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Maisons et fermes à Trizay-Coutretôt-Saint-Serge

Dossier IA28000621 réalisé en 2019

Fiche

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Parmi les 108 édifices repérés (55 fermes, 53 maisons) sur le territoire de la commune de Trizay-Coutretôt-Saint-Serge, 7 fermes ont été sélectionnées pour l’étude ainsi que et 6 maisons, qui font l'objet de 2 dossiers d'ensemble (voir les liens vers les dossiers en question ci-contre).

Repères historiques :

Alignement de 5 maisons de journalier à Coutretôt.Alignement de 5 maisons de journalier à Coutretôt.Le bourg de Trizay ne comprenait avant 1800 comme habitation que la métairie (ferme) et le presbytère. Celui de Coutretôt, bien plus populeux et étoffé en 1811 (date du cadastre ancien), concentre la plupart des maisons (23 au total). Les plus anciennes semblent se trouver autour de la cour commune du village de Coutretôt. Les vestiges de structure en pan de bois "pétrifié" entre deux parements maçonnés en pierre qui y ont été récemment mis au jour tendent à démontrer que les constructions remontent au 15e ou 16e siècle. 24 maisons (soit 45% du corpus) se situent au sein de hameaux comprenant 3 à 8 habitations. Essentiellement construites aux 18e et 19e siècles pour des journaliers, le plus souvent agricoles, mais également pour des ouvriers travaillant dans l'industrie étaminière de Nogent-le-Rotrou et des charretiers convoyant les productions agricoles, certaines comme à la Borde à la Petite Borde remontent au 16e siècle.

Maison à boutique (épicerie, café) au bourg de Trizay.Maison à boutique (épicerie, café) au bourg de Trizay.23 maisons semblent antérieures à la Révolution et conservent des éléments attestant de leur ancienneté (volume général, charpentes et pentes de toit importantes, etc.). Elles ont toutes été transformées par la suite : agrandissement d'ouvertures, réfection des charpentes, extensions tardives, etc. Tout au long du 19e siècle (mais surtout vers 1850) et dans la première moitié du 20e siècle, 30 maisons sont construites (ou reconstruites). Parmi elles figurent les maisons du bourg de Trizay dont certaines conservent leur boutique. (Les maisons construites à partir des années 1960 ne sont pas prises en compte dans cette étude).

Les fermes, isolées pour 24 d'entre elles, sont dispersées sur l'ensemble du territoire communal. Les plus anciennes fermes semblent remonter au 16e ou 17e siècle. Elles disposent de vestiges ou d'éléments structurels de cette époque : encadrements d'ouverture chanfreinés, linteau à décor en accolade, charpentes, corbeaux de cheminées, planchers avec anciens chevêtres de cheminées, etc. En majorité, les fermes remontent au 18e siècle.

Logis de ferme (16e et 18e siècles) à la Petite Leu.Logis de ferme (16e et 18e siècles) à la Petite Leu.29 fermes semblent antérieures à la Révolution (soit plus de la moitié). Pour autant, elles ont toutes été plus ou moins modifiées les siècles suivants : ajout ou transformation de dépendances, nouveaux percements ou agrandissements d’ouvertures, réfection de charpente, etc. Les autres datent du 19e siècle (le bourg, Coutretôt, les Touches).

Logis de ferme (milieu 19e siècle) aux Noyers.Logis de ferme (milieu 19e siècle) aux Noyers.Plusieurs dates (chronogrammes, mentions des matrices cadastrales) attestant de constructions ou de remaniements ont été relevées : 1537, 1593, 1836, 1850 (x 2), 1851, 1866, 1896, 1906, 1908, 1921, 1922, 1925, 1927, 1931, 1932, 1935.

Au sein de ce territoire de plateau à vocation tantôt bocagère, tantôt céréalière, l´habitat se trouve dispersé sur l´ensemble du territoire communal. La commune compte une grosse quarantaine de lieux-dits dont le bourg de Trizay, le village de Coutretôt, de petits hameaux ainsi que des fermes isolées.

Structure et composition d´ensemble :

Parmi les 55 fermes repérées, une seule possède un logis indépendant. Toutes les autres ont un logis attenant aux dépendances agricoles. 8 sont de type "bloc à terre" simple : un bâtiment rectangulaire abritant sous un même toit le logis et les dépendances. C’est le cas notamment aux Bourdinières, à la Valinière, à Coutretôt, Chainville d'En Haut et Touchebert.

La plupart des fermes adoptent un plan plus complexe, comprenant plusieurs bâtiments : 17 fermes en possèdent deux, 9 fermes trois, 2 fermes quatre et 2 fermes cinq et une ferme sept.

Si en grande majorité les fermes sont dites à cour ouverte, 3 d’entre elles possèdent des murets de clôture enfermant la cour à la Métairie (au bourg), Trémont et la Rigaudière.

Ferme à cour ouverte à la Ville Cour.Ferme à cour ouverte à la Ville Cour. Ferme à cour fermée à la Grande Maison.Ferme à cour fermée à la Grande Maison.

Les bâtiments se répartissent de manière plus ou moins ordonnée : 4 ont des bâtiments en vis-à-vis (qui se font face). C’est le cas à la Métairie, à Coutretôt, à Queux et aux Cours. 7 ont des bâtiments en "L" (L'Aulnay, la Pousseraie, les Grouas, etc.), 4 ont des bâtiments en "U" (le Grand Orgevaux, la Petite Leu, la Rigaudière, la Voie) et 5 ont des bâtiments en "O" (la Grande Mairie, Touchebert, l'Archage, les Noyers, le Vaux, la Vieille Cour).

Fermette à 2 bâtiments en vis-à-vis à Coutretôt.Fermette à 2 bâtiments en vis-à-vis à Coutretôt. Ferme à 3 bâtiments en "U" à la Petite Mairie.Ferme à 3 bâtiments en "U" à la Petite Mairie. Ferme de plan en "O" aux Noyers.Ferme de plan en "O" aux Noyers.

Logis de ferme en rez-de-chaussée surélevé sur cave à la Petite Mairie.Logis de ferme en rez-de-chaussée surélevé sur cave à la Petite Mairie.Ces fermes résultent parfois de l’évolution d’une ferme bloc-à-terre simple qui s’est agrandie au fil du temps. Toutes les fermes sont en rez-de-chaussée, parfois surélevées (sur cave), parfois surmontées d’un comble à surcroît.

Puits à la ferme de Trémont.Puits à la ferme de Trémont.

De nombreuses fermes ont conservé leur puits. Ceux encore présents à la Petite Mairie, à la Vieille Cour et à la ferme de Trémont sortent du lot : de plan circulaire ou carré et de facture assez soignée.

Les maisons sont également en rez-de-chaussée sauf pour 3 d'entre elles situées à Coutretôt. Certaines sont surmontée d'un comble à surcroît. Concernant la distribution, les maisons disposent d'une pièce unique ou de deux pièces, généralement réservées à la salle et à la chambre. Construites au sein de petits hameaux pour des journaliers, six d'entre elles sont mitoyennes comprises dans des alignements de de deux maisons.

Ensemble de deux maisons (dont une à étage) à Coutretôt.Ensemble de deux maisons (dont une à étage) à Coutretôt.

Matériaux et mises en œuvre :

Les matériaux de construction sont assez nombreux et diversifiés. Le sous-sol local, relativement riche en pierre, fournit les matériaux essentiels dans les constructions anciennes : le calcaire, le silex, la terre argileuse mais également le roussard, le grison et le bois.

L'emploi du calcaire (maçonnerie de moellons et ouverture en pierre de taille) aux Petites Bordes.L'emploi du calcaire (maçonnerie de moellons et ouverture en pierre de taille) aux Petites Bordes.Le calcaire, nommé "craie de Rouen", occupe l'essentiel du sous-sol du secteur de Nogent-le-Rotrou. Il été exploité en de petites carrières à ciel ouvert qui se sont remplies d'eau pour devenir des mares. On le retrouve quasi-systématiquement sous la forme de pierre de taille au niveau des encadrements d’ouvertures, des chaînages d’angle, des jambes harpées des constructions anciennes, mais aussi sous la forme de moellons pour le gros-oeuvre. Provenant de la décalcification du calcaire, des rognons de silex se retrouvent en bordure des champs suite au "dé-pierrage". Ils sont utilisés tels quels ou cassés en moellons plus petits, liés par un mortier chaux / sable (voire même à la terre) et sont assez employés dans les constructions traditionnelles, surtout à partir de la seconde moitié du 19e siècle (le développement des transports facilitant sa diffusion). Cuite dans les tuileries-briqueteries situées dans les communes voisines qui disposent en sous-sol d'argile propice à la cuisson, la brique est largement employée, notamment pour les encadrements de baies (dès le milieu du 19e siècle), les chaînages d’angle et les corniches, associée au gros-oeuvre en moellons de silex. Le roussard (grès ferrugineux) et le grison (poudingue renfermant des morceaux de silex pris dans un ciment ferrugineux) sont également présents, de manière minoritaire, sous forme de moellons pour le gros-œuvre. Le pan de bois (colombage) — caractéristique des plus anciennes constructions — se retrouve de nos jours uniquement pour les murs des dépendances et les cloisons entre deux pièces habitables.

Couvertures :

Dépendance (étable, grange, écurie) couverte en tuile plate à la Vieille Cour.Dépendance (étable, grange, écurie) couverte en tuile plate à la Vieille Cour.Les toits des maisons et des fermes sont en général à longs pans et à croupe (plus rarement). Les couvertures sont la plupart du temps en tuile plate provenant, comme les briques, des tuileries-briqueteries des alentours. Seuls 3 bâtiments sont couverts en tuile mécanique (ancienne gare, une maison à la Cour aux Pézards et une dépendance de l'ancienne ferme de la Plumetière). L'ardoise apparaît à partir de 1850, en lien avec l’arrivée et le développement du chemin de fer (vers 1908), essentiellement sur les toits des bâtiments publics (mairie-école devenu maison, mairie-école) ou savants ("Château" de Trémont, clocher de l'église paroissiale) mais aussi bien sur les dépendances de fermes (la Vieille Cour, l'Archage) voire sur le toit du logis comme aux Touches. Certaines dépendances agricoles (surtout des hangars) sont couvertes en tôle bac acier ou en matériaux synthétiques.

Commanditaires :

Vaste dépendance agricole (1932, 1935) à la Grande Mairie.Vaste dépendance agricole (1932, 1935) à la Grande Mairie.En ce qui concerne les constructions les plus anciennes, bon nombre de maisons et de fermes dépendaient de seigneuries locales. Certaines fermes étaient le siège de petites seigneuries (Queux, la Mairie, la Grande Maison, la Pousseraie), rachetées au fil du temps par des seigneuries plus importantes (chapitre cathédral de Chartres, Trémont, Montdoucet à Souancé-au-Perche). Les fermes et les maisons étaient mis à la disposition de la classe paysanne qui devait rendre hommage et payer des taxes à leur suzerain. Après la Révolution, les maisons et les fermes sont construites, reconstruites ou remaniées par des commanditaires issus de la paysannerie et par quelques notables de Nogent-le-Rotrou. A noter tout de même la continuité des deux domaines seigneuriaux de Trémont et de Montdoucet dont les propriétaires (les Luce de Trémont et les Guiller de Souancé) vont faire reconstruire bon nombre de dépendances de leurs fermes entre 1850 et 1935 (la Grande Mairie, ferme de Trémont, la Petite Leu, la Grande Leu, le Vaux).

Conclusion :

L´architecture rurale de Trizay-Coutretôt-Saint-Serge a connu de nombreux remaniements au cours des siècles suite à l´évolution des manières de vivre. La prédominance de fermes de dimensions importantes et d’implantation ancienne reflète une activité agricole prospère dans ce secteur. Cette activité connaît son apogée entre le milieu du 19e siècle et le premier quart du 20e siècle, comme le montre la vague importante de reconstructions, de remaniements et d´accroissements de bâtiments, notamment des dépendances agricoles.

Le bourg de Trizay, le village de Coutretôt, les Grande et Petite Mairie, la Grande Maison, les Noyers, la Petite Leu, les Petites Bordes, Trémont et la Vieille Cour conservent des réalisations marquantes de l´architecture rurale de la commune.

Aires d'études Parc naturel régional du Perche
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Trizay-Coutretot-Saint-Serge
Décompte des œuvres repérées 37
étudiées 5

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; 3 P 5637-5645. Plans cadastraux des communes de Trizay, Coutretôt et de Saint-Serge. 1811-1812.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; 3 P 2901-2907. Matrices cadastrales de la commune de Trizay-Coutretôt-Saint-Serge.

Bibliographie
  • FISHER, Roger. Les maisons paysannes du Perche. Paris : Eyrolles, Maisons paysannes de France, 1994, 125 p.

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