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Maisons de la commune de Tournon-Saint-Martin

Dossier IA36007862 réalisé en 2013

Fiche

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Parmi les 290 maisons de la commune de Tournon-Saint-Martin, l'analyse a porté sur 188 édifices dont le parti architectural initial restait identifiable. L'analyse typologique a exclu 102 maisons (35 % du corpus) en raison d’un remaniement trop important ou de conditions d'observation insatisfaisantes. A ce jour, aucun édifice n'a fait l'objet d'une étude monographique. Les maisons représentent plus des deux-tiers des œuvres repérées (68 % du corpus « maisons et fermes » totalisant 273 œuvres repérées).

Implantation des maisons

Les maisons (hors logements de ferme) sont très majoritairement implantées dans l’ouest de la commune, dans le bourg (42 % du corpus) ou à proximité (le Coudray, la Vigerie, la Gardière), en bordure des axes routiers (les Sables, le Petit Paris), sur les terrasses alluviales de la Creuse (Coudon, la Boutetterie, la Blancherie, l’Audetterie) ou à flanc de coteaux (Sançais). L’habitat est beaucoup moins dense sur le plateau à l’est de la vallée du Suin où hormis la Borde (le plus important hameau de la commune), il se limite à quelques petits écarts (en hauts de coteau de la vallée du Suin) et aux logis des fermes isolées.

Historique

Sançais : maison à étage (datée par dendrochronologie de 1486).Sançais : maison à étage (datée par dendrochronologie de 1486).Un certain nombre des 188 maisons repérées est représenté sur le plan cadastral de 1812. 4 édifices peuvent être datés des 15e-16e siècles. Ces édifices présentent des formes qui appartiennent à cette période (encadrements chanfreinés, linteaux à accolade, appuis moulurés). Dans l’écart de Sançais, la charpente sur poteaux d’une maison avec dépendances en rez-de-chaussée et logement à l’étage, desservi par un escalier extérieur, a pu être datée de 1486 par dendrochronologie (Dormoy 2013).

La typologie des encadrements (linteaux délardés, inscriptions, typologie des charpentes) et la morphologique générale semblent rattacher 33 maisons aux 17-18e siècles.

L’Époque contemporaine est de loin la période chronologique la mieux représentée dans le corpus : 103 édifices du 19e siècle (principalement la seconde moitié) et 50 de la première moitié du 20e siècle. Dans la seconde moitié du 19e siècle et jusque dans le second quart du 20e siècle, de nombreuses maisons sont créées ex nihilo. Certains édifices font l’objet de remaniements : agrandissements, diminutions ou reconstructions (partielles ou complètes).

Le tissu bâti du bourg subi une renouvellement profond dès le troisième quart du 19e siècle avec la multiplication de maisons comportant une boutique. Des zones d’habitations se développent dans l’est de la petit agglomération (le long des rue et avenue de la Gare) ainsi qu’à l’extérieur, le long des axes routiers : au Petit Paris ou aux Sables, lequel écart a attiré, à partir de la fin du 19e siècle, l’habitat pavillonnaire (en cœur de parcelles). Ces créations s’observent également, mais de manière peut-être moins flagrante, dans les autres écarts à vocation principalement agricole.

Typologie des maisons

Bourg, maison avec boutique en rez-de-chaussée et logement à l'étage, construite en 1874.Bourg, maison avec boutique en rez-de-chaussée et logement à l'étage, construite en 1874.A Tournon-Saint-Martin, il convient de distinguer les maisons directement associées aux activités agricoles et implantées dans les écarts, des maisons de bourg, très nombreuses et associées parfois aux activités commerciales et artisanales. En effet, le bourg est particulièrement développé : 175 maisons (dont 120 repérées) sont localisées dans le bourg de la commune (soit 60 % du corpus total et 64 % du corpus des maisons repérées). Les 68 autres maisons repérées sont implantées en écart. Aucune n’est isolée. Les spécificités des maisons de bourg portent essentiellement sur la mixité des logements et leur distribution. En effet, la forme la plus caractéristique dans le bourg est la maison-commerce (boutique, café, restaurant, voire atelier) avec logement à l’étage. Parmi les 60 commerces du bourg, 59 sont situés en rez-de-chaussée de ces maisons à étage(s). Ce type de maison de constitue près de la moitié du corpus communal c’est à dire un nombre bien supérieur aux proportions constatées dans les autres communes inventoriées du canton. Cette densité témoigne notamment de l’essor du commerce dans le bourg entre le milieu du 19e siècle et l’Entre-Deux-Guerres.

Bourg, maison en rez-de-chaussée à deux pièces du 18e siècle.Bourg, maison en rez-de-chaussée à deux pièces du 18e siècle.Si l’habitat à fonctions superposées est, effectivement, bien représenté dans le corpus (46 maisons), l’habitat indépendant demeure toutefois la règle à Tournon-Saint-Martin (136 maisons). Les maisons à fonctions juxtaposées (9 exemples) associent généralement logements et étables, remise ou cellier. Dans le bourg de Tournon, les maisons sont très souvent accompagnées de remises faisant office d’étables/écuries afin d’abriter les véhicules et les chevaux de selle ou d’attelage. 161 maisons ont un seul logement ; 31 abritent plusieurs espaces d'habitation (25 logements doubles, 6 logements multiples). La maison élémentaire (à pièce unique ; souvent d’ouvriers ou de journaliers) est surtout représentée dans les écarts.

Sur les 188 maisons repérées, 83 sont en rez-de-chaussée (dont 43 à surcroît) et 105 à étage(s) (75 sont à un étage carré, 8 à plus d’un étage carré, 18 à un étage en surcroît, 4 à un étage de comble). 88 de ces maisons à étage(s) sont situées dans le bourg soit 81 % du total de cette catégorie. Les maisons en rez-de-chaussée demeurent largement majoritaires dans les écarts. 46 des maisons tournonnaises présentent des élévations à travées et 24 à élévations ordonnancées. Deux maisons ont une façade sans travées. Les maisons de notables à élévation ordonnancée sont plus fréquentes en bourg qu’en écart. Elles sont toutefois particulièrement bien représentées dans l’écart des Sables qui a attiré presque exclusivement l’habitat pavillonnaire à partir du dernier quart du 19e siècle.

L'habitat est principalement accessible par le mur gouttereau (166 maisons). 19 maisons ouvrent en mur-pignon. Deux maisons sont accessibles par un escalier extérieur (maisons à étage des 15e et 17-18e siècle).

Matériaux de construction

Bourg, maison à étage du premier quart du 20e siècle.Bourg, maison à étage du premier quart du 20e siècle.Les roches employées en construction sont très largement de provenance locale. Il s’agit principalement de moellons de calcaire à mollusque extrait dans la commune ou ses environs. Le tuffeau (crétacé supérieur) a également été utilisé. Quelques maisons de notables ou de bourg présentent des façades en pierres taillées. Les édifices sont couverts majoritairement de toitures à longs pans, plus rarement à croupe, en tuile plate, mais également en ardoise (maisons de bourg et de notable) et tuile mécanique. Certaines maisons de notables se distinguent par leur ordonnancement, la modénature ou le décor de leurs façades. Les toitures à croupes ou à la mansard, couronnées d'épis de faîtage, sont fréquentes pour ce type de maison.

Aires d'études Parc naturel régional de la Brenne
Dénominations maison
Adresse Commune : Tournon-Saint-Martin
Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine
Décompte des œuvres bâti INSEE 513
repérées 191
étudiées 0

Annexes

  • Expertise dendrochronologique d'échantillons provenant d’une maison à étage de Sançais à Tournon-Saint-Martin (36220). Archéolabs réf. ARC 14/R4024D/1

    Archéolabs réf. ARC 14/R4024D/1

    Présentation générale :

    Ce bâtiment, orienté nord-sud et à étage, est construit sur poteaux engravés montant de fond, entre deux murs pignons. De la charpente, il ne reste que les trois fermes-maîtresses et, peut-être, le faîtage. Par cohérence, les poteaux sont intégrés aux fermes.

    Chaque ferme forme un pan-de-bois qui comprend deux poteaux qui reçoit la poutre du rez-de-chaussée avec aisseliers et porte l’entrait également avec aisseliers. Un poinçon monte de l’entrait, porte le faîtage et reçoit deux arbalétriers avec deux demi-faux-entraits (les observations sont incomplètes).

    D’après le poteau de la ferme sud à l’étage, il semble que le contreventement longitudinal était assuré par des aisseliers entre le poteau et une panne-sablière.

    Les assemblages sont à tenon-mortaise chevillé. Les marques d’assemblage, présentent sur la quasi-totalité des pièces vont de I à III du nord au sud avec contremarque à l’’est.

    Les éléments architecturaux en place ont été échantillonnés manuellement à la sonde finlandaise (diamètre du prélèvement 5 mm), le 24 octobre 2013.

    Datations :

    éch. 1 - Rez-de-chaussée, poutre nord : se rattache à 1486

    éch. 2 - Rez-de-chaussée, poutre sud : se rattache à 1486

    éch. 3 - Etage, ferme nord, entrait : 1485/1486 (automne/hiver)

    éch. 4 - Etage, ferme nord, poteau est : Se rattache à 1486

    éch. 5 - Etage, ferme centrale, entrait : se rattache à 1486

    Interprétation :

    D’après les résultats obtenus, cet édifice a été mis en place en 1486 ou dans une année postérieure très proche.

(c) Parc naturel régional de la Brenne ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Benarrous Renaud