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Maisons et fermes à La Croix-du-Perche

Dossier IA28000058 réalisé en 2013

Fiche

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Parmi les 83 édifices repérés (58 fermes et 25 maisons), 11 ont été sélectionnés pour l’étude (huit fermes et trois maisons).

Repères historiques :

Situées pour l’essentiel dans le bourg, les maisons sont construites entre le 16e siècle (vestiges dans la cave du logis probable du prieur au bourg) et les années 1930. Dans l’ensemble, elles datent de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Quelques maisons, notamment deux sélectionnées, se situent hors du bourg (maison de maître à Gaillard et demeure à La Pihourdière).

La Pihourdière, demeure.La Pihourdière, demeure.

A l’exception de six d’entre elles, les fermes se situent à l’extérieur du bourg. Aucune construction ne semble antérieure au 17e ou au 18e siècle. Plusieurs fermes disposent de vestiges pouvant remonter à cette période (parties de bâtiments ou bâtiment entier, charpente à forte pente) notamment aux Charonnières, à La Chesnaye ou au Grand Ricourt. Elles ont toutes été plus ou moins transformées à partir de 1850 (ajout de nouveaux bâtiments, modification des ouvertures, réfection des toitures et des charpentes). Une dizaine de fermes ont été construites (ou reconstruites) dans la seconde moitié du 19e siècle. Plusieurs fermes, à l’instar de celles de La Léonie ou de Gaillard, sont construites dans la seconde moitié du 19e siècle.

La Léonie, ferme construite en 1864.La Léonie, ferme construite en 1864.

Plusieurs dates (chronogrammes ou mentions des matrices cadastrales) qui attestent de constructions ou de remaniements ont été relevées : 1843, 1854, 1864, 1875, 1893, 1908, 1929.

Au sein de ce territoire de plateau céréalier et de bosquets, l´habitat se trouve dispersé sur l´ensemble de la commune. Celle-ci compte une trentaine de lieux-dits : le bourg, deux hameaux (Les Charonnières et Le Parcouvert) et plus de 25 fermes isolées et moulins.

Structure et composition d´ensemble :

Parmi les 58 fermes repérées, toutes ont des dépendances attenantes au logis. 29 (soit la moitié) sont de type « bloc à terre » simple : un bâtiment rectangulaire, abritant sous un même toit le logis et les dépendances agricoles. C’est le cas notamment à La Blotière, aux Écoles ou au Gros Chêne.

Les écoles, ferme de type "bloc-à-terre".Les écoles, ferme de type "bloc-à-terre".

Mais la plupart des fermes adoptent un plan plus complexe, comprenant plusieurs bâtiments.

Neuf fermes possèdent 2 bâtiments, quinze fermes en comportent 3, et cinq fermes en comptent 4. Ce sont des fermes dites "à cour ouverte", dont les bâtiments se répartissent de manière plus ou moins ordonnée autour (ou de part et d'autre) de la cour. Quatre ont des bâtiments en vis-à-vis (qui se font face). C’est le cas notamment aux Charonnières. Cinq ont des bâtiments en "L" (Le Bois Martin, La Briche), sept ont des bâtiments en "U" (Les Charmois, La Cointerie) et quatre des bâtiments en "O" (Chevilleau, La Hugotière).

Ces fermes à cour ouverte résultent parfois de l’évolution d’une ferme bloc-à-terre simple qui s’est agrandie au fil du temps. Le type prédominant de ces fermes à cour semble être la ferme en "U" dont l’exemple des Charmois est très représentatif : au nord de la cour se trouve le bâtiment principal, qui abrite entre autres le logis (salle et chambre(s)), et dont la façade principale est orientée au sud. Les granges, remises, étables et écuries se répartissent en deux bâtiments (au sud-ouest et au sud-est du premier) ménageant une cour ouverte au sud.

Le Charmois, ferme en "U"Le Charmois, ferme en "U"

La grande majorité des logis des fermes sont en rez-de-chaussée (57 spécimens) surmontés ou non d’un comble à surcroît (pour cinq d’entre eux). Un seul logis dispose d’un étage carré, à la ferme de La Cointerie, dont les façades sont ordonnancées à trois travées.

Certaines fermes isolées fonctionnent quasiment en autarcie, c’est le cas notamment de celle des Grandes Guinières qui disposent des nombreux bâtiments de production agricole (hangar, grange, étable, bergerie, toit à porcs) mais également d’une mare, d’un lavoir et d’un puits.

Concernant les maisons, à l'exception de trois d’entre elles qui s’élèvent sur deux niveaux (rez-de-chaussée et un étage carré), elles sont toutes (soit 25) en rez-de-chaussée. Ces dernières disposent d’une ou de plusieurs pièces (salle et chambre(s)). Les trois maisons à étage possèdent des façades à travées, ordonnancées ou non (trois travées au bourg et à La Pihourdière, sept travées à Gaillard). Au bourg, plusieurs maisons dites "à boutique" abritaient un commerce au rez-de-chaussée.

Le bourg, rue Principale, alignement de maisons.Le bourg, rue Principale, alignement de maisons.

Matériaux et mises en œuvre :

La pauvreté du sous-sol en pierre (ici, des argiles à silex) induit une grande diversité de matériaux mis en œuvre : les moellons de silex extraits du sol (liés au mortier chaux/sable, voire à la terre) sont beaucoup employés dans les constructions des maisons et fermes.

Le Charmois, mise en oeuvre en moellons de silex, encadrements en brique.Le Charmois, mise en oeuvre en moellons de silex, encadrements en brique.

La mise en œuvre de la terre crue est également présente sur le territoire communal. Les murs en terre sont montés sur des solins maçonnés en moellons de silex (pour éviter les remontées d’humidité) et sont couverts d’un enduit plein (chaux/sable) évitant les infiltrations d’eau. Devenus minoritaires, quelques exemples de constructions de ce type subsistent, le plus souvent des petites dépendances de fermes, au bourg, au Coudray, aux Écoles, à La Léonie et aux Grande et Petite Roulière.

La Léonie, mise en oeuvre en terre crue (bauge) sur solin maçonné en moellons de silex.La Léonie, mise en oeuvre en terre crue (bauge) sur solin maçonné en moellons de silex.

De nombreuses constructions, souvent du 18e siècle, sont en pan de bois. Des exemples intéressants subsistent notamment aux Charmois, à Chevilleau et aux Écoles. Le pan de bois, hourdé en terre ou en brique, repose également sur un solin maçonné en moellon de silex.

Chevilleau, mise en oeuvre en pan de bois.Chevilleau, mise en oeuvre en pan de bois.

Cuite dans les tuileries-briqueteries de Frazé et de Luigny, la brique est largement employée, notamment pour les encadrements de baies, les chaînages d’angle et les corniches, mais également pour la construction des murs, pour quelques maisons au bourg et à La Salmondière. Enfin, l'emploi de quelques pierres est à noter, essentiellement et de manière sporadique pour les encadrements de baies : de la pierre de taille de calcaire importé (logis prieural du bourg, à La Chesnaye, au Moulin Gaillard, au Parcouvert et sur la demeure de La Pihourdière) ; de la pierre de taille et des moellons de grison - brèche à cailloux de silex liés par un ciment ferrugineux - affleurant localement par filons (au bourg, aux Renaudières et à Tuyau Blanc).

Commanditaires :

La plupart des commanditaires des maisons et fermes sont issus du monde agricole. Deux familles de notables, les Silvy et les Chabot (puis Chellet de Kerdréan, puis Dulong de Rosnay, propriétaire du château de Frazé) établissent d’importants domaines au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle. Ils sont responsables de la construction (ou reconstruction) de nombreuses fermes (Gaillard, La Pihourdière, Le Coudray, Les Charmois, Chevilleau).

Couvertures :

Les toits des maisons et des fermes sont en général à longs pans et plus rarement à croupe (au bourg, aux Charonnières, à Chevilleau, à Gaillard, à La Léonie). Les couvertures sont majoritairement en tuile plate provenant, comme les briques, des tuileries-briqueterie de Frazé et de Luigny. Certains bâtiments agricoles sont couverts en tuile mécanique (ancienne ferme des Écoles). L´ardoise apparaît à partir de 1850, aussi bien sur les toits des fermes que des maisons (Les Charonnières, Les Écoles, La Hugotière, Les Trois Muids).

Conclusion :

L´architecture rurale de La Croix-du-Perche a connu de nombreux remaniements au cours des siècles suite à l´évolution des manières de vivre. La prédominance de fermes de dimensions importantes reflète une activité agricole autrefois prospère dans ce secteur. Cette activité connaît son apogée entre le milieu du 19e siècle et le premier quart du 20e siècle comme le montre la vague importante de reconstructions, de remaniements et d'accroissements des dépendances agricoles.

Les Charmois, Les Charonnières, Chevilleau, Le Coudray, Gaillard, Les Grandes Guinières, La Léonie, La Pihourdière et le bourg conservent des réalisations marquantes de l'architecture rurale de la commune.

Aires d'études Parc naturel régional du Perche
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : La Croix-du-Perche
Période(s) Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 83
étudiées 11

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d´Eure-et-Loir. 3 P 6522 - 6529. Plans cadastraux de 1814.

Bibliographie
  • FISHER, Roger. Les maisons paysannes du Perche. Paris : Eyrolles, Maisons paysannes de France, 1994.

(c) Parc naturel régional du Perche ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Maillard Florent - Casses Laetitia