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Maisons et fermes à Saint-Jean-Pierre-Fixte

Dossier IA28000283 réalisé en 2018

Fiche

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Parmi les 37 édifices repérés (23 fermes, 14 maisons) sur le territoire de la commune de Saint-Jean-Pierre-Fixte, cinq fermes ont été sélectionnées pour l’étude (voir les liens vers les dossiers en question ci-contre). Deux hameaux regroupant maisons et fermes, Le Petit Châtillon et Les Poussineries, font l'objet d'un dossier d'ensemble.

Repères historiques :

Le bourg étant quasiment inexistant, les maisons se situent au sein de hameaux comprenant 3 à 5 habitations. Les plus anciennes datent peut-être du 17e siècle ou du 18e siècle. Elles étaient construites pour des journaliers, le plus souvent agricoles, mais également des ouvriers travaillant dans l'industrie étaminière de Nogent-le-Rotrou et des charretiers convoyant les productions agricoles.

Maison de journalier au Petit Châtillon.Maison de journalier au Petit Châtillon. Maison construite en 1843 aux Poussineries.Maison construite en 1843 aux Poussineries.

Huit maisons semblent antérieures à la Révolution et conservent des éléments attestant de leur ancienneté (volume général, charpentes et pentes de toit importantes, etc...). Elles ont toutes été transformées par la suite : agrandissement d'ouvertures, réfection des charpentes, extensions tardives, etc. Tout au long du 19e siècle et dans la première moitié du 20e siècle, 6 maisons sont construites (ou reconstruites). Parmi elles, figurent une maison construite en 1843 pour un tisserand ainsi que les 2 maisons de garde-barrière édifiées en 1885. Les maisons construites à partir des années 1960, notamment à La Trélaudière, ne sont pas prises en compte dans cette étude.

Ferme de la Bigotière (17e ou 18e siècle, modifiée au 19e siècle).Ferme de la Bigotière (17e ou 18e siècle, modifiée au 19e siècle).

Les fermes, la plupart du temps isolées, sont dispersées sur l'ensemble du territoire communal. Comme pour les maisons, les plus anciennes fermes semblent remonter au 17e siècle et plus certainement au 18e siècle. Elles disposent de vestiges ou d'éléments structurels de cette époque : charpentes, corbeaux de cheminées, planchers avec anciens chevêtres de cheminées, etc...

Ferme de Prainville, 1911, vue partielle.Ferme de Prainville, 1911, vue partielle.

13 fermes semblent antérieures à la Révolution (soit plus de la moitié). Pour autant, elles ont toutes été plus ou moins modifiées les siècles suivants : ajout ou transformation de dépendances, nouveaux percements ou agrandissements d’ouvertures, réfection de charpente, etc... Seules 5 fermes datent du 19e siècle (Montrousset (datée 1878), Gatys, La Joussetière, Gevrie et Les Poussineries), 4 sont du premier quart du 20e siècle (Les Granges, L'Aulnay, La Ferme de Prainville construite en 1911, et Les Petites Poussinières en 1906).

Plusieurs dates (chronogrammes, mentions des matrices cadastrales) attestant de constructions ou de remaniements ont été relevées : 1843, 1857, 1878, 1885, 1906, 1911.

Au sein de ce territoire de plateau à vocation tantôt bocagère, tantôt céréalière, l´habitat se trouve dispersé sur l´ensemble du territoire communal. La commune compte une petite quarantaine de lieux-dits dont le bourg, de petits hameaux, fermes isolées et moulins.

Structure et composition d´ensemble :

Ferme de type "bloc à terre" simple aux Granges.Ferme de type "bloc à terre" simple aux Granges.

Les 23 fermes repérées possèdent un logis attenant aux dépendances agricoles. 4 sont de type "bloc à terre" simple : un bâtiment rectangulaire abritant sous un même toit le logis et les dépendances. C’est le cas notamment aux Granges, aux Marchais, à L'Aulnay et aux Petites Poussineries.

Grange-étable et muret de clôture fermant la cour, ferme de La Gevrie.Grange-étable et muret de clôture fermant la cour, ferme de La Gevrie.La plupart des fermes adoptent un plan plus complexe, comprenant plusieurs bâtiments : 9 fermes en possèdent deux, 5 fermes trois, 2 fermes quatre et 2 fermes cinq.

Si en grande majorité les fermes sont dites à cour ouverte, deux d’entre elles possèdent des murets de clôture enfermant la cour à La Ferme de Prainville et à La Gevrie.

Les bâtiments se répartissent de manière plus ou moins ordonnée : 3 ont des bâtiments en vis-à-vis (qui se font face). C’est le cas à La Bigotière, à La Mahotière et à La Gevrie. 7 ont des bâtiments en "L" (Montrousset, La Maison Neuve, La Maillardière), 6 ont des bâtiments en "U" (la Tertillère, le Charme, les Gouenneteries) et 1 des bâtiments en "O" (La Ferme de Prainville).

Ferme de Prainville : plan de localisation des bâtiments.Ferme de Prainville : plan de localisation des bâtiments.La Gouenneterie : plan de localisation des bâtiments.La Gouenneterie : plan de localisation des bâtiments.

Ferme de La Haudonnière, vaste dépendance ajoutée tardivement.Ferme de La Haudonnière, vaste dépendance ajoutée tardivement. Ces fermes résultent parfois de l’évolution d’une ferme bloc-à-terre simple qui s’est agrandie au fil du temps.

Ferme au Charme : logis en rez-de-chaussée surélevé sur cave.Ferme au Charme : logis en rez-de-chaussée surélevé sur cave.

Toutes les fermes sont en rez-de-chaussée, parfois surélevées (sur cave) pour deux d'entre elles (Le Charme, Les Gouenneteries), parfois surmontées d’un comble à surcroît pour quatre d’entre elles (Le Gros Bois Gaslin, La Tertillère, Les Granges, Le Guimpier).

Puits circulaire aux Marchais.Puits circulaire aux Marchais.

De nombreuses fermes ont conservé leur puits. Ceux encore présents à La Bigotière, aux Marchais et au Grand Châtillon sortent du lot : ils sont de plan circulaire, et couverts d'un toit conique.

Alignement de deux maisons au Petit Châtillon.Alignement de deux maisons au Petit Châtillon.

Les maisons sont également en rez-de-chaussée (dont 2 surmontées d’un comble à surcroît). Concernant la distribution, les maisons disposent d'une pièce unique ou de deux pièces, généralement réservées à la salle et à la chambre. Construites au sein de petits hameaux pour des journaliers, six d'entre elles sont mitoyennes, comprises dans des alignements de deux maisons.

Matériaux et mises en œuvre :

Les matériaux de construction sont assez nombreux et diversifiés. Le sous-sol local, relativement riche en pierre, fournit les matériaux essentiels dans les constructions anciennes : le calcaire, le silex et la terre argileuse.

Le calcaire :

Nommé "craie de Rouen", il occupe l'essentiel du sous-sol du secteur de Nogent-le-Rotrou. Il été exploité en de petites carrières à ciel ouvert, qui se sont remplies d'eau pour devenir des mares. On le retrouve quasi-systématiquement sous la forme de pierre de taille au niveau des encadrements d’ouvertures, des chaînages d’angle, des jambes harpées des constructions anciennes, mais aussi sous la forme de moellons pour le gros-oeuvre.

Le silex :

Provenant de la décalcification du calcaire, des rognons de silex se retrouvent en bordure des champs suite au "dé-pierrage". Ils sont utilisés tels quels ou cassés en moellons plus petits, liés par un mortier chaux/sable (voire même à la terre) et sont assez employés dans les constructions traditionnelles, surtout à partir de la seconde moitié du 19e siècle (le développement des transports facilitant leur diffusion).

La brique :

Cuite dans les tuileries-briqueteries situées dans les communes voisines qui disposent en sous-sol d'argile propice à la cuisson, la brique est largement employée, notamment pour les encadrements de baies (dès le milieu du 19e siècle), les chaînages d’angle et les corniches, associée au gros-oeuvre en moellons de silex.

La Bigotière : mise en oeuvre en moellons de calcaire et de silex, encadrement d'ouvertures et chaînes d'angle en pierre de taille calcaire, lucarne en brique.La Bigotière : mise en oeuvre en moellons de calcaire et de silex, encadrement d'ouvertures et chaînes d'angle en pierre de taille calcaire, lucarne en brique.

Couvertures :

La Haudonnière : toitures des bâtiments de la fermes.La Haudonnière : toitures des bâtiments de la fermes. Les toits des maisons et des fermes sont en général à longs pans et à croupe (plus rarement). Les couvertures sont la plupart du temps en tuile plate provenant, comme les briques, des tuileries-briqueteries des alentours. Seuls deux bâtiments sont couverts en tuile mécanique (maison de garde-barrière au bourg, dépendance de l'ancienne ferme de Maison Neuve). L'ardoise apparaît à partir de 1850, en lien avec le développement et l’arrivée du chemin de fer (vers 1900), aussi bien sur les toits des fermes que des maisons (2 occurrences seulement : maison de garde-barrière au Moulin Vieux, dépendance de l'ancienne ferme de La Haudonnière). Deux dépendances, aux Gouenneteries et aux Poussineries, ont récemment connu une réfection de la couverture en tôle bac acier.

Commanditaires :

En ce qui concerne les constructions les plus anciennes, bon nombre de maisons et de fermes dépendaient de seigneuries locales. Les fermes appartenaient à la classe paysanne, qui devait rendre hommage et payer des taxes à son suzerain. Après la Révolution, les maisons et les fermes sont construites, reconstruites ou remaniées par des commanditaires issus de la paysannerie, et par quelques notables de Nogent-le-Rotrou.

Conclusion :

L´architecture rurale de Saint-Jean-Pierre-Fixte a connu de nombreux remaniements au cours des siècles, suite à l´évolution des manières de vivre. La prédominance de fermes de dimensions importantes et d’implantation ancienne reflète une activité agricole prospère dans ce secteur. Cette activité connaît son apogée entre le milieu du 19e siècle et le premier quart du 20e siècle, comme le montre la vague importante de reconstructions, de remaniements et d´accroissements de bâtiments, notamment des dépendances agricoles.

La Bigotière, Le Charme, La Ferme de Prainville, Les Gouenneteries, La Haudonnière, Le Petit Châtillon et Les Poussineries conservent des réalisations marquantes de l´architecture rurale de la commune.

Aires d'études Parc naturel régional du Perche
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Saint-Jean-Pierre-Fixte
Décompte des œuvres repérées 37
étudiées 5

Références documentaires

Périodiques
  • CAILLY, Claude. L'industrie étaminière dans le Perche au XVIIIe siècle : Une activité proto-industrielle économiquement avancée ? Annales de Normandie, 1987, 37-1, pp. 23-52.

Liens web

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