Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison dite La Papotière (3 rue Bourg-le-Comte)

Dossier IA28000339 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

HISTORIQUE

L'édifice est connu par les historiens percherons sous l’appellation "maison de la Papotière". Son nom proviendrait de Louis Escuyer, seigneur de la Papotière1, secrétaire de la reine mère Anne d’Autriche (régente de 1643 à 1651) et bailli de Souancé, ainsi que de Montdoucet2.

L’aveu de 1648 comporte la déclaration de maisons et tenues situées à l’emplacement de l’édifice étudié3. Celles-ci appartiennent alors à Jean de Launay, au prêtre Estienne Garnier et à Jacquine Sorin, veuve de Symon Hamenniere. Il n’est fait aucune mention de Louis Escuyer. En revanche, en 1823, l’hôtel dit de Carpentin, accolé à l’édifice étudié, est vendu par M. Denis Michel, écuyer de la Papotière, pour y installer la gendarmerie de Nogent-le-Rotrou4. Il est donc possible que l’appellation de l’édifice soit le résultat d’une erreur due à une assimilation des deux bâtiments.

Les propriétaires mentionnés dans l’aveu de 1648 : Jean de Launay et Estienne Garnier d’un côté, et Jacqueline Sorin de l’autre, sont liés à deux corps de logis distincts, qui sont dotés de chambres basses et hautes. L’un d’entre eux est en pierre de taille, possède une allée en appentis ainsi qu’une petite cour joignant par le devant la rue du Bourg-le-Comte, et par derrière l’hôtel dit de Carpentin.

S’il n’a pas été possible d’identifier le propriétaire parmi les noms cités, la mention d’un logis en pierre de taille et ses dispositions permettent de rapprocher le corps de logis décrit dans l’aveu de l’édifice étudié. En effet les bâtiments en pierre de taille sont aussi rares dans l’aveu qu’en élévation.

En 1811, l’édifice est composé d’au moins trois bâtiments disposés selon en plan en L, articulés autour d’une petite cour. Celle-ci n’a aucun contact avec la rue du Bourg-le-Comte.

Carte postale, face nord, 1ere moitié 20e.Carte postale, face nord, 1ere moitié 20e.Lithographie, face nord, 19e siècle. (Bibliothèque municipale de Chartres - Médiathèque l'Apostrophe, fonds iconographique).Lithographie, face nord, 19e siècle. (Bibliothèque municipale de Chartres - Médiathèque l'Apostrophe, fonds iconographique).

Relevé de la face nord, 1906 (Médiathèque du Patrimoine, cartes et plans).Relevé de la face nord, 1906 (Médiathèque du Patrimoine, cartes et plans).

La façade nord du bâtiment sur rue est représentée à plusieurs reprises au cours des 19e et 20ème siècles. Ainsi, sur les dessins du 19e siècle5, la porte du rez-de-chaussée est accostée par une demi-croisée à gauche et une croisée à droite. Sur le relevé de 19066, la croisée a été remplacée par une porte et une fenêtre, tandis qu’une nouvelle ouverture a été percée à droite de la porte. Un rampant sculpté de feuilles de choux frisés et une crossette sculptée sont visibles sur le pignon est du bâtiment. Ce dernier est surmonté par une souche de cheminée en pierre. Une carte postale du début du 20e siècle (ci-contre) montre la façade nord du bâtiment sur rue, dans un état proche de celui qu’on lui connaît aujourd’hui. Le soubassement, encore visible en 1906, a été intégralement repris. La porte et la fenêtre prenant place à gauche de la porte ont été remplacées par une fenêtre à meneau. L’appui de la fenêtre accolée à l’angle nord-ouest de la façade semble avoir été abaissé. Le rampant sculpté a disparu.

DESCRIPTION

Situation

Plans de situation.Plans de situation.La parcelle qui accueille l’édifice est implantée le long de la rue du Bourg-le-Comte. Celle-ci est située dans le prolongement de la rue Saint-Laurent. Les deux rues forment un des axes principaux de Nogent-le-Rotrou, reliant le prieuré-doyenné de Saint-Denis au pied du château Saint-Jean. La parcelle est située en face de la maison Michelet, son extrémité sud est accolée à la parcelle occupée par l’Hôtel dit Carpentin. Son plan adopte la forme d’un rectangle ayant son grand côté perpendiculaire à la rue. Elle occupe sur cette dernière une largeur de 9,4 m, sa surface au sol est de 168 m².

Composition d’ensemble

L’édifice est composé de trois bâtiments disposés selon en plan en L articulé autour d’une cour arrière.

Structure

Plan du rez-de-chaussée.Plan du rez-de-chaussée.Le bâtiment 1 possède un plan rectangulaire. Son mur gouttereau nord longe la rue Bourg-le-Comte. Le premier niveau est couvert d’un plancher porté par deux poutres. Il est divisé en deux salles communicantes (1.1 et 1.2), séparées par une cloison ménagée sous l’une des poutres du plancher du deuxième niveau. La salle 1.1 est chauffée par une cheminée implantée dans le mur pignon ouest. Son manteau à plate-bande est porté par des consoles moulurées de talons, reposant sur des piédroits prenant la forme de colonnes engagées. La transition entre le manteau et la hotte droite est assurée par un bandeau. La hotte est surmontée par une corniche moulurée en cavet. Celle-ci porte une assise de pierre faisant saillie sur la hotte de manière à porter l’âtre du foyer du niveau supérieur. La structure du plancher de la salle 1.2 porte la trace du passage d’une ancienne hotte au contact du mur pignon est. Le bâtiment 1 est directement accessible depuis la rue, par l’intermédiaire d’une porte implantée au centre de son mur gouttereau nord. Cette porte est disposée dans l’axe d’une des portes permettant d’accéder au bâtiment 2. Le mur gouttereau sud possède en effet trois portes. Deux permettent d’accéder au bâtiment 2 depuis les salles 1.1 et 1.2, tandis que la dernière permet la communication entre la cour et la salle 1.1. Les embrasures de la porte O-1112 et de la fenêtre O-1113 sont surmontées d’un arc surbaissé. Celles des fenêtres O-1111 et O-1114 sont percées sous des plates-bandes. Les allèges des trois fenêtres sont montées en briques. Côté sud, les deux portes s’ouvrant sur le bâtiment 2 possèdent des embrasures surmontées d’arcs surbaissés. Côté ouest, la salle 1.1 communique avec le bâtiment situé au n°1 rue Bourg-le-Comte par une porte ménagée dans son mur pignon.

Le bâtiment 2 est doté d’un plan rectangulaire. Son côté est n’est pas placé dans l’alignement du pignon est du bâtiment 1 et forme donc un angle obtus avec ce dernier. Il possède une petite avancée perpendiculaire en direction du sud de la cour. A l’est, il accueille un escalier tournant en bois. Les premières marches de celui-ci viennent buter contre le noyau d’un ancien escalier en vis. Un mur et un placard mural ont été implantés sous ses marches. Le bâtiment 2 possède, en plus des deux portes communiquant avec le bâtiment 1, deux portes s’ouvrant sur la cour et sur le bâtiment 3. Elles sont toutes deux percées sous un linteau en bois.

Le bâtiment 3 communique à la fois avec la cour et le bâtiment 2. Il est composé d’une salle unique, couverte par un plancher.

Plan du premier étage, deuxième moitié du 20e siècle. (Archives privées).Plan du premier étage, deuxième moitié du 20e siècle. (Archives privées).Le second niveau du bâtiment 1 est accessible par une porte ouverte depuis l’escalier situé dans le bâtiment 2. Son volume est divisé en deux salles par une cloison en pan de bois ménagée sous une des poutres du plancher du niveau supérieur. La salle 1.3 est éclairée par deux fenêtres, l’une sur cour, l’autre sur rue. Leurs embrasures, comme celle de la porte d’accès, sont surmontées d’arcs surbaissés. Le vantail de la porte est sculpté d’un motif en plis de serviette. La salle 1.3 comporte les traces d’une souche de cheminée sur son mur ouest. Ce même mur possède un passage vers le bâtiment situé au n°1 rue Bourg-le-Comte, dont le niveau de sol est plus bas. La salle 1.4 est accessible par un trou laissé dans la cloison qui la sépare de la salle 1.3. Elle disposait d’une porte dont l’embrasure est couverte par un arc surbaissé s’ouvrant depuis le bâtiment 2. Elle est désormais bouchée. La salle 1.4 est éclairée par une fenêtre donnant sur la rue. Elle est chauffée par une cheminée à hotte droite. Ses piédroits sont composés de colonnes circulaires engagées reposant sur des piédestaux polygonaux. Ils sont surmontés par des consoles pyramidales moulurées de deux cavets et d’une baguette supportant un manteau en bois. Une partie des consoles du manteau a été modifiée.

Le bâtiment 2 adopte un plan en L dont une partie empiète sur le bâtiment 3. Il est éclairé par une petite ouverture donnant sur la cour.

Le bâtiment 3 est accessible depuis le bâtiment 2. Il est divisé en quatre salles par des cloisons. Il est éclairé depuis la cour.

Le comble du bâtiment 1 est aménagé. Trois souches de cheminées sont visibles, une sur le mur est, deux sur le mur ouest. La partie haute de la charpente a pu être observée. Elle est à fermes et pannes avec faux-entraits et poinçons. Elle est contreventée par des sous-faitières. Le comble du bâtiment 3 possède une souche de cheminée.

Élévations

Face nord, vue du nord-ouest.Face nord, vue du nord-ouest.La façade nord du bâtiment 1 est construite en pierre de taille calcaire comportant des noyaux siliceux. Elle est composée de deux niveaux et de deux à quatre travées surmontées par un toit à deux versants doté d’une lucarne au nord.

Les deux premières assises du niveau sont largement perturbées. Elles possèdent des blocs de pierre irréguliers qui contrastent avec ceux utilisés ailleurs sur l’élévation.

Au premier niveau, la façade est percée par quatre ouvertures. La fenêtre O-1111 prend place sous une plate-bande dont la clef repose sur un meneau. La structure de l’ouverture, comme de son appui, indiquent qu’elle a été réinsérée dans la façade. La fenêtre est moulurée de deux cavets tandis que son meneau est sculpté d’un cavet et d’un réglet. La porte O-1112 prend place sous un arc en anse de panier. Son encadrement est mouluré par un cavet et une baguette retombant sur des colonnettes polygonales. Le coup de sabre observé au-dessus de la porte laisse à penser qu’elle était surmontée par un arc en accolade avant que celui ne soit bûché. La pierre blanche et lisse utilisée en partie basse de la fenêtre O-1113 indique qu’elle a fait l’objet d’une reprise. L’ouverture est ménagée sous un double linteau surmonté d’un larmier partiellement bûché. Elle est moulurée de cavets et de baguettes. Celles-ci s’entrecroisent à angle droit à la rencontre des piédroits et du linteau. Elle repose sur des colonnettes polygonales. L’ouverture O-1114 est percée sous une plate-bande. Elle est moulurée d’un double cavet.

Le second niveau est éclairé par deux ouvertures, une demi-croisée (O-1121) et une croisée (O-1122). La première prend place sous un linteau doté d’un larmier reposant sur des consoles. Celles-ci sont sculptées d’entrelacs végétaux. La fenêtre est moulurée de cavets et de réglets. Ces derniers s’entrecroisent à angle droit à la rencontre des piédroits et du linteau. Ils reposent sur des colonnettes polygonales. La traverse de la croisée est insérée dans ses piédroits entre deux assises. Les coups de sabre visibles au contact des deux assises situées sous la fenêtre indiquent que son appui n’est pas d’origine. La seconde possède un double linteau surmonté d’un larmier reposant sur des consoles. La partie intérieure du larmier est sculptée d’un décor végétal s’apparentant à de la vigne (feuilles et grappes). Celle-ci sort, aux deux extrémités du larmier, des gueules de deux monstres à la queue serpentine et dotés d’ailes semblables à celles d’une chauve-souris7. La console gauche est sculptée d’un homme à quatre pattes portant le poids du larmier sur son dos, ses jambes s’apparentant aux pattes d’un chien. La console droite est sculptée d’un monstre serpentin, dont la tête à cornes est manquante. La fenêtre est moulurée de cavets et de réglets. Ceux-ci s’entrecroisent à angle droit à la rencontre des piédroits, du linteau et de la traverse. Ils reposent sur des colonnettes polygonales. La traverse est insérée dans les piédroits entre deux assises. La corniche qui couronne l’élévation est moulurée d’un talon droit.

Face nord, détail de la lucarne.Face nord, détail de la lucarne.La lucarne O-1131, est placée à l’aplomb des fenêtres O-1122 et O-1113. Son ouverture est surmontée par un double linteau, sculpté d’une arcature aveugle et trilobée reposant sur des consoles. Ces dernières prennent la forme de grappes de fruits (semblable à du raisin). L’une d’entre elles est sculptée d’une tête à cornes. L’encadrement de l’ouverture est mouluré de doubles cavets reposant sur des colonnettes polygonales. Le meneau et la traverse sont sculptés d’un réglet. Celui du meneau repose sur une colonnette polygonale. La traverse est insérée dans les piédroits entre deux assises. L’ouverture est surmontée d’un pignon encadré par deux pinacles. Le pignon possède des rampants sculptés de feuilles de choux frisés. Les rampants du tympan sont sculptés d’un décor similaire à celui observé sur le linteau. Le blason du Perche y est visible, aux côtés d’une couronne végétale portant un second blason fait d’une fasce chargée de trois coquilles accompagnées de six merlettes, trois en chef et trois en pointe8.

Le pignon est porte une crossette sculptée d’un animal à la gueule béante, dont la couronne et les nageoires pectorales rappellent celles d’un hippocampe. Il possède également des pattes antérieures pourvues de griffes et une queue. La crossette semble avoir été redéposée sur la base du toit.

La façade sud du bâtiment 1 est composée de deux travées et de deux niveaux d’élévation. Elle est construite en moellons de calcaire recouverts par un enduit. Le premier niveau est percé par une fenêtre et une porte.

La première possède un linteau, elle est moulurée d’un chanfrein. Son encadrement utilise une pierre lisse, de couleur blanche à jaune. En partie haute, son piédroit droit marque un coup de sabre avec trois assises disposées entre l’ouverture et la porte qui lui est accolée. Celle-ci prend place sous un double linteau doté d’un larmier reposant sur des consoles. La porte est moulurée par un double cavet. En partie basse, les pierres utilisées dans les piédroits laissent à penser qu’ils sont issus d’une seconde phase de construction.

L’unique fenêtre observée au second niveau est une demi-croisée. Elle est percée sous un linteau surmonté d’un larmier sur consoles. Son encadrement est mouluré en cavets et baguettes. Ces dernières s’entrecroisent à angle droit à la rencontre des piédroits et du linteau. Elles reposent sur des colonnettes polygonales. Le piédroit gauche montre des traces de reprise.

Le mur pignon ouest du bâtiment 2 est plaqué contre le mur gouttereau sud du bâtiment 1. Il est doté au sud d’une chaîne d’angle de pierre de taille calcaire comportant des noyaux siliceux. Son premier niveau est éclairé par une petite fenêtre sous linteau. Le bâtiment est couvert par un toit en appentis.

Face sud, vue du sud.Face sud, vue du sud.La façade sud du bâtiment 2 compte deux niveaux pour une seule travée. Au premier niveau, elle est dotée d’une porte à linteau. L’encadrement de ce dernier est réalisé dans une pierre lisse de couleur jaune à blanche. Le second niveau est éclairé par une petite fenêtre aux piédroits en pierre et à linteau en bois. Le mur pignon ouest marque une saillie à la manière d’un contrefort sur la façade sud.

Face ouest, vue de l'ouest.Face ouest, vue de l'ouest.La façade ouest du bâtiment 3 possède deux niveaux d’élévation et cinq travées irrégulières.

Le premier niveau est construit en moellons de calcaire, recouverts d’enduit. Il comporte quatre fenêtres dont : une fenêtre tronquée à linteau en bois, une fenêtre à double linteau et meneau, une fenêtre à linteau et une petite fenêtre à linteau. L’unique porte est également couverte d’un linteau. Elle s’ouvre depuis le bâtiment 3 en direction de la cour.

Le second niveau est construit en pan de bois. Celui-ci comporte deux registres. Le premier est composé de guettes en croix de Saint-André et de potelets portant des pièces d’appuis recevant les poteaux et les fenêtres du registre supérieur. Celui-ci est percé de quatre fenêtres en bois ménagées directement sous la sablière, à l’exception de la petite fenêtre située au contact du bâtiment 2. Au-delà des poteaux de remplissage, la sablière est portée par un poteau commun aux deux registres et dotée d’aisseliers. Le bâtiment est couvert par un toit en appentis comportant une souche de cheminée.

CONCLUSION

Présentation du parti général

Le caractère résidentiel de l’édifice est attesté par la présence de cheminées. Sa petite taille et la présence d’un accès direct sur rue permettent de lui attribuer la fonction de maison. L’abondance et la qualité de ses décors témoignent de l’origine patricienne de son propriétaire.

Synthèse des observations concernant l’homogénéité de l’œuvre

Relevé en élévation, face nord avec indication des reprises.Relevé en élévation, face nord avec indication des reprises.Le recours combiné aux documents anciens, à la description et aux relevés, a permis de pointer un certain nombre de reprises sur le bâtiment 1.

Ainsi, côté nord, les irrégularités observées sur les encadrements des ouvertures O-1111 et O-1113 s’expliquent par le fait qu’elles sont de création récente. En effet, elles ne figurent pas sur les documents antérieurs au 20e siècle9. L’information est confirmée par l’utilisation de briques dans leurs allèges.

La pierre triangulaire observée au-dessus de la porte O-1112 est le vestige d’un arc en accolade figurant sur les documents antérieurs à 190610. Celle-ci était accompagnée de pinacles.

Malgré les coups de sabre observés au niveau de leurs appuis, le reste des encadrements de la porte O-1112 et des fenêtres O-1121 et O-1222 est cohérent avec le parement du mur nord. En revanche l’ensemble des meneaux et des traverses observés sur les croisées ont été réinsérés. Leurs pierres, plus blanches, contrastent avec celles utilisées en parement.

Si la crossette observée sur le pignon ouest semble redéposée, sa présence est attestée sur un dessin de 190611. Elle a donc certainement été replacée au même endroit après la suppression du pignon en pierre de taille.

Le même dessin comporte un détail du pignon de la lucarne O-1131. Celui-ci ne comporte pas de blason à gauche, tandis que celui se trouvant à droite est laissé vide12. Les deux blasons ont donc été sculptés après 1906.

Côté sud, l’utilisation d’une pierre lisse13 de couleur jaune indique que la fenêtre du premier niveau est postérieure aux autres ouvertures présentes sur la façade. Celles-ci sont construites dans une pierre calcaire blanche à noyau siliceux. Les piédroits de la porte observée au même niveau montrent une reprise en partie basse, ce qui laisse à penser que l’ouverture était antérieurement une fenêtre. L’encadrement de l’unique fenêtre du second niveau montre quelques irrégularités, à l’image de sa traverse réinsérée. Elle est néanmoins cohérente avec le mur sud.

A l’intérieur, la différence de niveau, l’autonomie de son système de distribution et de sa charpente indiquent que le premier bâtiment n’est pas contemporain du bâtiment situé au n°1 rue Bourg-le-Comte avec lequel il communique par son pignon ouest.

Le mur pignon ouest du bâtiment 2 vient clairement se plaquer contre les piédroits des ouvertures de la façade sud du bâtiment 1. Il lui est donc postérieur. La présence du départ d’un escalier en vis et les irrégularités de plan du bâtiment 2 témoignent d’un état antérieur sans qu’il soit possible de le restituer. Le bâtiment devait se limiter à son escalier et se trouvait dans le prolongement du bâtiment 3.

Essai de datation des parties

Le bâtiment 1 peut être daté entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle sur la base d’éléments stylistiques suivants :

    • Vue intérieure, premier étage, bâtiment 1, salle 1.4, cheminée du mur pignon est.Vue intérieure, premier étage, bâtiment 1, salle 1.4, cheminée du mur pignon est.Les croisées à double linteau dotées de larmiers reposant sur des consoles, de baguettes et de réglets.
    • La porte (O-1112) à arc en anse de panier, baguette et colonnette polygonale.
    • Le répertoire décoratif utilisé (emprunts au bestiaire médiéval).
    • La cheminée du second niveau avec ses piédroits formés de bases polygonales, de colonne engagée semi-circulaire et de consoles pyramidales.
    • Le vantail de la porte de la salle 1.3 sculpté d’un décor de plis de serviette.

Le type de charpente utilisé peut être daté entre 1300 et 170014, ce qui conforte la datation admise sans la préciser.

Le bâtiment 2 ne peut être précisément daté. Son escalier en vis indique une possible contemporanéité avec le bâtiment 1. Néanmoins si celui-ci lui était synchrone, il aurait certainement été situé au contact des deux portes qui desservent son étage. A moins qu’il ne soit également synchrone du bâtiment 3 et qu’il ait été placé dans son prolongement à cause de l’étroitesse de la cour. Il est impossible ici de dépasser le stade de l’hypothèse.

Le bâtiment 3 a été daté sur la base de son pan de bois. En effet l’utilisation de deux registres, ainsi que de panneaux à croix de Saint-André, peut être daté stylistiquement entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle.

Essai de restitution : la maison (seconde moitié du 15e - moitié du 16e)

Le bâtiment 1 disposait au rez-de-chaussée d’un accès central, de deux fenêtres sur rue, de deux portes donnant sur la cour ou sur le bâtiment 2 et peut-être de deux cheminées. Son volume devait donc être divisé en deux pièces par une ou deux cloisons formant un couloir. Ce dernier aurait alors permis de passer de la rue à la cour sans avoir à entrer dans les salles 1.1 et 1.2.

Le bâtiment 2 était doté d’un escalier en vis. Il est cependant impossible de savoir si celui-ci se limitait à son seul escalier, les portes sud du bâtiment 1 auraient alors débouché dans la cour à partir de laquelle on accédait à l’escalier, ou s’il englobait les deux portes susnommées. La première solution aurait nécessité un passage en porte-à-faux à l’étage afin de desservir les portes du bâtiment 1. Le bâtiment 3 devait prendre place dans le prolongement de l’escalier du bâtiment. Rien n’indique15 qu’il ait desservi ou ait été accolé à une aile en fond de cour.

A l’étage, la présence d’une distribution double, de deux fenêtres sur rue et peut-être de deux cheminées dans le bâtiment 1, permet là encore d’y restituer deux pièces. En revanche, il n’a pas été possible de restituer le volume interne du bâtiment 3.

1Le lieu-dit "La Papotière" se situe à 12 km de Nogent-le-Rotrou dans la commune de Coulonges-les-Sablons (61110). 2SIGURET, Philippe. "Les coutumes du Perche". "Cahiers percherons", 1958, n°7, p. 17.3AN. Série P : article P898. "Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648)". Fol 28 v°. Cf. Etude de l’aveu de 1648.4AD 28. Série N : 4 N 143 (1746-1880). "Acquêt du Conseil Général, 5 novembre 1822".5Maison gothique rue Bourg le Comte. Gouverneur. Lithographie, 19e siècle. Médiathèque l’Apostrophe, Chartres. Fonds iconographique Eure-et-Loir, n°1352 à 1425. Et Maison rue Bourg Le Comte. Planche X, crayon et aquarelle par Elodie Hurvoy, 1903. (Collection privée). Cf. illustrations.6Département d'Eure-et-Loir, Nogent-le-Rotrou et ses environs. Goubert (architecte), relevés, 1906. Médiathèque du Patrimoine, cartes et plans : 082.28.2023. Cf. illustrations.7Le décor est très semblable à ce que l’on peut observer sur l’une des portes de l’église Saint-Laurent. Dossier d’inventaire : IA28000293 - Église paroissiale Saint-Laurent, illustration : IVR24_20152800364NUCA.8Il s’agit des armes de Louis Escuyer, seigneur de la Papotière.9"Maison gothique rue Bourg le Comte", lith. Gouverneur. Lithographie, 19e siècle. (Médiathèque l'Apostrophe, Chartres. Fonds iconographique, Eure-et-Loir, n°1352 à 1425). "Maison rue Bourg-Le-Comte, planche X". Crayon et aquarelle par Elodie Hurvoy, 1903. (Collection privée). Cf. illustrations.10"Maison gothique rue Bourg le Comte", lith. Gouverneur. Lithographie, 19e siècle. (Médiathèque l'Apostrophe, Chartres. Fonds iconographique, Eure-et-Loir, n°1352 à 1425). "Maison rue Bourg-Le-Comte, planche X". Crayon et aquarelle par Elodie Hurvoy, 1903. (Collection privée). Cf. illustrations.11"Relevé de la face Nord", 1906. (Médiathèque du Patrimoine, cartes et plans). Cf. illustrations.12Il devait certainement être bûché comme la plupart des blasons observés à Nogent.13Il s’agit certainement de pierre reconstituée.14HOFFSUMMER, Patrick. "Les charpentes du XIe au XIXe siècle : typologie et évolution en France du Nord et en Belgique". Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2002. p.242. HOFFSUMMER, Patrick. "Les charpentes du XIe au XIXe siècle, Grand Ouest de la France". Turnhout : Brépols. 2011. p.159.15Y compris sur le cadastre ancien.
Appellations La Papotière
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 3 rue Bourg-le-Comte

L’édifice est connu par les historiens percherons sous l’appellation « maison de la Papotière ». Son nom proviendrait de Louis Escuyer, seigneur de la Papotière, secrétaire de la reine mère Anne d’Autriche (régente de 1643 à 1651) et bailli de Souancé, ainsi que de Montdoucet. L’aveu de 1648 comporte la déclaration de maisons et tenues situées à l’emplacement de celui-ci. Parmi celles-ci, l'une est décrite comme étant construite en pierre de taille et étant située entre la rue Bourg-le-comte et l'hôtel de Carpentin. Il pourrait s'agir de l'édifice situé actuellement au 3 rue Bourg-le-Comte. Divers documents graphiques datant du 19e siècle et du début du 20e siècle permettent d'apprécier les modifications apportées à la façade antérieure. Les différents marqueurs stylistiques observés (répertoire décoratif, croisées, porte à arc en anse-de-panier, baguettes et réglets...) permettent de dater l'édifice de la seconde moitié du 15e siècle ou de la première moitié du 16e siècle.

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle, 1ère moitié 16e siècle , (?)

La parcelle qui accueille l’édifice est implantée le long de la rue du Bourg-le-Comte. Celle-ci est située dans le prolongement de la rue Saint-Laurent. Les deux rues forment un des axes principaux de Nogent-le-Rotrou, reliant le prieuré-doyenné de Saint-Denis au pied du château Saint-Jean. L’édifice est composé de trois bâtiments disposés selon en plan en L articulé autour d’une cour arrière. Il comprend un étage carré, le bâtiment sur rue comptant également un étage de comble. La façade sur rue de ce dernier est constituée d'un moyen appareil de pierre de taille calcaire, tandis que sa façade postérieure est construite en moellons de calcaire enduits. Le bâtiment en retour d'équerre sur la cour comprend en rez-de-chaussée une maçonnerie en moellons de pierre calcaire et un pan de bois à l'étage. La toiture est couverte de tuiles plates. Les encadrements des ouvertures de la façade antérieure sont très travaillés : moulures à cavets et réglets, lucarne à fronton triangulaire aux rampants sculptés encadrés de pilastres.

Murs calcaire moyen appareil
calcaire moellon enduit
pan de bois
Toit tuile plate
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant, en charpente
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à étudier
Éléments remarquables maison
Protections inscrit MH, 1930/03/22
Précisions sur la protection

Façade et toiture : inscription par arrêté du 22 mars 1930

Annexes

  • Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol 28 v°.

    AN, série P : article P898. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol 28 v°.

    [...] Item un denier de cens par chacun an au jour sainct remy sur la maison et tenue de jean de launay me estienne garnier prestre et jacquine sorin veufve symon hamenniere scize en ladicte rue du bourg le conte parroisse nostre dame contenant deux logis ayans chambres basses et haultes devant et derriere dont lun est de pierre de taille une allée apentils et petitte court joignant par le devant a ladicte rue du bourg le conte par le derriere a la tenue du sieur de montgobert et françoyse le sueur son espouze dun coste a la susdicte tenue et dautre costé a la tenue cy apres et premiere declaree [...]

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

    Fol 28 v°
  • AD Eure-et-Loir. Série N : 4 N 143. Acquêt du Conseil Général. 5 novembre 1822.

Documents figurés
  • 3-5 rue Bourg-le-Comte. Seconde moitié du 20e siècle. Plans. (Archives privées).

  • Département d'Eure-et-Loir, Nogent-le-Rotrou et ses environs / Goubert (architecte). 1906. Relevés. (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. Cartes et plans : 082.28.2023).

  • Maison gothique rue Bourg le Comte / lith. Gouverneur. 19e siècle. Lithographie. (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe. Fonds iconographique, Eure-et-Loir, n°1352 à 1425).

  • Maison rue Bourg-Le-Comte, planche X / Élodie Hurvoy. 1903. Crayon et aquarelle. (Archives privées).

  • 328 - Nogent-le-Rotrou (E. et L.) 3 rue Bourg-le-Comte. Date inconnue. Impr. photoméc. (carte postale). (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-Le-Rotrou).

Bibliographie
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle : typologie et évolution en France du Nord et en Belgique. Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2002.

    p.242
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle, Grand Ouest de la France. Turnhout : Brépols. 2011.

    p.159
Périodiques
  • SIGURET, Philippe. Introduction Historique. Les coutumes du Perche. Nogent-le-Rotrou et le Perche nogentais. Cahiers percherons, septembre 1958, n°7.

    pp. 17.
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien