tourelle pourtant assez restaurée, l'emplacement des marches traversant la maçonnerie est encore visible par endroits. On remarquera au rez-de-chaussée l'absence de base qui vient ou d'un changement du niveau du sol ou d'une suppression due à son mauvais état. À l'intérieur, le rez-de-chaussée a conservé un aspect ancien avec les aménagements d'une écurie. Une porte donnant sur le jardin permet de mesurer l'épaisseur du mur de 1,7 m, correspondant donc à celui de la première enceinte. Par ailleurs, un mur d'une épaisseur similaire a été observé dans d'anciennes caves du Petit Fort (rue de la Concorde et quai Charles Guinot). Contre l'un des murs de la pièce, est conservée une colonnette (15 cm de diamètre) et une sablière en bois rapportées, mais qui faisaient vraisemblablement partie à l'origine d'une galerie. La colonnette présente une base et un chapiteau octogonaux séparés du fût par une moulure à tore-cavet-tore-cavet. L'abaque de la colonnette est de section carrée, et pour passer du plan octogonal de chapiteau au plan carré, de petits congés amortissent les angles. Des aisseliers courbes reposant de chaque côté de l'abaque qui surmonte le chapiteau, le lient à la sablière de dessus. Son aspect général est proche de celui des colonnettes de l'ancienne galerie du 9-11 rue Victor Hugo.

L'espace plafonné est divisé en deux travées de solives parallèles à la rue, réparties de part et d'autre d'une poutre, dont l'about dépasse en façade. Le comble est assez restauré mais la structure de la charpente demeure lisible. C'est une charpente à fermes et à pannes composées de trois fermes : deux prises dans les murs pignons et une au centre. Elle dispose d'un faîte et d'un sous-faîte reposant sur des poinçons montant de fond. Des liens et des aisseliers raidissaient la charpente, les croix de Saint-André du contreventement étant des ajouts postérieurs. Le 16 rue Newton La maison du 16 rue Newton se présente également à rive sur rue. Elle s'élève sur quatre niveaux dont un niveau de combles aménagés. Le rez-de-chaussée est bâti en moellon et pierre de taille de tuffeau, tandis que les étages sont en pan-de-bois. Au sud-ouest, côté jardin, l'épaisseur importante du mur - qui comme au n° 14 est celle de l'ancien mur de la première enceinte urbaine - a permis d'aménager un balcon devant le premier étage placé, en retrait sur le rez-de-chaussée. La façade est parfaitement ordonnancée. Percée de baies à petits bois superposées, elle a perdu tout caractère médiéval. Il est bien difficile de retrouver les caractéristiques d'origine de la façade nord-est donnant sur la rue Newton. Le pan-de-bois est recouvert de crépi et seuls les encadrements de baies sur lesquels ont a dû clouer des planches de bois pour lier le crépi à la façade, peuvent indiquer la nature première du mur. La façade est percée d'une porte au rez-de-chaussée, de deux grandes baies et de deux jours au premier étage, de deux jours et deux baies plus étroites - qui pourraient être d'anciennes demi-croisées - au second étage, et enfin de deux lucarnes rampantes et pendantes. Au sud, du côté gauche de la façade, la grande baie de l'étage est divisée par un meneau ; les encoches de la traverse qui y était associée sont encore visibles dans l'encadrement. Enfin, la petite baie centrale, placée à l'aplomb d'une des lucarnes, révèle l'emplacement de la vis. À l'intérieur, la vis prend place dans une cage en pan de bois authentique. Le revers des marches est couvert d'un lattis enduit au plâtre, donnant l'impression d'une voûte rampante qui date apparemment des modifications modernes de la maison. De part et d'autre de l'escalier, les niveaux des étages ne se correspondent pas, ce qui constitue un indice supplémentaire pour dire que deux maisons ont bien été réunies en une seule, formant le n°16. D'autre part, au rez-de-chaussée, dans le prolongement de la cage, se trouve un épais mur de pierres qui pourrait correspondre à l'ancien mur de séparation des deux maisons. Dans leurs dispositions d'origine, les maisons auraient donc présenté chacune à peu près la même largeur. La réunion des maisons s'avère cependant difficilement datable.

Murs moellon
pierre de taille
pan de bois
Toit tuile plate, ardoise
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier intérieur
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie