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Maison, actuellement cinéma Le Rex (26 place du Général-Saint-Pol)

Dossier IA28000366 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

Historique

L’aveu de 1648 mentionne trois tenues de bâtiments potentiellement attribuables à l’édifice : le grand Logis, la Beche Lotterye et la maison de l’enseigne Sainte-Barbe1. Ils font tous trois l’objet de fiefs urbains (droit de justice directe et juridiction). Si l’on tient compte du sens d’écriture de l’aveu (du nord vers le sud) et du fait que la parcelle étudiée soit accolée par le nord à une autre tenue également située dans l’aveu, elle pourrait être identifiée comme la tenue du grand logis. Florent Brouard est mentionné parmi ses anciens propriétaires. Membre de la noblesse de robe, il est cité comme lieutenant du sénéchal en 1561, bailli en 1575 et procureur fiscal de la Cheze et l’Oiseliere en 15922. Le cadastre de 1811 figure deux ailes disposées sur la place du marché selon en plan en L. Une cour occupe alors une grande partie de la largeur de la parcelle. Les bâtiments 2, 3 et 4 étant postérieurs à 1811, ils n’ont pas été étudiés3.

Description

Situation et composition d’ensemble

L’édifice est implanté sur une parcelle de forme laniérée, d’environ 7 m de large pour 54 m de long. L’espace construit occupe pratiquement la totalité de la place disponible. Quatre bâtiments sont identifiables. Le premier est implanté sur la place. Il est composé d’un plan rectangulaire ayant son grand côté sur la place, il possède deux niveaux d’élévation sous comble. Il est assis sur un réseau de caves en partie situé sous les bâtiments 2 et 3 qui se développent à l’arrière du premier. L’une des caves possède une voûte à nervures multiples.

Matériaux

La majorité des élévations, intérieures comme extérieures, sont enduites. Les maçonneries visibles dans les sous-sols du bâtiment 1, particulièrement dans la salle 1 et les cellules, sont composées de gros moellons de silex et de pierre de taille en calcaire pour les ouvertures et les éléments porteurs. Ces derniers portent en plusieurs endroits des traces de taille brettelée.

Élévation extérieure

La façade sur rue du bâtiment 1 comporte deux niveaux d’élévation et deux travées surmontées par un toit parallèle à la rue. Celui-ci est masqué par un mur-rideau couronné d’un fronton triangulaire. Le rez-de-chaussée est occupé par une vitrine tandis que le premier étage est doté de balustres et de fenêtres à crossettes.

Distribution intérieure

Le bâtiment 1 est accessible depuis la rue par une vitrine, le rez-de-chaussée ne comporte qu’une seule salle, située au-dessus du niveau de la place. Le bâtiment 2 prend position à la suite du premier, leur jonction est marquée par un léger coude dans le mur gouttereau est. Les caves du bâtiment 1 sont accessibles par plusieurs escaliers droits en ciment, ainsi qu'une trappe donnant sur le rez-de-chaussée du bâtiment 2. La salle n°1 est située entre 2 et 2,50 m sous le niveau de la place. De plan carré, elle est couverte par une voûte quadripartite surbaissée dont les voûtains et les nervures reposent sur un pilier central en bois ainsi que sur une base octogonale en pierre. Les nervures de la voûte sont moulurées d’un double chanfrein. L’unique porte s’ouvre depuis la salle vers un escalier droit. Elle prend place sous un arc en plein-cintre mouluré d’un chanfrein. L’escalier est flanqué par deux cellules voûtées en berceau plein-cintre situées au même niveau que la salle 1. Elles ne sont néanmoins pas desservies par son escalier droit. Les cellules sont accessibles par des portes dotées d’arc en plein-cintre et de chanfreins. Les salles 2 et 3 sont situées à environ 4 m sous le niveau de la place. Elles sont toutes deux voûtées en berceau plein-cintre. La salle 3 est accessible par un escalier depuis le bâtiment 3. L’étage et le comble du bâtiment 1 sont distribués par l’escalier du bâtiment 3, puis par la galerie (2) reliant les bâtiments 3 et 1. L’étage marque un retrait en largeur par rapport au rez-de-chaussée.

Analyse

Datation

Les marqueurs stylistiques et techniques observés dans la salle n°1 et ses cellules (nervures et portes en plein-cintre moulurées d’un chanfrein, et voûte en berceau plein-cintre ainsi que l’utilisation du module carré et de la taille brettelée) permettent, malgré le caractère inhabituel de la voûte à nervures multiples, de les dater du 13e siècle. En revanche, il est fort probable que la colonne soutenant initialement les nervures de la voûtes ait été en pierre avant d'être remplace par la pièce de bois toujours visible aujourd'hui.

L’absence de marqueurs stylistiques rend la restructuration des caves (salle 2 et escaliers droits) et la reconstruction du bâtiment 1 difficiles à dater. La voûte en berceau surbaissée de la salle 2 permet tout au plus d’affirmer qu’elle a été construite avant le 19e siècle. En revanche, le style de la façade sur rue, associé au fait qu’elle figure sur une carte postale éditée autour de 1920, permet de la dater entre le dernier quart du 19e siècle et le premier quart du 20e siècle.

Fonction

L’ensemble s’apparente à une salle basse excavée s’ouvrant sur une cave à cellules. L’unique porte d’accès s’ouvre depuis la salle n°1 en direction des cellules et de l’escalier, ce qui semble indiquer que l’on accède à l’escalier et aux cellules depuis la salle et non l’inverse. Ce fait contredit le sens actuel de la circulation et pose la question d’une autre entrée. L’escalier droit qui dessert la salle n°1 n’est pas en connexion avec le niveau de sol des cellules. Il a pour fonction de mettre en connexion la salle numéro 1 avec l’escalier droit menant du rez-de-chaussée à la salle n°2.

Ce dernier, loin d’être en lien avec la salle 1, semble recouper ses maçonneries. Les indices sont minces pour restituer l’accès primitif de la salle basse. On peut tout au plus penser à un escalier droit sur rue afin de charger plus facilement un espace qui devait être dédié au stockage. Celui-ci devait alors être surmonté d’un ou deux niveaux d’élévation ayant leur mur pignon sur rue. L’absence de vestiges en élévation et le fait que les étages ne reprennent pas la structure des caves interdisent cependant de dépasser le stade de l’hypothèse. Le bâtiment n’en est pas moins qualifié de grand logis au 17e siècle, ce dernier est alors la propriété d’un membre de la noblesse de robe. L’ancienneté du bâtiment, son emplacement comme la présence d’une salle basse voûtée en pierre de taille correspond au statut de son propriétaire. En revanche, le terme de grand logis sied peu à un bâtiment ayant une si faible emprise au sol et s’apparentant plus volontiers à une maison. Si l’hypothèse se vérifie, l’édifice aura peut-être mérité son nom d’un fort développement en hauteur plutôt qu’au sol.

1AN. Série P : article P898. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol. 22.2MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir. Série B. Chartres.1890. Sources originales : AD 28. Série B, cote 2485, 2970 et 2521.3AM Nogent-le-Rotrou. Cadastre ancien
Appellations Le Rex
Dénominations maison, cinéma
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 26 place du Général-Saint-Pol

Au niveau du sous-sol, les marqueurs stylistiques et techniques observés dans la salle n°1 et ses cellules permettent, malgré le caractère inhabituel de la voûte à nervures multiples, de les dater du 13e siècle. L’édifice est cité dans un texte de 1648 comme "le grand logis". Il appartient alors à Florent Bouard, membre de la noblesse de robe. La restructuration des caves (salle 2 et escaliers droits) et la reconstruction du bâtiment 1 n'ont pu être précisément datées. La voûte en berceau plein-cintre de la salle 2 permet tout au plus d’affirmer qu’elle a été construite avant le 19e siècle. Les bâtiments 2 et 3 et 4, ne figurant pas sur le cadastre de 1811, lui sont donc postérieurs. Le bâtiment sur rue était alors doté d’une cour et d’une aile perpendiculaire. Le bâtiment 3 est certainement construit au 19e siècle, avant que la cour ne soit occupée par le bâtiment 2. La voûte métallique et les marqueurs stylistiques identifiés sur la façade du bâtiment permettent de la dater entre le 4ème quart du 19e siècle et le 1er quart du 20e siècle. L'édifice accueille le cinéma Le Rex durant la seconde partie du 20e siècle. Aujourd'hui fermé, le cinéma appartient à la commune.

Période(s) Principale : 13e siècle
Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Auteur inconnu
Personnalité : Brouard Florent ,
Florent Brouard

Lieutenant du sénéchal en 1561, bailli en 1575 et procureur fiscal de la Cheze et l’Oiseliere en 1592.


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propriétaire, (?), attribution par source

L’édifice est implanté sur une parcelle de forme laniérée d’environ 7 m de large pour 54 m de long. L’espace construit occupe pratiquement la totalité de la place disponible. Quatre bâtiments sont identifiables. Le premier est implanté sur la place. Il est composé d’un plan rectangulaire ayant son grand côté sur la place et possède deux niveaux d’élévation sous comble. Il est assis sur un réseau de caves en partie situé sous les bâtiments 2 et 3. La salle n°1 est dotée d'une voûte à nervures multiples, la salle n°2 d'une voûte en berceau plein-cintre. Le second bâtiment, couvert au rez-de-chaussée par un toit en tôle, se réduit à un simple espace de circulation entre les bâtiments 1 et 3 à partir du premier étage. Le troisième bâtiment est doté d’un plan rectangulaire double en profondeur et de 3 niveaux d’élévation sous grenier. Il est doté de 2 niveaux de caves avec lesquelles il communique depuis son escalier. Le bâtiment 4 possède un plan rectangulaire, il est doté d'un niveau d’élévation couvert par une voûte en berceau surbaissé à structure métallique.

Murs enduit
silex moellon
calcaire pierre de taille
Toit ardoise
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte à nervures multiples
Couvertures toit à deux pans
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier droit
escalier dans-oeuvre, escalier tournant
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648).

    AN. série P : article P898. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol n°22.

    Item la jurisdiction et justice directesur troys corps de logis bastys au bas de ladicte grande place du marche lun nommé le grand logis qui fut a me florent brouard lautre la beche lotterye a louys montdeguerre et a lautre maison est attaché lenseigne saincte barbe composez de plusieurs chambres basses et haultes sur ladicte place du marché avecques quantité dautres bastimentz au derriere caves courts jardins contenant le tout ensemble quarante perches ou environ le tout en un tenant joignant par le devant a ladicte grande place du marche ayant de longueur sur icelle quattre vingtz piedz d’autre par derriere a des jardins de la rue st hillaire et au jardin de feu lubin villiers d’un costé la susdicte tenue qui fut a anne rasle et dautre costé a la tenue qui fut a jehan travers et suyvamment declaree.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

    Fol n°22.
Documents figurés
  • 418 bis - Nogent-le-Rotrou (E-et-L). La place Saint-Pol, panorama vers le nord-ouest. Vers 1920. Impr. photoméc. (carte postale). (Mairie de Nogent-le-Rotrou, services techniques).

  • Cinéma le Rex, état actuel. 1990. Plans, coupes, et élévations. (Mairie de Nogent-le-Rotrou, services techniques).

Bibliographie
  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, série B. Chartres : Impr. Garnier, 1890.

    B 2485, 2970 et 2521.
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