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Maison (78 rue Victor Hugo)

Dossier IA37005637 inclus dans Amboise : rue Victor Hugo (15 à 115 et 54 à 124 rue Victor Hugo) réalisé en 2006

Fiche

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 78 rue Victor-Hugo

Au XIXe siècle, la façade donnant sur la rue Victor Hugo a été alignée selon les plans urbanistiques. La façade primitive en pan-de-bois a été détruite et reconstruite en moellon environ 1 m en retrait. Elle est enduite mais ces modifications se lisent bien dans la charpente de comble. Un acte de partage, notarié, en faveur de Pierre Berruer, daté du 5 août 1780 décrit la maison située hors les murs, sur la route de Montrichard, au faubourg de la porte Heurtault. Pierre Berruer, « charroyeur par terre », possédait deux chevaux dont les écuries étaient installées au rez-de-jardin. Il disposait d'un droit de passage et d'accès sur les parcelles situées en contrebas de la sienne pour abreuver ses chevaux à la Masse. La distribution de la maison est également mentionnée : tandis que les écuries étaient au rez-de-jardin, deux pièces prenaient place au rez-de-chaussée et deux autres au premier étage. Le comble servait quant à lui de lieu de stockage. L'escalier pourtant authentique n'y est pas décrit. Tant les dispositions de la charpente que celles du pan-de-bois et de l'escalier laisse envisager une maison du XVe-XVIe siècles.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 19e siècle

La maison est installée sur un dévers, si bien que le rez-de-chaussée du côté de la rue Victor Hugo est en réalité le premier étage du côté du jardin. C'est pourquoi, des écuries avaient pu être installées au rez-de-jardin. Seule la façade du mur gouttereau sud-est donnant sur la venelle qui descend à gauche de la maison en direction de la Masse propose encore un profil authentique. Le premier étage et le comble y sont construits en pan-de-bois à grille. La tourelle d'escalier couverte d'un toit à deux pans se détache ainsi du rampant du toit, disposition rappelant les 44 et 52 rue Rabelais. Si les ouvertures de la façade sont modifiées, les petits jours éclairant la vis et le premier étage semblent cependant d'origine. La façade sud-ouest donnant sur le jardin est construite en pierre de taille de tuffeau. Le module calibré des pierres, les traces d'outils et la couleur grisâtre du tuffeau laissent supposer que cette façade a été remontée au XIXe siècle. La façade donnant sur la rue Victor Hugo ne présente quant à elle plus aucun caractère médiéval. La façade d'origine devait être en pan-de-bois comme le reste de la maison. À l'intérieur, comme en fait état l'acte de partage du 5 août 1780, la maison est divisée en deux pièces à chaque niveau. Au rez-de-chaussée, la cloison d'origine en pan-de-bois à grille est encore en place. La vis en bois qui se tient dans une cage carrée de 2 m de côté, relie le rez-de-chaussée au comble. Son noyau tors de 18 cm de diamètre - dont la base a été coupée - est sculptée d'une main courante identique à toutes celles des noyaux de ce type rencontrés à Amboise (50 et 54 place Michel Debré, 9-11 rue Victor Hugo, 50 et 66 rue de la Concorde...). Le comble présente une charpente authentique mais très modifiée, notamment du côté de la rue Victor Hugo. Le pignon a été transformé en croupe. Les bois montrent de multiples mortaises incohérentes indiquant des remplois. Ces bois pourraient d'ailleurs provenir de l'ancienne façade en pans-de-bois de la rue Victor Hugo. De la charpente d'origine à fermes et à pannes, il ne demeure aujourd'hui que la ferme centrale mais il devait y en avoir trois : une première prise dans le pignon sur rue, une seconde médiane et une troisième prise dans le pignon tourné sur la cour. Réalisée en bois de chêne, les bois de brin et de quartiers de la charpente sont d'une qualité bien médiocre avec de nombreux noeuds et des flaches importantes. Les pannes sont des demi-arbres présentant une section pseudo-rectangulaire variant de 15 cm à 20 cm de côté. Les assemblages sont tous à tenon-mortaise. La charpente à fermes et à pannes présente un poinçon montant de fond. Longitudinalement, de simples liens raidissent le faîtage et le sous-faîtage. Ce type de charpente, bien que très dénaturée s'apparente à celles rencontrées sur la maisons du 12 rue Newton notamment, datant du XVe - XVIe siècle. Aussi, si cette maison présente peu d'éléments datant, tant les caractéristiques de sa charpente que son noyau d'escalier tore la rattachent au corpus amboisiens des maisons du XVe - XVIe siècle.

Murs brique
moellon
pierre de taille
pan de bois
Toit tuile plate, ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à deux pans
croupe
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, ville royale : maisons et hôtels des XVe et XVIe siècles, Indre-et-Loire. photogr. Hubert Bouvet, Thierry Cantalupo, Mariusz Hermanowicz ; llus. Anne-Marie Bonnard, Myriam Guérid. Lyon : Lieux-Dits, 2010. (Parcours du patrimoine, n°355).

  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, un château dans la ville. [Publication de Thèse]. Rennes : presses universitaires de Rennes ; Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie