Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison-Neuve : manoir actuellement ferme

Dossier IA36007786 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Destinations ferme
Parties constituantes non étudiées logement, grange, étable, remise, écurie, cellier, colombier
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Parc naturel régional de la Brenne - Tournon-Saint-Martin
Adresse Commune : Tournon-Saint-Martin
Lieu-dit : La Maison Neuve
Cadastre : 2013 C 260, 1800
Précisions

Le fief de la Maison Neuve est connu dès le 16e siècle. D’obédience poitevine, il relevait à l’Époque moderne de la baronnie d’Angles (Plaux 1986, 2013). Il fut détenu par les sieurs du Monthier (ou Montier ; famille connu dès la fin du 15e siècle) puis, au milieu du 18e siècle, par les Marans de l’Audetterie auxquels il fut confisqué à la Révolution.

La tradition locale (remise en question par les analyses dendrochronologiques) rapporte que Jeanne d’Arc (1412-1431), lors d’un de ses voyages, aurait passé une nuit à la Maison-Neuve d’où le nom de « Maison de Jeanne » donné au manoir par certains habitants de Tournon-Saint-Martin.

Le lieu-dit figure sur la carte de Cassini vers 1765.

Selon les analyses dendrochronologiques réalisées en 2013, la charpente du manoir a été mise en place en 1448 ou dans une année postérieure très proche. Les caractères extérieurs (ouvertures à chanfreins et accolades ; volume de charpente) et intérieurs (cheminées) rattachent principalement ce manoir au 15e siècle. Le bâtiment a toutefois fait l’objet de remaniements aux 17e-18e siècles (présence d'un linteau délardé) et postérieurement. Certaines baies des murs gouttereaux ont été transformées, en relation probable avec la conversion temporaire, au 19e ou au 20e siècle, des étages en espace de stockage agricole (greniers).

L’annexe accolée au mur-pignon oriental du manoir a été construite au milieu de 20e siècle.

Un colombier à base carrée, figuré sur le plan de 1812, se dressait près de l’angle sud-ouest du manoir. Aujourd’hui disparu, il était encore visible vers 1958 (photo n°869 du fonds J.-L. Soubrier).

Les bâtiments de la ferme décrits sont tous portés sur le plan cadastral de 1812. Certains toutefois ont été agrandis. La grange-étable au nord du manoir a été prolongée à l’est pour accueillir la remise actuelle, avant le milieu du 20e siècle. La grange-étable à accès en pignon présentait en 1812 des étables latérales qui s’étendaient sur la moitié (sud) de la longueur du bâtiment. Ses espaces en appentis ont été certainement agrandis dans la première moitié du 20e siècle.

Le logement de la ferme et l’étable indépendante semblent avoir été modifiés au cours du 19e siècle.

Période(s) Principale : 15e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 2e quart 15e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Dates 1448, datation par dendrochronologie

Cette ferme à cour ouverte est située au sommet de coteaux abrupts de la vallée du Suin. Elle comprend cinq bâtiments principaux (exclus ceux de la seconde moitié du 20e siècle) : un manoir (logement principal), un autre logement, deux granges-étables et une étable.

Le manoir, orienté est-ouest, surplombe la vallée encaissée du Suin. Il est implanté sur une légère pente. Il se compose d’un corps principal ancien, à base rectangulaire et deux étages carrés, et d’une partie ajoutée, à l’est, au 20e siècle. Les murs sont partiellement enduits. La toiture à longs pans en tuile plate accuse une forte pente. Une souche de cheminée se trouve au sommet de l’extrémité est du toit. Une baie (à ébrasements) est logée dans chaque mur-pignon au niveau des combles.

Quatre ouvertures percent le mur gouttereau nord : deux portes hautes et deux fenêtres (porte et porte haute réduites). Une baie à encadrement chanfreiné a été condamnée au premier étage. Une sablière de la charpente apparaît à l’extérieur, au sommet du mur.

L’élévation sud compte plusieurs ouvertures réparties en deux travées (sur trois niveaux). Trois accès se trouvent en rez-de-chaussée (surélevé dans le mur gouttereau sud). Celle au centre de l’élévation, la principale, équipée d’un perron à trois marches, est dotée d’un encadrement en cavet avec un linteau à accolade. Ce dernier est surmonté d’un arc de charge en moellons de pierre. L’entrée ouest, plus basse par rapport aux deux autres, possède un linteau délardé (peut-être une porte de cellier). Elle est surmontée d’une porte haute (à mi-niveau).

Les étages présentent plusieurs petites baies chanfreinées, une meurtrière (associée à une pierre en saillie –d’évier ?-) et une fenêtre à encadrement en cavet. Certaines possèdent des appuis moulurés. Le haut du mur (second étage) est criblé de trous de boulin (très probable pigeonnier avec une randière grossière).

A l’intérieur, les étages sont desservis par des escaliers intérieurs en bois (remaniés). Des cheminées sont présentes à tous les niveaux du manoir. En rez-de-chaussée et au second étage, elles sont dotées de cadres en bois et de hottes en pierres enduites soutenus par des corbeaux avec chanfrein (amorti à la partie supérieure) et reposant sur des jambages également chanfreinés (15e siècle). Celle du premier étage est à corbeaux et à jambages traités en colonnes et chapiteaux. Les baies des étages sont toutes à ébrasements ; l’une d’elles est munie d’un coussiège (second étage).

La charpente, de type à chevrons-portant-fermes, comprend 22 fermes numérotées. Elle est composée de fermes-maîtresses séparées par trois fermes secondaires. Les fermes de pignon sont des fermes secondaires. Chaque ferme-maîtresse forme un pan-de-bois qui comprend un entrait, deux arbalétriers avec jambette, un faux-entrait avec aisseliers d’où monte le poinçon qui reçoit le sous-faîtage et porte le faîtage par enfourchement. Les fermes secondaires n’ont pas de poinçon et des demi-faux-entraits sans aisselier s’assemblent au sous-faîtage par tenon-mortaise. Le contreventement longitudinal est assuré par des aisseliers entre poinçons et faîtage (Dormoy 2013).

La partie, ajoutée à l’est du manoir, est enduite et à cinq côtés (angles abattus en chanfrein). Elle possède un étage carré et un étage en surcroît. Cette extension accueille, en pignon, l’accès principal actuel de la maison. Sa toiture est en tuile plate et s’achève en une demie-croupe couronnée d’un épi de faitage. Les façades chanfreinées comptent chacune une travée de fenêtres.

Un bâtiment en rez-de-chaussée à toit en tuile plate s’appuie, en retour d’équerre, sur le mur-pignon ouest du manoir. L’accès en mur gouttereau nord s’effectue par une grande porte surmontée d’une lucarne pendante. Il pourrait s’agir d’une ancienne écurie.

Un second logement, partiellement enduit, se dresse à l’est de la cour. La couverture de cette maison, en rez-de-chaussée à surcroît, est à longs pans, en tuile plate et à coyaux. Elle est dotée d’une souche de cheminée. L’accès, surmonté d’un petit auvent en tuile plate, est en mur gouttereau ouest, lequel compte également deux fenêtres à appui. Une porte haute perce le mur-pignon nord.

Dans l’est de la cour, se trouve également une étable partiellement enduite et orientée nord-sud. Sa toiture est en tuile plate. Son entrée à encadrement à feuillure est située dans le mur gouttereau est. Ce dernier est également percé d’une petite baie carrée. Le mur opposé présente deux petites ouvertures.

Le bâtiment, orienté est-ouest, au nord du manoir, est une grange-étable avec remise agricole. Ses murs sont partiellement enduits. La toiture est à longs pans en tuile plate avec coyaux. Une lucarne à la capucine éclaire les combles. Les accès sont repartis dans le mur gouttereau sud : à l’ouest une entrée de grange, au milieu, celle d’une étable et à l’est, celle d’une remise agricole, tous sous liteaux en bois. Le mur comprend également quatre baies (dont deux remaniées au ciment).

Une seconde grange-étable, enduite et orientée NO-SE, est implantée au nord-est de la cour. Ses accès sont en mur-pignon sud. Le bâtiment central, la grange, à toit en ardoise est encadrée de part et d’autre de ses murs gouttereaux d’étables latérales à toiture en appentis en tôle ondulée. Une petite baie à encadrement chanfreiné se trouve au dessus de l’entrée de la grange. La charpente du bâtiment, à pannes, poinçon long et contrefiche, repose sur des poteaux engravés dans les murs.

Murs calcaire moellon enduit
calcaire moellon enduit partiel
Toit tuile plate, tôle ondulée
Étages 2 étages carrés, étage en surcroît, 1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
Escaliers escalier intérieur
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Expertise dendrochronologique d'échantillons provenant de la Maison Neuve à Tournon-Saint-Martin (36220). Archéolabs réf. ARC 14/R3902D

    Archéolabs réf. ARC 14/R3902D

    Présentation générale :

    Cet édifice, orienté est-ouest est couvert d’un toiture à deux versants nord et sud. La charpente, de type à chevrons-portant-fermes, comprend 22 fermes numérotées arbitrairement depuis l’est. Elle est composée de fermes-maîtresses séparées par trois fermes secondaires. Les fermes de pignon sont des fermes secondaires.

    Chaque ferme-maîtresse forme un pan-de-bois qui comprend un entrait, deux arbalétriers avec jambette, un faux-entrait avec aisseliers d’où monte le poinçon qui reçoit le sous-faîtage et porte le faîtage par enfourchement.

    Les fermes secondaires n’ont pas de poinçon et des demi-faux-entraits sans aisselier s’assemblent au sous-faîtage par tenon-mortaise.

    Le contreventement longitudinal est assuré par des aisseliers entre poinçons et faîtage.

    Les éléments architecturaux en place ont été échantillonnés manuellement à la sonde finlandaise (diamètre du prélèvement 5 mm), le 24 octobre 2013.

    Datations :

    éch. 1 - Ferme 9, entrait : se rattache à 1448

    éch. 2 - Ferme 14, entrait : se rattache à 1448

    éch. 3 - Ferme 15, entrait : se rattache à 1448

    éch. 4 - Ferme 17, entrait : se rattache à 1448

    éch. 5 : Sablière sud-est : 1447/1448 (automne/hiver)

    Interprétation :

    Cet édifice a été mis en place en 1448 ou dans une année postérieure très proche.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Collection privée. Histoire de Tournon-St-Martin et ses environs.

Documents figurés
  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Tournon/ sous la direction de M. Lepeintre, directeur des contributions, M. Dauvergne, ingénieur vérificateur, par M. Alisard, géomètre du cadastre, terminé en 1812. (Archives départementales de l'Indre, 3 P 224, 14 à 31).

  • La Maison Neuve. /Jean-Louis Soubrier, 1958. (Musée archéologique de Martizay, photo n°870).

  • La Maison Neuve. /Jean-Louis Soubrier, 1958. (Musée archéologique de Martizay, photo n°869).

  • La Maison Neuve./Michel Plaux. (Collection privée).

  • Carte de la France dite Carte de Cassini, feuille 31 [Le Blanc]/par César-François Cassini de Thury. Levée vers 1754-1766.

Bibliographie
  • DORMOY, Christian. Rapport d'expertise dendrochronologique (la Maison Neuve, Tournon-Saint-Martin). Archéolabs. 2013. ARC 14/R3902D.

  • PLAUX, Michel. Histoire du Pays tournonnais (1789-1815). Néons-sur-Creuse : Parc naturel régional de la Brenne, Association touristique de Néons-sur-Creuse, 2013.

    p. 41, 42, 108
Périodiques
  • PLAUX, Michel. Les grandes dates de l'histoire Tournonaise, les fiefs tournonais. Bulletin Municipal de Tournon-Saint-Martin. N°14, septembre 1986, n°15, décembre 1986.

    p. 3-5
(c) Parc naturel régional de la Brenne ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Desagher Julia - Benarrous Renaud