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Maison Saint-Étienne (détruite, 2 rue du Paty)

Dossier IA28000302 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations Saint-Etienne
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 2 rue du Paty

La maison Saint-Étienne tient son nom d’une scène figurant sur l’un de ses poteaux cornier. Située à l’actuel numéro 2 de la rue du Paty, elle est représentée sur des cartes postales dès le début du 20e siècle. Le bâtiment faisant l’angle est alors occupé par un café. La maison est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1930 et détruite en 1952. L’édifice n’a été traité par les historiens locaux qu’après sa destruction.

L’aveu de 1648 mentionne une tenue faisant l’angle entre la rue Bourg le Comte et la rue Dorée (actuellement gouverneur). Elle est alors dotée de : « quattre logis manables composez de chambres basses et hautes greniers caves boutiques et garderobes avecques petittes courts au derriere et autres aysances et comoditez ». Son propriétaire n’est pas cité.

Le 22 Mars 1930, les façades et la toiture de l’édifice sont inscrites sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. En 1952, la municipalité de Nogent-le-Rotrou décide de détruire la maison Saint-Étienne afin d’éviter la déviation de la route nationale passant par Nogent-le-Rotrou. L’édifice est détruit sans avoir été préalablement acquis par la mairie et sans dédommager le propriétaire. Le poteau cormier, les goussets et un des pinacles de la porte sont conservés au Château-Musée Saint-Jean.

Les vestiges observés permettent de dater le rez-de-chaussée de l’édifice entre la seconde moitié du 15e siècle et la première moitié du 16e siècle. L’étage est alors certainement distribué par l’escalier dans-oeuvre accessible depuis la façade, et situé à l’interface entre les deux bâtiments. Le mode de distribution adopté (escalier en vis sur rue) permet de dégager un maximum de place au rez-de-chaussée, ce qui est assez fréquent lorsque ce dernier est dédié à une boutique. Cette fonction n’est cependant attestée qu’à partir du 17e siècle.

Le mode d’assemblage des pans de bois observés au second et au troisième niveaux d’élévation laissent penser à une ou plusieurs campagnes de construction postérieures, datées à partir de la seconde moitié du 16e siècle. Au 17e siècle, l’édifice est partagé en quatre logis avec des boutiques. Ces dernières étant certainement situées au rez-de-chaussée tandis que les étages devaient être dédiés à l’habitation de plusieurs locataires et/ou propriétaires. L’emplacement de la cour comme des caves n’a pu être localisé.

Vestiges conservés : L’édifice a été intégralement détruit, il laisse place à un parking.

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle
Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle , (détruit)

En 1811, l’édifice est composé de deux parcelles rectangulaires entièrement construites, ayant leurs grands côtés sur la rue du Paty. Les plans réalisés en 1950 par Massiot confirment la présence de deux bâtiments distincts, séparés par un mur mitoyen en pierre. Ils sont dotés de deux à trois niveaux d’élévation sous grenier et disposent d’escaliers séparés. Le rez-de-chaussée du bâtiment nord est composé d’une seule pièce, un escalier en vis en bois à cage circulaire distribue l’étage et le comble. Celui-ci est à cheval entre les deux constructions. Le rez-de-chaussée du bâtiment sud est partagé en plusieurs espaces par des cloisons. Ses étages sont desservis par un escalier en pierre.

Les façades nord et est sont figurées sur un cliché pris avant 1927. Le rez-de-chaussée se compose de quatre travées sur la rue du Paty contre deux sur la rue Bourg-le-Comte. Les travées sont circonscrites par des poteaux à gousset (aisseliers ?) supportant des sablières de chambrée. Celles-ci sont moulurées de tores reposant sur des consoles. Le poteau cornier à l’angle des rues Bourg-le-comte et du Paty est sculpté de trois personnages aux visages bûchés. L’un, au centre, est assis les mains jointes en prières, les deux autres, disposés de chaque côté du premier, ont les bras levés et brandissent des objets non identifiés (pierres ?). Les deux goussets, de part et d’autre des poteaux, sont sculptés. L’un porte un personnage au visage bûché auréolé et vêtu d’un manteau, l’autre des feuilles et une grappe de raisin. Côté est, une porte (bouchée) est percée sous une accolade ornée d’un choux frisé et encadrée par deux pinacles. Elle est située en avant de l’escalier en vis.

La première travée du bâtiment nord sur la rue du Paty ainsi que les deux autres se trouvant sur la rue Bourg-le-Comte sont surmontées d’un étage de pan de bois, constitué d’une armature en losange sous un toit à deux versants et croupes. Le reste de l’édifice comporte deux étages construits en pan de bois composé d’un assemblage de décharges ou de poteaux, ils sont couverts sous un toit à deux pans et croupes.

Vestiges conservés : l’édifice a été intégralement détruit, il laisse place à un parking.

détruite en 1952

Protections inscrit MH, 1930
Précisions sur la protection

1930 : inscription à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques

Annexes

  • Aveu de 1648, Maison Saint-Etienne (Archives nationales) et Classement Monument historique, correspondance, destruction (Médiathèque du patrimoine, correspondances 1930-1984)

    AN, série P : article P898. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou (1648). fol °29

    […] Item neuf deniers de cens par chacun an au jour et feste de noel sur une tenue faisant le coing du hault de ladicte rue du bourg leconte rentrant en ladicte rue doree devant les halles du bourg leconte vers la grande fontaine scize en ladicte parroisse de nostre dame dudict nogent sur lesdictes deux rues doree et bourg le conte contenant quattre logis manables composez de chambres basses et hautes greniers caves boutiques et garderobes avecques petites courts au derriere et autres aysances et comoditez le tout en un tenant joignant d’une part a ladicte rue du bourg le conte ayant sur icelle la quantité de vingt piedz de longueur d’autre a ladicte rue doree ayant sur icelle de longueur soixante dix piedz dune autre part a la maison et tenue bonaventure courtin sieur de bordaisiere et a plusieurs autres et d’autre part la maison et tenue cy apres declaree […].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Cote : 0081/028/0064, n°0081/028/0159 Protections : maison Saint-Étienne, (projets, lettres et minutes), 1930-1984.

    Proposition d’inscription de la maison Saint-Étienne (1930) :

    […] Cette très belle maison ornée de pan de bois dans sa partie supérieure a conservé au rez-de-chaussée des sculptures d'un grand intérêt. Ces sculptures servent de consoles et reçoivent les portées de 4 cordons finement moulurés qui encadrent les divisions de la partie inférieure, le groupe important placé à l'angle de la maison représente la lapidation de Saint-Étienne qui agenouillé le manipule au bras est accablé de pierre par deux hommes debout, les autres sculptures montrent des feuillages habilement traités ou des personnages de moindre importance. […]

    Lettre de M. Chabaud, chef du bureau des monuments historiques, le 28 Mars 1930.

    J'ai l'honneur de vous faire connaître que conformément aux dispositions de l'article 2 de la loi du 31 décembre 1913 sur les Monuments historiques, modifié par la loi du 23 juillet 1927, j'ai par arrêté du 22 Mars 1930 inscrit sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques les façades et la toiture de la maison sise à l'angle de la rue du Paty et de la rue Bourg-le-Comte à Nogent le Rotrou. […]

    Lettre de M.Herpe inspecteur général des Beaux-Arts, le 1er octobre 1951.

    La maison Saint-Étienne est édifiée à l'angle de deux rues et comprend un étage sur rez-de-chaussée. Sa date de construction remonte à la fin du 15ème siècle ou au commencement du 16ème siècle. Elle est entièrement en bois, sa toiture assez élevée est couverte en tuile plate. Sa particularité est de posséder dans la hauteur du rez-de-chaussée ; des pièces de charpente sculptées, notamment le poteau cornier est décoré de personnages assez grands de dimensions figurant la lapidation de Saint Etienne.[...] Au-dessus dans la hauteur de l'étage, le pan de bois est très simple et ne comprend que des montants, des traverses et des poteaux de galandages entre lesquels un hourdis en torchis a été exécuté. Toute cette construction est vétuste, mal entretenue et quelque peu disloquée et abimée par des aménagements malheureux…

    Lettre de R. Brizard, Maire de Nogent-le-Rotrou au ministre des Beaux-Arts, le 17 octobre 1951.

    […] Nous avons l'intention de conserver toutes les parties de bois sculptées et intéressantes et de reconstituer, tout au moins en partie, cette façade sur une petite maison qui se trouve à l'entrée du château dont nous nous sommes rendus acquéreurs.

    Lettre de Jean Trouvelot au secrétaire des beaux-arts, le 17 novembre 1951.

    […] le conseil municipal aurait affecté une somme de : 1 000 000 frs pour l'acquisition et la démolition de la maison Saint-Etienne à Nogent le Rotrou […] la ville achèterait la maison 100 000 frs environ et consacrerait le surplus de ce crédit soit 900 000 frs à sa démolition [...]

    Lettre de M. Champigneulle, secrétaire général au directeur de l'architecture, le 26 Mai 1952.

    […] Il nous est indiqué que le Maire s'est empressé d'évincer le locataire, traitant directement avec lui et mettant l'immeuble en état d'inhabitabilité à l'insu du propriétaire et des Monuments historiques. [...] Il nous paraît en effet invraisemblable que la ville, sans être devenue propriétaire effective de l'immeuble 1 : se soit autorisée à traiter en sous-main avec le propriétaire : 2 ait démoli de son propre chef tous les planchers rendant ainsi l'immeuble complètement inutilisable : 3 détienne les clés et interdise l'entrée dudit immeuble à la propriétaire […] malheureusement les copropriétaires sont complètement dépourvus de toutes ressources et n'ont pas les moyens de faire défendre leurs intérêts par un avoué et j'imagine que si la ville se trouvait en présence d'un propriétaire en mesure de se défendre les choses ne se passeraient pas ainsi. Dans tous les cas la ville semble assez désireuse de se dégager des obligations qu'elle a acceptées au sommet de la visite, elle est effrayée du prix de la reconstruction en retrait, c'est en effet une solution assez onéreuse, mais puisqu'il y aura de toute façon déviation de la route nationale 23, il était plus simple de restaurer sur place ces maisons de bois, de faire une intervention de trottoir comme l'avait recommandé M. Trouvelot et de créer un sens unique [...] mais il y a une question de prestige, la ville voulait démolir, elle ne le peut plus que sous certaines conditions, elle cherche à s'y dérober....

    Lettre de M. Champigneulle, secrétaire général au directeur de l’architecture, le 24 juillet 1952.

    […] Il est nécessaire qu’on soit tout de même exactement renseigné sur ce qui se passe à Nogent-le-Rotrou, qui d'ailleurs, avec une certaine connivence, est bien décidé à ne pas tenir ses engagements à l'égard des M.H. pour la reconstitution des façades que la ville doit normalement faire. Actuellement tous les matériaux ont été montés au château Saint-Jean ou ils sont entreposés plus ou moins en vrac. Aucun plan, à ma connaissance n'a été relevé, l'emplacement des maisons au lieu d'être vide et clos, sert maintenant à garer la camionnette et les caisses d'un voisin. Rien que le démontage des maisons a dépassé 650 000 francs, pour le faire on a indemnisé l'occupant en lui versant 500 000 francs et on ne trouve pas un centime pour payer le malheureux propriétaire"

    Lettre de M. Flamand, architecte des bâtiments de France, le 6 juillet 1984.

    […] Il n'est plus possible de prévoir le remontage de la maison Saint-Étienne, la plus grande partie des éléments la constituant ayant été dispersée, sûrement au moment de sa destruction.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

    fol° 29
  • Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. Cote : n°0081/028/0064, n°0081/028/0159. Protections : maison Saint-Etienne, (projets, lettres et minutes), lettre. 1930-1984.

Documents figurés
  • Cadastre ancien. 1811. Plan cadastral. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou).

  • Maison Saint-Etienne /J. Trouvelot. 1947. Photographies. (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, photothèque, fonds Trouvelot).

  • Maison Saint-Étienne / G. Massiot. 1947 et 1950. Aquarelles. (Château-Musée Saint-Jean. Fonds Massiot).

Bibliographie
  • JOUSSELIN, Bruno, PIGRAY, Gérard. Nogent-le-Rotrou et son canton, tome 2. Tours : éditions Alan Sutton, 2011.

    p.64
Périodiques
  • SIGURET, Philippe. Introduction Historique. Les coutumes du Perche. Nogent-le-Rotrou et le Perche nogentais. Cahiers percherons, septembre 1958, n°7.

    p.15
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Rozier Hadrien