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Maison Michelet (4 rue Bourg-le-Comte)

Dossier IA28000338 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

HISTORIQUE

L’aveu de 1648 contient la déclaration d’une « maison et tenue » à l’emplacement de l’édifice étudié1. Celles-ci appartiennent aux héritiers de feu François Michelet, sieur de la Bigotterie2. Il s’agit certainement de Marguerite Michelet, mariée à Thomas Champin, sieur de Launay et de Françoise Michelet dont le contrat de mariage avec Jacques Aubin, sieur des Epinais est daté de 16473.

En 1648, la tenue est composée "d’une grande maison dotée de chambres basses et hautes, d’une seconde maison derrière la précédente avec une cour située entre les deux, d’un jardin arrière et d’autres bâtiments constitués d’une étable, d’un appentis et de commodités"4. La propriété est longée à l’ouest par la rue Malaffre sur laquelle elle possède un édifice en appentis au bout de son jardin.

Le cadastre de 1811 montre l’édifice composé de plusieurs bâtiments disposés selon un plan en L, le long de la rue Bourg-le-Comte. Il prend place sur deux parcelles accueillant certainement une cour et un jardin. Il est alors occupé par la gendarmerie de Nogent-le-Rotrou. Celle-ci est déplacée durant le deuxième quart du 19e siècle dans l’hôtel Carpentin.

En 1823, la maison est acquise par l’instituteur Louis Arsène Meunier. Il y fonde un pensionnat. La maison est finalement revendue à un particulier en 1840. Elle accueille un nouvel établissement scolaire, nommé le cours Saint-Jean, à partir de 19575.

Dessin et collage d'Elodie Hurvoy, faces nord et ouest (1903, collection privée).Dessin et collage d'Elodie Hurvoy, faces nord et ouest (1903, collection privée).Face nord, vue du nord (20e siècle).Face nord, vue du nord (20e siècle).

Face sud, vue du sud-ouest et sud-est, 2003-2004. (Collection privée).Face sud, vue du sud-ouest et sud-est, 2003-2004. (Collection privée).

Le dessin réalisé par Elodie Hurvoy et la carte postale figurant la maison permettent de mesurer les changements opérés sur les façades sur cour des bâtiments 1, 3 et 4 depuis le début du 20e siècle. Des travaux ont été engagés en 2004 par le propriétaire actuel. Les photos de la façade sud des bâtiments 1 et 2, réalisées pendant les travaux, permettent là encore de mesurer les changements effectués.

DESCRIPTION

Implantation

Plans de situation.Plans de situation.L'édifice est implanté le long de la rue Bourg-le-Comte à proximité d'un carrefour que celle-ci forme avec la rue des Marches, la rue du Paty et la rue Gouverneur. Ainsi situé, l'édifice est en connexion avec l'axe reliant Le Mans à Chartres (rue Gouverneur et rue du Paty) tout en étant assis au pied du château Saint-Jean (rue des Marches, Marches Saint-Jean). Sa parcelle occupe une surface au sol de 483 m² et une largeur sur rue de 15 m.

Composition d'ensemble

Les six bâtiments qui composent l’édifice sont organisés selon un plan en L bordant une cour avec un puits et un jardin arrière.

Les murs de l’édifice (bâtiments 1, 2, 4, 5 et 6) sont construits en petits moellons de calcaire et de silex recouverts d'enduit. La pierre de taille est réservée aux ouvertures et aux éléments porteurs. Le bâtiment 2 est intégralement enduit.

Structure

Plan du rez-de-chaussée.Plan du rez-de-chaussée.Le bâtiment 1 possède un plan rectangulaire ayant son grand côté parallèle à la rue. Son premier niveau est occupé par un volume unique, pavé et couvert par un plancher assis sur deux poutres. La première poutre à l'ouest repose à son extrémité nord sur une console. La seconde à l'est est moulurée d'un quart-de-rond. Le bâtiment s'ouvre sur la rue par une porte située au milieu de son mur gouttereau. Celle-ci est disposée dans l'axe d'une seconde porte permettant d’accéder au bâtiment 3. Le volume est éclairé par des fenêtres percées sur rue et sur cour. Il est chauffé par une cheminée composée d'un faux-manteau, doté d'une plate-bande à crossettes et d'un arc surbaissé. Celui-ci possède une assise moulurée dont la forme évoque un larmier. Il repose sur des colonnettes à chapiteaux pyramidaux et à bases polygonales. Un petit placard mural prend place à gauche de la cheminée. Le plancher possède les négatifs d'une seconde souche de cheminée disposée au contact de son pignon ouest.

Le bâtiment 2 est plaqué sur le bâtiment 1. Son premier niveau est occupé par un passage carrossable permettant de desservir la cour arrière depuis la rue Bourg-le-Comte. Il est couvert par un plancher.

Face nord, vue du nord (20e siècle).Face nord, vue du nord (20e siècle).Le bâtiment 3 forme une tour octogonale demi-hors-œuvre implantée à l'angle formé par les bâtiments 1 et 4. Il accueille un escalier en vis à noyau circulaire, base polygonale et trompes, il dessert les bâtiments 1 et 4, depuis le rez-de-chaussée jusqu’au comble. Au premier niveau, il est accessible depuis la cour et le bâtiment 1, et donne accès aux caves situées sous le bâtiment 4 par un escalier droit permettant également l’accès à un placard mural.

Le bâtiment 4 est accessible par une porte à linteau et chanfrein s'ouvrant depuis le bâtiment 3. Il possède un volume unique couvert par un plancher et éclairé depuis la cour. Il est chauffé par une cheminée implantée dans son mur nord. Celle-ci possède un manteau à plates-bandes (dont les soffites sont surélevés) et une hotte droite. Un placard mural prend place à droite de la cheminée. Une niche éclairée par un petit jour, dans laquelle un évier est disposé, est visible dans le mur ouest. Une porte à linteau chanfreinée bouchée prend place dans le mur sud du bâtiment. Celle-ci s’ouvrait malgré une différence de niveau, sur la salle 1.1.

Le bâtiment 5 est plaqué contre le bâtiment 4. Il est accessible par une porte à linteau en bois s'ouvrant depuis le bâtiment 4. Son volume est divisé en deux salles. La salle 5.3 est éclairée par deux fenêtres depuis la cour. Elle s’ouvre sur la salle 5.4 par une porte à linteau et chanfrein. Elle est couverte par une voûte en berceau surbaissée. Son éclairage est assuré par un petit jour à ébrasement interne, construit en moellons6.

Le bâtiment 6 est construit à la suite du bâtiment 5. Il est divisé en quatre salles à l'aide d'un mur de refend et de plusieurs cloisons. Les quatre salles sont ouvertes sur la cour par une porte carrossable et plusieurs portes piétonnes. L'une d'entre elles mène à un escalier tournant en bois. Le bâtiment ne possède pas de cheminée.

Les caves sont composées de salles semi-excavées situées sous les bâtiments 4 et 5. La cave du bâtiment 4 possède deux salles non communicantes couvertes en berceau surbaissé. La salle 4.1 est accessible depuis le bâtiment 3 tandis que la salle 4.2 communique avec la cour. Leurs murs sont construits en moellons de calcaire et de silex. Les voûtes sont composées de pierre de taille en calcaire rapidement dégrossi. Une arcade bouchée et surbaissée est visible entre les deux espaces. La salle 4.2 est éclairée depuis la cour par deux soupiraux. Les caves du bâtiment 5 sont divisées en deux espaces par un mur de refend. Le premier espace communique avec la cour, il est couvert par une voûte en berceau plein-cintre. Le second ne comporte pas d'accès, il a été mis au jour lors de travaux réalisés dans le mur nord du bâtiment 5. Il est couvert par deux petites voûtes en berceau surbaissé.

Plan du premier étage, 2004.Plan du premier étage, 2004.Le second niveau du bâtiment 1 est divisé en trois salles par des cloisons. Il est accessible par une porte à linteau et chanfrein s’ouvrant depuis l’escalier du bâtiment 3 vers la salle 1.2. Une porte biaise et bouchée a été observée à côté de la porte sus-décrite. Elle s’ouvrait également depuis le bâtiment 3 en direction de la salle 1.2. Son encadrement semble avoir été complètement repris. La salle 1.2 est éclairée par deux fenêtres, l’embrasure de celle donnant sur la rue est percée sous un arc surbaissé tandis que celle de la fenêtre ouverte sur la cour est ménagée sous un linteau. Une cheminée occupe le mur pignon ouest7. Son manteau est composé de piédroits portant une plate-bande. Il est surmonté d’une hotte dotée d’une corniche. La salle est couverte par un plancher dont l’extrémité nord de la poutre est supportée par une colonne polygonale engagée portant une console. Les salles 1.3 et 1.4 sont accessibles depuis la salle 1.2 avec laquelle elles partagent le même plancher. La salle 1.4 est éclairée par une fenêtre dont l’embrasure est percée sous un arc surbaissé. Elle est chauffée par une cheminée disposée sur son mur est. Celle-ci est composée d’un manteau en marbre, d’une hotte droite et d’une corniche.

Le bâtiment 2 est divisé en deux espaces par une cloison. Ceux-ci sont accessibles par deux portes donnant sur le bâtiment 1. Ils possèdent chacun une fenêtre disposée sur les murs nord et sud.

Le bâtiment 4 est accessible par une porte à linteau s’ouvrant depuis le bâtiment 3. Il se compose d’un espace unique couvert d’un plancher. Il est éclairé par une fenêtre sur cour dont l’embrasure est ménagée sous un linteau en bois. La trace d’un conduit de cheminée est visible sur son mur nord. Ce même mur donne accès au niveau de comble du bâtiment 5. La charpente de celui-ci est isolée des deux pièces qui occupent l’espace par un plafond. Une porte bouchée a été identifiée sur le mur nord. Elle permettait d’accéder aux combles du bâtiment 6.

Le second niveau du bâtiment 6 ne communique pas avec celui du bâtiment 5 et possède son propre escalier. Son volume interne est divisé en deux salles par un mur de refend.

Plan du comble (2004, archives privées).Plan du comble (2004, archives privées).

A partir du troisième niveau, les maçonneries du bâtiment 3 sont assises sur celles des bâtiments 1 et 4. La base des arbalétriers des charpentes des bâtiments 1 et 4 est ainsi noyée dans les maçonneries du bâtiment 3. Ce dernier est couvert d’une charpente à chevrons formant fermes à enrayures, portant un toit polygonal. Les fermes sont numérotées de I à VIIII selon un marquage cohérent. Les fermes situées au contact du bâtiment 4 sont les seules à ne pas comporter de marques.

Vue intérieure, deuxième étage, bâtiment 1, charpente.Vue intérieure, deuxième étage, bâtiment 1, charpente.Le comble du bâtiment 1 est accessible par une porte à linteau et chanfrein s’ouvrant depuis le bâtiment 3. Il est couvert par une charpente à chevrons formant fermes avec alternance de fermes à entrait avec poinçon et de ferme à entrait retroussé. Elles sont dotées de jambettes et d’aisseliers. La charpente est contreventée par une panne faitière et des croix de Saint-André. Elle est assemblée à l’aide de tenons et mortaises chevillés. Ses entraits et ses poinçons adoptent une forme octogonale. La base des poinçons des fermes principales est sculptée de bases octogonales au contact des entraits, et de chapiteaux à la rencontre entre les pannes faitières et les poutres des faux-entraits. Le sol est porté par une poutre non solidaire de la charpente. Les entraits de cette dernière sont donc disposés environ 1 m au-dessus de celui-ci. La charpente possède un marquage homogène allant de I à XVI. Les deux fermes au contact des pignons ne semblent pas marquées. L’observation des deux lucarnes qui éclairent le comble n’a pas permis d’établir un rapport chronologique avec sa charpente. Deux souches de cheminée sont visibles sur les murs ouest et est du comble. Le mur ouest est également percé d’une porte en bois, ouverte en direction du comble du bâtiment 2. Ce dernier est couvert d’un toit à deux pans.

Le comble du bâtiment 4 s’ouvre depuis le bâtiment 3 par une porte à linteau et chanfrein. Son volume est couvert par une charpente à chevrons formant fermes, similaire à celle observée dans le bâtiment 1. Elle est marquée depuis la ferme I à X, à l’exception de la ferme au contact du pignon nord, qui n’est pas marquée. Seule différence, son sol repose sur les entraits des fermes principales de la charpente. Il est couvert de tommettes. Une souche de cheminée occupe le mur pignon nord du comble.

Élévation

Relevé en élévation de la face sud.Relevé en élévation de la face sud.La façade sud du bâtiment 1 est composée de quatre travées au premier niveau contre deux au second niveau. Elle est limitée par deux chaînes d’angle en pierre de taille calcaire comportant des noyaux siliceux.

Au premier niveau, la porte O-1212 possède un linteau sculpté d’une accolade. Son encadrement est mouluré de baguettes et de cavets. Elle est réalisée dans la même pierre que les chaînes d’angles. Les ouvertures O-1211 et 1214 sont des fenêtres à croisées. Elles sont percées sous un double linteau. Leurs encadrements sont moulurés de cavets et de baguettes s’entrecroisant aux angles formés par le linteau, le meneau et la traverse. Elles reposent sur des colonnettes polygonales. L’ouverture O-1212 est une demi-croisée. Elle est dotée d’un linteau et d’un encadrement chanfreinés. Les ouvertures O-1211, 1213 et 1214 sont construites dans une pierre blanche lisse et sans noyau siliceux.

Le second niveau est éclairé par deux fenêtres à croisées à double linteau. L’ouverture O-1221 est moulurée d’un cavet et de baguettes. Celles-ci sont directement canalisées à la base des piédroits. L’ouverture O-1222 est similaire aux croisées observées au premier niveau. Les colonnettes recevant les baguettes sont néanmoins plus hautes que celles observées au rez-de-chaussée. La pierre utilisée sur les deux fenêtres est plus proche de celle utilisée sur la porte O-1212, exception faite de leurs trumeaux et croisillons, réalisés dans une pierre blanche et lisse.

L’élévation est couronnée par une corniche en quart-de-rond, surmontée par un toit à deux pans. Celui-ci est percé de deux lucarnes en pierre à pignons découverts et toits à deux pans. Les pignons du toit possèdent des rampants à crossettes en pierre de taille. La crossette ouest est sculptée d’un animal monstrueux à la gueule béante, aux ailes s’apparentant à celles d’une chauve-souris ou aux nageoires d’un hippocampe, et d’une queue serpentine. Ses pattes antérieures se referment sur le crâne d’un homme au visage tourné vers le sol, et dont les mains se replient sur la crossette. La crossette est est sculptée d’un animal assis à la gueule béante, aux pattes griffues et aux oreilles rondes. Sa physionomie s’apparente à celle d’un chien. Les rampants sont ornés de feuilles de choux frisés.

Le bâtiment 2 est composé de deux niveaux d’élévation et d’une travée. Ses maçonneries sont masquées derrière un enduit. La porte carrossable qui occupe son premier niveau est percée sous un linteau inséré dans la chaîne d’angle du bâtiment 1. Cette dernière est ainsi utilisée comme piédroit. De l’autre côté, la façade est limitée par un poteau en bois retombant sur une colonne moulurée en quart-de-rond, insérée dans le second piédroit de l’ouverture. Le second niveau est éclairé par une fenêtre étroite. La façade est couronnée par une corniche en quart-de-rond en bois.

Côté nord, le bâtiment 2 adopte une élévation similaire à celle observée au sud, soit un étage enduit sur un passage carrossable. La fenêtre à linteau du second niveau et la corniche sont réalisées en pierre blanche.

La façade postérieure du bâtiment 1 est composée de deux niveaux d’élévation et d’une travée unique. Celle-ci est limitée à l’ouest par une chaîne d’angle moulurée en partie basse par deux quarts-de-rond sous lequel l’angle est abattu.

Le premier niveau est éclairé par une fenêtre à croisée dont les doubles linteaux sont sculptés de deux accolades superposées. Son encadrement est mouluré d’un cavet. Il est réalisé dans une pierre de taille qui comporte des noyaux siliceux, à l’exception du meneau de la traverse et de son appui, réalisés dans une pierre plus blanche. Une reprise en pierre de taille est visible sous ce dernier.

La fenêtre à croisée visible au second niveau reprend le modèle de celle observée au premier niveau. Elle est intégralement réalisée dans une pierre blanche et lisse. Deux coups de sabre sont identifiables entre la croisée et la chaîne de l’angle nord-ouest.

La façade est surmontée d’une corniche moulurée en quart-de-rond. La crossette nord-ouest visible au-dessus de la corniche est sculptée d’un chien assis, dont la gueule longue et les oreilles larges et plates évoquent un chien de chasse.

Faces ouest et nord, porte de l'escalier en vis.Faces ouest et nord, porte de l'escalier en vis.L’élévation du bâtiment 3 est composée de trois niveaux d’élévation. Côté ouest, sa porte est percée sous une plate-bande moulurée d’un réglet et d’un cavet. Elle est surmontée par un arc en accolade également mouluré de cavets et de réglets. Son extrados porte un décor de choux frisés formant une croix à l’aplomb du sommet de l’arc. Celui-ci est encadré par deux pinacles. La porte est surmontée par deux fenêtres à demi-croisée situées aux deuxième et troisième niveaux. Elles sont moulurées d’un chanfrein. Côté nord, l’élévation est percée de trois petites fenêtres chanfreinées. La première éclaire l’escalier qui dessert la cave du bâtiment 4, tandis que la seconde et la troisième éclairent les niveaux 1 et 2 de la tour d’escalier. Les ouvertures n’ont ni la même taille, ni le même chanfrein.Plusieurs coups de sabre sont visibles au contact des chaînes d’angles de la tour, notamment à proximité des baies susnommées.

Face ouest, bâtiments 4 et 5, vue de l'ouest.Face ouest, bâtiments 4 et 5, vue de l'ouest.La façade ouest du bâtiment 4 possède deux niveaux d’élévation assis sur un niveau de cave, et couverts par un toit à deux pans et pignon découvert. Son unique travée est limitée au nord par une chaîne d’angle en pierre de taille calcaire à noyau siliceux, et par le bâtiment 3 au sud.

La cave (salle 4.2) est éclairée par deux petites fenêtres carrées chanfreinées (O-4401 et O-4402). A l’exception des piédroits de l’ouverture O-4401, les pierres blanches qui les composent s’intègrent mal dans le parement de la façade. La cave est accessible depuis la porte à linteau O-4402. L’ouverture bénéficiait d’un arc à ressaut surbaissé dont la clef et les claveaux qui lui étaient accolés sont manquants.

Le premier niveau possède deux ouvertures. La fenêtre à croisée O-4411 prend place sous une plate-bande. Elle est moulurée de cavets et de baguettes selon un modèle similaire à la fenêtre observée sur la façade sud du bâtiment 1 (O-1221). Son appui, son meneau et sa traverse sont taillés dans une pierre blanche et lisse, à l’exception du reste de son encadrement, réalisé en calcaire à noyau siliceux. La fenêtre O-4412 prend la forme d’un petit jour dont l’embrasure est disposée de biais et moulurée d’un chanfrein. Elle est construite en pierre blanche. L’ouverture O-4413 est similaire à la fenêtre à croisée O-4411 au-dessus de laquelle elle prend place. Son encadrement est pourtant construit dans une pierre blanche qui contraste avec la pierre plus grise utilisée au premier niveau. La façade est surmontée par une corniche moulurée en quart-de-rond.

Le pignon du bâtiment 4 possède un rampant à crossette en pierre de taille. La crossette nord-ouest est sculptée d’un cheval cabré portant un cavalier aux cheveux lâchés et à la culotte bouffante.

La façade ouest du bâtiment 5 est limitée à un niveau d’élévation assis sur un niveau de cave, et couvert par un toit à deux pans commun au bâtiment 6. Côté sud, elle est limitée par la chaîne d’angle du bâtiment 4 contre laquelle elle vient se plaquer, et côté nord elle est limitée par sa propre chaîne d’angle contre laquelle le bâtiment 6 est appuyé. Le niveau de cave est accessible par une porte (O-5401) à linteau dont les piédroits sont difficilement visibles. Le premier niveau est éclairé de deux fenêtres. L’une, à demi-croisée à plates-bandes moulurées d’un chanfrein (O-5411), est construite en pierre blanche. L’autre, à linteau et chanfrein, est taillée dans une pierre blanche (O-5412). Une différence d’appareil est visible sur les maçonneries composant le parement de la façade. Ainsi, au niveau de la cave le parement est monté avec des moellons de silex, tandis qu’au-dessus de l’ouverture O-5411 il est composé de moellons de calcaire.

La façade ouest du bâtiment 6 possède cinq à six travées et deux niveaux d’élévation prenant place sous un toit à deux pans et une corniche en quart-de-rond. Les ouvertures O-6415, O-6416, O-6424 et O-6425 possèdent un encadrement en bois. Ces ouvertures, comme les maçonneries qui leur sont associées, sont plaquées contre la chaîne d’angle du bâtiment 5 et marquent plusieurs coups de sabre au contact du reste de la façade du bâtiment 6. Les autres ouvertures sont percées sous des plates-bandes. A l’étage, celles-ci sont liées à la corniche qui les surmonte. Contrairement à ce qui est figuré sur le relevé, les ouvertures O-6411 et O-6413 ont été remplacées ou transformées en fenêtres à plates-bandes.

CONCLUSION

Présentation du parti général ou des partis généraux

Deux partis sont identifiables au sein de l’édifice étudié. Le caractère résidentiel de l’édifice, attesté grâce à ses cheminées, son statut de propriété mono-familiale, ainsi que son accès direct depuis la rue permettent de lui attribuer la fonction de maison. Néanmoins la présence d’une cour, de communs et d’un passage carrossable permet également de lui attribuer la fonction d’hôtel. L’hypothèse est à prendre en considération au regard du rang de son propriétaire en 1648, et du bouchage de l’accès sur rue, rouvert en 2004.

Synthèse des observations concernant l’homogénéité de l’œuvre

Le coup de sabre observé entre les chaînes d’angles du bâtiment 1 et les parements du bâtiment 2 ainsi que le fait qu’une partie de la charpente du bâtiment 1 soit noyée dans les maçonneries du bâtiment 3, attestent de son antériorité sur les bâtiments 2 et 3. En revanche il n’a pas été possible de préciser les relations entre les bâtiments 1 et 4, au-delà du fait que les maçonneries du second semblent plaquées sur celles du premier.

La cheminée observée au second niveau dans la salle 1.2 ne figurant pas sur le plan de 2004, elle a certainement été construite après cette date. La présence de deux portes s’ouvrant de l’escalier du bâtiment 3 en direction de la même salle laisse à penser que celle-ci était antérieurement divisée en deux espaces, tous deux distribués par la tour d’escalier.

Face sud, vue du sud-ouest et sud-est, 2003-2004. (Collection privée).Face sud, vue du sud-ouest et sud-est, 2003-2004. (Collection privée).L’étude de la façade sud du bâtiment 1, ainsi que sa comparaison avec celle figurant sur les photos prises en 2004 ont permis de mettre en avant plusieurs reprises. Ainsi l’ensemble des fenêtres du premier niveau semble avoir été reconstruit. Si, à l’exception de l’ouverture O-1213, la forme des fenêtres a été globalement respectée, l’utilisation de pierre blanche8 et l’utilisation de linteaux et non d’arcs surbaissés pour couvrir leurs ébrasements attestent de leur reconstruction. En revanche, l’encadrement des fenêtres du second niveau ne semble pas avoir fait l’objet de modification. Excepté leurs meneaux et leurs traverses, elles ont un aspect similaire sur les photos de 2004, ce qui est confirmé par l’observation de leurs ébrasements, surmontés d’un arc surbaissé.

Au regard de la documentation ancienne figurant la façade nord du bâtiment 19, il apparaît que le coup de sabre observé à gauche des ouvertures est sûrement lié à la cheminée qui se trouvait au début du 20e siècle à l’aplomb de celui-ci. Cependant il est certainement lié également au percement de la fenêtre du second niveau ; qui ne figure sur aucun des documents anciens. Le fait est validé par son mode de construction associant un encadrement construit en pierre blanche et un ébrasement percé sous un linteau. En revanche si l’appui, le bas de fenêtre, le meneau et la traverse de la fenêtre du premier niveau ont été repris, le linteau pourrait être d’origine. En effet la pierre calcaire à noyau siliceux dans lequel il est taillé contraste avec la pierre blanche des parties refaites. Malgré une différence manifeste entre le dessin et l’original, il est possible que ce soit ce linteau qui figure sur la vue réalisée par Élodie Hurvoy10.

La présence d’une porte orpheline s’ouvrant entre le premier niveau du bâtiment 4 et celui du bâtiment 1, révèle la présence d’une communication ancienne entre les salles 1.1 et 4.3. La cheminée observée dans la salle 4.3 ne correspond pas à la structure du plancher qui l’accueille, elle lui est donc postérieure. Toujours dans la même salle, le linteau de l’embrasure de la fenêtre O-4412, laisse à penser qu’elle n’est, comme sa fenêtre, pas d’origine. Ceci remet également en cause la présence d’un évier à cet endroit.

L’utilisation de pierre de taille blanche sur l’élévation de la face ouest, combinée à l’étude des documents anciens, permet d’affirmer que les ouvertures O-4401, O-4403, O-4412 et O-4421 ont été reconstruites. Cependant leur représentation sur une carte postale du début du 20e siècle atteste qu’elles adoptaient une forme et un emplacement similaires à cette époque. Les ouvertures O-4401, O-4402 et O-4412 ne figurent pas sur le dessin d’Élodie Hurvoy, ce qui laisse planer un doute sur la présence d’un accès à la cave à cette époque.

Les murs du bâtiment 3 sont plaqués, puis sont assis sur les murs gouttereaux des bâtiments 1 et 4. Au niveau des combles, ses maçonneries englobent les fermes des charpentes des bâtiments 1 et 4. La tour d’escalier leur est donc postérieure.

L’hétérogénéité des ouvertures observée sur la face nord du bâtiment associée à leur absence sur le dessin d’Hurvoy invite à penser, sans pouvoir le prouver, qu’elles ont été construites au cours du 20e siècle.

Les maçonneries du bâtiment 5 sont plaquées sur la chaîne d’angle du bâtiment 4, ce qui indique que le premier est postérieur au second. La porte O-5401 et la fenêtre O-541111 figurent sur la carte postale du début du 20e siècle. En revanche la fenêtre O-5412 est absente. Les traces de piquetage sur ses maçonneries indiquent qu’elle était alors recouverte par l’enduit.

Côté ouest, le parement du bâtiment 6 est plaqué contre la chaîne d’angle du bâtiment 5, malgré une charpente et une corniche commune, le bâtiment 5 est donc antérieur au bâtiment 6. La question se pose à nouveau quant aux travées 5 et 6 du bâtiment 6. Celles-ci sont à la fois plaquées contre la chaîne d’angle du bâtiment 5 et contre une chaîne d’angle limitant la quatrième travée du bâtiment 6, révélant ainsi deux états réunis sous un même toit. Les travées 1 à 4 sont antérieures aux travées 5 et 6. Les fenêtres O-6411 et O-6413 sont des portes sur le relevé en élévation de 2004. La première a été intégralement reconstruite, tandis que le seuil de la seconde a été remonté de manière à former un appui.

Essai de datation des parties

  • Le bâtiment 1 a été daté entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle sur la base des marqueurs stylistiques suivants :
    • La porte O-1212 à linteau sculptée d’une accolade et moulurée de cavets et de baguettes,
    • Les fenêtres à croisées O-1221 et O-1212 et leurs moulures en cavets et baguettes,
    • Les rampants en pierre de taille et à crossettes sculptées d’animaux issus du bestiaire médiéval,
    • Le linteau à double accolade de la fenêtre du premier niveau de la façade nord.

L’hypothèse se confirme grâce à l’étude de sa charpente. Celle-ci appartient à un type daté entre 1300 et 155012. Une expertise dendrochronologique a permis d’attester de la mise en œuvre de ses bois entre 1495 et 149613. Les poutres de plancher du second niveau ont été mises en œuvre entre 1477 et 150914. Elles sont donc potentiellement contemporaines de la charpente.

Le bâtiment a ensuite fait l’objet de plusieurs modifications, à l’instar des lucarnes de la façade ouest datées du 17e siècle, de la construction de la cheminée observée dans la salle 1.4 datée du 19e siècle, ou de la reconstruction en pierre blanche des ouvertures des façades nord et sud, effectuée après 2004.

L’étude des marqueurs stylistiques du bâtiment 2 n’a pas permis de le dater précisément. On peut tout au plus attester de sa postériorité sur le bâtiment 1. Il est donc postérieur à la fin du 15e siècle.

  • Le bâtiment 3 a été daté entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle sur la base des marqueurs stylistiques suivants :
    • La porte (O-3411) à plates-bandes surmontée d’un arc en accolade,
    • Les fenêtres à demi-croisées O-3421 et O-3422,
    • L’escalier en vis à noyau circulaire et base octogonale,
    • Les portes à linteaux et chanfreins s’ouvrant en direction des bâtiments 1 (combles) et 4 (premier niveau et combles).

Les portes du second niveau communiquant avec les bâtiments 1 et 4, ainsi que les ouvertures percées sur la face nord du bâtiment, n’ont pu être datées précisément.

  • Le bâtiment 4 a été daté entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle sur la base des marqueurs stylistiques suivants :
    • La fenêtre (O-4411) à croisée moulurée de cavets et de baguettes,
    • Les rampants en pierre de taille dont l’une des crossettes est sculptée d’un cavalier,
    • Les portes à linteau et chanfreins s’ouvrant depuis le bâtiment 3 (premier niveau et combles).

La charpente conservée dans le comble du bâtiment 4 est du même type que celle observée dans le bâtiment 1. Elle a donc été datée entre 1300 et 1550. Elle a également fait l’objet d’une expertise dendrochronologique, ce qui a permis de dater la mise en œuvre de ses bois entre 1495 et 149615.

Les accès entre les bâtiments 4 et 5 n’ont pu être datés. La cheminée du premier niveau d’élévation a été datée du 18e siècle. Les fenêtres O-4401, O-4403, O-4412 et O-4421 ont toutes été datées du début du 21e siècle, sur la base de l’utilisation de pierre blanche semblable à de la pierre reconstituée.

  • Le bâtiment 5 a été daté entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle sur la base des marqueurs stylistiques suivants :
    • La porte à linteau chanfreinée s’ouvrant depuis la salle 5.3 vers la salle 5.4.
    • La fenêtre chanfreinée O-6412.

Le bâtiment 6 a été daté du 17e siècle sur la base des fenêtres à plates-bandes utilisées sur les travées 2 à 4. Les travées 5 et 6, dont les ouvertures possèdent des encadrements en bois, ainsi que la couverture du bâtiment n’ont pas été datées.

Essai de restitution

La maison (1495-1496)

La contemporanéité des bâtiments 1 et 4 est attestée tant par la conformité de leurs marqueurs stylistiques que par la date de mise en œuvre des bois de leurs charpentes. Le fait que des marqueurs stylistiques du même type se retrouvent sur la tour d’escalier (bâtiment 3), et que l’édifice ne porte aucune autre trace d’un autre système de distribution verticale, pose la question de la synchronicité des bâtiments 1, 3 et 4. Il est possible que le chantier ait été commencé par la construction du bâtiment 1, avant que le bâtiment 4 ne vienne se plaquer contre ce dernier. La tour d’escalier apparaîtrait alors comme le dernier bâtiment à être construit, non sans un certain tâtonnement quant à l’intégration des fermes des charpentes des bâtiments 1 et 4.

Le bâtiment 1 était accessible directement depuis la rue par la porte O-1212. Elle devait alors arborer un décor plus important/fourni, à l’image de la porte de la tour d’escalier O-3411. Le fait que la porte d’entrée soit disposée en face de celle permettant d’accéder à la tour d’escalier et que les deux pignons du bâtiment 1 soient dotés de souches de cheminée, amènent à se demander si la salle 1.1 n’était pas divisée en plusieurs espaces séparés par une cloison ou un couloir. Il aurait été facile d’installer une ou plusieurs cloisons entre les deux portes, peut être sous une des poutres du plancher. Ainsi, les deux espaces ménagés de part et d’autre de la cloison ou du couloir auraient disposé de leur propre cheminée et certainement de leurs propres ouvertures. L’utilisation du couloir aurait permis la distribution de la cour et/ou des étages de la maison depuis la rue sans forcément entrer dans les salles du rez-de-chaussée. A l’inverse, l’utilisation d’une simple cloison aurait imposé le passage dans l’une des deux pièces du premier niveau.

La communication existante entre la salle 1.1 et 4.3 nécessite la mise en place d’un escalier. Si l’on retient cette hypothèse, les deux espaces disposaient de leurs propres systèmes de distribution s’ouvrant de la salle 4.3 vers la salle 1.1.

La tour d’escalier (bâtiment 3) assurait le reste de la distribution de l’édifice. Elle desservait ainsi la cour, les caves et le premier niveau du bâtiment 4 ainsi que les seconds niveaux et les combles des bâtiments 1 et 4.

Le premier niveau du bâtiment 4 communiquait peut-être déjà avec le bâtiment 5, dont les marqueurs stylistiques bien que réduits amènent à le dater de la même période. La position de l’accès entre les deux bâtiments est néanmoins compliquée à restituer. La porte actuelle prend place sous un linteau en bois et contredit la structure du plancher qui permettait le passage d’une hotte à cet endroit.

Malgré la modification des portes s’ouvrant depuis l’escalier vers la salle 1.2, il est possible de restituer deux salles au second niveau du bâtiment 1. Celles-ci auraient alors disposé de leurs propres accès, cheminées et fenêtres sur rue.

Il n’a pas été possible de préciser si le second niveau du bâtiment 4 communiquait avec le comble du bâtiment 5.

Malgré la présence d’une charpente à chevrons formant fermes portant un décor dans le comble du bâtiment 1, il est peu probable que celle-ci ait été visible depuis son second niveau. Le plancher séparant le second niveau de la charpente est potentiellement contemporain de la mise en place de cette dernière. Les fermes des charpentes ne possèdent pas de trace de lambris, or l’isolation de la charpente aurait été indispensable à la mise en place d’un tel dispositif.

La présence d’un accès direct sur rue, associée à un aspect résidentiel affirmé par l’utilisation de cheminées permet d’attribuer à l’édifice la fonction de maison. Le lieu de son implantation, au pied du château, ainsi que la richesse de son décor, affirment son statut de maison patricienne. Celle-ci aurait pu appartenir au marchand de fer Pierre Michelet, le père de François Michelet16. L’absence de preuve interdit ici de dépasser le stade de l’hypothèse.

Le premier niveau devait accueillir la cuisine ainsi que des salles, dont l’abondance des décors à ce niveau pose la question de leur fonction de réception. La cuisine devait être située dans le bâtiment 1. Celui-ci est de plain-pied avec la cour, il communique avec les caves, abritant certainement un cellier, et le reste de l’édifice où les plats sont consommés, grâce à l’escalier en vis. Si l’on retient l’hypothèse d’une communication entre la salle 1.1 et 4.3, la première salle aurait pu accueillir un lieu de réception, tandis que la seconde aurait été dédiée à un espace de retrait semi-privé. La salle 1.1 aurait également pu accueillir une cuisine, tandis que la salle 4.3 aurait été utilisée comme une salle à manger.

Malgré l’impossibilité de vérifier la présence d’un conduit d’évacuation, d’un jour d’aération dans la salle 5.4 et d’un volume voûté non accessible (5.2) au premier niveau du même bâtiment, tout laisse à penser que la salle 5.4 accueillait des latrines. L’hypothèse est confirmée par la découverte par le propriétaire d’une grande quantité de céramiques dans la salle 5.2.

Le second niveau d’élévation du bâtiment devait accueillir l’appartement, alors certainement composé de plusieurs chambres. Les combles étaient certainement utilisés comme grenier, attribution qui semble se confirmer au regard des tommettes conservées dans le comble du bâtiment 4.

L’hôtel particulier (17e siècle)

La construction du bâtiment 617 durant le 17e siècle ainsi que le statut des propriétaires et la description de l’édifice figurant dans l’aveu de 1648 amènent à s’interroger de nouveau sur la destination de ce dernier.

Ainsi la grande maison manable décrite dans l’aveu peut être associée au bâtiment 1, la seconde maison manable au bâtiment 4, tandis que l’étable, l’appentis et les commodités devaient se trouver dans le bâtiment 6, nouvellement construit. Le tout est alors doté d’une cour et d’un jardin. La présence d’une étable amène à restituer une entrée carrossable. Celle-ci devait se trouver sur la rue Malafre, qui séparait alors le n°2 du n°4 rue du Bourg-le-Comte. Dans cette configuration, il est peu probable que le bâtiment 2 ait donné accès à la cour de l’édifice. Ainsi placé, son passage devait être situé au-dessus de la rue Malafre. Compte-tenu de la présence d’une cour, d’un jardin, de logis, de commun et d’un accès carrossable, la fonction d’hôtel particulier peut alors être attribuée à l’édifice.

Ce changement de parti ayant été opéré avant 1648, il a pu être effectué à l’initiative de François Michelet. L’obtention du titre de sieur de la Bigotterie en 1588 serait alors liée au parti architectural adopté.

La construction du bâtiment 2, ainsi que celles des travées 5 et 6 du bâtiment 6, ont dû intervenir après cette date, peut-être lors de l’utilisation de l’édifice comme pensionnant au 19e siècle.

1AN. Série P : article P898. "Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648)". Fol 28 r°. 2Il existe un lieu-dit portant le nom de la Bigotterie à 12 km au nord de Nogent-le-Rotrou dans la commune de Verrières (61110). 3MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, série B. Chartres : Impr. Garnier, 1890. Source originale : AD 28. Série B : 2618. "Contrat de mariage entre Jacques Aubin et Françoise Michelet de (1647)".4AN. Série P : article P898. "Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648)". Fol 28 r°. En annexe.5Les informations données dans ce paragraphe ont été obtenues auprès du propriétaire de l’édifice.6Il ne figure pas sur le plan.7Celle-ci ne figure pas sur le plan de 2004.8Il s’agit de pierre reconstituée.9Nogent-le-Rotrou (E. et L.). Maison du XVIe siècle. Carte postale, 20e siècle, Château-Musée Saint-Jean.10Cf. Illustrations. 4 rue Bourg-le-Comte. Planche XIII, crayon et aquarelle par Elodie Hurvoy, 1903. (Collection privée).11Son encadrement semble néanmoins avoir été repris.12HOFFSUMMER, Patrick. "Les charpentes du XIe au XIXe siècle : typologie et évolution en France du Nord et en Belgique". Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2002. p.242. HOFFSUMMER, Patrick. "Les charpentes du XIe au XIXe siècle, Grand Ouest de la France". Turnhout : Brépols. 2011. p.159.13LE DIGOL, Yannick, COUTURIER, Yann. "Rapport d’étude dendrochronologique, 4 rue Bourg-le-Comte". Dendrotech. Octobre 2014.14LE DIGOL, Yannick, COUTURIER, Yann. Op. cit.15LE DIGOL, Yannick, COUTURIER, Yann. Op. cit.16La source originale n’a pu être vérifiée.17A l’exception des travées 5 et 6.
Appellations Maison Michelet
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 4 rue Bourg-le-Comte

L’aveu de 1648 contient la déclaration d’une "maison et tenue" à l’emplacement de l’édifice étudié. Celles-ci appartiennent aux héritiers de feu François Michelet, sieur de la Bigotterie. Il s’agit certainement de Marguerite Michelet mariée à Thomas Champin, sieur de Launay, et de Françoise Michelet dont le contrat de mariage avec Jacques Aubin, sieur des Epinais, est daté de 1647. En 1648, la tenue est composée "d’une grande maison dotée de chambres basses et hautes, d’une seconde maison derrière la précédente avec une cour située entre les deux, d’un jardin arrière et d’autres bâtiments constitués d’une étable, d’un appentis et de commodités". En 1823, la maison est acquise par l'instituteur Louis Arsène Meunier qui y fonde un pensionnat, avant d'être revendue à un particulier en 1840. Elle accueille un nouvel établissement scolaire, nommé le cours Saint-Jean, à partir de 1957. Elle appartient à un particulier, au moment de l'étude. Différents éléments stylistiques (baies à linteau sculpté d'une accolade ou moulurées de cavets et de baguettes, rampants à crossettes sculptées, escalier en vis à noyau circulaire et base octogonale...) permettent de dater l'essentiel de l'édifice de la seconde moitié du 15e siècle ou de la première moitié du 16e siècle. L'aile en retour abritant les communs pourrait, quant à elle, dater du 17e siècle (fenêtres à plates-bandes).

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle, 1ère moitié 16e siècle , (?)
Principale : 17e siècle
Auteur(s) Personnalité : Michelet François, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Michelet Marguerite, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Champin Thomas, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Michelet Françoise, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Aubin Jacques, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Meunier Louis Arsène, propriétaire, attribution par source

La maison Michelet est alignée sur la rue Bourg-le-Comte qui relie le château à l'abbaye Saint-Denis, deux pôles de pouvoir importants de Nogent-le-Rotrou. Elle est constituée de plusieurs corps de bâtiments disposés en L et construite en petits moellons de calcaire et de silex recouverts d'enduit. Les chaînes d'angle et encadrements de fenêtres sont en pierre de taille. Le toit est couvert de tuiles plates et possède des rampants en pierre de taille à crossettes sculptées figurant un bestiaire médiéval pour le bâtiment sur rue. Ce dernier, correspondant au logis, compte un étage carré et un étage de comble desservis par une tour octogonale demi-hors-œuvre qui accueille un escalier en vis à noyau circulaire et est accessible depuis le jardin. L'aile en retour donnant sur celui-ci dispose également, sous une partie des bâtiments la constituant, d'un niveau de caves accessibles par des escaliers droits (situés dans la cour et dans la tour octogonale). Des croisées et demi-croisées disposées côté rue et côté cour permettent d'éclairer les pièces du logis. Des linteaux sculptés d'arcs en accolades sont visibles côté rue et côté jardin. Enfin, la porte donnant accès à la tour octogonale est également surmontée d'un arc en accolade portant un décor de choux frisés. Les communs situés au bout de l'aile en retour ne possèdent qu'un niveau au-dessus du rez-de-chaussée et leurs ouvertures sont ménagées sous des plates-bandes ou des encadrements en bois.

Murs calcaire moellon enduit
silex moellon enduit
Toit tuile plate
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
toit polygonal
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre, escalier en vis sans jour, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre, escalier droit, en maçonnerie
Techniques sculpture
Représentations animal fantastique
Précision représentations

Les rampants de la toiture possèdent des crossettes sculptées inspirées du bestiaire médiéval.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol 28 r°.

    AN, série P : article P898. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). Fol 28 r°.

    [...] Item six paires de gands ou pour chacune paire dix deniers qui est en tout cinq sols de cens et rente au jour et feste de pentecoste par chacun an pour la maison et tenue qui fut a sieur de la bigotterye et de present a ses enfants scize en ladicte rue du bourg le conte en ladicte parroisse nostre dame contenant une grande maison manable composee de chambres basses et hautes allee sur une court avecques une autre maison manable scituee derriere la precedente ladicte court entre deux avecques ce un jardin derriere lesdictz logis derniers declarez contenant le tout ensemble quatorze perches de terre ou environ et autres bastiments comme estables appentils et comoditez le tout en un tenant joignant par ledevant a ladicte rue du bourg le conte ayant sur icelle quarante cinq piedz de longueur, d’autre par derriere a ce qui fut au sieur de soulars et phillebert durant abouttant sur la rue de malafre un appentyl ediffye au bout dudict jardin sur ladicte rue de malaffre contenant huict pieds de longueur sur ladicte rue et de longueur sur ledict jardin d’un costé a la susdicte tenue et dautre costé la maison et tenue cy apres declaree [...]

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

    Fol. 28 r°
  • AD Eure-et-Loir. Série B : 2618. Contrat de mariage entre Jacques Aubin et Françoise Michelet. 1647.

Documents figurés
  • Maison de ville du XVe siècle [...]. Relevé de l'état actuel / N. Gautier (architecte DPLG). 2004. (Archives privées).

  • 4 rue Bourg-le-Comte. Planche XIII / Élodie Hurvoy. 1903. Crayon et aquarelle. (Archives privées).

  • Nogent-le-Rotrou (E. et L.), Maison du XVIe siècle. 20e siècle. Impr. photoméc. (carte postale). (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-Le-Rotrou).

    Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou
Bibliographie
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle : typologie et évolution en France du Nord et en Belgique. Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2002.

    p.242
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle, Grand Ouest de la France. Turnhout : Brépols. 2011.

    p. 159
  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, série B. Chartres : Impr. Garnier, 1890.

    B 2618
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien