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Maison Jean Pallu (11 rue du Paty)

Dossier IA28000346 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

HISTORIQUE

Face ouest, vue de l'ouest.Face ouest, vue de l'ouest.L’aveu de 1648 comporte la déclaration sur une « maison et tenue » située à l’actuel n°11 de la rue du Paty1. Celles-ci appartiennent d’une part aux héritiers d’Odard Saussereau, et d’autre part au sieur de Montgobert2. La tenue est composée d’une maison avec cellier, chambres basses, chambres hautes et greniers ainsi que d’une cour, d’étables, d’aisances et de commodités. Elle aurait précédemment appartenu à Jean Pallu3.

Sur le cadastre de 18114, l’édifice est composé d’un bâtiment sur rue, accolé à un passage. Celui-ci permet de rejoindre une seconde construction, disposée en retrait. Deux parcelles sont dessinées à sa suite, elles prennent place sur les pentes du plateau Saint-Jean.

DESCRIPTION

Situation et composition d’ensemble

Plans de situation.Plans de situation.L’édifice se situe sur quatre parcelles implantées entre la rue du Paty et les fossés du château Saint-Jean. Deux de ces parcelles, les plus à l’est, sont ainsi disposées sur les pentes du plateau Saint-Jean. La rue du Paty est un des tronçons qui compose l’axe principal de Nogent-le-Rotrou. Au nord elle permet de rejoindre Chartres, tandis qu’au sud elle permet de gagner Le Mans.

Les bâtiments étudiés sont au nombre de trois. Le bâtiment 1 prend place entre une cour avant et une cour arrière, à laquelle succède un jardin implanté sur les pentes du plateau Saint-Jean. La cour antérieure communique avec son premier niveau, tandis que la cour postérieure est accessible par son second niveau. La cour postérieure communique avec le premier niveau du bâtiment 3, celui est disposée à la suite du bâtiment 1, son rez-de-chaussée correspond à l’étage du bâtiment 1. Le bâtiment 2 prend place le long de la cour avant. Il est implanté dans le prolongement d’un bâtiment situé sur une parcelle voisine, au n°13 de la rue du Paty.

Structure

Plan du rez-de-chaussée et de la cave.Plan du rez-de-chaussée et de la cave.Le premier niveau du bâtiment 1 est composé de deux salles accessibles depuis la cour avant. La salle 1.1 possède trois travées couvertes de voûtes d’arêtes reposant sur des petits piliers carrés. Elle est construite en pierre calcaire de petit et moyen appareil. Les murs gouttereaux sont montés en moellons de silex. Côté nord, la première travée est percée par une porte en plein-cintre bouchée. L'un des quartiers de la voûte de la première travée vient buter contre ses claveaux. Elle s’ouvrait sur un bâtiment situé au n°9 de la rue du Paty. Le mur pignon est est construit en pierre de taille calcaire de moyen appareil. Il est doté d’un ébrasement interne, conduisant à une arcade en plein-cintre à double rouleau et chanfrein, ouverte sur la cave. Cette arcade est surmontée par une fenêtre bouchée à meneau central, portant les traces du châssis d’une ancienne fenêtre. Elle donne actuellement dans un soupirail situé au second niveau du bâtiment 3 (non étudié). Les berceaux des voûtes de la salle 1.1 sont recouverts d’un enduit peint. La seconde travée porte ainsi un décor composé d’un anneau jaune à bordure noire, peint en son centre d’une fleur s’apparentant à un lys rouge. Les arêtes de la voûte sont soulignées d’un bandeau rouge à bordure noire. L’enduit porte à plusieurs endroits des traces d’incisions réalisées pour guider le geste du peintre. Le mur séparant la salle 1.1 de la salle 1.2, très encombrée, ne semble pas comporter de communication entre ces deux salles. La troisième travée de la salle 1.1 compte néanmoins une petite fenêtre carrée ouverte sur la salle 1.2.

Bâtiment 1, rez-de-chaussée, salle 1.1, décor.Bâtiment 1, rez-de-chaussée, salle 1.1, décor.

La salle 1.2 s’ouvre sur la cour avant. Elle comprend deux volumes irréguliers, séparés par un arc en plein-cintre construit en pierre calcaire de moyen appareil. Le volume ouest est couvert par un plafond en brique creuse, tandis que le volume oriental est surmonté d’un plancher. Ce dernier possède plusieurs indices de reprises dans ses maçonneries, sans qu’il ait été possible d’en déceler la cause. On retiendra néanmoins la présence d’une structure en brique accolée à son angle sud-est. Les murs sont construits en moellons de silex, ponctuellement accompagnés de moellons de calcaire. Côté sud, la salle 1.2 s’ouvre sur la salle 2.2 du bâtiment 2 par une porte à linteau en pierre portant des traces de reprises.

La salle 2.1 est accessible depuis la cour avant par une porte, dont une partie de l’encadrement est en brique. Elle possède une cheminée sur son mur est. Celle-ci est composée d’un faux manteau doté d’un arc de décharge surbaissé, dont une partie est manquante. Il repose sur des consoles pyramidales. Les piédroits de la cheminée sont moulurés en quart-de-rond. Ils marquent un coup de sabre avec le contre-coeur de la cheminée. Ce dernier est percé par un arc en plein-cintre, sous lequel deux coups de sabre sont visibles. Ceci peut être interprété comme les vestiges d’une ancienne porte, sur laquelle la cheminée serait venue se plaquer.

Les salles 2.1 et 2.2 communiquaient par une porte dont l’ébrasement est couvert par un arc en plein-cintre. Celle-ci est actuellement bouchée. Du côté de la salle 2.2, la porte possède un arc en plein-cintre à deux claveaux moulurés d’un chanfrein. L’un de ses piédroits a été élargi. La salle est dotée d’un plan triangulaire. Elle est couverte par une voûte en berceau plein-cintre reprenant le plan de la salle. Les murs sont construits en moellons de silex, la voûte est montée en pierre de taille calcaire rapidement dégrossie. Le mur est percé de trois niches carrées portant des négatifs de vantaux.

Vue intérieure, cave du bâtiment 1.Vue intérieure, cave du bâtiment 1.La cave (à l’est du bâtiment 1) est accessible par un escalier droit, donnant sur la salle 1.1. Celui-ci mène à un vaisseau distribuant cinq cellules disposées en quinconce. Le vaisseau est couvert d’une voûte en berceau surbaissée. Il mesure 15,30 m de long pour 1,90 m de large. Les cellules adoptent une largeur d’environ 1,90 m et une profondeur variant entre 1,30 m et 2,40 m. Elles sont accessibles par des arcades basses ménagées sous des arcs surbaissés, elles sont couvertes par des voûtes également surbaissées. Les cinq cellules débouchent toutes sur un front de taille. Les murs de la cave sont construits en moellons de silex. Des traces de brettelure et de layage oblique ont été identifiées sur les pierres de taille qui composent les arcades des cellules. Les voûtes sont construites en pierre de taille calcaire rapidement dégrossie. Plusieurs coups de sabre ont été identifiés sur la voûte du vaisseau central, ce qui peut être identifié comme la jonction entre deux coffrages. La voûte est plaquée sur les arcades basses des niches percées dans les murs gouttereaux du vaisseau.

Plan du premier étage.Plan du premier étage.Le second niveau est composé de plusieurs volumes irréguliers, prenant place de part et d’autre d’un mur de refend dans les bâtiments 1 et 3. Celui s’appuie sur les piliers séparant les voûtes de la deuxième et de la troisième travée du rez-de-chaussée de la salle 1.1 et sur l'arc en plein-cintre de la salle 1.2. Au niveau du comble, ces volumes sont couverts par deux toitures distinctes prenant place de part et d’autre du mur de refend. Ce qui a amené à dissocier le bâtiment (1) en deux bâtiments distincts (1 et 3), à partir du second niveau d’élévation.

Le bâtiment 1 est accessible par un escalier extérieur droit en pierre rose, disposé dans la cour avant. Il est divisé en plusieurs salles (1.3 à 1.6) par des cloisons. Celles-ci sont éclairées par plusieurs fenêtres depuis la cour avant. Les traces d’une ancienne cheminée sont visibles sur le mur pignon est, tandis que le mur gouttereau nord comporte une niche surmontée d’un arc surbaissé semblable à une ancienne ouverture. Le volume est ouvert sur la cour arrière au sud et sur les salles 3.1 et 3.2 du bâtiment 3 à l’est. La salle 3.1 est accessible depuis un petit escalier composé de trois marches. Elle possède un escalier en vis en bois desservant le troisième niveau. Elle s’ouvre également sur la salle 3.3 et sur la cour. La première communique par un escalier droit avec le jardin situé sur les pentes du plateau Saint-Jean. Le bâtiment 2 possède une salle unique (2.3) accessible depuis la cour. Cette salle est couverte d’un plancher et comporte une cheminée, disposée au-dessus de celle du premier niveau.

En raison des mauvaises conditions d’accessibilité, le troisième niveau n’a pu être étudié.

Élévations extérieures

La façade ouest est composée de trois niveaux d’élévation, surmontés d’un toit à deux pans à pignon découvert.

Face ouest, vue de l'ouest.Face ouest, vue de l'ouest.Le premier niveau possède deux portes carrossables à plates-bandes (O-1211 et O-1212), construites en pierre blanche. Celles-ci sont percées dans un mur composé de moellons de silex (M-1211), recouverts d’un enduit jaune. Le second niveau possède un mur (M-1221) différent de celui observé au niveau 1. Il est composé par des moellons de calcaire liés par un mortier jaune à orange. Il possède six ouvertures construites en pierre de taille, deux d’entre elles sont bouchées. La fenêtre O-1221 est à linteau. Ses piédroits sont en partie piquetés. Le piédroit droit de l’ouverture O-1222 est manquant. Son encadrement est intégralement piqueté. La fenêtre O-1223 est à double linteau. Elle est moulurée de cavets accompagnés de réglets. Les encoches d’une ancienne traverse sont visibles sur ses piédroits. Ceux–ci sont accompagnés de coups de sabre sur leurs extrémités extérieures. La porte O-1224 est surmontée d’un linteau, elle partage l’un de ses piédroits avec la fenêtre O-1223. Elle est surmontée par un oculus ovale O-1225. Les deux ouvertures sont piquetées. La porte O-1226 possède un linteau en bois et un encadrement en pierre. Elle communique avec le niveau de la cour grâce à un escalier extérieur droit.

Le passage du deuxième au troisième niveau est marqué par un léger fruit effectué dans les maçonneries du mur M-1221 et un changement d’appareil. Le mur M-1231 est monté avec des moellons de silex noyés dans un mortier jaune-orange. Il est percé par trois ouvertures superposées. La fenêtre O-1231 est à plates-bandes. Les deux autres ouvertures (O-1232 et O-1233) sont des petites fenêtres, l’une carrée, l’autre rectangulaire, ménagées sous un linteau.

Les bâtiments 1 et 3 possèdent deux toitures différentes, prenant place de part et d’autre du mur de refend observé au second niveau. A l’ouest il est couvert par un toit à deux pans et pignon découvert, à l’est par un toit à deux pans à pignon découvert d’un côté, et croupe de l’autre (à l’est).

Les ouvertures observées sur les façades nord et ouest du bâtiment 3 prennent place sous des linteaux. Néanmoins la présence d’une croisée à double linteau au premier niveau de l’élévation orientale est à remarquer. La traverse, comme le croisillon, semblent avoir été réinsérés dans l’encadrement de la croisée.

La façade nord du bâtiment 2 est composée d’une porte ouverte sur la cour au premier niveau. Le second niveau mêle un mur en moellons de calcaire et un pan de bois composé de poteaux et d’une décharge. Le comble est percé par une lucarne à surcroît.

CONCLUSION

La différence d’appareil entre le mur pignon en pierre de taille de la salle 1.1 et ses murs gouttereaux en moellons de silex pose la question de leur contemporanéité. En partie basse, le mur pignon oriental montre des traces de reprise au contact de l'arcade d'accès à la cave, en partie haute la voûte de la troisième travée vient se plaquer contre ses maçonneries. On peut donc émettre l'hypothèse que le mur pignon est faisait partie d’une construction antérieure, accostée par la suite à une cave à cellules, et reconstruite lors de la mise en place de la salle basse voûtée à trois travées. Ceci expliquerait le désaxement des deux murs pignon. L'hypothèse est étayée par la porte percée dans le mur nord de la première travée, contre laquelle la voûte de celle-ci vient se plaquer. Malgré la différence de leur mode de couverture, le fait que les salles 1.1 et 1.2 aient leurs murs construits en moellons de silex et qu’elles partagent un mur commun, permet de les associer à une même phase de construction.

La différence d’appareil entre le premier et le second niveau d’élévation du mur occidental du bâtiment 1, associé au fait que le mur pignon oriental de la salle 1.1 ne corresponde ni à celui du second niveau du bâtiment 1 ni à celui du bâtiment 3, laissent à penser qu’ils résultent de campagnes de construction différentes. Le mur de refend séparant les bâtiments 1 et 3 est assis sur les piliers de la salle 1.1 ainsi que sur l'arcade en plein-cintre de la salle 1.2. Il leur est donc soit contemporain, soit postérieur.

Les salles 1.1 et 1.2 du bâtiment 1 auraient ainsi été construites en premier. Elles étaient certainement surmontées d’un étage doté de murs pignons correspondant à ceux observés au premier niveau. Son volume était peut-être déjà partagé par un mur de refend. La partie située au-delà de l'actuel mur de refend du bâtiment est, aurait ensuite été détruite lors de la construction du bâtiment 3. L’édification de ce dernier aurait alors occasionné un terrassement ayant condamné la fenêtre du mur pignon de la salle 1.1.

Photographie recalée, relevé en élévation de la façade ouest et coupe du bâtiment 2. Photographie recalée, relevé en élévation de la façade ouest et coupe du bâtiment 2. Les différences de matériaux entre chaque niveau du mur pignon occidental pourraient correspondre à trois phases de construction différentes. Les murs M-1221 et M-1231 ne seraient donc pas contemporains des deux salles basses, tandis que la similitude entre le mur M-1211 et M-1231 invite à s'interroger sur la possibilité d'une phase de construction commune.

Sur le cadastre de 1811, le bâtiment 2 est lié à un édifice disposé selon un plan en L prenant place sur une parcelle voisine et donnant sur la rue du Paty. Il n’a été réuni avec l’édifice étudié qu’après 1811. Les placards observés dans la salle 2.2 et la cheminée permettent de le dater entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle. Néanmoins, le fait que la cheminée semble plaquée contre le mur et que son cœur intègre les vestiges d'une ancienne porte attestent d'un état antérieur à la datation susdite.

Les voûtes d’arêtes sans support intermédiaire reposant sur des piliers carrés, visibles dans la salle basse 1.1, peuvent être datées entre le 12e et le 13e siècle5. Datation que l'on peut également étendre, en l'absence d'indice contradictoire, à la salle 2.2. En revanche, les deux portes carrossables à plates-bandes observées en façade et percées dans le mur M-1211, sont quant à elles datées entre le 19e et le 20e siècle. Leur percement a certainement occasionné une reprise du mur M-1211.

La porte d’entrée en plein-cintre à deux rouleaux, les arcs surbaissés et l’usage du chanfrein associés aux traces de taille brettelée invitent à dater la cave à cellule du 13e siècle. Néanmoins, l’absence d’arcs doubleaux, trait plus fréquent dans les exemples de la fin du Moyen Âge, amène à étendre la datation jusqu’au 15e siècle. Celle-ci est donc soit contemporaine de la salle 1.1, soit postérieure.

Au second niveau du bâtiment 1, la fenêtre O-1223 peut être datée entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle, grâce à son double linteau et ses réglets retombant sur des colonnettes polygonales. Néanmoins, les coups de sabres observés au contact de ses piédroits pourraient indiquer qu’elle a été insérée dans un mur plus ancien. L’hypothèse semble se vérifier, au regard de l’ouverture bouchée O-1222 dont l’encadrement est recoupé par la fenêtre O-1223. La construction du mur M-1221 serait donc soit contemporaine de celle des salles 1.1 et 1.2, le calcaire ayant été préféré au silex dans la construction du second niveau, soit postérieure aux salles 1.1 et 1.2 et avant la fenêtre O-1223, donc située entre le 13e et 15e siècle. Le mur M-1221 a ensuite été modifié à plusieurs reprises, comme en témoigne l’oculus O-1225 daté entre le 17e et le 18e siècle ou la porte O-1226 datée du 19e ou du 20e siècle.

Au regard de la fenêtre à plate-bande 0-1231, dont les chambranles forment des bandeaux, la reprise ou la construction du troisième niveau du mur pignon (M-1231) date peut-être du 19e ou du 20e siècle. Celle-ci est donc potentiellement contemporaine du mur M-1211.

Le faible nombre de marqueurs stylistiques observés sur le bâtiment 3 n’a pas permis d’arrêter de datation précise. On peut tout au plus penser qu’il a été construit entre le 17e et le 19e siècle, sur la base de son toit en croupe.

Si la localisation au rez-de-chaussée et les larges espaces sous voûte et sans support intermédiaire de la salle 1.1 peuvent faire penser à un cellier, l’éclairage fourni par la fenêtre de son mur pignon est, ainsi que la présence d’un enduit peint, amènent à penser qu’il s’agit d’un espace semi-public. A l’image des salles observée à Provins où les voûtes d’arêtes sont également mises en valeurs par des enduits peints6. L’hypothèse d’un volume dédié à la présentation et à la vente peut alors être émise. La cave à cellules disposée à la suite de la salle 1.1 aurait alors servi à stocker une partie des produits destinés à la vente. L’étage du bâtiment 1 servait peut-être à accueillir le logis.

L’utilisation d’une cheminée avec un faux manteau sur consoles, associée à une salle voûtée et à l’implantation du bâtiment 2 dans une aile en retour sur cour, permet de penser qu’il assurait au rez-de-chaussée la fonction de cuisine.

Au 17e siècle, l'emplacement au pied du château et le rang de ses propriétaires anciens et contemporains, permettent d'attester de l’origine patricienne. Les celliers mentionnés devaient être situés dans la cave à cellules, les chambres basses dans les salles 1.1 et 1.2, les chambres hautes dans les salles 1.3 à 1.6, et le grenier dans le comble du bâtiment 1. Le bâtiment 3 devait quant à lui, sous réserve qu'il soit construit, accueillir d'autres chambres basses, chambres hautes et grenier au sein de ses trois niveaux d’élévation. Les étables, aisances et commodités étaient certainement situés dans les bâtiments sur cour figurant encore sur le cadastre ancien et actuellement détruits.

1AN. Série P : article P898. "Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648)". Fol 34 r°.2Joachim de Lespinay, Escuyer et Sieur de Montgobert. et sa femme Louise Le Sueur possèdent des propriétés situées rue du Paty, rue des Poupardières, ainsi qu’une partie de l’île formée par la jambette et la Rhône dans la rue Saint-Lazare. AN. Série P : article P898. "Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648)". Fol 29 v° Ces propriétés sont occupées par les édifices suivants : dossiers d’Inventaire IA28000333 - Hôtel Le Sueur (3 rue des Poupardières) et IA28000342 - Hôtel dit Hôtel Carpentin, actuellement immeuble (6 rue du Paty).3Jacques Pallu est mentionné en 1691 comme le seigneur de Gellainville , commune du département d’Eure-et-Loir distante d’environ 60 km à l’est de Nogent-le-Rotrou. AD 28. Série H : 2906. Acte de foi et hommage à Jacques Pallu, seigneur de Gellainville, pour des terres audit lieu (1691).4Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, cadastre ancien (1811), feuille A3.5CLABAUT, Jean-Denis. "Les caves médiévales de Lille". Villeneuve-d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2001, p. 67. ALIX, Clément. L'habitat d'Orléans du 12e siècle au début du 15e siècle (état de la recherche : étude des élévations et apports de l'observation des caves. Revue archéologique du Loiret et de l'axe ligérien, Fédération archéologique du Loiret, 2007-2008, n°32., pp.123-147.6DEFORGE, Olivier. "La maison urbaine au temps des foires de champagne. L’exemple de Provins". "Bulletin de la Société Archéologique et Historique de la Charente", 2006, numéro spécial, p. 204.
Appellations Maison Jean Pallu
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 11 rue du Paty

L’aveu de 1648 comporte la déclaration sur une "maison et tenue" située à l’actuel n°11 de la rue du Paty. Celles-ci appartiennent d’une part aux héritiers d’Odard Saussereau, et d’autre part au sieur de Montgobert, Jouachim de Lespinay. La tenue est composée d’une maison avec cellier, chambres basses, chambres hautes et greniers ainsi que d’une cour, d’étables, d’aisances et de commodités. Elle aurait précédemment appartenu à Jean Pallu. Les voûtes des salles basses présentes en rez-de-chaussée de l'édifice peuvent être datées du 12e ou du 13e siècle, alors que l'une des fenêtres située au premier étage du même bâtiment comporte un double linteau qui pourrait permettre de la dater du 15e ou du 16e siècle, indiquant une nouvelle campagne de travaux sur l'édifice. Enfin, la fenêtre à plate-bande du dernier niveau permet de conclure qu'une nouvelle reprise de la façade a eu lieu au 19e ou au 20e siècle. Enfin, la cave à cellules comportent des éléments stylistiques (porte en plein-cintre à deux rouleaux, arcs surbaissés, chanfreins...) pouvant indiquer une datation allant du 13e au 15e siècle.

Période(s) Principale : 12e siècle, 13e siècle , (?)
Principale : 13e siècle, 14e siècle, 15e siècle
Secondaire : 15e siècle, 16e siècle , (?)
Secondaire : 19e siècle, 20e siècle , (?)
Auteur(s) Personnalité : Pallu Jean, propriétaire, attribution par source
Personnalité : de Lespinay Jouachim,
Jouachim de Lespinay

Escuyer et Sieur de Montgobert.


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propriétaire, attribution par source
Personnalité : Saussereau Odard, propriétaire, attribution par source

L'édifice est situé en retrait par rapport à la rue du Paty, depuis laquelle on peut voir son mur pignon. Il est constitué de plusieurs bâtiments accolés et formant un plan irrégulier, ainsi que d'une cave à cellules creusée dans le coteau du plateau Saint-Jean. Le bâtiment visible depuis la rue comprend trois niveaux, dont un sous comble. Au niveau du rez-de-chaussée, deux salles voûtées d'arêtes reposant sur des petits piliers carrés prennent place. Les voûtes de l'une d'elles portent un décor peint. Un escalier droit permet d'accéder à la cave à cellules depuis ce niveau. Le premier étage est quant à lui accessible par un escalier droit extérieur. Le troisième niveau qui n'a pu être visité est distribué par un escalier dans-œuvre en vis en bois. Le bâtiment est construit pour partie en moellons de calcaire et en moellons de silex pour les murs extérieurs, alors que les voûtes du niveau 1 et des caves sont constituées de pierre de taille calcaire disposée en petit et moyen appareil. La toiture est couverte de tuiles plates.

Murs calcaire moellon enduit partiel
silex moellon enduit
calcaire moyen appareil
calcaire petit appareil
Toit tuile plate
Étages 2 étages carrés, étage de comble
Couvrements voûte en berceau
voûte d'arêtes
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier droit
escalier dans-oeuvre, escalier en vis, en charpente
escalier de distribution extérieur, escalier droit
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • AN, série P : article P898. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol 34 r°.

    Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol 34 r°.

    Item six deniers de cens et deux sols de rente par chacun an au jour sainct jehan baptiste sur la maison et tenue qui fut antiannement a jehan pallu et depuys a me pierre motté et en apres a odard saussereau et de present partye a ses heritiers et lautre partye audict sieur de montgobert comme acquereur des autres herities dudict sausereau et desteur assize audict nogent en la parroisse de nostredame en la rue doree pres le bourg le conte allant a la grande fontaine et pasty ce concistant en une tenue de maison composee de chambres basses et hautes greniers celiers estables court et autres comoditez et aysances avecques un petit jardin contenant en court seullement une perche ou environ, le tout en un tenant joignant par le devant a ladicte rue doree ayant de longueur sur icelle trente huict pieds et demy d’autre par derriere aux douves du dict chasteau dun costé a la tenue cy dessus au droict de la maison du sieur jacquelin chirurgean et dautre coste a une ruelle par laquelle on soulloit monter de la dicte rue doree audict chasteau de nogent et qui est cloze de present dun mur sur ladicte rue entre ladicte maison et celle de la veufve martin ozan

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

    Fol 34 r°.
  • AD Eure-et-Loir. Série H : 2906. Acte de foi et hommage à Jacques Pallu, seigneur de Gellainville, pour des terres audit lieu. 1691.

Documents figurés
  • Cadastre ancien. 1811. Plan cadastral. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou).

    A3
Bibliographie
  • CLABAUT, Jean-Denis. Les caves médiévales de Lille. Villeneuve-d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2001. 222 p.

  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, archives ecclésiastiques, Série H. Chartres : Impr. Garnier, 1897 (réédition de 1978).

    H. 2906.
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien