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Maison (41 rue Nationale ; rue du Petit-soleil)

Dossier IA37005774 inclus dans Amboise : rue du Petit Soleil réalisé en 2006

Fiche

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 41 rue Nationale , rue du Petit-soleil

La propriété - composée de deux corps de logis, liés par une galerie et une tourelle d'escalier - se situe derrière le mur de clôture d'une parcelle qui longe la rue du Petit Soleil. Son accès principal se fait par le 41 rue Nationale. Seul l'édifice en fond de cour et la galerie sont en état d'être étudiés. La tourelle d'escalier est une création récente. Le logis en fond de cour et la galerie présentent des caractéristiques constructives et stylistiques des 13e et 15e-16e siècles. Différents éléments amènent en effet à proposer la chronologie relative suivante : la première campagne aurait consisté en l'édification d'un logis de pierre et la grande baie pourrait dater du XIIIe siècle. À Orléans, certaines maisons construites en calcaire de Beauce montrent des baies similaires, dont l'encadrement est simplement chanfreiné. À Orléans, avant l'apparition de la croisée à l'extrême fin du XIIIe siècle, les baies ne sont pas nécessairement géminées. Elles peuvent être simplement rectangulaires comme celle-ci. Ici c'est un quart-de-rond profondément gratté qui encadre la baie, le chanfrein ayant pu disparaître. La situation de la maison, dans l'enclos de la future seconde enceinte urbaine, pourrait d'ailleurs créditer l'hypothèse de la création d'un bras de dérivation pour le moulin de l'Aumône sur le cour de la Masse, bien antérieure au début du 15e siècle. Dans un second temps, on aurait recouvert à neuf le logis, repris ses murs pignon en pan de bois et construit une galerie. La configuration de la charpente apparente fut conservée et l'accès au premier étage devait se faire par la porte étroite du premier étage dont l'encadrement est ornée d'un cavet. Sa hauteur correspond bien avec celle de la galerie. L'escalier - s'il existait - s'arrêtait alors au premier étage. Pour cet ensemble de structures, seule la charpente constitue un élément de datation de la fin du Moyen Âge. Enfin, le plancher fut installé et la lucarne percée à une époque moderne ou contemporaine. Les restaurations les plus récentes n'ont pas restitué un état ancien mais sont au contraire allées dans le sens des dernières transformations, en coupant davantage de fermes pour permettre la communication avec la tourelle d'escalier neuve.

Période(s) Principale : 13e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : Epoque contemporaine

Le logis en fond de cour est construit en moellon et pierre de taille de tuffeau pour les deux premiers niveaux et en pan-de-bois pour le pignon nord. Les ouvertures sont trop modifiées au rez-de-chaussée pour être étudiées. Au premier étage, seule la grande baie est authentique. Son encadrement est bordé d'un large quart de rond où l'on ne discerne ni trace de traverse ni trace de meneau. L'appui saillant a été ajouté récemment. Il pourrait s'agir d'une baie du 13e siècle, correspondant à une typologie bien connue et rencontrée notamment à Orléans. Une ouverture fort étroite perce la façade à droite de cette baie ; son encadrement est quant à lui bordé d'un large cavet. L'appui de cette ouverture se trouve à hauteur du sol du premier étage. Les propriétaires des lieux menant actuellement des travaux de restauration ont veillé à employer des matériaux anciens ce qui complique l'enquête d'authenticité. Si cette ouverture très étroite est d'origine, il s'agissait d'une porte impliquant un système d'accès hors-oeuvre, peut-être une coursière. Le mur pignon nord présente une baie vitrée devancée de colombes ajoutées dernièrement. Le pignon en pan-de-bois et la charpente de comble sont cohérents et contemporains. Ils semblent cependant ajoutés à la fin du Moyen Âge sur le soubassement plus ancien, sans doute du 13e siècle. La galerie en pan-de-bois s'élève perpendiculairement au logis. Sa présence implique l'existence d'un autre corps de logis à présent remplacé par un corps de logis datant de l'époque contemporaine. De 8,60 m par 6,30 m, le logis en fond de cour présente des espaces intérieurs très dénaturés ; il ne demeure que la charpente qui puisse faire l'objet d'une étude. Bien que modifiée ses dispositions 15e-16e siècles sont toutefois restituables. C'était une charpente à chevrons-formant-fermes. De nombreuses fermes ont dû être sectionnées pour permettre la communication avec la tourelle et la pose de la lucarne ; ainsi la ferme centrale, sur laquelle repose des pannes, soutient à présent l'ensemble de la structure. L'entrait de cette dernière a récemment été coupé. La majorité des blochets et des jambettes n'existant plus, la charpente s'affaisse. La plupart des chevrons a été doublée récemment de chevrons neufs. Les bois anciens sont issus de chêne de qualité satisfaisante avec peu de noeuds et peu de flaches. Tous les assemblages sont à tenon-mortaise. La structure primitive présentait une pente de 58 degrés composée de 13 fermes dont 3 fermes maîtresses : une au centre et deux prises dans les pignons. La coupe transversale des fermes-maîtresses se décrit comme suit : les arbalétriers reposent sur des blochets dont l'about est maintenue par des jambettes. Aux deux tiers de la hauteur de la charpente, un faux-entrait assemblé aux chevrons-arbalétriers reçoit un poinçon élargi à chaque about. Tandis que les fermes maîtresses des pignons possèdent poinçon et entrait, les fermes secondaires ne disposent pas de poinçon, les chevrons s'assemblant en tête par un tenon mortaise au-dessus de la poutre faîtière. La coupe longitudinale présente un faîtage monoxyle qui enfourche le poinçon. Le sous-faîtage est quant à lui composé de deux éléments et lié aux faux-entraits par l'intermédiaire d'assemblages à double queue d'aronde. Des croix de Saint-André assurent la cohérence des faîtes. Les abouts des solives de plancher apparaissent sous l'entrait du pignon. Le plafond du premier étage est en effet composé de deux travées de solives appuyées sur l'entrait de la ferme centrale. Le plancher du comble est contemporain de la mise en place des pannes et de l'ouverture de la lucarne. Aussi, dans l'état des disposition XVe-XVIe siècles, la salle du premier étage était-elle sous charpente. Le comble ne présente toutefois aucune trace d'isolation. La structure de la charpente s'apparente à celles des hôtels particuliers que nous avons inventoriés, à la différence du plancher du comble qui n'était pas prévu dans les dispositions XV-XVIe siècles. L'absence de plancher a été rencontrée au 38 place Michel Debré, un petit logis datant des 13e ou 14e siècles. La galerie est constituée d'un simple pan de bois à grille contreventé de décharges et surmonté de poteaux pris entre deux sablières, eux-mêmes étayés d'aisseliers. Ne sont visibles ni moulure, ni trace de bûchage. Le décor semble tenir dans le seul jeu polychromique du hourdis de briques et des pièces de bois.

Murs brique
enduit
moellon
pan de bois
Toit tuile plate
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie