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Maison (92 rue Victor Hugo)

Dossier IA37005659 inclus dans Amboise : rue Victor Hugo (15 à 115 et 54 à 124 rue Victor Hugo) réalisé en 2006

Fiche

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 92 rue Victor-Hugo

Cette maison a été construite le long de l'ancienne rue de Montrichard, dans sa partie hors les murs. La façade a été épargnée par les travaux d'alignements de rue du XIXe siècle ; une photographie ancienne la présente dans un état proche de celui que nous lui connaissons à présent. La charpente de la maison, qui a fait l'objet de relevés, oriente la datation vers le XVIe siècle.

Période(s) Principale : 16e siècle

La maison est construite sur quatre niveaux dont un niveau de caves - qui est en réalité le rez-de-jardin d'un espace en contrebas - et un niveau de combles. La façade nord-est à pignon sur rue (4,10 m de large) ainsi que celles des murs gouttereaux (10 m de long) sont construites en pan-de-bois avec un hourdis de briques enduit. La façade arrière est bâtie en moellon de tuffeau jaune, la pierre de taille étant réservée aux chaînages d'angle et aux encadrements de baies. Cette maison présente une association de plusieurs caractéristiques que nous avons rencontrées à de nombreuses reprises au sein de l'architecture amboisienne de la fin du Moyen Âge. Au-dessus d'un encorbellement à double sablière, au premier étage, prend place un pan-de-bois à grille. Aujourd'hui l'encorbellement n'est plus visible en raison d'un mur en pierre de taille, dont l'aspect neuf confirme qu'il a probablement été monté devant l'ancienne façade pour compenser la faiblesse des sablières. Une baie et une porte ouvrent le rez-de-chaussée sur la rue. Si leur emplacement semble exact, leurs dimensions d'origine restent ignorées. L'encorbellement d'une vingtaine de centimètres, comme pour la plupart des maisons d'Amboise, repose sur des poteaux corniers élargis. Aujourd'hui, seul demeure le poteau à droite de la porte d'entrée. Aucune moulure n'apparaît sur les sablières en partie masquées. À l'aplomb de la sablière de chambrée, le pan-de-bois à grille du premier étage est traversé par deux longues écharpes légèrement asymétriques. Une fenêtre - sans doute une croisée à l'origine - éclaire la pièce. Elle est positionnée à l'aplomb de la baie du rez-de-chaussée et de celle du comble. De petits jours sont percés à droite comme à gauche. Le niveau du comble se lit en façade au travers des potelets pris entre deux sablières indiquant un comble à surcroît. Les deux potelets des extrémités sont légèrement inclinés vers le centre de la façade jouant le rôle de décharges. La ferme prise dans le pignon avec son entrait, diffère de la ferme centrale. Ici l'entrait repose sur les sablières longeant les murs gouttereaux, et reçoit arbalétriers et poinçon. Ce dernier lie le faîtage à l'entrait et porte de chaque côté une section du faux-entrait. Enfin, l'ensemble de la structure est fermé d'un pan-de-bois à grille semblable à ceux précédemment décrits en façade. Une baie éclaire ce comble, dont le poinçon joue le rôle de montant à droite. Le mur gouttereau oriental, à gauche du pignon sur rue, est également construit en pan-de-bois, mais sans encorbellement. Une portion du mur en moellon signale l'emplacement du conduit de cheminée d'origine. Le mur gouttereau ouest, situé à droite du pignon, présente quant à lui un soubassement en moellon de tuffeau et un encorbellement sur solives débordantes. Cette technique s'observe également au 14 rue Mirabeau ou sur une partie du pignon du 13 place Richelieu qui donne sur la rue Joyeuse. Une venelle longe ce mur gouttereau oriental, descendant en direction de la Masse. Cette maison présente ainsi des dispositions proches de celles du 78 rue Victor Hugo. Il est fort probable que la plupart des maisons implantées hors les murs du côté des numéros pairs de la rue Victor Hugo ait été construite avec un niveau en contrebas, ce niveau en rez-de-jardin servant alors de cave ou d'écurie. Les passages conservés entre les maisons garantissaient un accès à la Masse. Faisant ici office de cave, le rez-de-jardin est un espace plafonné. Les solives sont installées parallèlement à la rue et certaines reposent sur des consoles de pierre moulurées en quart-de-rond. Le sol en terre battue est conservé. Comme nous avons pu le constater plusieurs fois dans les niveaux en contrebas de la rue Victor Hugo, aucun soupirail ne donne sur la rue. Au rez-de-chaussée, seule la vis desservant la maison jusqu'au niveau du comble est authentique. Elle prend place derrière la porte d'entrée dans une cage d'escalier carrée de 2 m de côté. Le noyau circulaire de 16 cm de diamètre montre un aspect ancien tandis que de nombreuses marches ont été restaurées. Ce noyau est à rapprocher de celui du Prieuré ou du logis des Pages. La faible superficie de la maison, suppose deux distributions possibles : soit une unique pièce occupait chaque niveau, soit une cloison existait à l'aplomb de la ferme maîtresse centrale de la charpente. D'ailleurs, l'entrait de la charpente reçoit l'about des solives placées perpendiculairement à la rue Victor Hugo. Le comble demeure l'espace le moins remanié de la maison. La vis qui y mène occupe une cage close d'une porte qui sépare le reste de la maison de cet espace non isolé. Le conduit de cheminée est toujours en place dans le comble contre le mur gouttereau occidental. Une baie perce chacun des pignons. Leur châssis est récent mais il n'est pas impossible qu'elles aient existé dès l'origine. Le comble à surcroît est couvert d'une charpente à fermes et à pannes dont la pente est de 51 degrés. Il est probable que le pignon arrière construit en moellon ait été remanié puisque la charpente ne possède que deux fermes : l'une prise dans le pignon de façade et l'autre au centre du comble. Les bois de charpente s'encastrent dans la maçonnerie, qui semble finalement avoir été construite autour. D'une manière générale, l'essence des bois employés est le chêne. Les bois sont assez rectilignes avec peu de flaches mais de nombreux noeuds. Les bois de charpente sont des bois de brin et plus souvent de quartier, débités à la doloire pour les premiers et à la scie pour les seconds. Les pièces de bois présentent une section moyenne de 15 cm x 12 cm. L'ensemble des assemblages se fait à tenon-mortaise. La coupe transversale de la charpente se décrit ainsi : les arbalétriers reposent sur des blochets surélevés reposant eux-mêmes sur les sablières des murs gouttereaux. Récemment, des jambes-de-force sont venues doubler les jambes-de-force primitives, qui relient le faux-entrait à l'entrait. Le faux-entrait monoxyle est assemblé au poinçon montant au faîtage. Posées sur l'arête, les pannes sont installées à l'intérieur des arbalétriers sur les faux-entraits, comme au 46 place Michel Debré. Deux pseudo-entraits retroussés ont été installés entre les pannes, à mi-chemin entre les fermes. Ces pièces de bois présentent de simples encoches pour tenir par compression sur l'arête des pannes. Il n'y a pas de bois de remploi et les assemblages sont authentiques. La coupe longitudinale propose un faîtage et un sous-faîtage composé de deux éléments installés de part et d'autre du poinçon. Des aisseliers soutiennent la liaison du sous-faîtage au poinçon central et au poteau de la ferme du pignon. De simples liens unissent le faîte au sous-faîte. La poutre faîtière repose par enfourchement sur les poinçons des fermes. Certains chevrons sont encore d'origine. Ils présentent un entraxe de 60 cm en moyenne et sont percés de longues chevilles placées au-dessus du niveau de la panne de manière à le retenir s'ils venaient à glisser de la sablière longeant le gouttereau sur laquelle ils reposent. Cette disposition a été rencontrée à de nombreuses reprises, notamment au 7 rue Jean-Jacques Rousseau ou encore aux 40 et 46 place Michel Debré. Les aménagements élémentaires de ce comble (escalier, baie et dégagement de la surface du sol par un surcroît) indiquent la volonté, dès l'origine, de disposer d'un espace de stockage, voire d'habitation.

Murs brique
enduit
moellon
pierre de taille
pan de bois
Toit tuile plate
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, ville royale : maisons et hôtels des XVe et XVIe siècles, Indre-et-Loire. photogr. Hubert Bouvet, Thierry Cantalupo, Mariusz Hermanowicz ; llus. Anne-Marie Bonnard, Myriam Guérid. Lyon : Lieux-Dits, 2010. (Parcours du patrimoine, n°355).

  • GAUGAIN, Lucie. Amboise, un château dans la ville. [Publication de Thèse]. Rennes : presses universitaires de Rennes ; Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie